C'est une unité restée dans l'ombre. Dans les années 90, un vétéran de la 10e division d'infanterie, la "division de Paris", nous communiquait un historique de la compagnie mixte de transmissions 10/84. Cet historique, rédigé par M. Barbier, regrettait que la CMT n'ait pas été reconnue unité combattante. Cet article se veut donc un hommage à ces soldats de l'ombre.
Officiellement, la CMT 10/84 voit le jour le 1er décembre 1944. Cantonnée au château de Darvault, près de Nemours (Seine-et-Marne), intégrée dans la 10e division d'infanterie, la compagnie, présente le 11 janvier 1945 lors d'une cérémonie présidée par le général de Gaulle, chef du gouvernement provisoire, fournit un détachement destiné le 15 janvier à opérer sur le front des Vosges.
Le déplacement depuis Nemours se fait "en wagons à bestiaux par un froid sibérien (...) Débarquement du personnel et du matériel à Pouxeux (...) De ce jour jusqu'à la mi-mars, le détachement cantonnera successivement à Vecoux, Ramonchamp, Le Thillot. Du Thillot, un groupe de cinq ou six sapeurs et un caporal (dont Pierre Brunet, Jean Dubois, Balagna et moi-même...) est détaché à Urbès en Alsace. A notre arrivée dans cette localité, nous remplaçons les sapeurs télégraphistes du 24e RI (10e DI), qui changent de position pour gagner Willer-sur-Thur, où le régiment relève le 1er BCP. Dès cet instant, l'adjudant des transmissions du 24e RI, avant son départ, nous met à la disposition du central téléphonique tenu par les téléphonistes du 3e tabor... Notre mission consistera, sur leurs appels, de jour comme de nuit, par tous les temps, à réparer les lignes les reliant aux unités du secteur. C'est à dire les 5e et 24e RI de la 10e DI, le 3e tabor, le Régiment du Morvan et une batterie de 105 en position face à la filature de Malmerspach, elle-même occupée par un PC du Régiment du Morvan.. Notre secteur d'actions couvrait à partir d'Urbès les agglomérations suivantes : Storckensohn, Mollau, Husseren, Wesserling, Schiffels, Mitzach, Fellering, Oderen, Kruth, Ranspach, Malmerspach, Saint-Amarin, Moosch, Willer-sur-Thur... Les lignes téléphoniques étaient tirées au plus direct à travers bois et montagne à même le sol et enfouies sous la neige, ce qui rendait la détection des coupures très difficile. Ce qui nous a conduits, pour couper au plus court dans la recherche des lignes détériorées, de passer par des endroits minés non balisés... Au cours d'une de nos sorties, nous avons rencontré une auto-mitrailleuse du 2e RSAR en position avec le radio Zamm à son bord, lui aussi détaché de notre compagnie. A cette époque, le commandant des transmissions du QG de la 10e DI était le commandant Maurizi". (à suivre) Copyright club Mémoires 52 - Toute reproduction interdite sauf autorisation de l'auteur.
lundi 14 mars 2016
mardi 23 février 2016
Les hussards du Tarn-et-Garonne souffrent à Cornimont (octobre 1944)
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| Le sous-lieutenant Brice Darrieux. (Photo issue du Mémorial des Cadets de la France libre). |
Outre le 3e dragons (Corps franc de Sidobre), la Division légère de Toulouse comprend une autre unité de cavalerie : le 1er
groupe d'escadrons du 3e hussards FFI.
Fort de neuf officiers,
39 sous-officiers et 133 hommes répartis entre deux escadrons (le
1er du capitaine Gaston Delplanque, dit Dumas, le 2e du
lieutenant Maurice Bigne), armés de trois
mitrailleuses Browning, un mortier de 50 anglais, douze
FM Bren, 39 mitraillettes Sten, 64 fusils modèle 1936, 45 fusils américains et 22 anglais, ce groupe est formé au quartier Doumerc de Montauban (Tarn-et-Garonne) le 28
août 1944 à partir du Corps franc Dumas et des 4e et 5e
compagnies de l'AS. Membre de l'état-major des FFI du Tarn-et-Garonne, un Roumain d'origine de 42 ans, le chef
d'escadrons Marcel Marcus, dit Firmin, commande l'unité, d'où
son nom d'escadron Marcus qui fait mouvement vers
l'Auvergne le 10 septembre 1944.
A noter qu'un 3e escadron a été formé par la 3e compagnie AS (capitaine
Got, dit Georges), mais il est resté à Montauban*.
Le groupe se porte d'abord sur la Nièvre. "J'escompte que mes deux escadrons du 3e hussards arriveront à Decize dans la soirée", écrit le commandant Marcus le 11 septembre 1944. Deux jours plus tard, un de ses hommes, Henri Boyer, trouve la mort, victime d'un piège, dans la caserne des Gardes située dans cette petite ville nivernaise. Le groupe cantonne ensuite à Marandeuil (Côte-d'Or) puis à Morey-Saint-Denis (dans le même département).
