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mardi 11 novembre 2025

Le 51e régiment d'infanterie (du Tarn et de l'Aveyron), 1944-1945

Des FFI du I/51e RI dans les Vosges. Photo issue de l'ouvrage de Pierre Alquier.


Chef de corps : lieutenant-colonel René Trioche

Organisation :

. 1er bataillon, commandant Henri Pugnaire (blessé 18/10/1944) puis commandant Jean Martrou

      1ère compagnie, Cne Guy Maraval de Bonnery

      2e compagnie, Cne Emile Arino (Daniel)

      3e compagnie, Cne Lucien Rabaséda puis Cne Max Rouch 

      compagnie d'accompagnement, Cne Jean Cambolive

      compagnie de commandement, Slt Robert Tabarly

. 2e bataillon, commandant François Vittori (Marc).

     4201e compagnie, Cne Raymond Comte (Crémieux)

      4206e compagnie, Cne Hoche

      4209e compagnie, Cne René Schiltz (Debussy), tué (acc.) 21/12/44

A l'origine, le lieutenant-colonel René Trioche, ancien capitaine du 51e RI de l'Armée d'armistice à Albi (tout comme son adjoint, le commandant Edmond Dupuy, mais également Pugnaire et Martrou), commande la 1ère demi-brigade (du Tarn) de la Division légère de Toulouse. Elle se compose initialement de trois bataillons : le Bataillon de l'Albigeois (ORA du Tarn), qui a repris les traditions du I/51e RI, le Bataillon du Rouergue (FTP de l'Aveyron) et le Bataillon Antoine (groupes Vény du Tarn). Ce dernier ne combat pas en corps constitué au sein de la 1ère armée française, à la différence des deux autres bataillons. 

1er bataillon du 51e RI

Effectifs : 20 officiers et 407 sous-officiers et hommes de troupe. « Les hommes sont des jeunes engagés, en majorité étudiants, note le général Guillaume, commandant la 3e division d'infanterie algérienne. L'instruction qu'ils ont reçue est rudimentaire : un peu d'école de groupe et de maniement d'armes. » Particularité de sa 3e compagnie (capitaine Lucien Rabaséda) : elle est composée de gardes d'un escadron de marche formé après la dissolution des escadrons 3/6, 7/6 et 8/6. La 2e compagnie est commandée par le capitaine Emile Arino, qui n'a que 21 ans. Ce dernier était, sous le pseudonyme de Daniel, le chef du maquis Stalingrad, d'où le nom de Compagnie Stalingrad de l'unité.

Ayant défilé à Dijon le 15 octobre 1944, le I/51e RI, créé le 24 août 1944, est mis à disposition du 2e régiment de spahis algériens de reconnaissance (RSAR), dans les Vosges, le 18 octobre 1944. Ce jour-là, son chef, Pugnaire, est blessé aux jambes par des éclats d'obus en arrivant à Saulxures-sur-Moselotte. Un autre ancien officier du 51e RI, le commandant Martrou, lui succède. Sous ses ordres, le bataillon relève, le 19 octobre 1944, le bataillon Bénony du Corps franc Pommiès dans le quartier de La Forge-Julienrupt, sur l'axe Remiremont - Gérardmer, devant Le Tholy. Le 24 octobre 1944, il déplore la mort du soldat Jacques Magnier, au Syndicat. Puis, le 28 octobre 1944, il perd le soldat Roger Calmet, tué par l'obus d'un char Tiger posté en bas du Tholy (l'adjudant Richard, le sergent-chef Thibault, le sergent Mauriès et le caporal Jaïs sont blessés). Nouvelles pertes le 4 novembre 1944, lors d'une reconnaissance sur une crête par une patrouille qui est accrochée par une mitrailleuse (le sergent-chef Paul Busig, les sergents Thibault et Mayer sont blessés). Relevé dans le quartier de La Forge le 7 novembre 1944 et dans la nuit du 7 au 8 par le 1er Bataillon de Toulouse (ex-2e demi-brigade Ajax), le bataillon part cantonner au Roulier et à Saint-Loup-sur-Semouse. 

Depuis le 27 octobre 1944, le I/51e RI compte une nouvelle 3e compagnie confiée au capitaine Max Rouch et provenant de la Demi-brigade Ajax (cette unité succède, dans l'ordre de bataille du bataillon, à l'ancien escadron de marche de gardes du capitaine Rabaséda, qui rentre à Toulouse). 

Le I/51e RI, également appelé Bataillon de l'Albigeois, remonte en ligne le 19 novembre 1944, entre Cornimont et Xoulces, en relevant des militaires du 2e Bataillon de la Légion étrangère. Le 22 novembre 1944, deux sections de la 1ère compagnie (capitaine Guy Maraval de Bonnery), qui ont été accrochées, perdent un homme lors du repli : Georges Senegas, tué à Xoulces. Le 25 novembre 1944, le sergent Jean Salviani, dont le frère Charles sert également dans le régiment, est tué par l'explosion d'une mine au cours d'une liaison. Puis le bataillon reçoit, le 26 novembre 1944, l'ordre de se porter sur le col du Brabant, au sein d'un sous-groupement composé du II/1er Régiment de Franche-Comté et d'éléments du 7e régiment de chasseurs d'Afrique. Parti de Xoulces, il parvient au col. Le lendemain, il reprend la progression en direction du Bramont, mais rencontre de nombreuses difficultés. « La colonne Trioche qui s'était emparée de la bordure des bois de la Roche des Bouchaux est vigoureusement contre-attaquée et revient sur ses positions de départ après avoir subi des pertes sensibles », note le journal du II/RFC. En début d'après-midi, en effet, la 3e compagnie a notamment perdu, près de la ferme des Corbeaux, le sergent Jean Miquel et Pierre Marty. Le I/51e RI déplore également, ce 27 novembre 1944, près de Cornimont, la mort de Georges Bassot, du sergent Léon Florczak et de Jean Gauthier. Ce sont la compagnie Monnet et le corps-franc du RFC, installés dans la zone de la chapelle, qui couvrent le repli du I/51e RI, lequel retourne le soir à Cornimont. 

Parvenu au col du Bramont le 5 décembre 1944, le I/51e RI reste en ligne dans le secteur de La Bresse. Le 18 janvier 1945, conduits par le capitaine Maraval et le lieutenant Rio, neuf hommes de la 3e section (adjudant-chef Canès), 1ère compagnie, partent en patrouille en direction du lieu-dit Rothenbach, au Rainkopf, commune de La Bresse. L'explosion d'une grenade provoque la réaction, au panzerfaust, au mortier, à la mitrailleuse, de l'ennemi. Adrien Pistre, 20 ans, et Jean Roumiguieres, 21 ans, sont tués, Raymond Carausse est grièvement blessé par une balle explosive, Henri Cougoureux est touché par une grenade. Les cinq rescapés parviennent à se replier - le corps de Roumiguieres ne sera découvert que le 21 avril 1945. Le 3 février 1945, lorsque le secteur des Vosges se met en mouvement dans le cadre des opérations de réduction de la Poche de Colmar, le I/51e RI, dont une patrouille dans la nuit a confirmé le décrochage des Allemands, atteint le Rothenbachkopf. Quelques semaines plus tard, le bataillon, qui ne compte plus que quinze officiers et 299 hommes au 16 février 1945, est dissous. Une partie des hommes rejoignent le Sud-Ouest où le 18e RI se reconstitue (le commandant Pugnaire, le capitaine Maraval y serviront), tandis que leurs camarades sont affectés le 26 février 1945 au 49e RI né de la transformation du Corps franc Pommiès. C'est avec ce régiment que les Albigeois prennent part à la Campagne d'Allemagne.

