vendredi 16 octobre 2020

Le 51e régiment d'infanterie dans la poche de Dunkerque

Nous avons déjà évoqué, sur ce blog, l'offensive allemande menée dans la poche de Dunkerque, dans la nuit du 9 au 10 avril 1945, au cours de laquelle deux compagnies du 2e bataillon du 51e régiment d'infanterie, composé de FFI du Nord, ont subi de lourdes pertes.

Le journal de marche et d'opérations du régiment, conservé par le Service historique de la Défense à Vincennes, apporte d'utiles précisions sur son organisation et sur les conséquences de cette action ennemie. Créé par une note de service du 24 janvier 1945, le 51e RI du lieutenant-colonel Le Hagre,  comprend, à l'origine, quatre bataillons, dont trois sont en position devant Dunkerque.

Les compagnies du I/51e RI (commandant Bienassis puis capitaine Georges Jacquin) sont aux ordres du lieutenant Dewulf (compagnie de commandement), du lieutenant Leroy (1ère compagnie), du capitaine Jacques Schrouf (2e), du capitaine Selosse (3e), du lieutenant Renaud (4e) et du lieutenant Albert Creton (5e).

Le II/51e RI (commandant Chaverebiere de Sal) est l'ancien I/110e RI, lui-même créé le 16 octobre 1944 sous l'appellation de II/43e RI. Le chef de bataillon est secondé par le capitaine Bauvoi, ses compagnies sont commandées par le lieutenant Jean Quaetart (compagnie de commandement), le capitaine Bouquillon (1ère), le lieutenant Jean Da Silva (2e), le lieutenant Léon Samoy ou Lamoy (3e), le lieutenant Plucain (4e) et le lieutenant puis capitaine Brun (5e). Après réorganisation, un officier d'active, le capitaine Bruel, commandera la 8e compagnie.

Ancien II/110e RI, le IV/51e RI reste confié au commandant Edouard Dewulf puis au commandant François Obin, secondé par le capitaine Courtin. Le sous-lieutenant Bicaert (compagnie de commandement), le lieutenant Jean Vichery (1ère), le lieutenant Lancel (2e), le commandant Huchart (3e), le lieutenant Leschawe (4e) et le capitaine Edgard Verkindere (5e) sont les commandants d'unité. Ce bataillon sera dissous le 1er mai 1945 et versé dans les deux premiers bataillons.

Quant au III/51e RI, il s'agit du bataillon de sécurité II/2 (lieutenant-colonel Fromonot), mis sur pied en Picardie, encadré, à la date du 1er octobre 1944, par le commandant Radet (adjoint), le commandant Legrand (adjudant-major), le capitaine Moreau (compagnie de commandement), le lieutenant Froissart (1ère compagnie, mort en service le 27 décembre 1944), le lieutenant Limouzin (2e), le capitaine Vanderbecken (3e), le capitaine de Montalembert puis le capitaine Godier (4e), enfin le capitaine Domergue (5e).

Selon le JMO du régiment, le II/51e RI a perdu, lors de l'attaque contre le moulin de Spycker, cinq tués, six blessés et 94 disparus (prisonniers), dont les capitaines Bruel et Tassin, les lieutenants Maurice Wastiaux et Henri Pruvost, les sous-lieutenants Bagin et Coeugniet.

Le journal du bataillon parle de trois tués, sept blessés et 23 disparus à la 6e compagnie, 67 disparus à la 8e compagnie, six disparus dans une autre unité. Enfin, dans son rapport, le capitaine Bruel évoque, pour sa compagnie, la perte de dix tués et dix blessés. Le chef de la 2e section de la 8, le lieutenant Thibaut, s'est particulièrement distingué en conservant ses positions, avant de recevoir l'ordre de repli.