Mis à la disposition de la 3e division d'infanterie algérienne (DIA), le 1er GE du 3e régiment de hussards arrive à Saulxures, dans les Vosges, le 18 octobre 1944. Le même jour, le voilà orphelin de son chef : le commandant Marcus meurt accidentellement - il sera remplacé par le capitaine Gaston Delplanque. Autre officier de
ce régiment, le sous-lieutenant Brice Darrieux, 21 ans, ancien Cadet de la France libre, meurt également par accident, le même jour, en Haute-Saône, lors du
mouvement des hussards depuis Morey-Saint-Denis.
Aux côtés des tirailleurs
Les pertes des hussards FFI seront autrement plus lourdes deux jours plus tard, le 20
octobre 1944, à Cornimont (Vosges), au lendemain de la relève du 15e tabor aux
lisières du bois de Lansauchamp. Un bombardement ennemi lui
coûte au moins neuf tués - anciens de la 6e compagnie de l'Armée secrète du Tarn-et-Garonne.
Parmi les victimes, les lieutenants Auguste
Pernot (Tom), Isaac Wrobel, 24 ans, et le sous-lieutenant
Raymond Marx. Trois jeunes FFI –
André Rescoussie, 18 ans, Roger Lasbareilles, 17 ans, Edward
Pousergues, 16 ans (il est né le 7 juin 1928 dans le Tarn-et
Garonne) – figurent parmi les morts, ainsi que les maréchaux des
logis Roger Gouvenez (tué par balle le 19 octobre 1944) et Pierre
Thesseyre, tous deux âgés de 19 ans, les hussards Elie Brousse, 19
ans, et Félix Janover, 19 ans.
Le ministère des Armées cite également, parmi les morts, Roger Favre, 20 ans, tandis qu'un état des
victimes du groupe lors des combats du Haut du Faing mentionne, parmi les victimes, le hussard
Besmont. A la date du 8 novembre 1944, les hussards dont le lieutenant
Bellengier commande la base arrière sont au nombre de dix officiers, 22 sous-officiers et
130 hommes présents, tandis qu'une quarantaine sont dans les hôpitaux.
Pour son attitude lors de ces dures journées, une assistante sociale du régiment,
le maréchal des logis Jeannette Monniot, sera décorée de la Croix de guerre un an plus tard - ainsi que l'adjudant Guyot - pour avoir
soigné jusqu'aux premières lignes les blessés du Haut du Faing...
Dans les semaines qui suivent, le 3e hussards FFI déplore encore la mort de Marius Subirano, 20 ans, décédé le 28 octobre 1944, et d'Henri Delteil, 21 ans, le 7
novembre 1944 (des suites de blessures).
Versé dans un nouveau 3e hussards
On retrouve ensuite le régiment le 1er décembre 1944, aux portes de l'Alsace. Tandis que le I/3e RTA occupe le col
de Bussang évacué, des éléments du 3e hussards FFI, qui sont dans la région
de Ventron, relèvent ce jour-là le 17e tabor au col du Page et face à la Faigne
des Minons. Le 18 décembre 1944, le maréchal des logis Jacques Rous de Feneyrols, 21 ans, est tué par balle à Kruth. Le régiment opère alors dans ce secteur aux côtés du 7e RTA.
Le 26 décembre 1944, un ordre du
général du Lattre semble envisager le renforcement du 2e RSAR, très éprouvé par les combats dans les Vosges, par le 3e
hussards FFI. Mais le groupe d'escadrons, cité à l'ordre de la division le 17 janvier 1945, quitte finalement la 1ère armée pour former, sous les ordres du capitaine Delplanque, le 4e
escadron d'un nouveau 3e régiment de hussards, créé officiellement le 20 janvier
1945 à Nancy (caserne Donop) et commandé par le colonel Paul Nérot. Les
capitaines Delplanque et Bigne, les sous-lieutenants Joseph Adrian, Maurice
Vienne, Honoré Bellengier, Georges Jacquot, Roger Sougri, Gilbert Puygauthier
et Louis Lasbareilles, ainsi que quatre aspirants et 132 sous-officiers et hommes, de troupe, servaient encore au 3e hussards FFI au moment de sa dissolution le
11 mars 1945.
* Le colonel Laurent Langeron, chef d'état-major des FFI du Tarn-et-Garonne, commande le régiment selon le site La Résistance en Tarn-et-Garonne.
** Marx et Wrobel décèdent des suites de leurs blessures à Thiéfosse, près de Saulxures-sur-Moselotte.
Source principale : archives du 3e régiment de hussards, GR 12 P 112, SHD.
vendredi 20 novembre 2015
Le chef de brigade Menne (1759-1825), de Corlée
(Photo Gallica)
C'est dans le village de Corlée, aujourd'hui commune associée à Langres, que naît Pierre Menne, le 18 juin 1759, fils de Nicolas Menne «le cadet», laboureur. Soldat au régiment d'Artois en 1779, il obtient son congé en 1788. Marié l'année précédente à Caen, avec Catherine Foulon, ce Champenois s'établit dans le Calvados.
Tout naturellement, il reprend du service durant la Révolution. Selon la Sehri, Menne dit Dumaine est, derrière Le Parmentier, lieutenant-colonel en second du 3e bataillon de volontaires du département. Selon les époux Quintin, qui lui ont consacré une notice biographique dans leur dictionnaire des chefs de brigade du Consulat, il est élu chef de ce bataillon le 20 janvier 1792.
