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mardi 22 juillet 2025

Le 8e régiment de dragons, septembre 1944 - mai 1945


Le 8e dragons en Allemagne. (Photo parue dans le journal Rhin-et-Danube).

Historique du 8e régiment de dragons, des FFI d'Auvergne, depuis la Bourgogne jusqu'en Allemagne. Extraits parus dans "Les volontaires de l'an 1944", tome 1.


    "Dès le 6 septembre 1944, le 8e régiment de dragons, unité FFI auvergnate, a atteint Paray-le-Monial où la liaison avec l'armée de Lattre a été réalisée. Puis, les 9 et 10 septembre 1944, les FFI du lieutenant-colonel Pommiès, des chefs d'escadrons (Auguste) Merlat et (Pierre) Dunoyer de Segonzac se sont battus aux côtés de l'armée B autour d'Autun, avant que le GMSO [Groupement mobile du Sud-Ouest du Centre] ne se rassemble en Côte-d'Or pour y connaître une première grande réorganisation." 

9-10 octobre 1944 - cavaliers d'Auvergne, du Tarn et du Doubs poussent sur La Bresse (Vosges)

    "Tandis que les fantassins de la division [3e division d'infanterie algérienne] se battent aux abords du Thillot et de la crête de Longegoutte, le colonel Bonjour, à l'est de Remiremont, a formé un nouveau groupement tactique (n°4) de la 3e DIA autour du 3e régiment de spahis algériens de reconnaissance (RSAR), du 2e régiment de dragons et d'unités FFI. Notamment le groupe d'escadrons du Jura du 1er régiment de Franche-Comté, et le 8e dragons FFI, qui est à son tour lancé dans la bataille des Vosges le 9 octobre. 

    Depuis un mois, cette unité auvergnate fait équipe avec le 2e dragons, mais si l'on excepte sa participation aux opérations d'Autun, il s'agit de sa première action offensive avec l'armée De Lattre. A l'origine de ce régiment, il y a la colonne rapide 5 des FFI d'Auvergne, que le chef d'escadrons d'active Auguste-André Merlat, 47 ans, a constitué à partir du 6 juin 1944 au col de Néronne, dans le Cantal. Ancien combattant de 14-18 (lieutenant de hussards, Merlat a été blessé en 1917 et 1918, et fait prisonnier), chevalier de la Légion d'honneur depuis 1920, l'officier était déjà chef d'escadrons au 8e régiment de dragons, en 1942. D'où le choix de cet écusson pour cette formation motorisée qui avait quitté Vic-le-Comte le 3 septembre 1944 pour le Nord-Est et avait été présentée le 15 septembre 1944 à Mirebeau, en Côte-d'Or, au général de Lattre, qui voulait la transformer en bataillon de dragons portés à disposition du 2e dragons. 

    Quelques jours plus tard, le 8e dragons FFI – officiellement recréé le 16 septembre 1944 à Mirebeau - accueillait un groupe qui appartenait au Corps-franc de Sidobre (le groupement de Segonzac) et qui a été mis sur pied à Castres avec des anciens du 15e régiment d'artillerie (RA), le groupe Saucet. Ayant fait mouvement le 7 septembre 1944, cette unité tarnaise, composée de douze officiers, 34 sous-officiers et 187 hommes répartis dans deux "batteries", dotées de deux mortiers de 75 et d'un canon anti-chars, formait les 1er et 2e escadrons du 8e dragons, qui ne comptait jusqu'alors que 300 hommes à mi-septembre 1944. [...]"

    "C'est ce groupement Bonjour qui ira de l'avant le 9 octobre 1944. Ses objectifs : La Bresse et Cornimont. Au 8e dragons, parti à 5 h 30, le 3e escadron du capitaine Charles Pourcher de Ruellé du Chéné parvient d'abord, après le franchissement de la Moselotte, un affluent de la Moselle, à occuper Contrexard, au sud-est de Vagney - libéré par les Américains le 6 octobre 1944 - en direction de La Bresse, puis il pousse des patrouilles sur les crêtes Sud du village. 

    A 11 h, Merlat confie à un peloton du 1er escadron le soin d'occuper les hauteurs boisées au nord de la route de Trougemont, prochaine localité après Contrexard. Merlat a installé son PC dans un bois de sapins, au carrefour de la route de Planois et du chemin de Contrexard, et les lieux sont soumis à bombardement : le lieutenant-colonel André Demetz, chef de corps du 2e RD, est légèrement blessé, le maréchal des logis-chef Henri Thomas, 24 ans, du 3e escadron du régiment FFI, est tué par un éclat d'obus. La progression de l'avant-garde – le capitaine Hennion, du 2e dragons, et deux pelotons du 8e - en direction de Trougemont se révèle très difficile. A 15 h, elle n'est qu'à 500 m du carrefour. L'opération devra donc se poursuivre le lendemain matin, notamment par les hauteurs situées au nord de la route de Trougemont, afin d'appuyer l'attaque de ce hameau et de Planois par les TD. La nuit sera passée sous la pluie, et sous les obus. Il y aura quelques blessés au 2e escadron qui vient de rejoindre le régiment, et le commandant Georges Bidenne, du groupe Saucet, sera blessé accidentellement. [...]"

    "Le lendemain, les dragons du commandant Merlat reprennent leur progression en direction de La Bresse. Ils nettoient la ligne de crête qui se trouve au nord de la route Contrexard – Trougemont et, à 8 h, commencent à ouvrir le feu sur Trougemont, que canonnent également les chars du capitaine Hennion. Conséquence : les Allemands abandonnent la localité pour se réfugier dans les bois au sud. 

    Dans Trougemont, les hommes du commandant Merlat et ceux du 2e RD procèdent au nettoyage, faisant notamment une vingtaine de prisonniers. Le sous-lieutenant Maury, le maréchal des logis-chef Fournier et le maréchal des logis Lucien Fournes, de l'escadron hors rang (EHR), « grenadent une cave où sont réfugiés des Allemands et font sept prisonniers », note le journal des marches et opérations du groupement Allard. 

    La progression se poursuit en direction de Planois et, après avoir "culbuté" des résistances, les dragons prennent le village à 11 h. De son côté, l'escadron du Chéné met en fuite des Allemands en nettoyant les crêtes jusqu'à la cote 841. C'est au nord de cette hauteur que le lieutenant-colonel Emile Goetz, adjoint au chef de corps du 8e dragons, le capitaine Lucien Carpentier, les adjudants Morel et Vandenbulcke, ainsi que quelques cavaliers, surprennent quatre Allemands affairés à miner la route : deux sont blessés, les deux autres s'enfuient. Soumise à un bombardement au mortier, la patrouille devra regagner Trougemont, où se regroupe le gros du régiment, tandis que deux escadrons restent à Planois. 

    Dans la nuit, un tir d'artillerie sur ce village occasionne les blessures du capitaine Charles Gausseres, commandant l'EHR, du lieutenant Louis Fraisse, son homologue du 2e escadron, et de quelques hommes dont l'adjudant-chef Goetz, ainsi que la mort du maréchal des logis Fournes, 28 ans. Ce 10 octobre, quand il apprend que le groupement Bonjour a dépassé de 2 km Planois, le général de Lattre pense qu'une « chance » se présente enfin pour percer en direction de La Bresse. A condition qu'il puisse concentrer sur ce point toutes ses forces. Las ! A nouveau, la 7e armée américaine demande que la 1ère armée étende encore, dans la nuit du 13 au 14 octobre, son front d'une dizaine de kilomètres supplémentaires, la nouvelle limite étant fixée à Julienrupt, entre Le Syndicat et Le Tholy. Conséquence : le général de Lattre estime qu'il ne lui sera plus possible d'attaquer en direction de La Bresse. Son intention, désormais, c'est surtout de protéger la route Remiremont – Saulxures, qui est vitale."