2e bataillon du 51e RI

Dit Bataillon du Rouergue ou 1er Bataillon de l'Aveyron (à ne pas pas confondre avec le 1er Bataillon de l'Aveyron de la Brigade légère du Languedoc) ou Bataillon Marc. Recruté dans la région de Decazeville (Aveyron), il a conservé son organisation typiquement FTP. Ainsi, son chef Marc est notamment secondé par un « commissaire aux effectifs », le capitaine Lucien Aussenac (Dorin), et ses compagnies seront longtemps numérotées 4 201, 4 206 et 4 209. Parti d'Albi le 5 septembre 1944, puis de Rodez le surlendemain, le bataillon cantonne durant plus d'un mois à Saint-Appolinaire, près de Dijon, où les contrats d'engagement pour la durée de la guerre ont été signés, avant de se porter le 16 octobre 1944 sur Rupt-sur-Moselle. Ce jour-là, il est en position au Syndicat et à Vagney. Relevé le 26 octobre 1944 par le groupe d'escadrons d'Audibert du 3e dragons à Moyenmont et Dramont, il reprend le lendemain les positions du 3e bataillon de la Demi-brigade d'Auvergne. 

Le 31 octobre 1944, le II/51e RI est lancé au combat. Un de ses officiers, le sous-lieutenant Michelet, de la 4201e compagnie (capitaine Raymond Comte, dit Crémieux), est blessé à la jambe droite. Le 3 novembre 1944, il prend part à la tentative de progression sur Rochesson, avec le 3e dragons. A 12 h 45, le chef d'escadrons d'Audibert rend compte que le bataillon de l'Aveyron, qui progresse par le Grisard, a atteint la cote 650 avant d'aller occuper 821. Puis, « à 16 h 15, rapporte le JMO du 2e RSAR, le Bataillon Marc ayant réussi à pousser un élément jusqu'à 300 m au sud du Haut de Bouvacôte, le lieutenant-colonel Trioche reçoit l'ordre de reconnaître et d'occuper avant la tombée de la nuit la cote 733. Il y parviendra sans difficultés. »

Le 14 novembre 1944, jour où le IIe Corps lance son offensive dans le Doubs, le bataillon du commandant Vittori, qui opère avec le 1er Bataillon de Toulouse, atteint les pentes Nord du Haut de Bouvacôte (cote 816). Le lendemain, le 2e RSAR et les FFI venus de Berlingoutte entrent enfin dans Le Tholy, puis arrivent dans l'après-midi au carrefour de Préchamp où la liaison est réalisée avec les Américains. Ce jour-là, le bataillon du commandant Marc vit une tragédie : en se portant en avant, des FTP « sont reçus par plusieurs salves de FM ou de mitrailleuses qui blessent deux de nos gars, dont un assez grièvement... Il a été atteint par une balle explosive dans la région du ventre ; ces coups de feu sont tirés par le bataillon Ajax [1er Bataillon de Toulouse] ; nos gars se font aussitôt reconnaître et le feu cesse immédiatement. » Il y aura un autre drame, plus cruel encore. Quatre volontaires étaient partis en reconnaissance, lorsqu'au lieu-dit Goutte des fromages (commune du Tholy), ils se sont heurtés à des soldats allemands. Il y a trois tués : Benjamin Fargues, Louis Hernandez et le sergent André Glarey, mort des suites de ses blessures le 16 novembre 1944 à Remiremont. Le quatrième FTP, « voyant ses camarades tomber, tire à son tour et blesse ou tue deux boches, puis il se barricade à l'intérieur » de la maison « et se défend très courageusement jusqu'à l'arrivée d'une compagnie d'Ajax qui met l'ennemi en déroute ». Ainsi, « cette journée, qui devait être pour notre bataillon une journée de joie, se termine dans le deuil », note le journal des marches de l'unité. Le lendemain, le bataillon aveyronnais est retiré du front pour se reposer à Corbenay... 

Au repos pendant douze jours, le 1er bataillon de l'Aveyron remonte en ligne le 30 novembre 1944. Ses 4 201e et 4 206e compagnies relèvent les hommes du 1er RFC éprouvés par le combat du bois de la Roche de Bouchaux. Le PC du bataillon est établi à Lansauchamp. Alors que deux hommes ont été blessés dans la journée en sautant sur une mine (Raymond Lecole a reçu huit éclats à l'épaule, à la cuisse, au mollet gauche, aux chevilles et au talon gauche), une patrouille de la 4 201e compagnie conduite par le sous-lieutenant Maximilien Lubecki est lancée dans la nuit, avec l'objectif, dans la mesure du possible, de faire des prisonniers. Mais, victime d'une balle en plein front dans une rencontre avec l'ennemi « à environ un kilomètre de nos lignes », le jeune officier de 19 ans devait perdre la vie, dans la forêt, comme le sergent Luciano Bartoletti. Antoine Gonzales, dit Michaud, « veut essayer de ramener les cadavres de ses camarades, mais il tombe à son tour victime de son devoir », note le JMO du bataillon, qui signale aussi que René Boyer, porté disparu, parviendra à rejoindre son unité. C'est le capitaine Eugène Pilate (Félix) qui, avec d'autres Aveyronnais, ira rechercher le lendemain les trois corps. 

Le 4 décembre 1944, entre La Bresse, en Lorraine, et Wildenstein, en Alsace, le II/51e RI vit « une journée toute améliorée de gloire ». Il avait reçu l'ordre de pousser en direction du col de Bramont et du lac des Corbeaux : « La 4 201e compagnie, en particulier, étant parvenue la veille au col de la Vierge, partit dès le matin pour prendre le col... Elle y parvint vers la fin de la matinée, et cette marche surprit tellement l'ennemi qu'on trouva dans une maison les pommes de terre cuisant au feu et abandonnées par les boches en déroute. Suivie peu après par la 4 206e, puis par la 4 209e, elle arrive même à la frontière alsacienne et sur la route nationale. » 

Puis, comme les camarades du I/51e RI, les FTP du II/51e vont tenir position. Le 21 décembre 1944, le capitaine René Schiltz (Debussy), commandant la 4 206e compagnie, meurt accidentellement dans le secteur de Rainkopf, lors de la relève par la 4 209e compagnie. Le bataillon est alors implanté sur la piste des Italiens et au poste Riquet notamment, à proximité du col de Bramont. Le 26 décembre 1944, Ernest Vabre est tué au Rainkopf.