En 1793, le Haut-Marnais se distingue lors des opérations de l'armée du Nord. Le colonel Tilly, commandant des troupes françaises à Breda et Gertruidemberg, rapporte que «le 3e bataillon du Calvados, détaché à Raamsdouck, à une demi-lieue de la ville, fut attaqué par des forces supérieures la nuit du 17 au 18 (mars) ; l'attaque s'engagea chaudement, et fut bien soutenue. Voyant que l'ennemi cherchait à prendre ce poste de vive force, je fis sortir le 18 au matin le lieutenant-colonel Delarue, avec un détachement et deux pièces de canon ; l'affaire commença vers les 10 h du matin ; elle fut vive ; les volontaires du 3e bataillon du Calvados se battirent en héros ; le lieutenant-colonel Dumaine (sic), chef de bataillon, eut le bras percé d'une balle à la tête de sa troupe...» Et, ajoute le colonel, jusqu'au 22, «le brave bataillon du Calvados et un détachement des 19e et 23e bataillons nationaux firent tête à 2 000 hommes d'infanterie, et à un régiment de cavalerie».
Avant la fin de l'année (le 21 décembre 1793), Menne, qui aurait reçu une balle à la cuisse gauche en 1792 selon les époux Quintin (qui ne mentionnent pas de blessure en mars 1793), passe chef de bataillon dans la 23e demi-brigade. Puis chef de brigade le 15 août 1795, à 36 ans. Vétéran des campagnes de l'armée du Nord, de l'armée de Sambre-et-Meuse, Menne passe chef de brigade surnuméraire à la 67e demi-brigade d'infanterie de ligne le 5 mars 1796. Le 23 janvier 1797, qualifié de «ci-devant commandant temporaire à Tournai», en Belgique, Menne est invité, via un courrier des directeurs Carnot, Le Tourneur et Barras au ministre de la Guerre Petiet, à «se rendre près l'une des demi-brigades de l'armée de Sambre-et-Meuse pour y être employé comme surnuméraire dans son grade». En fait, le 22 mars, le Haut-Marnais hérite, comme chef de brigade, du commandement de la 23e demi-brigade d'infanterie de ligne.
Avec laquelle il prend part aux campagnes des armées de Rhin-et-Moselle, d'Helvétie, du Rhin.
Sous les ordres de Masséna, commandant l'armée du Danube, Menne se bat donc en Suisse. Son général rapporte, le 22 mai 1799, que «le général Oudinot avait essuyé, de la part de l'ennemi, la plus forte résistance, et nos troupes avaient même été en quelque sorte repoussées ; mais le général Soult étant arrivé avec deux escadrons du 18e de dragons et la 23e demi-brigade de ligne, a décidé l'avantage en notre faveur. Ces deux généraux ont fait 1 800 prisonniers à l'ennemi, et lui ont enlevé deux pièces de canon». Quelques jours plus tard, selon les époux Quintin, Menne est blessé le 4 juin 1799, à Zurich, au genou gauche.
Il se bat encore à Hohenlinden, le 2 décembre 1800, puisqu'il écrit ce jour-là un rapport au général Ney sur l'action de son régiment.
Mais ses infirmités, constatées deux ans plus tard, lors d'une revue passée par le général Lecourbe – Menne commande alors la 23e demi-brigade à Dijon, et il compte parmi ses officiers l'officier de santé Joubert, qui s'établira à Nogent, et le sous-lieutenant Ruston – conduisent à son admission à la retraite, le 30 décembre 1802. Il n'a que 43 ans.
Revenu à Caen, Pierre Menne décède le 30 novembre 1825 dans le chef-lieu du Calvados.
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samedi 23 mai 2015
19e BCP : de l'Ecole militaire de Paris à Constance
Début septembre 1944, après la libération de Paris, deux bataillons de chasseurs à pied sont mis sur pied à l'Ecole militaire. L'un, portant le numéro 1, est sous les ordres du lieutenant-colonel André Moillard, le 8e est commandé par le lieutenant-colonel Pochard (l'unité participera à la libération de Metz).
Le 5 octobre 1944, Moillard apprend que le 1er BCP, fort de 696 hommes à sa création (prescrite par un ordre daté du 30 août 1944), prend le numéro 19. Il doit patienter de longues semaines avant de rejoindre le front. Initialement, il espérait être affecté à la 2e division blindée. En réalité, ses chasseurs seront affectés, le 21 octobre 1944, à la 1ère armée française.
Ce n'est que le 11 décembre 1944 que par le métro, les chasseurs, quittant l'Ecole militaire, rejoignent Vincennes puis s'embarquent en direction de l'Est. Ils arrivent le 17 décembre à Port-sur-Saône, le 19 à Zillisheim, près de Mulhouse, et sont rattachés au 1er régiment de spahis algériens de reconnaissance. Chasseurs et spahis feront équipe jusqu'à la capitulation de l'armée allemande.