11 octobre 1944 - objectif La Piquante Pierre  

    "Le 11 octobre 1944, le 8e dragons, toujours lancé vers La Bresse, a pour premier objectif la Piquante Pierre que doivent prendre les tirailleurs. Mais l'escadron Mourieras est arrêté à 1 500 m à l'est de Planois par des résistances ennemies. Pertes : quatre tués, cinq blessés. Les morts du régiment : Jean Baudier, 22 ans, tué par balle, Maxime Boudet, 21 ans, Martin Lavric, 24 ans, et Honoré Maillebuau, 19 ans, tous trois victimes d'éclats d'obus, ainsi que Joseph Clauser, 27 ans. 

    De leur côté, les hommes du commandant Saucet, qui devaient couvrir au nord l'action de l'escadron du Chéné (et d'éléments du RFC, selon le JMO du groupement Allard) sur la partie Ouest de la Piquante Pierre, sont pris à partie par des Allemands occupant une ferme au nord de 841. Le sous-lieutenant Pons est blessé, et les dragons devront se replier sur le PC du commandant Merlat. Puis le régiment rentre à Trougemont pour y passer la nuit. Si elle revendique une vingtaine de prisonniers, l'unité a vu descendre ses effectifs jusqu'à 296 hommes, ayant déploré, en trois jours d'opérations, huit tués {dont Pierre Pegon, tombé le 9 octobre 1944 à Rupt-sur-Moselle], 30 blessés et 29 malades. Elle restera jusqu'au 21 octobre 1944 à Trougemont, hormis le peloton Consales (sic) qui appuie le capitaine Hennion en action sur le col de la Croix des Moinats, près de Cornimont. Durant cette période, le 8e dragons perd notamment l'aspirant Carayon, blessé d'un éclat à l'épaule le 12 octobre 1944, puis, le 16, un tué (le cavalier André Combes, 17 ans) et deux blessés (le brigadier Loup et le cavalier Vincent Viré)".

24 octobre 1944 – le 8e dragons sous pression 

    "Le 8e dragons est en ligne depuis le 21 octobre 1944 devant La Bresse, dans le secteur de la Tête des Cerfs, de la Croix des Moinats et des lisières Sud de Rondfaing, près de Cornimont, secteur où il a relevé un bataillon du 7e RTA. 

    Il va connaître une journée particulièrement mouvementée, le 24 octobre 1944. Elle commence à 6 h 45 par un coup de fil du capitaine Mourieras (Louis), commandant le 4e escadron. L'officier annonce qu'il est attaqué, dans le cadre de la « forte pression sur le centre de la division » évoquée par le JMO de la 3e DIA. Un tir d'artillerie est aussitôt demandé à la compagnie de canons d'infanterie du 4e RTT [régiment de tirailleurs tunisiens], tandis que deux Sherman sont envoyés en soutien à Mourieras. 

    A 7 h 10, ce sont les carrières tenues par des éléments du 3e escadron (capitaine du Chéné) et du 4e RTT qui sont également soumises à cette pression. Les mortiers du groupe Saucet entrent en action. 

    A 8 h 30, cela se calme devant Mourieras, qui fait renvoyer les blindés. En revanche, au peloton du 1er escadron qui est à disposition de l'escadron du Chéné, l'adjudant Edgar Michel, 34 ans, est mortellement blessé, et deux hommes plus légèrement atteints. Et la journée est loin d'être finie. A 10 h 40, nouvelle pression exercée sur l'escadron Mourieras, nouvelle sollicitation des Sherman. Sur lesquels les Allemands font feu, à 11 h 35 : un dragon, Paul Chauvet, trouve la mort d'un éclat d'obus. A 13 h 25, le capitaine du Chéné rend compte que l'ennemi a laissé quatre morts sur le terrain, devant les carrières. Ayant fait huit prisonniers en fin de matinée, l'officier rendra hommage à la conduite des adjudants Michel, qui, à la tête de tirailleurs et dragons, a contre-attaqué et repris une position, et Olivier, qui « a abattu au fusil le chef de la patrouille ». Après une après-midi qui a vu son PC bombardé, le régiment est relevé dans la nuit et regagne Trougemont. Ce sont le 3e RSAR et le Groupe d'escadrons du Jura qui remplacent les cavaliers auvergnats et tarnais. L'historique des spahis se louera de la bonne volonté du bataillon FFI franc-comtois qui, « bien que fatigué et décimé par les pertes, fait preuve d'un excellent moral. Quelle différence entre ce bataillon et celui des dragons...» Merlat, leur chef, en est conscient, lui qui se rend à Besançon pour exposer la situation du régiment qui « tient un secteur avec des jeunes non instruits »..." [...]

26 octobre 1944 – la mort d'un père et d'un fils 

    "[...] Après Marcus, un autre officier supérieur de cavalerie FFI meurt tragiquement, le 26 octobre 1944 à Trougemont. Il est 18 h. Tandis que le chef d'escadrons Merlat est depuis la veille à Besançon, des obus s'abattent sur les cantonnements du 8e dragons. Le régiment venait d'être relevé dans la nuit du 24 au 25 octobre 1944 dans le quartier de la Croix des Moinats par le 3e RSAR et le Groupe d'escadrons du Jura, après avoir perdu au total treize tués et 49 blessés, dont le capitaine Louis Mourieras, commandant le 4e escadron. Au cours de ce tir d'artillerie, le même projectile atteint deux hommes : le commandant Jean Saucet, 44 ans, tué sur le coup, et un de ses fils, Fernand, 21 ans, atteint à la jambe gauche et décédé à l'hôpital. Cette tragédie provoque la consternation au sein du régiment. Le JMO du groupement Allard ajoute : « L'adjudant-chef Gaviguet est blessé au bras par un éclat, tandis que le brigadier Soulie, du 4e escadron, est touché au genou. Le corps du commandant Saucet est transporté dans un local voisin du poste de secours, où il est veillé par ses hommes et par les officiers du régiment qui se relaient.» Leurs obsèques seront célébrées le surlendemain à Rupt. « Le second fils du commandant Saucet, engagé volontaire au 1er GE, employé à la base, a été prévenu de la mort de ses père et frère. Il est venu auprès des corps dans la journée. » Un officier du groupe, qui avait pris la direction des services du 8e dragons, le commandant Joure, succède à Saucet à la tête du 1er groupe d'escadrons. Lequel quittera rapidement le régiment. Joure souhaitait en effet que ses hommes rejoignent l'artillerie, corps dont ils sont issus. Le 7 novembre 1944, les volontaires castrais quitteront leurs camarades auvergnats, étant versés, pour deux officiers et 50 hommes dans l'artillerie de la 5e DB, pour les autres dans celle de la 3e DIA."

7 décembre 1944 - le 8e dragons perd un commandant d'escadron 

    "Ayant vu partir, début novembre 1944, le groupe d'escadrons Saucet, mais accueilli à la même époque un escadron du Corps franc de la Montagne Noire (celui du capitaine Bernard Jouan de Kervenoael, venu du 1er bataillon de l'Aude), le 8e dragons remonte en ligne en Alsace. 

    Toujours associé au 2e régiment de dragons, il doit tenir un secteur entre Heimsbrunn où il a son PC et Burnhaupt-le-Bas. Pour ce premier jour en position, un bombardement coûte la vie à trois dragons, à Galfingue : le maréchal des logis Henri Bonnafoux, 19 ans, François Dessert, 46 ans, et le maréchal des logis Henri de More-Pontgibaud, 27 ans. Le lendemain, c'est le jeune cavalier Henri Page, 18 ans, du 3e escadron, qui est mortellement blessé, et le 7 décembre 1944, le capitaine Gausseres est grièvement blessé par l'explosion d'une mine lors d'une patrouille près d'Heimsbrunn – il sera amputé de la jambe gauche. C'est encore une mine qui provoque la mort de l'adjudant Constant Charles, 26 ans, du 2e escadron, le 12 décembre 1944. Deux jours plus tard, les dragons sont relevés par le 21e RIC. [...]"