Le 3 février 1945, des patrouilles du 1er Bataillon de l'Aveyron se mettent en mouvement à 7 h 30 « et arrivent à hauteur du poste allemand au point 2.891 où elles constatent que l'ennemi s'est replié. Voyant que les bruits selon lesquels les Allemands commençaient à retirer leurs troupes du secteur se justifiaient, nos hommes, malgré les difficultés à marcher sur l'épaisseur de neige, reprennent courage et résolument foncent à l'avant. En peu de temps, la route des crêtes est atteinte et occupée immédiatement. Le Rainkopf à son tour est atteint et l'auberge du Rothenbach, première étape, est occupée aussi». C'est là que le sous lieutenant Simon échappe à la mort quand un engin piégé explose à l'intérieur. Dans l'après-midi, partant du point d'appui Riquet où le commandant Vittori a établi son PC, « une section de la 2e compagnie, parmi laquelle se trouvent le capitaine Roux et le sous-lieutenant Montpellier, part en direction du refuge du Rainkopf en suivant la route des crêtes. Arrivée à la hauteur du lac de Blanchemer, ils sont durement pris à partie par plusieurs mitrailleuses allemandes qui avaient encore les postes sur le flanc Est du Rainkopf. Aussitôt la première rafale, le sergent Naves Robert, dit Julien, s'affaisse, touché à la tête. La patrouille se replie sur Blanchemer où, une fois de plus, elle est prise sous le feu d'éléments isolés à Abri-Fer. Une deuxième patrouille, partie sur les pas de la première, est aussi accrochée à son tour. Le caporal-chef Lefevre est blessé par une balle à la cuisse. » Agé de 18 ans, Robert Naves, qui avait été retrouvé par des éclaireurs skieurs du RFC « après avoir passé une nuit par un froid terrible à 50 m d'un blockhaus ennemi », décède le 10 février 1945 à Besançon.

Le 7 février 1945, les I et II/51e RI descendent des crêtes, passent à Metzeral et vont cantonner à Sondernach. Tandis que le 1er bataillon est versé au 49e RI, le 2e, qui regroupe 20 officiers et 434 hommes au 16 février 1945, est affecté le 21 février 1945 au 3e bataillon du 151e RI (ex-Brigade de Paris), bataillon dont Vittori prend le commandement avant de le céder au capitaine de Linarès. Les Aveyronnais du III/151e RI se couvrent ensuite de gloire en Allemagne.

Le 51e RI (du Tarn et de l'Aveyron) avait cessé de vivre. Mais entre-temps, le régiment avait été reconstitué, devant Dunkerque, à compter du 24 janvier 1945, avec des volontaires du Nord et de la Picardie. Le 25 novembre 1944, le lieutenant-colonel Trioche, "commandant le 51e RI", s'était d'ailleurs ému auprès du général de Monsabert, commandant le 2e corps de la 1ère armée française, du projet de reconstitution d'un autre 51e RI, "à Amiens et à Beauvais". L'officier souhaitait que sa formation "soit seule reconnue officiellement" comme détentrice de cet écusson, pour la raison qu'il conservait son drapeau et que ses cadres avaient servi au sein du régiment entre 1940 et1942. René Trioche souhaitait même que le 51e RI s'augmente d'un 3e bataillon reconstitué avec des éléments de Picardie - le bataillon de sécurité II/2 du lieutenant-colonel Fromonot. Effectivement, cette unité portera bien l'appellation de III/51e RI... mais au sein du nouveau 51e RI.

Sources : archives du bataillon de l'Albigeois, GR 13 P 69, SHD - archives du Bataillon Marc, GR 13 P 82, SHD - archives de la demi-brigade Trioche, GR 13 P 93, SHD - archives du 51e RI, GR 12 P 12, SHD - Pierre Alquier, Le I/51e RI (FFI) ou Bataillon de l'Albigeois. Les jeunes volontaires de la Libération, 1993.


mercredi 2 juillet 2025

26 novembre 1944 : reconnaissance meurtrière à L'Envers des Fies, dans les Vosges



La plaque en hommage aux morts du 3e/12e dragons. (Photo L. Fontaine).

    Le 26 novembre 1944, tandis que le 152e RI est meurtri dans le bois de l'Oberwald, que le Bataillon Janson de Sailly prend sa part dans la conquête de Masevaux, que le I/51e RI atteint le Col du Brabant, que le Corps franc Pommiès entre dans Le Thillot, le 3e régiment de dragons du chef d'escadrons Pierre Dunoyer de Segonzac est cruellement éprouvé entre Gérardmer et le Col de La Schlucht. C'est le combat de l'Envers des Fies que nous vous détaillons ici.

    A sa création à Castres le 31 août 1944, le 1er groupe d'escadrons du 3e dragons FFI, confié au chef d'escadrons Paul d'Audibert de Lussan, avec pour adjoint le capitaine René Mazens, se compose de trois escadrons : le 1er du lieutenant Henri Périé (pelotons Jean Le Vavasseur, Georges Barbas, Marc Vène), le 2e du lieutenant Henri Sautour (pelotons Michel Mare, Hubert de Charron, Edouard Bonhoure) et le 3e du capitaine Jean de Tauriac (pelotons Guy de Charron et Louis Aussenac).

    Engagé dans les Vosges, le 1er GE du 3e dragons appartient au sous-groupement Lecoq, auprès de qui Audibert apprend, le 25 novembre 1944, quelques jours après l'entrée des troupes françaises dans Gérardmer, que le bois de la Brochotte et la maison forestière L'Envers des Fies ne sont plus occupés. Il s'agit, pour les dragons, de le vérifier, le 26 novembre 1944. L'historique du groupe d'escadrons - le régiment en compte trois - rend compte dans le détail de cette journée.

    "Mission du sous-groupement Lecoq. S'efforcer de déborder par le nord les résistances ennemies de la région à l'est de Longemer. En cas de repli profond de l'ennemi, pousser rapidement : 1) sur l'axe Xonrupt - Le Valtin - Le Rudlin - Col de Louchbach et Colmar (soit par le Lac Blanc et Orbey, soit par le Col du Bonhomme et Lapoutroie) ; 2) en direction de La Schlucht. [...] Mission du groupe d'escadrons. Envoyer à 8 h 15, le 26 novembre, une reconnaissance destinée à s'emparer de la maison forestière des Fies, de L'Envers des Fies et du Carrefour des Fies. [...]

    A 6 h, le 1er escadron, le commandant d'Audibert et son PC quittent à pied Gérardmer, où le 2e escadron reste jusqu'à nouvel ordre, arrivent à Xonrupt à 7 h 30 et à 8 h partent en reconnaissance, accompagnés par le lieutenant Alquier-Bouffard du 3e groupe d'escadrons qui doit les mener jusqu'à la maison forestière de L'Envers des Fies. [...]

    A 8 h 45, l'échelon de reconnaissance atteint la maison forestière de L'Envers des Fies, la reconnait prudemment et la trouve libre.

    A 9 h, le 1er escadron se porte dans les bois situés à 4 mètres Ouest 812,5, en occupe les lisières Nord, face au carrefour des Fies, et Est, face à la ferme de L'Envers des Fies, que va reconnaître le peloton Le Vavasseur commandé par le sous-lieutenant Cormouls. [...]

    A 9 h 15, ce peloton atteignant les lisières Ouest du bois de la ferme de L'Envers des Fies est pris sous un feu violent et ajusté d'armes automatiques situées dans ce bois et celui des Brochottes. Il est littéralement cloué au sol. [...] Des tireurs d'élite, armés de fusils à lunette et grimpés dans les arbres, font du tir à la cible. Le brigadier Frauenfelder est tué, le maréchal des logis Assemat blessé très grièvement à la jambe à moins de 10 m des fils de fer ennemis.

    A 9 h 30, le commandant d'Audibert rend compte au lieutenant-colonel Lecoq. [...]