Rapidement, le 19e BCP monte en ligne, relevant le 6e RIC le 22 décembre 1944. L'historique du bataillon précise : « La veille de Noël, nos chasseurs gagnent les avant-postes. Au village de Kembs monte la 3e compagnie... Plus en arrière, le bataillon cantonne à Sierentz ». Précisément, la 3e compagnie (lieutenant Max Blin), la section de mitrailleuses et la section de mortiers de la CA (capitaine André Dumard) sont à Kembs, la 2e compagnie (lieutenant Charles Quenard) et le reste de la CA cantonnent à Sierentz, la CHR (compagnie hors rang, capitaine Georges Kaminski) et la 1ère compagnie (lieutenant Maurice Autogue) à Uffheim.
29 décembre 1944 : le sergent Clément Bouchoux (3e compagnie), parti avec seize chasseurs à la recherche d'un de
ses soldats non rentré d'une patrouille de nuit, est tué avec quatre
de ses hommes à Kembs : Théophile Carles, 34 ans, Claude Gannat, 19
ans, Francis Grange, 20 ans, et Jules Lefevre, 40 ans. Le lendemain, René Couchy, 21 ans, décède de ses blessures à Montbéliard.
1er janvier 1945 : la 3e compagnie perd, à Kembs, Georges Berthet, 20 ans, Roger Busson,
l'adjudant Pierre Fayle, 30 ans, Georges Fety, 23 ans. C'est au pied
du calvaire entre le village et le Rhin que Daniel Carlier (2e compagnie), 22 ans,
est tué par un obus. Le ministère des Armées cite également,
parmi les victimes, Marcel Boyer, 32 ans, ainsi que le caporal
Louis Richard (CHR), 46 ans, mort le 3 janvier 1945 de ses blessures.
4 janvier 1945 : l'ennemi lance une grosse attaque à Kembs. Elle est
l'oeuvre, selon le lieutenant-colonel Moillard, d'élèves officiers d'une école de cadres de Colmar. C'est
un échec pour les Allemands, mais il y a un tué et deux blessés à la Brigade légère du Languedoc.
Le 19e BCP déplore des pertes plus lourdes encore. La 2e
compagnie a perdu cinq tués : Claude Wallaert, 23 ans, Jacques
Marteau, 20 ans, Pierre Gaucher, 19 ans, Jean-Claude Bourgeois,
22 ans, le lieutenant Pierre d'Elbée, 31 ans (c'est un neveu du
général Leclerc, qui servait dans un maquis de l'Yonne). La CA compte six blessés dont l'aspirant Henri
Colombel. Le site Mémoire des Hommes mentionne d'autres noms de victimes, non confirmées - à l'exception de Castel - par l'historique du bataillon : Jules Canaple, 43 ans, Paul
Castel (1ère compagnie), 30 ans, Jean Delacour, 34 ans, Gabriel Thiry, 37 ans, Jean Tison, 37 ans,
Lucien Willemain, 39 ans.
Toujours en position dans ce secteur sur le Rhin durant la bataille de Colmar, le 19e BCP ne passe à l'offensive que le 8 février 1945, les 1ère et 3e compagnies se portant sur Niffer qui est occupé. Une journée encore marquée par des pertes.
Les mines,
les tirs d'artillerie coûtent la vie à Roger Desprez, 25 ans, et Maurice
Rousseau (1ère compagnie), au sergent-chef Robert Beillot, 36 ans, à
Gérard Bianquis, 21 ans, et Lucien Lalloz, 39 ans (3e compagnie). Mais les
chasseurs, qui ont déploré, la veille, la mort à Kembs de Bernard
Piketty (2e compagnie), 20 ans, atteignent, eux aussi, leur objectif. Les jours suivants, meurent François Rutili (1ère compagnie), 22 ans, à Altkirch, Ernest Etienne, 21 ans, à Montbéliard, Etienne Compant (2e compagnie).
Au total, près d'une trentaine de victimes ont été déplorées en Alsace par le bataillon, qui s'illustrera ensuite lors de la Campagne d'Allemagne, après avoir reçu des renforts du bataillon 105/22, dit Kléber.
5 avril 1945 : relève du 2e BCP dans le quartier de Plobsheim.
16 avril 1945 : à 4 h, le bataillon commence à passer le Rhin sur des portières, devant Kehl.
17 avril 1945 : au lendemain de son entrée en Allemagne, le 19e BCP
attaque Oberlich. Le soir, après 10 km de marche et de combat,
les chasseurs s'installent pour la nuit sur les positions conquises. Il
a subi de lourdes pertes à Nusbach : Joseph Champenois, 20 ans, Georges Drean, 24 ans, Paul Fabre,
24 ans, y ont été tués, Raymond Cure, 18 ans, est mort à Baden
Baden. C'est durant ces opérations, précise le général de Lattre,
que le bataillon s'empare, à Maisenbuhl, des casemates de canons
de 210 qui bombardaient Strasbourg et qui ont été détruits.
20 avril 1945 : mouvement sur Constance. Une compagnie et un escadron de spahis occupent Schwenningen, où le 19e BCP perd trois tués : Georges Boiron, 19 ans,
Philippe Janvier, 20 ans, Jean Gillard, 32 ans.
21 avril 1945 : le groupement Lebel franchit le Danube à Donaueschingen, une résistance est rencontrée à la sortie de Behla, "17 gradés et chasseurs de la 2e compagnie tombent en quelques minutes", note le lieutenant-colonel Moillard.