Des renforts de Paris, du Nord et du Lot-et-Garonne

    "[...] Il y a eu également du changement dans le 8e régiment de dragons dont le chef, Auguste Merlat, a été promu lieutenant colonel le 29 décembre 1944, avec rang du 25 octobre 1944. Ses effectifs sont désormais de 966 hommes, dont 56 officiers. Outre l'escadron de Kervanoael, il a reçu des engagés volontaires de Paris, du Nord, et du Lot-et-Garonne. Pour ces derniers, il s'agit des 500 hommes du "bataillon de dragons portés" de la Brigade légère de Garonne, aux ordres du commandant Jacky, affecté au régiment par une note du 6 janvier 1945 et formant le 2e escadron (capitaine de la Salle). 

    Pendant la bataille de Colmar, le 8e dragons ne sera pas directement engagé. Toutefois, deux escadrons vont défendre la position de Michelbach-le-Haut, à compter du 21 janvier 1945. Durant cette période, le 25 janvier 1945, l'explosion d'un camion à Grentzingen coûte la vie à quatre dragons, dont l'adjudant armurier Robert Pichon, 40 ans, et l'Espagnol Luis Guillen Sorroche, 20 ans."

16 avril 1945 - dragons portés sur la rive droite du Rhin

    "C'est au tour du 19e BCP du lieutenant-colonel Moillard et du 8e dragons de passer le fleuve à Kehl. En réalité, le 8e régiment de dragons n'existe plus. Ou plus exactement, il a été dissous à la date du 1er avril 1945 pour donner naissance au 8e bataillon de dragons portés (BDP). 

    Successeur du lieutenant-colonel Merlat depuis le 23 février 1945, le chef d'escadrons René-Henri Bonnichon en est le chef de corps, secondé par les chefs d'escadrons Christophe Mangeot et Marc-André Richemont. Les escadrons du bataillon, où avaient été versés les FFI du Lot-et-Garonne de l'ancien Bataillon NL 23, sont respectivement commandés par le lieutenant Gaston Greiner (escadron de commandement), les capitaines Bernard de Kervenaoel (1er), André de la Salle (2e), Charlick du Chéné (3e) et Louis Mourieras (4e). Deux jours avant leur entrée en Allemagne, les dragons ont perdu, à Strasbourg, deux vétérans de la colonne rapide 5, l'adjudant-chef Jean Courtinat et l'adjudant Louis Schwartz. Les venger, comme ceux tombés en Auvergne, dans les Vosges ou en Alsace, sera leur objectif Outre-Rhin. [...]"

20 avril 1945 - la prise de Schramberg

    "Puis, rapporte le JMO du groupement Allard, « une opération aux ordres du commandant Bonichon est montée pour s'emparer de Schramberg. Le 3e escadron avec un peloton d'autos mitrailleuses du 4e RSM attaque la ville par l'Est, tandis que le 1er descend de Sulgen sur Schramberg par la route. Le 4e escadron nettoie les accès et abords Sud de la ville. A 18 h, la ville est prise avec environ 200 prisonniers… » Pertes du 3e escadron : trois blessés, le maréchal des logis-chef Jean Dunaud, les cavaliers Begel et Bacqueville. [...]"

22 avril 1945 - aux sources du Danube

    "Le 8e dragons arrive également à Donaueschingen. Durant la journée, le 3e escadron perd à Braünlingen deux blessés : le cavalier Robots et le maréchal des logis Le Goupil. 

    Journal de marche du groupement Allard : « La progression du groupement Lebel, avec lequel coopère le 4e RSM, a été arrêtée à Behla par une forte résistance allemande, un peloton d'autos mitrailleuses du 1er RSAR a été attaqué au bazooka et détruit. Le lieutenant-colonel Lebel décide de monter une attaque de Furstenberg en direction d'une hauteur située à 2 km sud-est de Behla, fortement tenue par l'ennemi. Deux escadrons, les 3e et 5e, aux ordres du commandant Bonnichon, deux compagnies du 19e BCP, l'ensemble aux ordres du lieutenant-colonel Moillard, commandant le 19e, doivent participer à l'opération prévue le 23 – 6 h après une préparation d'artillerie (135) de dix minutes. Les reconnaissances du terrain sont immédiatement entreprises… ». [...]"

23 avril 1945 - ultimes pertes en Allemagne

    "[...]Pour sa part, au 8e dragons qui doit attaquer ce jour-là, « la préparation d'artillerie a lieu vers 5 h 45 – assez bien ajustée. Les escadrons et compagnies montent à l'attaque, les Allemands ont évacué la position vers 3 h et l'opération se borne à un nettoyage des bois » (journal de marche). 

    Durant ces deux journées, le régiment a fait 245 prisonniers dont dix officiers. Il a perdu trois tués, le 23 avril 1945, à Riedböhringen : le jeune brigadier Bernard Assenard, 17 ans et demi, du 2e escadron, les dragons Clément Chaillou, 18 ans, du 3e escadron, et Maurice Philippot, 20 ans, du 5e escadron. [...]"

    "A la fin de la guerre, les pertes totales du 8e dragons s'élèvent à 55 tués (dont deux officiers, onze sous-officiers et 31 hommes depuis le 15 septembre 1944) et 109 blessés."

Sources : archives du 8e régiment de dragons, GR 12 P 109, SHD Vincennes ; archives du groupement Allard, GR 13 P 69, SHD Vincennes.

mercredi 2 juillet 2025

26 novembre 1944 : reconnaissance meurtrière à L'Envers des Fies, dans les Vosges



La plaque en hommage aux morts du 3e/12e dragons. (Photo L. Fontaine).

    Le 26 novembre 1944, tandis que le 152e RI est meurtri dans le bois de l'Oberwald, que le Bataillon Janson de Sailly prend sa part dans la conquête de Masevaux, que le I/51e RI atteint le Col du Brabant, que le Corps franc Pommiès entre dans Le Thillot, le 3e régiment de dragons du chef d'escadrons Pierre Dunoyer de Segonzac est cruellement éprouvé entre Gérardmer et le Col de La Schlucht. C'est le combat de l'Envers des Fies que nous vous détaillons ici.

    A sa création à Castres le 31 août 1944, le 1er groupe d'escadrons du 3e dragons FFI, confié au chef d'escadrons Paul d'Audibert de Lussan, avec pour adjoint le capitaine René Mazens, se compose de trois escadrons : le 1er du lieutenant Henri Périé (pelotons Jean Le Vavasseur, Georges Barbas, Marc Vène), le 2e du lieutenant Henri Sautour (pelotons Michel Mare, Hubert de Charron, Edouard Bonhoure) et le 3e du capitaine Jean de Tauriac (pelotons Guy de Charron et Louis Aussenac).

    Engagé dans les Vosges, le 1er GE du 3e dragons appartient au sous-groupement Lecoq, auprès de qui Audibert apprend, le 25 novembre 1944, quelques jours après l'entrée des troupes françaises dans Gérardmer, que le bois de la Brochotte et la maison forestière L'Envers des Fies ne sont plus occupés. Il s'agit, pour les dragons, de le vérifier, le 26 novembre 1944. L'historique du groupe d'escadrons - le régiment en compte trois - rend compte dans le détail de cette journée.