Illustration : un extrait du JMO du 2e bataillon. (Collection SHD).

lundi 28 septembre 2020

Un ouvrage sur les volontaires de Haute-Marne du 21e RIC (1944-1945)


Fruit d'un travail de recherche initié en 1985, "De la vallée de la Marne aux sources du Danube" est paru. En 287 pages, enrichies de 190 photos d'époque, l'auteur évoque, au jour le jour, l'épopée des anciens maquisards de Haute-Marne engagés pour la durée de la guerre dans le 4e régiment de tirailleurs sénégalais, devenu 21e régiment d'infanterie coloniale. Le baptême du feu près de Pont-de-Roide, l'anéantissement de la 6e compagnie dans la forêt de la Harth, la sanglante libération de la cité Sainte-Barbe (Wittenheim), le passage du Rhin de vive force, la rude conquête de Rastatt sont autant d'étapes marquantes d'une rude campagne, durant laquelle 72 marsouins engagés en Haute-Marne ont perdu la vie. L'ouvrage est disponible auprès de l'auteur, Lionel Fontaine, au 14 bis, rue de Châteauvillain, 52000 Chaumont. Prix 25 euros (+ frais de port : 7,76 euros). Tirage limité.

mercredi 23 septembre 2020

Le 41e régiment d'infanterie

Unité de la 19e division d'infanterie, le 41e RI est recréé le 15 novembre 1944 au camp de Coëtquidan. Il a incorporé, pour cela, les 1er et 2e bataillons d'Ille-et-Vilaine, des éléments du 3e bataillon de marche d'Ille-et-Vilaine, les 1er, 5e, 8e, 11e et 12e bataillons du Morbihan.

En ligne devant Lorient, le 41e RI était ainsi organisé.

Chef de corps : lieutenant-colonel Duranton.

1er bataillon, commandant Frémont

. 1ère compagnie, lieutenant Michel

. 2e compagnie, lieutenant Lambert, puis capitaine (parachutiste) Claude, puis capitaine André Uninsky

. 3e compagnie, capitaine Constant Jubin (ex-chef de la 12e compagnie du 3e bataillon d'Ille-et-Vilaine)

. CA 1, capitaine Bidan ("Benoît") puis lieutenant Aubry puis capitaine Mallon (novembre 1944) puis lieutenant Picard (janvier 1945).


2e bataillon, commandant Caro

. 5e compagnie, lieutenant Thetiot puis capitaine Tonnerre puis lieutenant Villaneau

. 6e compagnie, lieutenant puis capitaine Dessus puis capitaine Le Dihanet

. 7e compagnie, capitaine Scordia

. 8e compagnie (CA 2), capitaine Villard puis capitaine Hays puis lieutenant Le Roch

. CB 2, lieutenant Bigot.


3e bataillon, commandant Le Vigouroux

. 1ère compagnie, capitaine Gouaud (?)

. 2e compagnie, capitaine Ferré

. 3e compagnie, capitaine Lhermier

. compagnie de commandement, capitaine Le Frapper.


Sources : archives du 41e RI, SHD, Vincennes.

samedi 8 août 2020

Le 131e régiment d'infanterie, de Troyes et Orléans à l'île d'Oléron




C'est le 8 décembre 1944 que le 131e régiment d'infanterie a été recréé, avec d'anciens FFI de l'Aube (coiffés du casque italien !) et d'Eure-et-Loir. Le 1er bataillon (commandant Lucien Vel) est formé par le 6e bataillon de sécurité, le 2e bataillon (commandant Poirier) par le 132e bataillon de sécurité et des éléments du 6e groupement de pionniers, le 3e bataillon (commandant Farjon puis capitaine de Layre) correspond au 1er bataillon d'Eure-et-Loir. Le régiment incorpore également des hommes du Régiment de marche nord-africain de Paris (lieutenant-colonel Massebiau), qui vient de défiler à Chaumont le 11 novembre 1944.

En attendant l'arrivée du lieutenant-colonel Durand, désigné chef de corps, le 131e RI est confié au colonel Cohendet, de l'état-major de la 6e région militaire.