23 avril 1945 : la 1ère compagnie est éprouvée à
Stetten. Elle perd quatre tués : Michel Bachelet, 18 ans, Raymond
Chartrain, 18 ans, Jacques de Tournemine, 18 ans, Paul Mouton,
19 ans. Un autre chasseur André Carrouée, 23 ans, meurt à Engen.
24 avril 1945 : attaque de Singlen.
25 avril 1945 : prise de Radolfzell.
26 avril 1945 : Constance est atteint.
Sources : discours du colonel Moillard à l'Ecole militaire, le 27 avril 1947, et historique du 19e BCP, GR 12 P 30, SHD.
vendredi 8 mai 2015
Un chef de bataillon de 24 ans, René Coustellier ("Soleil")
En ce 70e anniversaire de l'anniversaire de la capitulation de l'Allemagne, il nous paraît opportun de rappeler que l'un des derniers officiers supérieurs français de cette période témoigne toujours, à l'âge de 95 ans. René Coustellier, alias "Soleil", était, en 1944, colonel du 4e régiment de francs-tireurs et partisans français de la Dordogne, affecté sur le front de La Rochelle, puis chef du 3e bataillon du 108e régiment d'infanterie. Il n'avait que 24 ans ! Pour le jeune officier, l'ultime semaine de combats de la Deuxième Guerre mondiale n'a pas été une partie de plaisir. Le 2 mai 1945, avec le 2e bataillon du 125e RI (FFI de la Vienne), le 108e RI du lieutenant-colonel Bousquet a occupé la commune d'Aigrefeuille. Le 7 mai, le bataillon Coustellier s'est installé à Forges, sous un bombardement. Le lendemain, il perd seize blessés lors de ces ultimes combats sur le sol français. Le 9 mai, les anciens FFI de Dordogne entrent dans La Rochelle, l'une des dernières villes françaises libérées. René Coustellier est l'auteur d'un ouvrage fort instructif, "Le groupe Soleil dans la Résistance", publié en 1998 par les éditions Fanlac.
mercredi 10 décembre 2014
Le sacrifice du BM 24 à Obenheim
Le sacrifice du bataillon de marche 24 lors de la défense du village d'Obenheim, en janvier 1945, durant les combats pour conserver Strasbourg, est l'un des événements marquants, et pourtant méconnus, de la bataille d'Alsace.
Unité de la 1ère division de marche d'infanterie, le BM 24 avait notamment incorporé, lors du «blanchiment» de cette grande unité, l'escadron Grange du 11e régiment de cuirassiers (FFI). Parmi les victimes des combats d'Obenheim identifiées par le Service historique de la Défense, la plupart étaient originaires des départements des Ardennes, de la Loire, du Rhône et de l'Aisne. Le bataillon était confié au commandant Pierre Coffinier, 35 ans.
Plusieurs récits de ces combats sont consultables sur Internet, notamment sur le site de la 1ère DFL et sur celui de la fondation BM 24 Obenheim. Nous avons choisi ici de reproduire une évocation enlevée de la bataille signée du général René Chambe, dans son ouvrage «Le 2e corps attaque» (1948).
«… Tout le BM 24, étroitement assiégé, se prépare à une résistance désespérée.
Dans la nuit du 9 au 10 (janvier), Obenheim est bombardé d'une manière ininterrompue. Les pertes sont sévères.
Le 10 au petit jour, un avion ennemi lance des tracts invitant la garnison à se rendre.
Vers 11 h, des parlementaires allemands, un officier et deux sous-officiers, s'avancent sur la route de Boofzheim à Obenheim, agitant le traditionnel drapeau blanc. Le commandant Coffinier leur fait répondre qu'il refuse de les recevoir et qu'ils aient à disparaître au plus vite. Les parlementaires saluent et s'en vont. Le bombardement d'Obenheim reprend bientôt avec rage. Les pertes en hommes ne sont pas très lourdes au début de cette matinée du 10, mais le matériel d'artillerie, les mortiers et les mitrailleuses ont beaucoup à souffrir. Presque la moitié en est mise hors d'usage.
A 13 h, l'aviation française tente de ravitailler la garnison. Deux vagues d'avions volant sud-nord parachutent des vivres, des munitions et des médicaments. Une faible partie en tombe dans les lignes allemandes. La plus grande part est bien perçue, malgré quelques pertes dues à l'écrasement de certains colis à l'arrivée au sol.
A 14 h, Obenheim est en flammes, les lignes téléphoniques intérieures sont coupées. Plus de 50 blessés sont entassés dans les caves du village. Les pertes augmentent maintenant d'une manière impressionnante. Il y a de nombreux morts ou disparus....
A 16 h, les chars et l'infanterie allemands sont signalés au nord et se déploient face au village. La situation du BM 24 devient critique. C'est évidemment l'attaque décisive...
Masqués par des émissions de fumée, les Tigres et les Panthers avancent, accompagnés d'une nombreuse infanterie précédée de tirs nourris de lance-grenades. C'est la 2e compagnie (lieutenant Pochat) qui, établie en avant de la lisière du village, reçoit le premier choc. Le contact est d'une violence inouïe et tourne rapidement au corps à corps. Après une demi-heure de combat, les sections du sous-lieutenant Garnier et de l'aspirant Debiez-Piat ont perdu presque tous leurs effectifs. Leurs armes automatiques sont, pour beaucoup brisées, ou enlevées, ou enrayées par le froid.