    "Mission du sous-groupement Lecoq. S'efforcer de déborder par le nord les résistances ennemies de la région à l'est de Longemer. En cas de repli profond de l'ennemi, pousser rapidement : 1) sur l'axe Xonrupt - Le Valtin - Le Rudlin - Col de Louchbach et Colmar (soit par le Lac Blanc et Orbey, soit par le Col du Bonhomme et Lapoutroie) ; 2) en direction de La Schlucht. [...] Mission du groupe d'escadrons. Envoyer à 8 h 15, le 26 novembre, une reconnaissance destinée à s'emparer de la maison forestière des Fies, de L'Envers des Fies et du Carrefour des Fies. [...]

    A 6 h, le 1er escadron, le commandant d'Audibert et son PC quittent à pied Gérardmer, où le 2e escadron reste jusqu'à nouvel ordre, arrivent à Xonrupt à 7 h 30 et à 8 h partent en reconnaissance, accompagnés par le lieutenant Alquier-Bouffard du 3e groupe d'escadrons qui doit les mener jusqu'à la maison forestière de L'Envers des Fies. [...]

    A 8 h 45, l'échelon de reconnaissance atteint la maison forestière de L'Envers des Fies, la reconnait prudemment et la trouve libre.

    A 9 h, le 1er escadron se porte dans les bois situés à 4 mètres Ouest 812,5, en occupe les lisières Nord, face au carrefour des Fies, et Est, face à la ferme de L'Envers des Fies, que va reconnaître le peloton Le Vavasseur commandé par le sous-lieutenant Cormouls. [...]

    A 9 h 15, ce peloton atteignant les lisières Ouest du bois de la ferme de L'Envers des Fies est pris sous un feu violent et ajusté d'armes automatiques situées dans ce bois et celui des Brochottes. Il est littéralement cloué au sol. [...] Des tireurs d'élite, armés de fusils à lunette et grimpés dans les arbres, font du tir à la cible. Le brigadier Frauenfelder est tué, le maréchal des logis Assemat blessé très grièvement à la jambe à moins de 10 m des fils de fer ennemis.

    A 9 h 30, le commandant d'Audibert rend compte au lieutenant-colonel Lecoq. [...]

    A 10 h 30, le capitaine Périé décide d'aller voir le peloton Le Vavasseur (Cormouls) afin de se rendre compte personnellement de sa situation qui s'avère de plus en plus critique. Il essuie plusieurs balles à l'aller. Sur le chemin du retour, il est tué d'une balle en pleine tête par un tireur d'élite. [...]" Le corps de l'officier âgé de 29 ans est ramené par le brigadier Granier et le cavalier Larroque. 

    "A 10 h 5, [d'Audibert] adresse au lieutenant-colonel Lecoq ce message : "Résistance signalée Envers des Fies est plus sérieuse. Les lisières Ouest du bois sont tenues par plus de deux sections. Capitaine Périé tué. 2 blessés graves. Dois-je persister dans attaque Envers des Fies ou dois-je me porter au carrefour des Fies ?".

    A 11 h, le médecin-lieutenant Bourdet se porte vers le maréchal des logis Assemat. [...] Il donne à ce sous-officier les soins voulus, malgré un feu violent dont il est la cible, puis est grièvement blessé à son tour par une balle explosive au bras. Deux hommes, les cavaliers de Villèle et Cheron vont spontanément à son secours et le ramènent. Cheron est à son tour très grièvement blessé par une balle, dans les reins. [...]

    A 12 h 55, [d'Audibert] envoie l'ordre au peloton Le Vavasseur (Cormouls) de décrocher prudemment. [...]" Au cours de sa mission de transmission d'ordres, le cavalier Thomas René "est blessé à deux reprises".

    "A 13 h 05, le peloton Le Vavasseur (Cormouls) commence son décrochage, effectuant son repli sur un glacis. [...] Coup sur coup, sont tués les cavaliers Marty et Arramond, tandis que sont blessés le maréchal des logis Copens, les cavaliers Descoux, Delfavero Gaston, Rouanet Pierre et que le maréchal des logis-chef Gimenez a son casque traversé d'une balle et le cuir chevelu brûlé.

    A 13 h 50, au message qu'il avait envoyé à 10 h 55 au lieutenant-colonel Lecoq, il est répondu au commandant d'Audibert : "Ne pas insister sur L'Envers des Fies et se porter dans la région de La Roche-[du] Page".

    A 13 h 55, le commandant réplique sur le champ : "Suis toujours très solidement accroché. Peloton au contact vers la ferme des Fies a éprouvé des pertes très sévères, 3 tués, 8 blessés. Reçois votre ordre de repli. Ne pourrai l'exécuter qu'à la nuit, afin de ramener les morts et les blessés qui sont sous le feu. Mon médecin blessé, prière d'envoyer médecin et équipes de brancardiers". Audibert demande également que le 2e escadron (capitaine Sautour, lieutenant Aussenac) lui soit envoyé à La Roche du Page. Lecoq donne son autorisation, ainsi que l'ordre à un peloton de chars d'appuyer les FFI du Tarn qui voient par ailleurs arriver le médecin-lieutenant Gabriel Nahas.

    "A 16 h, un peloton de chars de l'escadron du capitaine de Baulny commence son tir de neutralisation.

    A 16 h 10, le cavalier Barbagelata est tué par balle.

    A 16 h 40, le tir du peloton de chars cesse. Il fait encore jour. On discerne alors sur la neige un corps qui rampe. Ce ne peut être que le maréchal des logis Assemat." André Assemat est ramené dans nos lignes, et le dernier corps évacué à 17 h 30.

    "A 17 h 30, le 1er escadron décroche. [...] A 20 h, il est à Gérardmer."

    Dans une chapelle ardente dressée dans la cité, ont été réunis les corps du capitaine Périé et du cavalier Barbagelata. "Sur le corps du capitaine Périé est déployé le fanion dont la devise qu'on y voit briller : "Debout, la Victoire luira", n'a jamais paru plus émouvante".

    Capitaine Henri Périé, brigadier Henri Frauenfelder, cavaliers Mario Barbagelata, Ernest Marty et Léon Arramond : tels sont les noms des cinq volontaires du 1er escadron tombés ce jour-là au-dessus de Xonrupt. Un escadron qui sera encore endeuillé le 5 décembre 1944, avec la mort de son nouveau chef, le lieutenant Georges Barbas, sur la Route des Crêtes, provoquant, selon l'aveu du rédacteur du JMO du groupe, une "dépression physique et morale" au sein des hommes de l'escadron, relevé le lendemain.

Source : archives du 12e dragons (ex-3e dragons), GR 12 P 109.

mardi 13 mars 2012

Le 3e dragons FFI (1944-1945)


(Photo aimablement communiquée par M. Olivier Heral).



C'est après la reddition de la garnison allemande de Castres que le chef d'escadrons Pierre Dunoyer de Segonzac, alias Hugues, 38 ans, ancien directeur de l'école des cadres d'Uriage, et alors chef des maquis de l'Est du Tarn (dans le Vabre), met sur pied un groupement FFI, d'abord baptisé Corps franc du Sidobre.

Ce groupement est en premier lieu articulé autour du 3e régiment de dragons. Recréé le 31 août 1944, commandé par le chef d'escadrons Paul d'Audibert de Lussan, officier d'active de 49 ans, ce régiment réunit deux groupes d'escadrons mis sur pied au quartier Fayolle à Castres après la libération de la cité, l'un constitué par d'Audibert, l'autre par le chef d'escadrons Antoine de Gastines. 

Il comprend aussi les « commandos », confiés au capitaine Jean Dunoyer de Segonzac, alias Martin, le frère cadet du commandant. Il y a enfin la batterie anti-chars du capitaine Jean Bonnet. 