    A 10 h 30, le capitaine Périé décide d'aller voir le peloton Le Vavasseur (Cormouls) afin de se rendre compte personnellement de sa situation qui s'avère de plus en plus critique. Il essuie plusieurs balles à l'aller. Sur le chemin du retour, il est tué d'une balle en pleine tête par un tireur d'élite. [...]" Le corps de l'officier âgé de 29 ans est ramené par le brigadier Granier et le cavalier Larroque. 

    "A 10 h 5, [d'Audibert] adresse au lieutenant-colonel Lecoq ce message : "Résistance signalée Envers des Fies est plus sérieuse. Les lisières Ouest du bois sont tenues par plus de deux sections. Capitaine Périé tué. 2 blessés graves. Dois-je persister dans attaque Envers des Fies ou dois-je me porter au carrefour des Fies ?".

    A 11 h, le médecin-lieutenant Bourdet se porte vers le maréchal des logis Assemat. [...] Il donne à ce sous-officier les soins voulus, malgré un feu violent dont il est la cible, puis est grièvement blessé à son tour par une balle explosive au bras. Deux hommes, les cavaliers de Villèle et Cheron vont spontanément à son secours et le ramènent. Cheron est à son tour très grièvement blessé par une balle, dans les reins. [...]

    A 12 h 55, [d'Audibert] envoie l'ordre au peloton Le Vavasseur (Cormouls) de décrocher prudemment. [...]" Au cours de sa mission de transmission d'ordres, le cavalier Thomas René "est blessé à deux reprises".

    "A 13 h 05, le peloton Le Vavasseur (Cormouls) commence son décrochage, effectuant son repli sur un glacis. [...] Coup sur coup, sont tués les cavaliers Marty et Arramond, tandis que sont blessés le maréchal des logis Copens, les cavaliers Descoux, Delfavero Gaston, Rouanet Pierre et que le maréchal des logis-chef Gimenez a son casque traversé d'une balle et le cuir chevelu brûlé.

    A 13 h 50, au message qu'il avait envoyé à 10 h 55 au lieutenant-colonel Lecoq, il est répondu au commandant d'Audibert : "Ne pas insister sur L'Envers des Fies et se porter dans la région de La Roche-[du] Page".

    A 13 h 55, le commandant réplique sur le champ : "Suis toujours très solidement accroché. Peloton au contact vers la ferme des Fies a éprouvé des pertes très sévères, 3 tués, 8 blessés. Reçois votre ordre de repli. Ne pourrai l'exécuter qu'à la nuit, afin de ramener les morts et les blessés qui sont sous le feu. Mon médecin blessé, prière d'envoyer médecin et équipes de brancardiers". Audibert demande également que le 2e escadron (capitaine Sautour, lieutenant Aussenac) lui soit envoyé à La Roche du Page. Lecoq donne son autorisation, ainsi que l'ordre à un peloton de chars d'appuyer les FFI du Tarn qui voient par ailleurs arriver le médecin-lieutenant Gabriel Nahas.

    "A 16 h, un peloton de chars de l'escadron du capitaine de Baulny commence son tir de neutralisation.

    A 16 h 10, le cavalier Barbagelata est tué par balle.

    A 16 h 40, le tir du peloton de chars cesse. Il fait encore jour. On discerne alors sur la neige un corps qui rampe. Ce ne peut être que le maréchal des logis Assemat." André Assemat est ramené dans nos lignes, et le dernier corps évacué à 17 h 30.

    "A 17 h 30, le 1er escadron décroche. [...] A 20 h, il est à Gérardmer."

    Dans une chapelle ardente dressée dans la cité, ont été réunis les corps du capitaine Périé et du cavalier Barbagelata. "Sur le corps du capitaine Périé est déployé le fanion dont la devise qu'on y voit briller : "Debout, la Victoire luira", n'a jamais paru plus émouvante".

    Capitaine Henri Périé, brigadier Henri Frauenfelder, cavaliers Mario Barbagelata, Ernest Marty et Léon Arramond : tels sont les noms des cinq volontaires du 1er escadron tombés ce jour-là au-dessus de Xonrupt. Un escadron qui sera encore endeuillé le 5 décembre 1944, avec la mort de son nouveau chef, le lieutenant Georges Barbas, sur la Route des Crêtes, provoquant, selon l'aveu du rédacteur du JMO du groupe, une "dépression physique et morale" au sein des hommes de l'escadron, relevé le lendemain.

Source : archives du 12e dragons (ex-3e dragons), GR 12 P 109.

mardi 13 mars 2012

Le 3e dragons FFI (1944-1945)


(Photo aimablement communiquée par M. Olivier Heral).



C'est après la reddition de la garnison allemande de Castres que le chef d'escadrons Pierre Dunoyer de Segonzac, alias Hugues, 38 ans, ancien directeur de l'école des cadres d'Uriage, et alors chef des maquis de l'Est du Tarn (dans le Vabre), met sur pied un groupement FFI, d'abord baptisé Corps franc du Sidobre.

Ce groupement est en premier lieu articulé autour du 3e régiment de dragons. Recréé le 31 août 1944, commandé par le chef d'escadrons Paul d'Audibert de Lussan, officier d'active de 49 ans, ce régiment réunit deux groupes d'escadrons mis sur pied au quartier Fayolle à Castres après la libération de la cité, l'un constitué par d'Audibert, l'autre par le chef d'escadrons Antoine de Gastines. 

Il comprend aussi les « commandos », confiés au capitaine Jean Dunoyer de Segonzac, alias Martin, le frère cadet du commandant. Il y a enfin la batterie anti-chars du capitaine Jean Bonnet. 

Ce groupement, appelé à devenir Corps-franc Bayard le 24 septembre 1944 (selon le commandant de Segonzac), quitte Castres à partir du 6 septembre 1944, dans le cadre de la Division légère de Toulouse. Il opère d'abord à Etang-sur-Arroux, en Saône-et-Loire (9-10 septembre 1944). Passé en revue par le général de Lattre, commandant la 1ère armée française, le 15 septembre 1944, il gagne, neuf jours plus tard, la région de Vesoul. 

Baptême du feu en Haute-Saône

Le 25 septembre 1944, le Corps franc connaît son « baptême du feu », selon les mots du capitaine Odon de Saint-Blanquat, adjoint au chef d'escadrons Dunoyer de Segonzac. Il a pour mission d'épauler les zouaves portés du 2e bataillon de la 1ère division blindée (DB) dans la conquête des bois du Mont de Vannes, au-delà de Lure, sur la route du Thillot. Ce sont les commandos du capitaine Martin qui sont engagés. Les volontaires du Tarn avaient quitté Pomoy (Haute-Saône) à 1 h pour se mettre en place à Malbouhans et entreprendre le nettoyage des bois. Les combats dans ces fourrés dureront jusqu'au 26 septembre 1944 en fin de journée, quand les Français atteindront les lisières Nord du bois, à environ un kilomètre de la route Mélisey - Plancher-les-Mines. Le capitaine de Saint-Blanquat parle d'« un sévère et sanglant baptême du feu ». Bilan : quatre tués et quatre blessés. Les quatre victimes : Paul Ortega, 20 ans, et Pierre Barraud, 18 ans, vétérans du Corps franc de la Libération 10 du maquis de Vabre, le jeune cavalier Guy Marmier, 17 ans et demi, du 3e commando, tué le 26 septembre 1944, Emile Iche, 25 ans, mort le lendemain.