A l'origine destiné à rejoindre la 1ère armée française, le 131e RI est finalement mis à la disposition du Détachement d'armée d'Atlantique. Les 13 et 16 février 1945, il quitte Troyes et Orléans pour le front de La Rochelle. Monté en ligne les 22 et 23 février, le régiment subit de lourdes pertes le 23 février par suite de l'explosion d'un dépôt de munitions à Nalliers : onze tués, dont quatre officiers. Des civils ont également trouvé la mort dans ce drame.

Le 14 avril 1945, le régiment participe à l'offensive contre la poche de Royan. Le 16, il prend part au nettoyage de la presqu'île d'Arvert, avant d'être mis le lendemain à la disposition de la Brigade du Médoc. Le 131e RI se bat alors dans la pointe de Grave, où il déplore la mort de 17 soldats. Puis il participe à la conquête de l'île d'Oléron, les 30 avril et 1er mai 1945. Entre février et mai, le ministère de la Défense a identifié au moins 34 militaires du régiment morts pour la France sur le front de l'Ouest.

Les opérations du 131e RI à La Rochelle, Royan, dans le Médoc et à l'île d'Oléron ont été évoquées dans l'ouvrage «Le front du Médoc. Une brigade FFI au combat», 1985.

jeudi 23 avril 2020

Le 81e régiment d'infanterie


Le 6 décembre 1944, un ordre de l'état-major général de la Guerre prescrit la mise sur pied «sans délai» du 81e régiment d'infanterie avec les volontaires de l'Aude, afin d'être prêt à rejoindre la 1ère armée française à partir du 12 décembre. Un ordre que le colonel «Carrel», de son vrai nom Gilbert de Chambrun, chef des FFI de la Région 3 (Montpellier), accueille avec «joie», ainsi qu'il l'exprime deux jours plus tard au général Malleret-Joinville.

C'est le 16 décembre que le régiment sera officiellement créé. Selon des renseignements communiqués à la 1ère armée française par le commandant Georges et le capitaine Arribaut, de l'état-major du régiment, le 1er bataillon, à Narbonne, est commandé par le capitaine «Franck», 29 ans (Lucien Maury, chef du maquis de Picaussel), le 2e, à Carcassonne, par le commandant Maurice Allaux (issu de Picaussel, lui aussi), et le 3e (bataillon Myriel), à Castelnaudary, par le commandant «Jean-Louis» (le jeune officier FTP Victor Meyer, 25 ans, chef du maquis Jean-Robert). Chambrun n'ayant que 35 ans, le régiment est donc encadré par de jeunes officiers supérieurs,



Pour renaître, le régiment a incorporé initialement les volontaires du bataillon Minervois du capitaine René Piquemal (II/81e), créé le 1er septembre 1944, du maquis de Picaussel (I/81e, complété par le maquis Aulnat et le Corps-franc Lorraine) et du bataillon Myriel (III/81e).

Au total, le 81e RI compte 102 officiers et 2 428 sous-officiers et hommes de troupe, dotés de 1 000 casques français «complets» et 1 000 autres «sans coiffe».



Prêt à être enlevé le 20 décembre 1944 au matin, le 81e part le 23 de Carcassonne et arrive à Bouclans (Doubs) dans la zone de la 1ère armée. Déception chez les militaires : il manque environ 700 hommes, écrit le ministre de la Guerre au général commandant la 16e région militaire.

Le 81e RI sera d'abord renforcé par 17 officiers et 400 hommes du «Bataillon de volontaires de l'Hérault», en attendant d'autres incorporations en février et mars 1945 : des éléments de la 4e compagnie du 5e bataillon de l'Aveyron dans la 11e compagnie, des éléments du 5e bataillon de l'Aveyron dans la 10e, des éléments des 4307e et 4309e compagnies FTP dans la 9e, des éléments de la CCB du 2e bataillon de l'Aude dans la CB 3, de la 4e compagnie Minervois (sic) dans la 8e...