Ce groupement, appelé à devenir Corps-franc Bayard le 24 septembre 1944 (selon le commandant de Segonzac), quitte Castres à partir du 6 septembre 1944, dans le cadre de la Division légère de Toulouse. Il opère d'abord à Etang-sur-Arroux, en Saône-et-Loire (9-10 septembre 1944). Passé en revue par le général de Lattre, commandant la 1ère armée française, le 15 septembre 1944, il gagne, neuf jours plus tard, la région de Vesoul. 

Baptême du feu en Haute-Saône

Le 25 septembre 1944, le Corps franc connaît son « baptême du feu », selon les mots du capitaine Odon de Saint-Blanquat, adjoint au chef d'escadrons Dunoyer de Segonzac. Il a pour mission d'épauler les zouaves portés du 2e bataillon de la 1ère division blindée (DB) dans la conquête des bois du Mont de Vannes, au-delà de Lure, sur la route du Thillot. Ce sont les commandos du capitaine Martin qui sont engagés. Les volontaires du Tarn avaient quitté Pomoy (Haute-Saône) à 1 h pour se mettre en place à Malbouhans et entreprendre le nettoyage des bois. Les combats dans ces fourrés dureront jusqu'au 26 septembre 1944 en fin de journée, quand les Français atteindront les lisières Nord du bois, à environ un kilomètre de la route Mélisey - Plancher-les-Mines. Le capitaine de Saint-Blanquat parle d'« un sévère et sanglant baptême du feu ». Bilan : quatre tués et quatre blessés. Les quatre victimes : Paul Ortega, 20 ans, et Pierre Barraud, 18 ans, vétérans du Corps franc de la Libération 10 du maquis de Vabre, le jeune cavalier Guy Marmier, 17 ans et demi, du 3e commando, tué le 26 septembre 1944, Emile Iche, 25 ans, mort le lendemain.

29 septembre 1944 : le Corps franc Bayard est rattaché à la 1ère division de marche d'infanterie, après les combats du Mont de Vannes et deux jours de repos à Belonchamp. Le groupe d'escadrons d'Audibert relève ainsi les cuirassiers du commandant Geyer au point d'appui de Mignavillers puis, le 2 octobre 1944, les hommes du groupe de Gastines au bois le Bœuf, près de La Vacheresse. Enfin, après avoir laissé ses positions aux « commandos » du capitaine Martin (ceux-ci formeront le 3e groupe d'escadrons de l'unité, composé de trois commandos comprenant notamment la compagnie Marc-Haguenau, composée de volontaires juifs), il relève de nouveau le 2e groupe d'escadrons le 5 octobre 1944 au bois des Guyottes, jusqu'à l'arrivée, cinq jours plus tard, de tirailleurs marocains. Deux des cadres du 2e groupe d'escadrons ont été blessés le 30 septembre 1944 dans le bois Saint-Georges, près de La Vacheresse, le lieutenant Paul de la Taille et l'adjudant André Viguier, ce dernier au cours d'une patrouille.

9 octobre 1944 : création dans les Vosges d'un groupement tactique destiné à couvrir la gauche du 2e corps du général Monsabert et relever des soldats américains. Il est constitué autour du 2e RSAR et commandé par le lieutenant-colonel Roger Lecoq. Le Corps franc Bayard lui est rattaché.

12 octobre 1944 : le Corps franc arrive dans le secteur des spahis. Premiers à monter en ligne : les trois « commandos » du capitaine Jean Dunoyer de Segonzac, qui relèvent les Américains à Sapois, et qui y seront à leur tour remplacés par le groupe du commandant d'Audibert le 16 octobre 1944 (deux FFI, Parda et Lerouge, sont blessés le lendemain).

14 octobre 1944 : une action visant Rochesson est menée à partir de 7 h 30. L'attaque permet d'obtenir quelques progrès, avant d'être stoppée. Côté français, il y a deux tués et trois blindés perdus. Le Corps franc Bayard déplore, près de Menaurupt, la mort d'Heindrich Kiel, 35 ans, appartenant à la section polonaise du corps franc, de Simon Weil, 20 ans, du 2e commando (la compagnie Marc-Haguenau), et de Julien Gonzales, du 3e commando. Un officier, le sous-lieutenant Jacques Desazars de Montgailhard, est blessé "alors qu'il se penchait pour secourir un de ses hommes" (témoignage du lieutenant Jean-Pierre Rouchié). Ces combats vaudront à leur chef de groupe une citation.  

17 octobre 1944 : ayant enfin relevé les Américains, le Corps franc Bayard participe à une attaque ayant pour but de prendre le bois d'Orimont puis, à nouveau, Rochesson. Mais seul le premier objectif est atteint. Pour le corps Monsabert, les pertes et la fatigue sont telles que le général de Lattre décide, le 17 octobre 1944 à midi, de suspendre l'offensive. Le Corps franc reste attaché au groupement Lecoq pour rester en position devant Le Tholy. 

24 octobre 1944 : aux environs de cette date, le Corps franc Bayard devient 3e régiment de dragons. Le commandant d'Audibert apprend ce changement de dénomination le 2 novembre 1944.

29 octobre 1944 : le maréchal des logis Hervé Amalric est grièvement blessé par des éclats à l'épaule, au ventre et à la cuisse par un obus de mortier à Moyenmont (il décédera le 12 novembre 1944).

A l'assaut du Haut du Tôt 

31 octobre 1944 : une action en direction de Rochesson – toujours – et de Menaumont, entre les routes Remiremont – Le Tholy - Gérardmer et Remiremont – La Bresse – Gérardmer, est programmée pour vérifier si les Allemands ont décroché. Le débouché se fait à 6 h 30, après une préparation d'artillerie. Le 1er bataillon de l'Aveyron et le 3e régiment de dragons sont engagés dans cette opération. Les dragons progressent en direction du Haut du Tôt (827 m), au sud de Bouvacôte, et de la ferme Perrin, mais ils se heurtent à la réaction ennemie. Le peloton du lieutenant Jean Le Vavasseur (1er escadron) parvient toutefois à occuper la lisière Nord du boqueteau situé au sud du Haut du Tôt, également atteint par le 2e RSAR. Cependant, près de la ferme Perrin, si le peloton du lieutenant Louis Aussenac - qui a pris la veille une mitrailleuse et deux prisonniers lors d'une patrouille - et un groupe du peloton du sous-lieutenant Edouard Bonhoure parviennent à faire six prisonniers, le cavalier Marcel Maurel, 19 ans, est tué d'une balle dans la tête, l'aspirant Gaubert, les cavaliers François Cabrol, René Cabrol et Seguy sont blessés. A 9 h, c'est le maréchal des logis-chef Marc Bellegy, du peloton Le Vavasseur, qui est grièvement touché à la tête, et qui est ramené sous le feu ennemi par le cavalier Hiraille. La résistance allemande est telle qu'à 15 h, l'ordre est donné par le chef d'escadrons de spahis de Chabot de se replier sur les positions de départ. Les dragons sont de retour dans leurs points d'appui à 15 h 45.