29 septembre 1944 : le Corps franc Bayard est rattaché à la 1ère division de marche d'infanterie, après les combats du Mont de Vannes et deux jours de repos à Belonchamp. Le groupe d'escadrons d'Audibert relève ainsi les cuirassiers du commandant Geyer au point d'appui de Mignavillers puis, le 2 octobre 1944, les hommes du groupe de Gastines au bois le Bœuf, près de La Vacheresse. Enfin, après avoir laissé ses positions aux « commandos » du capitaine Martin (ceux-ci formeront le 3e groupe d'escadrons de l'unité, composé de trois commandos comprenant notamment la compagnie Marc-Haguenau, composée de volontaires juifs), il relève de nouveau le 2e groupe d'escadrons le 5 octobre 1944 au bois des Guyottes, jusqu'à l'arrivée, cinq jours plus tard, de tirailleurs marocains. Deux des cadres du 2e groupe d'escadrons ont été blessés le 30 septembre 1944 dans le bois Saint-Georges, près de La Vacheresse, le lieutenant Paul de la Taille et l'adjudant André Viguier, ce dernier au cours d'une patrouille.

9 octobre 1944 : création dans les Vosges d'un groupement tactique destiné à couvrir la gauche du 2e corps du général Monsabert et relever des soldats américains. Il est constitué autour du 2e RSAR et commandé par le lieutenant-colonel Roger Lecoq. Le Corps franc Bayard lui est rattaché.

12 octobre 1944 : le Corps franc arrive dans le secteur des spahis. Premiers à monter en ligne : les trois « commandos » du capitaine Jean Dunoyer de Segonzac, qui relèvent les Américains à Sapois, et qui y seront à leur tour remplacés par le groupe du commandant d'Audibert le 16 octobre 1944 (deux FFI, Parda et Lerouge, sont blessés le lendemain).

14 octobre 1944 : une action visant Rochesson est menée à partir de 7 h 30. L'attaque permet d'obtenir quelques progrès, avant d'être stoppée. Côté français, il y a deux tués et trois blindés perdus. Le Corps franc Bayard déplore, près de Menaurupt, la mort d'Heindrich Kiel, 35 ans, appartenant à la section polonaise du corps franc, de Simon Weil, 20 ans, du 2e commando (la compagnie Marc-Haguenau), et de Julien Gonzales, du 3e commando. Un officier, le sous-lieutenant Jacques Desazars de Montgailhard, est blessé "alors qu'il se penchait pour secourir un de ses hommes" (témoignage du lieutenant Jean-Pierre Rouchié). Ces combats vaudront à leur chef de groupe une citation.  

17 octobre 1944 : ayant enfin relevé les Américains, le Corps franc Bayard participe à une attaque ayant pour but de prendre le bois d'Orimont puis, à nouveau, Rochesson. Mais seul le premier objectif est atteint. Pour le corps Monsabert, les pertes et la fatigue sont telles que le général de Lattre décide, le 17 octobre 1944 à midi, de suspendre l'offensive. Le Corps franc reste attaché au groupement Lecoq pour rester en position devant Le Tholy. 

24 octobre 1944 : aux environs de cette date, le Corps franc Bayard devient 3e régiment de dragons. Le commandant d'Audibert apprend ce changement de dénomination le 2 novembre 1944.

29 octobre 1944 : le maréchal des logis Hervé Amalric est grièvement blessé par des éclats à l'épaule, au ventre et à la cuisse par un obus de mortier à Moyenmont (il décédera le 12 novembre 1944).

A l'assaut du Haut du Tôt 

31 octobre 1944 : une action en direction de Rochesson – toujours – et de Menaumont, entre les routes Remiremont – Le Tholy - Gérardmer et Remiremont – La Bresse – Gérardmer, est programmée pour vérifier si les Allemands ont décroché. Le débouché se fait à 6 h 30, après une préparation d'artillerie. Le 1er bataillon de l'Aveyron et le 3e régiment de dragons sont engagés dans cette opération. Les dragons progressent en direction du Haut du Tôt (827 m), au sud de Bouvacôte, et de la ferme Perrin, mais ils se heurtent à la réaction ennemie. Le peloton du lieutenant Jean Le Vavasseur (1er escadron) parvient toutefois à occuper la lisière Nord du boqueteau situé au sud du Haut du Tôt, également atteint par le 2e RSAR. Cependant, près de la ferme Perrin, si le peloton du lieutenant Louis Aussenac - qui a pris la veille une mitrailleuse et deux prisonniers lors d'une patrouille - et un groupe du peloton du sous-lieutenant Edouard Bonhoure parviennent à faire six prisonniers, le cavalier Marcel Maurel, 19 ans, est tué d'une balle dans la tête, l'aspirant Gaubert, les cavaliers François Cabrol, René Cabrol et Seguy sont blessés. A 9 h, c'est le maréchal des logis-chef Marc Bellegy, du peloton Le Vavasseur, qui est grièvement touché à la tête, et qui est ramené sous le feu ennemi par le cavalier Hiraille. La résistance allemande est telle qu'à 15 h, l'ordre est donné par le chef d'escadrons de spahis de Chabot de se replier sur les positions de départ. Les dragons sont de retour dans leurs points d'appui à 15 h 45.