L'encadrement du régiment sera le suivant.

Chef de corps : colonel Gilbert de Chambrun («Carrel») puis lieutenant-colonel Pierre Gauvin (à compter du 1er mars 1945)

Adjoint : lieutenant-colonel Henri Bousquet, 41 ans

Chef d'état-major : commandant Georges Bonfils

Chef d'état-major adjoint : capitaine David

Compagnie hors rang, lieutenant Thomas Urgelles


1er bataillon : capitaine Lucien Maury puis commandant Christian Ducrest de Villeneuve

. CB, lieutenant Georges Armengaud

. 1ère compagnie, lieutenant Jean Argence

. 2e compagnie, capitaine (puis lieutenant) Jean Girves (chef du maquis La Tourette)

. 3e compagnie, lieutenant Pierre Gruson

. 4e compagnie, lieutenant Denis Pacouil


2e bataillon : commandant Maurice Allaux

. CB, capitaine René Gayraud

. 5e compagnie, capitaine René Piquemal

. 6e compagnie, lieutenant Jean Trilles

. 7e compagnie, lieutenant Michel Barraza

. 8e compagnie, capitaine Azalbert


3e bataillon, commandant Victor Meyer puis commandant Raymond Fournier («Charles») puis commandant Louis Lemagny.

. CB, lieutenant Jean Hippolyte puis capitaine François

. 9e compagnie, capitaine Henri Chadal

. 10e compagnie, capitaine Maurice Landeau

. 11e compagnie, capitaine Joseph Mach (tué le 11 mars 1945) puis capitaine V. Meyer (14 mars).

. 12e compagnie, lieutenant Adolphe Gomez.



Le régiment assure d'abord la garde du Rhin entre Niffer et Huningue, éprouvant déjà plusieurs pertes :

. René Pasquetto (Aude), 17 ans, ancien du maquis de Picaussel, meurt à Magstatt-le-Haut, en service commandé, le 15 janvier 1945,

. Edmond Eychenne (Aude), 27 ans et issu du même maquis, décède le 25 janvier à l'usine de Kembs.

. Charles Nozières (Aude), 22 ans, est tué le 4 février 1945 (par balle) ;

. Jean-Baptiste Assens (ancien de Picaussel), 39 ans, originaire de l'Aude, meurt le 12 février à Niffer (par éclats de mortier) ;

. Antonin Arnaud (à priori lieutenant FFI au maquis de Picaussel), 21 ans, de Lunel, le 16 février, à Niffer ;

. Roger Lacroix (maquis de Picaussel), Carcassonnais de 21 ans, le 17 à Mulhouse...
 

Le 20 février, on confie au régiment la garde du sous-secteur d'Erstein, au sud de Strasbourg, et dès sa première nuit de position, il repousse un coup de main allemand le long du Rhin. Le 1er mars, il passe sous le commandement du lieutenant-colonel Gauvin, venu du 6e régiment d'infanterie coloniale. Il enregistre encore plusieurs pertes :

. à Gerstheim, le Tonkinois Ngo Su (maquis de Picaussel), est tué le 10 mars (par balle), et Jean-Louis Bourdel (maquis de Picaussel), 29 ans, de l'Aude, le 30 mars (éclat de mortier) ;

. René Verdier, 18 ans, de l'Aude, le 5 avril à Fort-Louis.



Rattaché à la 9e DIC, le régiment participe rapidement à la Campagne d'Allemagne. Le 5 avril 1945, ayant été relevé par les Auvergnats du 152e RI, le I/81e RI, passant le Rhin à Leimersheim, entre en Allemagne. Le 7, Jean Mollier (maquis de Picaussel), 24 ans, du Doubs, est tué à Karlsruhe (par balle), où le régiment s'est porté.