3 novembre 1944 : nouvelle tentative au matin en direction de Rochesson. Y prennent encore part le 1er bataillon de l'Aveyron (II/51e RI) et les dragons tarnais. Les opérations exécutées par la 3e DIA et les unités qui lui sont rattachées vont se dérouler dans la zone boisée située entre les routes Remiremont - Le Tholy – Gérardmer et Remiremont – Vagney - Gérardmer. Les FTP agiront, à gauche, sur les bois Sud de Bouvacôte, le groupe d'escadrons de dragons d'Audibert en direction de 821 et de Plainchifaing (commune de Sapois, juste au sud du Tholy). Cette action, visant à enlever les observatoires ayant vue sur Vagney, est destinée à favoriser le lancement d'une offensive de la 7e armée américaine en direction de Strasbourg, depuis les hauteurs à l'est de Gérardmer. Envisagée depuis le 28 octobre 1944, l'opération française est lancée à 8 h 15, après des « tirs d'une puissance sensationnelle et très spectaculaire » (historique du groupe d'Audibert), mais sans les blindés du 2e RSAR qui, pris dans un embouteillage, ne peuvent quitter le col du Haut du Tôt. Une demi-heure plus tard, note l'historique des dragons, « le groupe prend pied au Haut du Tôt, dont il s'empare, le dépasse et se porte à sa lisière Nord pour effectuer son deuxième bond ». Ces mouvements ne se font pas sans perte : après l'arrivée des Commandos de France, un tir d'artillerie blesse le maréchal des logis Lucien Baraille, du 2e escadron, puis l'adjudant-chef André Chenot, chef du PC du groupe, et le maréchal des logis Lucien Floret, chef des transmissions. A 9 h 20, le 2e escadron du lieutenant Hubert Bergeron de Charron atteint la cote 843,3, un de ses objectifs, mais perd à nouveau deux blessés (Eygonnet et François Cabrol). 
Les difficultés de mouvement des chars et des fantassins, pour ces derniers en raison des tirs d'artillerie, compliquent le déroulement de l'opération. Si, à 12 h 45, d'Audibert rend compte que le bataillon de l'Aveyron, qui progressait par le Grisard, a atteint la cote 650 avant d'aller occuper 821, il a connaissance aussi des multiples difficultés rencontrées par les spahis : un escadron toujours stoppé au carrefour à 800 m à l'est du Haut du Tôt, la présence d'Allemands dans les bois de part et d'autre de la route qu'emprunte l'escadron Oster... Les cavaliers ont besoin d'un appui pour progresser sur Plainchifaing. D'Audibert missionne pour cela le peloton d'engins du sous-lieutenant Bernard Heran. Il est 14 h 35. Mais l'officier sera grièvement blessé en sautant sur une mine, laissant son peloton à l'adjudant-chef Adrien Cauquil. « La nuit tombe, il commence à neiger », note l'historique du groupe. « A 16 h 15, rapporte le JMO du 2e RSAR, le Bataillon Marc ayant réussi à pousser un élément jusqu'à 300 m au sud du Haut de Bouvacôte, le lieutenant-colonel Trioche [commandant le 51e RI] reçoit l'ordre de reconnaître et d'occuper avant la tombée de la nuit la cote 733. Il y parviendra sans difficultés. » De même, à 16 h 20, poursuit ce JMO, « le groupe d'escadrons d'Audibert atteint 821 et les Breulleux pendant que l'escadron Oster pousse sur Plainchifaing et Cens Genet [sic]... » A 18 h, enfin, précise l'historique des dragons, « Plainchifaing, que l'ennemi vient d'évacuer peu avant, est occupé par le 1er escadron » ainsi que par un peloton d'Oster, le 2e escadron occupant la cote 821. L'attaque est alors stoppée. Les FFI du front des Vosges sont exténués. Pendant les jours qui vont suivre, le groupe d'escadrons de Gastines descend se reposer à Vagney avec l'escadron de spahis Ronot, Décès de Pierre Latger, né en 1925 à Castres, tué au Haut-du-Tot par éclat d'obus.

16 novembre 1944 : progression de la 3e DIA en direction de Gérardmer. Des éléments du 3e dragons (groupe d'escadrons de Gastines) atteignent, vers 14 h, la clairière des Ormes. Une position qu'ils devront toutefois abandonner le soir.

19 novembre 1944 : libération de Gérardmer. Le 2e groupe d'escadrons du 3e dragons est retiré du secteur et envoyé au repos dans la région de Remiremont, et le sous-groupement qu'il formait avec le 1er bataillon de l'Aveyron est dissous.

20 novembre 1944 : un groupe d'escadrons remplace le 1er bataillon de Toulouse au sein du groupement Lecoq. Les dragons vont à leur tour découvrir le « visage affreusement brûlé de Gérardmer, témoigne le lieutenant Rouchié. Plus de toits, plus de fenêtres, plus de portes, plus de montants en bois. Seuls des murs noircis où l'on peut voir la torsade des flammes. Puis le dernier croisement. Le café s'appelle «café du Théâtre»... Toute sa pauvre face et ses contrevents verts sont éclaboussés, déchirés par l'acier. Il pleut à l'intérieur dans toutes les pièces. Au sol traînent les affreux prospectus allemands «Tombeau des Vosges»... »

22 novembre 1944 : dans la région de Gérardmer, le JMO du 2e RSAR rapporte que « dans la matinée, des patrouilles du groupe d'escadrons Martin(3e RD) et du groupe d'escadrons Patoor (Franche-Comté) sont poussées sur les Hautes Royes et Saint-Jacques-de-Gérardmer. En cours de progression, le 3e dragons tue un Allemand, en blesse deux qu'il fera prisonniers le lendemain et en ramène cinq autres ». En début d'après-midi, c'est en raison de tirs allemands sur la région Les Aulnes – Le Roussel que les dragons perdent un tué [sans doute Abraham Lifchitz] et un blessé. Le soir, ils sont à Blanc Ruxel.

24 novembre 1944 : après avoir, la veille, au sud de la route de Colmar, poussé des reconnaissances sur les Plombes, où ils ont laissé un poste, et vers le Collet de la Mine, les dragons du commandant de Segonzac réussissent, « au cours de la journée et malgré une opposition assez forte de l'ennemi, à s'installer solidement à Blanc Ruxel et sur la Roche du Page. Par contre, une patrouille envoyée en direction du bois des Broches atteint la maison forestière de l'Envers des Fies sans pouvoir progresser plus loin » (JMO du 2e RSAR).

26 novembre 1944 : engagement meurtrier à l'Envers des Fies (cinq tués, dont le capitaine Henry Périé). Le récit détaillé de ce combat à lire ici. 

30 novembre 1944 : un aspirant de l'escadron de dragons du capitaine Jean de Buttler (groupe d'escadrons de Gastines), Pierre Chauchard, 24 ans, est tué à la ferme des Plombes.

2 décembre 1944 : le sous-groupement Lecoq, dont des patrouilles à pied n'ont rencontré aucune réaction en poussant vers les maisons forestières des Fies et de la Brochotte, est prêt à repartir en avant, en trois détachements, notamment en direction du Valtin et de La Schlucht. Des reconnaissances du 3e dragons ne constatent aucune réaction lorsqu'elles atteignent, avant 17 h, le col de Surceneux et le lac de Retournemer.