Malgré leurs efforts désespérés, ces malheureuses sections, décimées, sont refoulées au sud du cimetière. Sur appel radio de la liaison-artillerie, un tir d'arrêt est appliqué sur la ligne prévue, au nord et au nord-est du village, il arrive exactement à l'instant propice et provoque de sombres ravages dans les rangs ennemis. Les uniformes feld-grau, ou portant la cagoule blanche, jonchent bientôt la neige rougie de sang. L'élan des assaillants, un moment ralenti, n'en continue pas moins et vient battre la lisière même d'Obenheim.
L'attaque se généralise. Elle se développe maintenant sur les quatre faces à la fois. Le barrage général d'artillerie est demandé d'urgence. Bien ajusté, il est particulièrement efficace.
Cependant, la 2e compagnie de fusiliers-voltigeurs, réduite à moins de la moitié de son effectif, faiblit. Des chars Panthers, embossés maintenant au cimetière, ouvrent le feu à très courte distance et détruisent systématiquement les points de résistance. Dans un duel épique, le sergent-chef Giscard, survivant d'un groupe de combat, sert, tout seul, son canon de 57 antichars et réussit à mettre un Panther en flammes. Mais sa pièce est aussitôt atteinte. Une de ses roues vole en éclats. Le tir devient impossible. L'ennemi n'étant plus qu'à quelques mètres, Giscard fait sauter sa pièce et va se battre au revolver.
Sur la face Est, l'ennemi attaque le long de la route de Daubensand et s'infiltre avec opiniâtreté entre les points d'appui de la 1ère compagnie, les isolant les uns des autres. Les effectifs sont faibles et les munitions font défaut. L'attaque est cependant contenue.
Sur la face Sud, la proximité des bois facilite les infiltrations. Le point d'appui du sous-lieutenant Vourch et le point d'appui du lieu-dit Les Moulins sont encerclés et luttent farouchement, au corps à corps. L'aspirant Munoz, plusieurs fois sommé de se rendre avec ses hommes, riposte par des contre-attaques à l'arme blanche. La situation empire de minute en minute et il est impossible d'établir une liaison entre Obenheim et les sections Vourch et Munoz.
Sur la face Ouest, l'ennemi paraît moins mordant, tenu en respect par des tirs d'arrêt qui, à chaque tentative, lui causent des pertes hors de proportion avec le mince intérêt que peut présenter la prise de ce modeste village dont la conquête ne mène à rien. Quand la nuit tombe, Obenheim tient toujours, mais le combat n'a pas diminué d'intensité. On se bat maintenant dans le village même. Les débris de la section Vilain, mêlés à ceux de la section de l'aspirant Cailleau (Note : neveu du général de Gaulle), sont envoyés former un barrage près de l'église, car la 2e compagnie, qui a soutenu le choc principal depuis plusieurs heures, est submergée et plie. Ses derniers défenseurs, regroupés par le lieutenant Pochat, luttent encore autour du presbytère.
Mais les chars lourds allemands pénètrent à présent de toutes parts dans le village. Le commandant Coffinier, une nouvelle fois, signale par radio que la situation devient extrêmement critique et qu'il est urgent que le BM 24 soit enfin dégagé. Dans une heure ce sera trop tard.
A 20 h, l'ennemi a presque atteint le cœur du village. Ses chars sont à quelques mètres de l'église. Ils tirent à bout portant sur les barricades où se battent désespérément les quelques survivants de la 2e compagnie.
Le valeureux lieutenant Pochat est grièvement blessé, tous ses hommes tués ou blessés. La 2e compagnie est entièrement anéantie, tout l'effectif hors de combat ou fait prisonnier.
La 1ère compagnie recule pied à pied et n'a plus ni grenades, ni munitions de mitrailleuses. Les mortiers de la CA n'ont plus d'obus. La plupart des pièces sont d'ailleurs brisées ou perdues. On se bat au corps à corps dans les rues, à l'intérieur de la plupart des points d'appui.
C'est l'agonie du BM 24 (…) Des larmes de rage aux yeux, la gorge serrée, le commandant Coffinier a donné les ordres suprêmes : les véhicules, les appareils de radio, les armes lourdes, mortiers, mitrailleuses, sont successivement détruits, livrés aux flammes.
A 21 h, tout espoir est perdu. C'est la fin. Le commandant Coffinier, pour ne pas sacrifier inutilement des vies précieuses, donne l'ordre aux derniers survivants de déposer les armes (…) Plus de 60 tués, près de 200 blessés graves, autant de disparus attestent une admirable résistance (…) Certains groupes isolés refusent de jeter les armes (…) L'ennemi, toute la nuit, s'emploiera à réduire, un par un, ces îlots de résistance (…) Les héroïques habitants d'Obenheim restés dans le village cacheront quelques uns (des soldats) (une trentaine) au plus profond de leurs caves, afin de les soustraire à la capture (…) Ils les garderont ainsi pendant quelques jours, alors que le village sera étroitement occupé par les soldats allemands.