Les 11 et 12 avril, il participe aux opérations conduisant à la conquête de Rastatt. Le lieutenant-colonel Gauvin est à la tête d'un groupement, qui comprend également le I/126e RI (volontaires de Dordogne et Corrèze) et le I/6e RIC. Un autre régiment de la 9e DIC, le 21e RIC, est engagé. Les combats sont âpres. Un compte-rendu d'opérations, à la date du 11 avril, rapporte : «Le groupement (…) s'est heurté aux défenses extérieures de Rastatt bien défendu. Le I/81e RI au centre est fixé par des résistances ennemies nombreuses et actives dans les faubourgs Est... Au sud par contre, utilisant le pont sauté de Niederbuhl, le I/126e RI a pris pied sur la rive gauche de la Murg et à Niederbuhl». Le I/81e (commandant du Crest de Villeneuve) déplore deux tués et 18 blessés (dont un officier), le I/126e (commandant Poumarède), un tué, huit blessés dont un officier. Le lendemain, le I/126e, qui a débordé la ville par Niederbuhl et par le sud, tient la partie Sud de Rastatt, le I/81e qui a attaqué frontalement, occupe la gare, la fabrique et les faubourgs Est. Le bataillon a perdu cinq tués et 22 blessés, le I/126e deux tués et 23 blessés, le I/6e RIC deux tués et onze blessés.

C'est à Gauvin que le colonel von Vriesberg, commandant la garnison de Rastatt, se rend. Le groupement revendiquera la capture d'un colonel, un commandant, sept officiers subalternes, 816 soldats et Volksturm, ainsi que 74 civils «ayant fait le coup de feu».

Parmi les victimes de ces deux jours de combat, tous anciens du maquis de Picaussel, citons le soldat Dominique Perez, 23 ans, né en Espagne, tué le 12 avril à Ruental, Aubin Bouissière, 21 ans, natif de l'Hérault, André Llana, Audois de 22 ans, mort le même jour à Rastatt, André Courrieu, 17 ans, le 11 avril à Ruental. Citons encore le caporal-chef Antonin Taurant, tué devant la fabrique. L'Italien d'origine Thomas Rossi, 22 ans (à Karlsruhe), et le Roumain Alexandre London (maquis de Picaussel), 23 ans, meurent le 12 avril des suites de leurs blessures.

Seront cités, pour leur conduite, l'aspirant Antoine Berges, le sous-lieutenant Gabriel Garcia, le sous-lieutenant Juste Tatin, chefs de section, et le capitaine Maury.



Le 18 avril, deux bataillons pénètrent dans la vallée de la Kinzig. Le régiment va alors enregistrer d'autres pertes. Issus du maquis de Picaussel, le sergent Roger Salacruch, 21 ans, de Gruissan, et le sergent-chef Pierre Hequet, chef de section, sont mortellement blessés le 20 avril à Hofstetten. Les 21 et 22, il déplore deux tués et huit blessés, contre une soixantaine de prisonniers. Toujours le 21, Albert Tisseyre (maquis de Picaussel), Audois de 20 ans, décède à Strasbourg...



Au 27 avril, le PC est à Fribourg, avec le I/81e RI, le III/81e RI assure la sécurité dans la haute vallée du Rhin et la surveillance de la frontière suisse, le II/81e est chargé de la sécurité de l'axe Fribourg-Neustadt. Le lieutenant-colonel Bousquet est commandant d'armes de Lorrach. De nouvelles pertes sont enregistrées avant et même après la capitulation nazie :

. Vincent Ortuno, du Gard, 30 ans, le 29 avril, à Waldau ;

. Louis Barrot (maquis de Picaussel), 24 ans, le 2 mai à Colmar (maladie) ;

. Camille Bouche, 19 ans, de l'Ariège, le 3 mai, en Allemagne (des suites de blessures de guerre) ;

. Daniel Bonnaure (maquis de Picaussel), de l'Aude, du I/81e, le 9 mai à Mulheim (par rafale de mitraillette).