3 décembre 1944 : le groupe d'escadrons d'Audibert retourne au combat après deux jours de repos à Gérardmer. On suppose en effet que les Allemands ont décroché de leurs positions de l'Envers des Fies, du bois de Brochotte et de Retournemer, lieux de l'engagement du 26 novembre 1944. Une heure de marche conduit les dragons jusqu'aux Plombes, à 8 h 30. Mission leur est alors donnée de suivre leurs camarades du 3e groupe d'escadrons jusqu'au Parigoutte, de le dépasser, d'occuper Retournemer et de reconnaître Le Collet et la route des crêtes, enfin éventuellement la cote 1258. Le départ est donné à 8 h 45. Rapidement, le lac de Longemer est atteint. A 10 h 45, Retournemer est occupé. A 14 h 30, le commandant d'Audibert, accompagné des pelotons Cormouls et Barras, parvient au Collet. « A 15 h, la route des crêtes est atteinte à l'ouest de 1258 », précise le JMO du groupe. Mais un dragon est grièvement blessé : le brigadier Jean-Emile Bernard, 21 ans, de Mazamet, atteint de quatre balles dans le ventre, décédé le 5 décembre 1944 à Remiremont. Les Allemands étant toujours là, les dragons se replient sur le Collet avant de regagner Retournemer. Au cours du mouvement, le cavalier Gillet est porté disparu (André Gilet, 20 ans, considéré comme tué le 3 décembre 1944 selon le ministère des Armées).
D'autres éléments du 3e dragons et les spahis, qui ont atteint par ailleurs la ferme de Balveurche (le peloton du lieutenant Guy Alquier-Bouffard, du 3e groupe d'escadrons, y est rejoint pour la nuit par l'escadron du capitaine Marc Vène), sont arrêtés par des mines et une barricade battue par les feux ennemis devant Le Valtin. Le journal de marche du 2e RSAR parle d'un sous-lieutenant de dragons tué. Sans doute Gabriel Mahou, 37 ans, du groupe de Gastines, effectivement victime d'un obus au Grand Valtin (cet officier était issu à l'origine du groupe Saucet). Le maréchal des logis-chef Pierre Assemat, 21 ans, du 3e groupe d'escadrons, est mortellement atteint. Il décède le 7 décembre à Remiremont. La fatigue est telle que le JMO des spahis signale que les deux escadrons de dragons qui ont marché vers Le Grand Valtin doivent être regroupés en fin de journée.
Le ministère recense, toujours à la date du 3 décembre 1944, la mort du cavalier André Gau, 22 ans, au Grand Valtin, de Henri Chaput, 23 ans, au Grand Valtin.

4 décembre 1944 : le 2e escadron (lieutenant Aussenac) du 3e dragons, parti de Retournemer, réoccupe le Collet, d'où le sous-lieutenant Delsol et le lieutenant de Boussac conduisent des patrouilles vers la Route des crêtes en début d'après-midi. Mais ils se heurtent à des tirs d'armes automatiques « d'une intensité supérieure » qui les obligent à se replier, à nouveau, sur le Collet. Sur la foi de renseignements apportés par des prisonniers, deux soldats allemands capturés par le sous-lieutenant Roucher, une attaque de La Schlucht sera programmée le lendemain, le 3e groupe d'escadrons agissant par le nord, le 2e faisant diversion depuis le Collet et essayant d'occuper la cote 1258.

5 décembre 1944 : le sous-groupement Lecoq tente toujours, malgré la neige, malgré les mines, malgré les abattis truffés de pièges, malgré les résistances ennemies, de coiffer le col de La Schlucht. Les groupes d'escadrons d'Audibert, de Gastines et de Segonzac "cadet", du 3e régiment de dragons, tendent vers cet objectif, le 5 décembre 1944. Rien ne sera simple, en témoigne d'abord le JMO du 2e RSAR : « Au début de la matinée, le groupe de Gastines signale qu'il a deux hommes tués par l'artillerie au Grand Valtin. Une reconnaissance de l'escadron Buttler arrive au col des Trois Places et y prend le contact vers 11 h. » 
C'est à midi que le 3e groupe du capitaine J. Dunoyer de Segonzac doit attaquer La Schlucht, en même temps que le 1er escadron du 1er groupe, emmené par le lieutenant Georges Barbas, quittera le Collet pour se porter sur la Route des crêtes. Des coups de feu l'y accueillent, à 13 h. « C'est immédiatement un engagement très vif, tout le long de la route face au front de l'escadron, sur plus de 100 m, note l'historique du groupe d'Audibert. L'ennemi tire de trois casemates enterrées à une quinzaine de mètres de la route. » Un homme est tué d'une balle dans la tête : le brigadier Paul de Lavelle de Choulot de Chabaud-Latour, 23 ans. Le cavalier Claude Jan sera également blessé dans les mêmes circonstances. Comme le calme qui semble régner vers La Schlucht amène le commandant d'Audibert à penser que le 3e groupe n'a pas attaqué, et comme les tirs des trois casemates bloquent le mouvement des hommes de Barbas, ordre est donné à celui-ci de décrocher à 14 h 30. A cet instant, « le feu ennemi semble faiblir. Au lieu de décrocher, le lieutenant Barbas, entraîné par son élan, poursuit le combat. A 14 h 35, interpellée en allemand par le maréchal des logis Dotzler, la garnison d'une casemate […] demande à se rendre, ayant plusieurs hommes hors de combat. Le lieutenant Barbas, au lieu de faire cesser le feu, se lève alors, fait hisser une mitrailleuse par deux hommes pour mieux viser, et la servant lui-même, debout, se met à tirer ses rafales et s'abat tué d'une balle en pleine tête... » Le jeune officier avait 27 ans. Autre mort de cette unité : le cavalier Georges Cabrol, 20 ans. 
Les dragons décrochent à 14 h 50, et dix minutes plus tard, tout le groupe est rassemblé au Collet. Informé discrètement de la mort de Barbas par le brigadier-chef de Taye, d'Audibert en réfère au commandant de Segonzac, lequel demande au 1er escadron de revenir à Retournemer et au 2e de rester au Collet. Devant l'état de fatigue de ses hommes, « impressionnés » par la mort de leurs deux chefs successifs, d'Audibert plaidera pour la relève, dès le lendemain, de son groupe... Ce qu'il apprendra, c'est que le groupe Dunoyer de Segonzac "cadet" n'a pu attaquer « comme prévu, l'ennemi ayant opposé une résistance sur laquelle on ne s'attendait pas ». Il y a eu des pertes. On sait que, ce jour-là, sont morts l'adjudant-chef Albert Benoit, 42 ans, fauché par une rafale d'arme automatique au col du Collet, et Fernand Bourguet, 19 ans, du 1er commando, blessé à mort au col de La Schlucht. Blessé durant ces opérations (tout comme Palao), le brigadier Paul Monod, du 5e escadron, recevra la médaille militaire... Le lendemain, tandis que le capitaine René Mazens prend le commandement du 1er escadron, le 1er groupe est relevé par le 2e et redescend à Gérardmer, où les obsèques de ses quatre morts et celles des trois dragons des deux autres groupes seront célébrées le 7 décembre 1944.

8 décembre 1944 : opération de déminage et de déblayage de l'itinéraire menant au col de La Schlucht depuis Le Collet. Un « déminage long et difficile » compliqué par la couche de neige, note le JMO du 2e RSAR, rejoint par son 2e escadron venu de Gérardmer – il n'a pu, la veille, approcher du col du Louschbach. Le brigadier de dragons Lucien Martin perd une jambe et la vue sur une mine. Ces opérations de dégagement de la route dureront jusqu'au 10 décembre 1944, jour où le général Guillaume, commandant la 3e DIA, ordonne aux spahis du lieutenant-colonel Lecoq de pousser également sur le col du Bonhomme, c'est-à-dire sur l'itinéraire au nord-est de Gérardmer menant, comme par La Schlucht, à Colmar, objectif espéré de ce nouveau mouvement.

12 décembre 1944 : devant La Schlucht, l'état d'épuisement des dragons est tel qu'ils sont relevés, au Collet, par le peloton Buzonnière, tandis qu'à l'inverse, un élément du 3e RD relève le peloton Sauveboeuf à la ferme de Balveurche. 

14 décembre 1944 : c'est le jour où les dragons tarnais du commandant Dunoyer de Segonzac sont chargés d'appuyer l'attaque du I/4e RTT (et du I/7e RTA) pour venir en aide à la compagnie de tirailleurs Lartigau qui, encerclée depuis plusieurs jours, repousse tous les assauts contre l'hôtel du Hohneck. Tandis que les Tunisiens visent et prennent le carrefour du Haut de Falimont, l'escadron Mazens parvient à atteindre à 14 h 30 la Route des crêtes, à 200 m au nord-est du carrefour. Mais il doit bientôt se replier sur la route du Collet à cause du tir de « nombreuses armes automatiques ». Non pas celles des Allemands, mais plutôt celles des tirailleurs, selon le commandant d'Audibert, qui ordonne au capitaine Mazens de remonter sur la route. Trop tard : l'ennemi y est bien installé. La nuit sera donc passée, dans un « froid glacial », dans un bois près du carrefour et dans une baraque du Collet. Le lendemain, « le froid est si intense que les éléments en ligne doivent être relevés toutes les deux heures ». 