C'est le 11 janvier, à 11 h du matin, que tout est fini et que le BM 24 est vraiment mort (…) A 11 h 05, c'est le silence. Le BM 24 a vécu. Seuls, le lieutenant Vaillant (un Alsacien servant sous un faux nom) et une dizaine d'hommes réussiront à s'échapper d'Obenheim et, le 12, rejoindront les lignes françaises. Ce succès n'apporte aucun avantage à l'ennemi. Certes il a détruit un bataillon français, mais il a lui-même perdu les trois-quarts d'une compagnie de S et toutes les unités d'infanterie de panzer engagées ont, de leur côté, perdu 40 % de leurs effectifs...»
Selon le site de la 1ère DFL, le bataillon aurait perdu une centaine de tués. Le SHD recense 163 morts et disparus, mais tous n'appartenaient pas au BM 24 (certains au bataillon de commandement n°4). Parmi eux, des soldats qui n'avaient pas 18 ans comme l'Ardennais Bernard Modaine, disparu, n'aurait que 15 ans et deux mois, le Lyonnais Pierre Rouchais, disparu, 15 ans et demi, Claude Croizay, 16 ans et demi, les Ardennais Robert Colombe et Eugène Derkacz, 17 ans, Nicolas Lefevre, 17 ans et demi, Henri Martin, 17 ans...
mercredi 5 novembre 2014
Le 5e régiment d'infanterie sur le front des Vosges
Le 5e régiment d'infanterie, cantonné à Saint-Etienne (Loire) jusqu'en 1942, renaît le 10 décembre 1944 à partir de la 5e demi-brigade d'infanterie, dans le cadre de la 10e division d'infanterie. A sa création, il compte 125 officiers, 515 sous-officiers et 2 860 hommes de troupe. Il est confié au lieutenant-colonel Joseph Emblanc, 47 ans, ancien légionnaire ayant servi comme officier durant la Première Guerre mondiale.
Cinq bataillons mis sur pied en région parisienne à la Libération serviront à sa création.
Le bataillon 2/22 avait reçu cinq compagnies d'une «brigade blindée n°16» issue des groupes Foch et Lyautey. Il formera les unités régimentaires.
Le bataillon 3/22, selon des précisions apportées par Jean Vantin, alors âgé de 17 ans, a été formé au Fort-Neuf de Vincennes en septembre 1944, sous les ordres du lieutenant-colonel Prosper Boche, alias Rouger. Avant le 21 septembre 1944, il portait le nom de bataillon Médéric (issu du mouvement Ceux de la Libération Vengeance), et comptait 803 hommes. Sa compagnie de commandement est aux ordres du capitaine Le Picard. Les engagés sont formés à Souppes-sur-Loing (Seine-et-Marne), puis transférés fin octobre 1944 à Egreville, dans le même département. L'unité devient I/5e RI le 10 décembre 1944.
Le bataillon V/22 est versé, pour partie au II/5e RI, pour partie au III/5e.
Le bataillon XIII/22 est versé au III/5e.
Quant au bataillon XXIV/22, il rejoint également le II/5e. Il est issu du bataillon Roger, du groupement du XVe arrondissement et d'une compagnie du bataillon Pierre-Semard. Ce dernier est le bataillon dit des Cheminots, composé d'employés SNCF de Vitry-sur-Seine et, plus largement, de la région parisienne. Les capitaines Berry et Imbert servaient dans ses rangs.
Le bataillon 2/22 avait reçu cinq compagnies d'une «brigade blindée n°16» issue des groupes Foch et Lyautey. Il formera les unités régimentaires.
Le bataillon 3/22, selon des précisions apportées par Jean Vantin, alors âgé de 17 ans, a été formé au Fort-Neuf de Vincennes en septembre 1944, sous les ordres du lieutenant-colonel Prosper Boche, alias Rouger. Avant le 21 septembre 1944, il portait le nom de bataillon Médéric (issu du mouvement Ceux de la Libération Vengeance), et comptait 803 hommes. Sa compagnie de commandement est aux ordres du capitaine Le Picard. Les engagés sont formés à Souppes-sur-Loing (Seine-et-Marne), puis transférés fin octobre 1944 à Egreville, dans le même département. L'unité devient I/5e RI le 10 décembre 1944.
Le bataillon V/22 est versé, pour partie au II/5e RI, pour partie au III/5e.
Le bataillon XIII/22 est versé au III/5e.
Quant au bataillon XXIV/22, il rejoint également le II/5e. Il est issu du bataillon Roger, du groupement du XVe arrondissement et d'une compagnie du bataillon Pierre-Semard. Ce dernier est le bataillon dit des Cheminots, composé d'employés SNCF de Vitry-sur-Seine et, plus largement, de la région parisienne. Les capitaines Berry et Imbert servaient dans ses rangs.
Ainsi organisé, le 5e RI compte, parmi ses officiers supérieurs, le lieutenant-colonel Huchet (ou Hucher), chef du I/5e, le commandant Marie Devillars, chef du II/5e, et le commandant Carlot, chef du III/5e.