Sources principales : dossier du 81e RI, Service historique de la Défense, Vincennes ; site Mémoire des hommes ; bulletins de l'association Rhin-et-Danube.

lundi 9 décembre 2019

Le 1er BCP dans la bataille de Colmar


Le 1er bataillon de chasseurs à pied formait, avec le 5e BCP, la 4e demi-brigade de chasseurs (commandant puis lieutenant-colonel André Petit). Nous avons déjà évoqué, sur ce blog, l'activité du 5e BCP durant la bataille de la poche de Colmar. Voici aujourd'hui celle de son unité sœur.



Le 1er BCP a été créé le 1er janvier 1945 à partir du 90e régiment d'infanterie (commandant Petit), qui avait été mis sur pied avec des volontaires de l'Indre. Il est aux ordres du chef de bataillon Jean Paoli, avec le chef de bataillon Camille Boiziau comme adjoint et le capitaine Roger Bertrand comme adjudant-major. Les compagnies sont aux ordres des capitaines Georges Guiet (1ère), Charles Baaman (2e), René Tissier (3e) et Knepre (compagnie d'accompagnement).


C'est le 7 janvier 1945 que la 4e demi-brigade de chasseurs quitte Châteauroux par voie ferroviaire. Le 1er BCP arrive à Pouxeux (Vosges) le lendemain, puis gagne Saint-Nabord puis Saulxures. Le 15 janvier, le bataillon est enlevé en camions et, par Masevaux et Bourbach-le-Haut, il arrive à Bistchwiller. Rattaché à la 4e division marocaine de montagne, il monte en ligne le lendemain, occupant le quartier de l'Oberfeld, avec PC à Willer-sur-Thur.

Le 21 janvier, sa 2e compagnie et la 1ère compagnie du 5e BCP relèvent le 1er bataillon du 1er régiment de tirailleurs marocains, s'installant sur le piton situé à 500 m à l'est de la cote 472 et sur le Krumbachkopf. Quatre jours plus tard, le 1er BCP est relevé par le bataillon Thuillier du 24e RI (10e DI). Il gagne Thann pour être en réserve de demi-brigade. Puis, dans la nuit du 28 au 29 janvier, le bataillon relève le III/1er RTA sur les pentes du Rangenkopf et du Brandwaldkopf. Le 30, de nuit, il fouille le Kirschsberg, l'occupe de jour et s'empare de petits blockhaus, faisant huit prisonniers. Depuis le début de la bataille, la demi-brigade déplore déjà 19 tués, 66 blessés, 18 disparus, 132 malades, un déserteur.



Le 1er février, le commandant Perot, alors chef d'état-major de la 4e demi-brigade, permute avec le commandant Paoli et prend le commandement du bataillon.

Le 4, une patrouille occupe à 7 h le Waldkappel. La fin des opérations est proche. Le 6, rapporte le journal de marche et d'opérations, « la demi-brigade reçoit mission de pousser un détachement sur la route des Crêtes pour réaliser une liaison à la Jungenauenkopf. La compagnie rejoindra le bataillon une fois la liaison terminée. La 1ère compagnie du 1er BCP part à 7 h pour réaliser la liaison. Pertes de la journée : deux blessés par mine ».

Pour le 1er BCP, la bataille de Colmar est terminée.



Sources : journal de marche et d'opérations de la 4e demi-brigade de chasseurs, Service historique de la Défense.

lundi 14 octobre 2019

Les FFI d'Hérault-Lozère dans la Hardt (décembre 1944-janvier 1945)


S'il n'a pas participé aux actions offensives de la 1ère armée française, le 3e bataillon de la Brigade légère (puis régiment) du Languedoc, aux ordres du commandant Jean Boudet, a pris sa part dans les opérations de la poche de Colmar.