3 novembre 1944 : nouvelle tentative au matin en direction de Rochesson. Y prennent encore part le 1er bataillon de l'Aveyron (II/51e RI) et les dragons tarnais. Les opérations exécutées par la 3e DIA et les unités qui lui sont rattachées vont se dérouler dans la zone boisée située entre les routes Remiremont - Le Tholy – Gérardmer et Remiremont – Vagney - Gérardmer. Les FTP agiront, à gauche, sur les bois Sud de Bouvacôte, le groupe d'escadrons de dragons d'Audibert en direction de 821 et de Plainchifaing (commune de Sapois, juste au sud du Tholy). Cette action, visant à enlever les observatoires ayant vue sur Vagney, est destinée à favoriser le lancement d'une offensive de la 7e armée américaine en direction de Strasbourg, depuis les hauteurs à l'est de Gérardmer. Envisagée depuis le 28 octobre 1944, l'opération française est lancée à 8 h 15, après des « tirs d'une puissance sensationnelle et très spectaculaire » (historique du groupe d'Audibert), mais sans les blindés du 2e RSAR qui, pris dans un embouteillage, ne peuvent quitter le col du Haut du Tôt. Une demi-heure plus tard, note l'historique des dragons, « le groupe prend pied au Haut du Tôt, dont il s'empare, le dépasse et se porte à sa lisière Nord pour effectuer son deuxième bond ». Ces mouvements ne se font pas sans perte : après l'arrivée des Commandos de France, un tir d'artillerie blesse le maréchal des logis Lucien Baraille, du 2e escadron, puis l'adjudant-chef André Chenot, chef du PC du groupe, et le maréchal des logis Lucien Floret, chef des transmissions. A 9 h 20, le 2e escadron du lieutenant Hubert Bergeron de Charron atteint la cote 843,3, un de ses objectifs, mais perd à nouveau deux blessés (Eygonnet et François Cabrol). 
Les difficultés de mouvement des chars et des fantassins, pour ces derniers en raison des tirs d'artillerie, compliquent le déroulement de l'opération. Si, à 12 h 45, d'Audibert rend compte que le bataillon de l'Aveyron, qui progressait par le Grisard, a atteint la cote 650 avant d'aller occuper 821, il a connaissance aussi des multiples difficultés rencontrées par les spahis : un escadron toujours stoppé au carrefour à 800 m à l'est du Haut du Tôt, la présence d'Allemands dans les bois de part et d'autre de la route qu'emprunte l'escadron Oster... Les cavaliers ont besoin d'un appui pour progresser sur Plainchifaing. D'Audibert missionne pour cela le peloton d'engins du sous-lieutenant Bernard Heran. Il est 14 h 35. Mais l'officier sera grièvement blessé en sautant sur une mine, laissant son peloton à l'adjudant-chef Adrien Cauquil. « La nuit tombe, il commence à neiger », note l'historique du groupe. « A 16 h 15, rapporte le JMO du 2e RSAR, le Bataillon Marc ayant réussi à pousser un élément jusqu'à 300 m au sud du Haut de Bouvacôte, le lieutenant-colonel Trioche [commandant le 51e RI] reçoit l'ordre de reconnaître et d'occuper avant la tombée de la nuit la cote 733. Il y parviendra sans difficultés. » De même, à 16 h 20, poursuit ce JMO, « le groupe d'escadrons d'Audibert atteint 821 et les Breulleux pendant que l'escadron Oster pousse sur Plainchifaing et Cens Genet [sic]... » A 18 h, enfin, précise l'historique des dragons, « Plainchifaing, que l'ennemi vient d'évacuer peu avant, est occupé par le 1er escadron » ainsi que par un peloton d'Oster, le 2e escadron occupant la cote 821. L'attaque est alors stoppée. Les FFI du front des Vosges sont exténués. Pendant les jours qui vont suivre, le groupe d'escadrons de Gastines descend se reposer à Vagney avec l'escadron de spahis Ronot, Décès de Pierre Latger, né en 1925 à Castres, tué au Haut-du-Tot par éclat d'obus.

16 novembre 1944 : progression de la 3e DIA en direction de Gérardmer. Des éléments du 3e dragons (groupe d'escadrons de Gastines) atteignent, vers 14 h, la clairière des Ormes. Une position qu'ils devront toutefois abandonner le soir.

19 novembre 1944 : libération de Gérardmer. Le 2e groupe d'escadrons du 3e dragons est retiré du secteur et envoyé au repos dans la région de Remiremont, et le sous-groupement qu'il formait avec le 1er bataillon de l'Aveyron est dissous.

20 novembre 1944 : un groupe d'escadrons remplace le 1er bataillon de Toulouse au sein du groupement Lecoq. Les dragons vont à leur tour découvrir le « visage affreusement brûlé de Gérardmer, témoigne le lieutenant Rouchié. Plus de toits, plus de fenêtres, plus de portes, plus de montants en bois. Seuls des murs noircis où l'on peut voir la torsade des flammes. Puis le dernier croisement. Le café s'appelle «café du Théâtre»... Toute sa pauvre face et ses contrevents verts sont éclaboussés, déchirés par l'acier. Il pleut à l'intérieur dans toutes les pièces. Au sol traînent les affreux prospectus allemands «Tombeau des Vosges»... »

22 novembre 1944 : dans la région de Gérardmer, le JMO du 2e RSAR rapporte que « dans la matinée, des patrouilles du groupe d'escadrons Martin(3e RD) et du groupe d'escadrons Patoor (Franche-Comté) sont poussées sur les Hautes Royes et Saint-Jacques-de-Gérardmer. En cours de progression, le 3e dragons tue un Allemand, en blesse deux qu'il fera prisonniers le lendemain et en ramène cinq autres ». En début d'après-midi, c'est en raison de tirs allemands sur la région Les Aulnes – Le Roussel que les dragons perdent un tué [sans doute Abraham Lifchitz] et un blessé. Le soir, ils sont à Blanc Ruxel.

24 novembre 1944 : après avoir, la veille, au sud de la route de Colmar, poussé des reconnaissances sur les Plombes, où ils ont laissé un poste, et vers le Collet de la Mine, les dragons du commandant de Segonzac réussissent, « au cours de la journée et malgré une opposition assez forte de l'ennemi, à s'installer solidement à Blanc Ruxel et sur la Roche du Page. Par contre, une patrouille envoyée en direction du bois des Broches atteint la maison forestière de l'Envers des Fies sans pouvoir progresser plus loin » (JMO du 2e RSAR).

26 novembre 1944 : engagement meurtrier à l'Envers des Fies (cinq tués, dont le capitaine Henry Périé). Le récit détaillé de ce combat à lire ici. 

30 novembre 1944 : un aspirant de l'escadron de dragons du capitaine Jean de Buttler (groupe d'escadrons de Gastines), Pierre Chauchard, 24 ans, est tué à la ferme des Plombes.

2 décembre 1944 : le sous-groupement Lecoq, dont des patrouilles à pied n'ont rencontré aucune réaction en poussant vers les maisons forestières des Fies et de la Brochotte, est prêt à repartir en avant, en trois détachements, notamment en direction du Valtin et de La Schlucht. Des reconnaissances du 3e dragons ne constatent aucune réaction lorsqu'elles atteignent, avant 17 h, le col de Surceneux et le lac de Retournemer.

3 décembre 1944 : le groupe d'escadrons d'Audibert retourne au combat après deux jours de repos à Gérardmer. On suppose en effet que les Allemands ont décroché de leurs positions de l'Envers des Fies, du bois de Brochotte et de Retournemer, lieux de l'engagement du 26 novembre 1944. Une heure de marche conduit les dragons jusqu'aux Plombes, à 8 h 30. Mission leur est alors donnée de suivre leurs camarades du 3e groupe d'escadrons jusqu'au Parigoutte, de le dépasser, d'occuper Retournemer et de reconnaître Le Collet et la route des crêtes, enfin éventuellement la cote 1258. Le départ est donné à 8 h 45. Rapidement, le lac de Longemer est atteint. A 10 h 45, Retournemer est occupé. A 14 h 30, le commandant d'Audibert, accompagné des pelotons Cormouls et Barras, parvient au Collet. « A 15 h, la route des crêtes est atteinte à l'ouest de 1258 », précise le JMO du groupe. Mais un dragon est grièvement blessé : le brigadier Jean-Emile Bernard, 21 ans, de Mazamet, atteint de quatre balles dans le ventre, décédé le 5 décembre 1944 à Remiremont. Les Allemands étant toujours là, les dragons se replient sur le Collet avant de regagner Retournemer. Au cours du mouvement, le cavalier Gillet est porté disparu (André Gilet, 20 ans, considéré comme tué le 3 décembre 1944 selon le ministère des Armées).
D'autres éléments du 3e dragons et les spahis, qui ont atteint par ailleurs la ferme de Balveurche (le peloton du lieutenant Guy Alquier-Bouffard, du 3e groupe d'escadrons, y est rejoint pour la nuit par l'escadron du capitaine Marc Vène), sont arrêtés par des mines et une barricade battue par les feux ennemis devant Le Valtin. Le journal de marche du 2e RSAR parle d'un sous-lieutenant de dragons tué. Sans doute Gabriel Mahou, 37 ans, du groupe de Gastines, effectivement victime d'un obus au Grand Valtin (cet officier était issu à l'origine du groupe Saucet). Le maréchal des logis-chef Pierre Assemat, 21 ans, du 3e groupe d'escadrons, est mortellement atteint. Il décède le 7 décembre à Remiremont. La fatigue est telle que le JMO des spahis signale que les deux escadrons de dragons qui ont marché vers Le Grand Valtin doivent être regroupés en fin de journée.
Le ministère recense, toujours à la date du 3 décembre 1944, la mort du cavalier André Gau, 22 ans, au Grand Valtin, de Henri Chaput, 23 ans, au Grand Valtin.