Deuxième quinzaine de décembre 1944 : au 3e dragons, dont sept hommes ont été blessés le 17 décembre 1944 en raison d'un tir de minen, le groupe d'Audibert reste en ligne jusqu'au 27 décembre 1944, au Collet, à la ferme de Balveurche, au Parigoutte. Durant cette période, il perd notamment deux sous-officiers blessés lors d'un combat contre une patrouille le 24 décembre 1944, le maréchal des logis-chef Charles Ledeuil et le maréchal des logis Mounet. D'autres éléments du régiment subissent des pertes, comme le cavalier Jean Sirven, grièvement blessé le 23 décembre 1944 dans une reconnaissance sur Grand Valtin (il sera amputé du pied), ou un chef de peloton, l'adjudant François Legrand, touché le 27 devant La Schlucht. Après un ultime accrochage, le 1er GE, dont le capitaine de Tauriac va prendre provisoirement le commandement, est relevé, à 6 h, par le groupe de Gastines et rejoint Plombières. La campagne des Vosges est terminée pour lui. Relevés par le Bataillon Garonne-Dupré, les dragons tarnais partiront le 1er janvier 1945 pour rejoindre Trétudans, dans le Territoire de Belfort, et ne se battront pas à Colmar...

Février 1945  : le 3e régiment de dragons se transforme en 12e régiment de dragons de reconnaissance. Selon le capitaine Guy de Rouville, officier de transmissions du régiment, le général de Lattre n'avait jamais digéré que le Corps franc Bayard se soit baptisé 3e dragons. La scène s'est passée le 26 septembre 1944, au PC de la 1ère armée à Besançon : « J'entends encore, racontera Guy de Rouville, la voix théâtrale du Général : «Comment, le 3e dragons ? Ce régiment qui m'a fait arrêter à Saint-Pons ! Je sais ce que vous avez fait dans le Tarn... Vous serez 12e dragons, mon premier régiment à Colmar». » Le chef d'escadrons puis lieutenant-colonel Dunoyer de Segonzac en conserve le commandement, avec le chef d'escadrons Antoine de Gastines comme commandant en second, et le chef d'escadrons Paul d'Audibert de Lussan, comme adjoint. Une première organisation a permis de constituer quatre escadrons (capitaine Jean de Buttler, avec pour adjoint le capitaine Pierre Hoeffner, capitaine Michel Mare, adjoint : capitaine André Richard, capitaine Henri Sautour, adjoint : capitaine Léon Godinot, capitaine Jean de Hédouville) et un escadron hors rang (capitaine René Mohy). Une seconde a donné au régiment la physionomie définitive : le 1er escadron au capitaine Jean Dunoyer de Segonzac (le frère du chef de corps), le 2e au capitaine Godinot puis au capitaine de Buttler, le 3e au capitaine Richard, le 4e au capitaine Mare, le 5e au capitaine de Hédouville et l'EHR au capitaine Mohy.

20 février 1945 : en position sur le Rhin, Jacques Ferret est tué par une mine anti-char. 

24 février 1945 : le jour où le 3e dragons apprend qu'il est devenu 12e RD, l'unité subit de lourdes pertes à Fessenheim et Blodelsheim : Gaston Drut, 33 ans, tué par mortier, José Manueco, 19 ans, victime d'un obus, André Pujol, 25 ans, et Hubert de Seynes, 21 ans, morts sur une mine. Le lieutenant Delsol est blessé par éclat d'obus. 

Endivisionné dans la 14e DI, le régiment reçoit son drapeau à Paris le 2 avril 1945, passe le Rhin à Kehl fin avril et atteint le lac de Constance.

L'encadrement du Corps franc Bayard/3e dragons/12e dragons ici. 

Etat des morts du Corps franc Bayard/3e dragons/12e dragons
Capitaine Henry Périé (1er GE), 29 ans, le 26 novembre 1944 ; aspirant Pierre Chauchard (2e GE), 24 ans, le 30 novembre ; sous-lieutenant Gabriel Mahou (2e GE), 37 ans, le 3 décembre ; lieutenant Georges Barbas (1er GE), 27 ans, le 5 décembre. 

Maréchal des logis Hervé Amalric (2e GE), le 3 novembre 1944 ; adjudant-chef Albert Benoit, 42 ans, le 5 décembre ; maréchal des logis-chef Pierre Assemat (2e GE), 21 ans, le 7 décembre ; maréchal des logis André Pujol, 25 ans, le 24 février 1945 ; maréchal des logis Raymond Burais, 28 ans, le 24 avril (accident). 

Paul Ortega, 20 ans, le 25 septembre 1944 ; Pierre Barraud (3e GE), 18 ans, le 26 septembre (blessures) ; Guy Marmier (3e GE), 17 ans, le 26 septembre ; Emile Iche, 25 ans, le 27 septembre ; Heindrich Kiel (section polonaise), 35 ans, le 14 octobre ; Simon Weil (3e GE), 20 ans, le 14 octobre ; Julien Gonzales (3e GE), le 14 octobre ; Marcel Maurel (1er GE), 19 ans, le 31 octobre ; Jacques Bonnescuelle de Lespinois (2e GE), 21 ans, le 1er novembre ; Maurice Castagne, 45 ans, le 1er novembre ; Pierre Latger (2e GE), 18 ans, le 3 novembre ; brigadier Abraham Lifchitz (3e GE), 20 ans, le 22 novembre ; Jacques Bardière, 20 ans, le 25 novembre ; Ernest Marty, 20 ans, le 26 novembre ; Mario Barbagelata (1er GE), 21 ans, le 26 novembre ; brigadier Henri Frauenfelder (1er GE), 34 ans, le 26 novembre ; Léon Arramond (1er GE), 32 ans, le 26 novembre ; Henri Chaput, 23 ans, le 3 décembre ; André Gau, 22 ans, le 3 décembre ; brigadier Jean-Emile Bernard, 21 ans, le 5 décembre ; brigadier Paul de Lavelle de Choulot de Chabaud-Latour (1er GE), 23 ans, le 5 décembre ; Georges Cabrol (1er GE), 20 ans, le 5 décembre ; André Gilet (1er GE), 20 ans, le 5 décembre (selon le ministère des Armées) ; brigadier Fernand Bourguet (3e GE), 19 ans, le 5 décembre ; brigadier André Albert, 19 ans, le 11 décembre ; brigadier Fernand Cormary, 23 ans, le 19 décembre ; André Joly, 20 ans, le 20 février ; André Plouzennec, 30 ans, le 20 février ; Jacques Ferret (1er GE), 17 ans, le 20 février ; Louis Lagarde, 19 ans, le 21 février ; Gaston Drut, 33 ans, le 24 février ; José Manueco, 19 ans, le 24 février ; Hubert de Seynes, 21 ans, le 24 février ; René Ichard, 17 ans, le 27 avril. 

Sources principales : archives du 3e RD et du12e RD. GR 12 P 109. SHD - Les Nouvelles compagnies franches du Tarn (Les). Récit de Robinson. Dessins de Michel Mare. Carnet de route du 12e dragons, 1946 - site Internet sur les maquis de Vabre - site Internet Mémoire des Hommes - JMO du 2e RSAR.