Sous le nom de bataillon Hérault-Lozère, il est issu de la fusion du bataillon de Haute-Lozère (commandant «Petitlouis») et du 1er bataillon de l'Hérault (commandant Boudet). Durant tout le mois de novembre 1944, l'unité s'entraîne au camp du Valdahon (Doubs) avant de monter en ligne. Ses activités nous sont connues par le journal de marche du bataillon (Service historique de la Défense).

10 décembre : départ du Valdahon.

11 décembre : débarquement à Bischwiller.

16 décembre : départ à pied pour monter en ligne.

17 décembre : relève du 2e bataillon (commandant Yves Testor) de la Brigade légère du Languedoc dans la Hardt, de Kembs (exclu) à Nieffer (exclu). Le soldat Mohamed ben Ahmed est blessé par éclat de mortier.

19 décembre : à 16 h 30, l'ennemi exécute un coup de main sur le point d'appui 1 (compagnie du capitaine Emile Perez). Il est repoussé, mais le bataillon déplore un mort (le soldat Marcel Scherer, par éclat de mortier) et quatre blessés : René Dalp, Joseph Tichit et Roger Laur (par mortier), André Turc (par balle).

21 décembre : Adolphe Mathieu est blessé par balle.

22 décembre : Marcel Barrière est blessé par éclat de mortier.

25 décembre : à minuit, tous les PA subissent un tir d'artillerie, puis les Allemands tentent un coup de main sur le PA 4 (sous-lieutenant Deparis) et le PA 5 (lieutenant Pierre Peyfaure, commandant de compagnie). L'attaque échoue, au prix de deux morts (le lieutenant Emile Lavigne, observateur du bataillon, tué par balle, et le caporal Paul Baudasset, 18 ans, de Clermont-l'Hérault) et cinq blessés (Raymond Parent, Albert Chassagne, René Mazuc, Jean Mannier et Claude Balthazar).

29 décembre : André Millet est blessé par une balle explosive.

30 décembre : Jean Frontère, 17 ans, est tué par balle.

1er janvier 1945 : harcelé, le PA 5 est attaqué. Nouvel échec.

2 janvier. Alors que le sol est recouvert de 30 cm de neige, le soldat Armand Martin, 19 ans, de Gignac (Hérault), est tué par balle.

3 janvier. Le soldat Henri Delplanque est blessé.

4 janvier. Tir de mortiers sur le PA 5 et attaque sur Kembs. C'est un échec. Le soldat Jean Caserivière est tué par un éclat de mortier, Jean Carbonette et Robert Bonnafous sont blessés.

6 janvier. Le bataillon réalise une patrouille en territoire ennemi. L'aspirant Betant sera cité.

8 janvier. La Brigade légère du Languedoc devient Régiment du Languedoc. Dix officiers quitteront le bataillon : le capitaine Roger Sagnes, les lieutenants Jean Deck, Jean Victor, Luc Ridau, Collache, Jacques Vergnier, les sous-lieutenants Levêque, Fesquet, Gaillard et Jardy.

13 janvier. Les soldats Joseph Sabatier, Rolland Jullien et Joseph Gadowski sont blessés.

17 janvier. Emile Page est blessé.

19 janvier. Le II/81e RI relève le III/Régiment du Languedoc, qui retourne à Bischwiller. Son temps de position dans la Hardt lui aura coûté six morts et 20 blessés. Le 16 mars, il deviendra III/80e RI. Ses commandants de compagnies : le sous-lieutenant Ernest Granier (CB), le lieutenant Peyfaure puis le capitaine Faisant (11e compagnie), le capitaine Perez puis le capitaine Diet (12e compagnie), le capitaine Astor Forrichi puis le lieutenant Henri Gelly (13e compagnie), le capitaine Henri Grandidier (14e compagnie) et le capitaine Roger Sylvestre puis le lieutenant Ferière (15e compagnie).