4 décembre 1944 : le 2e escadron (lieutenant Aussenac) du 3e dragons, parti de Retournemer, réoccupe le Collet, d'où le sous-lieutenant Delsol et le lieutenant de Boussac conduisent des patrouilles vers la Route des crêtes en début d'après-midi. Mais ils se heurtent à des tirs d'armes automatiques « d'une intensité supérieure » qui les obligent à se replier, à nouveau, sur le Collet. Sur la foi de renseignements apportés par des prisonniers, deux soldats allemands capturés par le sous-lieutenant Roucher, une attaque de La Schlucht sera programmée le lendemain, le 3e groupe d'escadrons agissant par le nord, le 2e faisant diversion depuis le Collet et essayant d'occuper la cote 1258.

5 décembre 1944 : le sous-groupement Lecoq tente toujours, malgré la neige, malgré les mines, malgré les abattis truffés de pièges, malgré les résistances ennemies, de coiffer le col de La Schlucht. Les groupes d'escadrons d'Audibert, de Gastines et de Segonzac "cadet", du 3e régiment de dragons, tendent vers cet objectif, le 5 décembre 1944. Rien ne sera simple, en témoigne d'abord le JMO du 2e RSAR : « Au début de la matinée, le groupe de Gastines signale qu'il a deux hommes tués par l'artillerie au Grand Valtin. Une reconnaissance de l'escadron Buttler arrive au col des Trois Places et y prend le contact vers 11 h. » 
C'est à midi que le 3e groupe du capitaine J. Dunoyer de Segonzac doit attaquer La Schlucht, en même temps que le 1er escadron du 1er groupe, emmené par le lieutenant Georges Barbas, quittera le Collet pour se porter sur la Route des crêtes. Des coups de feu l'y accueillent, à 13 h. « C'est immédiatement un engagement très vif, tout le long de la route face au front de l'escadron, sur plus de 100 m, note l'historique du groupe d'Audibert. L'ennemi tire de trois casemates enterrées à une quinzaine de mètres de la route. » Un homme est tué d'une balle dans la tête : le brigadier Paul de Lavelle de Choulot de Chabaud-Latour, 23 ans. Le cavalier Claude Jan sera également blessé dans les mêmes circonstances. Comme le calme qui semble régner vers La Schlucht amène le commandant d'Audibert à penser que le 3e groupe n'a pas attaqué, et comme les tirs des trois casemates bloquent le mouvement des hommes de Barbas, ordre est donné à celui-ci de décrocher à 14 h 30. A cet instant, « le feu ennemi semble faiblir. Au lieu de décrocher, le lieutenant Barbas, entraîné par son élan, poursuit le combat. A 14 h 35, interpellée en allemand par le maréchal des logis Dotzler, la garnison d'une casemate […] demande à se rendre, ayant plusieurs hommes hors de combat. Le lieutenant Barbas, au lieu de faire cesser le feu, se lève alors, fait hisser une mitrailleuse par deux hommes pour mieux viser, et la servant lui-même, debout, se met à tirer ses rafales et s'abat tué d'une balle en pleine tête... » Le jeune officier avait 27 ans. Autre mort de cette unité : le cavalier Georges Cabrol, 20 ans. 
Les dragons décrochent à 14 h 50, et dix minutes plus tard, tout le groupe est rassemblé au Collet. Informé discrètement de la mort de Barbas par le brigadier-chef de Taye, d'Audibert en réfère au commandant de Segonzac, lequel demande au 1er escadron de revenir à Retournemer et au 2e de rester au Collet. Devant l'état de fatigue de ses hommes, « impressionnés » par la mort de leurs deux chefs successifs, d'Audibert plaidera pour la relève, dès le lendemain, de son groupe... Ce qu'il apprendra, c'est que le groupe Dunoyer de Segonzac "cadet" n'a pu attaquer « comme prévu, l'ennemi ayant opposé une résistance sur laquelle on ne s'attendait pas ». Il y a eu des pertes. On sait que, ce jour-là, sont morts l'adjudant-chef Albert Benoit, 42 ans, fauché par une rafale d'arme automatique au col du Collet, et Fernand Bourguet, 19 ans, du 1er commando, blessé à mort au col de La Schlucht. Blessé durant ces opérations (tout comme Palao), le brigadier Paul Monod, du 5e escadron, recevra la médaille militaire... Le lendemain, tandis que le capitaine René Mazens prend le commandement du 1er escadron, le 1er groupe est relevé par le 2e et redescend à Gérardmer, où les obsèques de ses quatre morts et celles des trois dragons des deux autres groupes seront célébrées le 7 décembre 1944.

8 décembre 1944 : opération de déminage et de déblayage de l'itinéraire menant au col de La Schlucht depuis Le Collet. Un « déminage long et difficile » compliqué par la couche de neige, note le JMO du 2e RSAR, rejoint par son 2e escadron venu de Gérardmer – il n'a pu, la veille, approcher du col du Louschbach. Le brigadier de dragons Lucien Martin perd une jambe et la vue sur une mine. Ces opérations de dégagement de la route dureront jusqu'au 10 décembre 1944, jour où le général Guillaume, commandant la 3e DIA, ordonne aux spahis du lieutenant-colonel Lecoq de pousser également sur le col du Bonhomme, c'est-à-dire sur l'itinéraire au nord-est de Gérardmer menant, comme par La Schlucht, à Colmar, objectif espéré de ce nouveau mouvement.

12 décembre 1944 : devant La Schlucht, l'état d'épuisement des dragons est tel qu'ils sont relevés, au Collet, par le peloton Buzonnière, tandis qu'à l'inverse, un élément du 3e RD relève le peloton Sauveboeuf à la ferme de Balveurche. 

14 décembre 1944 : c'est le jour où les dragons tarnais du commandant Dunoyer de Segonzac sont chargés d'appuyer l'attaque du I/4e RTT (et du I/7e RTA) pour venir en aide à la compagnie de tirailleurs Lartigau qui, encerclée depuis plusieurs jours, repousse tous les assauts contre l'hôtel du Hohneck. Tandis que les Tunisiens visent et prennent le carrefour du Haut de Falimont, l'escadron Mazens parvient à atteindre à 14 h 30 la Route des crêtes, à 200 m au nord-est du carrefour. Mais il doit bientôt se replier sur la route du Collet à cause du tir de « nombreuses armes automatiques ». Non pas celles des Allemands, mais plutôt celles des tirailleurs, selon le commandant d'Audibert, qui ordonne au capitaine Mazens de remonter sur la route. Trop tard : l'ennemi y est bien installé. La nuit sera donc passée, dans un « froid glacial », dans un bois près du carrefour et dans une baraque du Collet. Le lendemain, « le froid est si intense que les éléments en ligne doivent être relevés toutes les deux heures ». 