Le 18 décembre 1944, le I/5e RI, dont la compagnie d'accompagnement est commandée par le capitaine Robert Thominet (du journal L'Equipe), défile devant le général de Gaulle à Nemours, est cantonné à la caserne Dupleix à Paris, avant de partir le 26 décembre pour Avillers-les-Forges, dans les Ardennes. En effet, le régiment, moins le 3e bataillon, appartient, du 22 décembre 1944 au 6 janvier 1945, au Groupement de sécurité du Nord-Est (GSNE), mis sur pied après l'offensive allemande en Belgique.
Le régiment n'y reste pas longtemps. Le 5e RI, affecté à la 1ère armée française, arrive à Saint-Nabord (Vosges) le soir du 6 janvier 1945 et le lendemain matin. Le 8 janvier, le III/5e et les unités régimentaires font à leur tour mouvement depuis Paris. Le régiment va rejoindre le sous-secteur Nord (Gérardmer) du secteur des Vosges. Jean Vantin témoigne : « Le PC du (1er) bataillon était en partie à Gérardmer et au Parigoutte sur le lac de Longemer. La 2e compagnie se trouvait au Collet, la 1ère à la ferme de Balveurche, la 3e au Grand Valtin. Notre unité était la dernière en liaison avec le 21e corps d'armée américain ».
Le 5e RI subit, le 14 janvier 1945, ses premières pertes par des tirs de mortiers. Il s'agit de deux sous-officiers (dont un sergent nommé Viebranet) et le soldat Jean-Baptiste Antonini, 17 ans.
Le 22, le sergent Henri Parent, du II/5e, est tué à la ferme Schaffert, près de Wildenstein, par balle.
Le 25, Roger Lebonnois meurt à Remiremont des suites de blessures.
Le 27, Raymond Milon et Marcel Leclerc décèdent à Gérardmer.
Le 29, Louis Martin meurt au Chitelet des suites de blessures.
Le 30, André Feugueur tombe au col des Trois-Places (sic), par éclats de mine.
Le 31, le chef de bataillon Carlot, commandant le III/5e, se blesse accidentellement avec son pistolet-mitrailleur.
C'est le 2 février 1945, à Wildenstein, que le 5e RI déplore ses pertes les plus importantes. Meurent, ce jour-là, Bruno Baro, Raymond Damour (par une grenade), René L'Hostis, 17 ans (par éclats d'obus), Robert Mahieu, Armand Meritet, Robert Remigereau et Albert Robineau (tous par balles), ainsi que Roger Daoulas, au Chitelet, par balle explosive. Le lendemain, Francis Auffray, 17 ans, est victime, à Wildenstein, d'un tir de mortiers, et René Gautier décède à Gérardmer des suites de blessures, Le 4 février, le régiment va de l'avant. Le III/5e atteint Mittlach, dans la vallée de Munster. Le lendemain, la 11e compagnie atteint Metzeral, arrive à Munster à 10 h 30 où le régiment réalise une jonction avec le 9e régiment de zouaves, et à Gunsbach, où il tend la main aux Américains. Ce jour-là, Pierre Lefebvre décède à Gérardmer des suites de blessures. A notre connaissance, au moins 18 fantassins de l'ex-régiment de Navarre ont donc trouvé la mort sur le front des Vosges. Un front qu'il va quitter dès le 10 février, pour les Deux-Sèvres, afin de servir dans le secteur de l'Atlantique.
Le 5e RI subit, le 14 janvier 1945, ses premières pertes par des tirs de mortiers. Il s'agit de deux sous-officiers (dont un sergent nommé Viebranet) et le soldat Jean-Baptiste Antonini, 17 ans.
Le 22, le sergent Henri Parent, du II/5e, est tué à la ferme Schaffert, près de Wildenstein, par balle.
Le 25, Roger Lebonnois meurt à Remiremont des suites de blessures.
Le 27, Raymond Milon et Marcel Leclerc décèdent à Gérardmer.
Le 29, Louis Martin meurt au Chitelet des suites de blessures.
Le 30, André Feugueur tombe au col des Trois-Places (sic), par éclats de mine.
Le 31, le chef de bataillon Carlot, commandant le III/5e, se blesse accidentellement avec son pistolet-mitrailleur.
C'est le 2 février 1945, à Wildenstein, que le 5e RI déplore ses pertes les plus importantes. Meurent, ce jour-là, Bruno Baro, Raymond Damour (par une grenade), René L'Hostis, 17 ans (par éclats d'obus), Robert Mahieu, Armand Meritet, Robert Remigereau et Albert Robineau (tous par balles), ainsi que Roger Daoulas, au Chitelet, par balle explosive. Le lendemain, Francis Auffray, 17 ans, est victime, à Wildenstein, d'un tir de mortiers, et René Gautier décède à Gérardmer des suites de blessures, Le 4 février, le régiment va de l'avant. Le III/5e atteint Mittlach, dans la vallée de Munster. Le lendemain, la 11e compagnie atteint Metzeral, arrive à Munster à 10 h 30 où le régiment réalise une jonction avec le 9e régiment de zouaves, et à Gunsbach, où il tend la main aux Américains. Ce jour-là, Pierre Lefebvre décède à Gérardmer des suites de blessures. A notre connaissance, au moins 18 fantassins de l'ex-régiment de Navarre ont donc trouvé la mort sur le front des Vosges. Un front qu'il va quitter dès le 10 février, pour les Deux-Sèvres, afin de servir dans le secteur de l'Atlantique.
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