Deuxième quinzaine de décembre 1944 : au 3e dragons, dont sept hommes ont été blessés le 17 décembre 1944 en raison d'un tir de minen, le groupe d'Audibert reste en ligne jusqu'au 27 décembre 1944, au Collet, à la ferme de Balveurche, au Parigoutte. Durant cette période, il perd notamment deux sous-officiers blessés lors d'un combat contre une patrouille le 24 décembre 1944, le maréchal des logis-chef Charles Ledeuil et le maréchal des logis Mounet. D'autres éléments du régiment subissent des pertes, comme le cavalier Jean Sirven, grièvement blessé le 23 décembre 1944 dans une reconnaissance sur Grand Valtin (il sera amputé du pied), ou un chef de peloton, l'adjudant François Legrand, touché le 27 devant La Schlucht. Après un ultime accrochage, le 1er GE, dont le capitaine de Tauriac va prendre provisoirement le commandement, est relevé, à 6 h, par le groupe de Gastines et rejoint Plombières. La campagne des Vosges est terminée pour lui. Relevés par le Bataillon Garonne-Dupré, les dragons tarnais partiront le 1er janvier 1945 pour rejoindre Trétudans, dans le Territoire de Belfort, et ne se battront pas à Colmar...

Février 1945  : le 3e régiment de dragons se transforme en 12e régiment de dragons de reconnaissance. Selon le capitaine Guy de Rouville, officier de transmissions du régiment, le général de Lattre n'avait jamais digéré que le Corps franc Bayard se soit baptisé 3e dragons. La scène s'est passée le 26 septembre 1944, au PC de la 1ère armée à Besançon : « J'entends encore, racontera Guy de Rouville, la voix théâtrale du Général : «Comment, le 3e dragons ? Ce régiment qui m'a fait arrêter à Saint-Pons ! Je sais ce que vous avez fait dans le Tarn... Vous serez 12e dragons, mon premier régiment à Colmar». » Le chef d'escadrons puis lieutenant-colonel Dunoyer de Segonzac en conserve le commandement, avec le chef d'escadrons Antoine de Gastines comme commandant en second, et le chef d'escadrons Paul d'Audibert de Lussan, comme adjoint. Une première organisation a permis de constituer quatre escadrons (capitaine Jean de Buttler, avec pour adjoint le capitaine Pierre Hoeffner, capitaine Michel Mare, adjoint : capitaine André Richard, capitaine Henri Sautour, adjoint : capitaine Léon Godinot, capitaine Jean de Hédouville) et un escadron hors rang (capitaine René Mohy). Une seconde a donné au régiment la physionomie définitive : le 1er escadron au capitaine Jean Dunoyer de Segonzac (le frère du chef de corps), le 2e au capitaine Godinot puis au capitaine de Buttler, le 3e au capitaine Richard, le 4e au capitaine Mare, le 5e au capitaine de Hédouville et l'EHR au capitaine Mohy.

20 février 1945 : en position sur le Rhin, Jacques Ferret est tué par une mine anti-char. 

24 février 1945 : le jour où le 3e dragons apprend qu'il est devenu 12e RD, l'unité subit de lourdes pertes à Fessenheim et Blodelsheim : Gaston Drut, 33 ans, tué par mortier, José Manueco, 19 ans, victime d'un obus, André Pujol, 25 ans, et Hubert de Seynes, 21 ans, morts sur une mine. Le lieutenant Delsol est blessé par éclat d'obus. 

Endivisionné dans la 14e DI, le régiment reçoit son drapeau à Paris le 2 avril 1945, passe le Rhin à Kehl fin avril et atteint le lac de Constance.

L'encadrement du Corps franc Bayard/3e dragons/12e dragons ici. 

Etat des morts du Corps franc Bayard/3e dragons/12e dragons
Capitaine Henry Périé (1er GE), 29 ans, le 26 novembre 1944 ; aspirant Pierre Chauchard (2e GE), 24 ans, le 30 novembre ; sous-lieutenant Gabriel Mahou (2e GE), 37 ans, le 3 décembre ; lieutenant Georges Barbas (1er GE), 27 ans, le 5 décembre. 

Maréchal des logis Hervé Amalric (2e GE), le 3 novembre 1944 ; adjudant-chef Albert Benoit, 42 ans, le 5 décembre ; maréchal des logis-chef Pierre Assemat (2e GE), 21 ans, le 7 décembre ; maréchal des logis André Pujol, 25 ans, le 24 février 1945 ; maréchal des logis Raymond Burais, 28 ans, le 24 avril (accident). 

Paul Ortega, 20 ans, le 25 septembre 1944 ; Pierre Barraud (3e GE), 18 ans, le 26 septembre (blessures) ; Guy Marmier (3e GE), 17 ans, le 26 septembre ; Emile Iche, 25 ans, le 27 septembre ; Heindrich Kiel (section polonaise), 35 ans, le 14 octobre ; Simon Weil (3e GE), 20 ans, le 14 octobre ; Julien Gonzales (3e GE), le 14 octobre ; Marcel Maurel (1er GE), 19 ans, le 31 octobre ; Jacques Bonnescuelle de Lespinois (2e GE), 21 ans, le 1er novembre ; Maurice Castagne, 45 ans, le 1er novembre ; Pierre Latger (2e GE), 18 ans, le 3 novembre ; brigadier Abraham Lifchitz (3e GE), 20 ans, le 22 novembre ; Jacques Bardière, 20 ans, le 25 novembre ; Ernest Marty, 20 ans, le 26 novembre ; Mario Barbagelata (1er GE), 21 ans, le 26 novembre ; brigadier Henri Frauenfelder (1er GE), 34 ans, le 26 novembre ; Léon Arramond (1er GE), 32 ans, le 26 novembre ; Henri Chaput, 23 ans, le 3 décembre ; André Gau, 22 ans, le 3 décembre ; brigadier Jean-Emile Bernard, 21 ans, le 5 décembre ; brigadier Paul de Lavelle de Choulot de Chabaud-Latour (1er GE), 23 ans, le 5 décembre ; Georges Cabrol (1er GE), 20 ans, le 5 décembre ; André Gilet (1er GE), 20 ans, le 5 décembre (selon le ministère des Armées) ; brigadier Fernand Bourguet (3e GE), 19 ans, le 5 décembre ; brigadier André Albert, 19 ans, le 11 décembre ; brigadier Fernand Cormary, 23 ans, le 19 décembre ; André Joly, 20 ans, le 20 février ; André Plouzennec, 30 ans, le 20 février ; Jacques Ferret (1er GE), 17 ans, le 20 février ; Louis Lagarde, 19 ans, le 21 février ; Gaston Drut, 33 ans, le 24 février ; José Manueco, 19 ans, le 24 février ; Hubert de Seynes, 21 ans, le 24 février ; René Ichard, 17 ans, le 27 avril. 

Sources principales : archives du 3e RD et du12e RD. GR 12 P 109. SHD - Les Nouvelles compagnies franches du Tarn (Les). Récit de Robinson. Dessins de Michel Mare. Carnet de route du 12e dragons, 1946 - site Internet sur les maquis de Vabre - site Internet Mémoire des Hommes - JMO du 2e RSAR.