samedi 19 juillet 2014

Le Bataillon de la Meuse

Parmi les nombreuses formations FFI incorporées dans ce qu'on appelle communément la colonne Fabien (groupement parisien commandé par le colonel Pierre Georges, alias «Fabien»), figure une unité FTPF meusienne. Appelée Bataillon de la Meuse ou Bataillon Freddy (du nom d'un officier FTPF tombé durant la libération), cette unité réunit environ 500 hommes qui se sont rassemblés, début septembre 1944, à Saint-Mihiel, Montmédy ou Merville. Dans leur très grande majorité, ils sont Russes, Yougoslaves et Polonais. D'ailleurs, leur chef, le commandant Victor Bardach, alias «Gérard», est un Polonais membre du mouvement Main d'oeuvre immigrée (MOI). Les informations relatives à la courte histoire de ce bataillon nous sont essentiellement connues grâce à l'ouvrage de Claude Collin sur les FTPF meusiens.
L'unité est employée, en septembre 1944, dans le secteur de la Moselle, notamment près de Silvange, aux côtés des fantassins américains. Elle perd notamment, le 27 septembre 1944, deux sergents, Abel Terrier, 21 ans, tué à Silvange, et le très jeune Meusien (originaire de Souilly) Louis Legardeur, 17 ans et demi, à Bertrange. Le 30 septembre, le Bataillon de la Meuse est incorporé dans le 1er régiment de marche de Paris du Groupement tactique de Lorraine, nouveau nom de la colonne Fabien, qui deviendra plus tard 151e régiment d'infanterie.
Durant la campagne 44-45, près d'une quinzaine de soldats du 15-1 natifs de la Meuse trouveront la mort au combat. La plupart, lors du passage du Rhin le 31 mars 1945 : Félicien Barat, de Romagne-sous-Montfaucon ; Michel Bigorgne, d'Ancemont ; André Leblanc et Raymond Moulut, de Récourt-le-Creux ; Camille Lorant, de Chattancourt ; Raymond Ruquin, d'Haudainville ; Santo Zagni, de Belleville... Mais aussi Gilbert Durville, d'Etain, tué le 12 janvier 1945, en forêt de la Harth ; Marcel Lomel, de Commercy, décédé le 10 février 1945 à Mulhouse, des suites de blessures ; Albert Oudin, de Dieue, tombé le 2 avril, à Gemersheim ; Louis Person, de Vadelaincourt, mort le 1er avril, des suites de blessures ; Jean Pierrot, de Stenay, tombé le 8 avril ; Marcel Povillon, d'Aubréville, mort le 30 décembre à Mulhouse des suites de blessures ; Marcel Wittmann, d'Haudainville, tué le 2 avril à Karlsdorf...

samedi 5 avril 2014

Le Bataillon Janson-de-Sailly

Des hommes de la 1ère compagnie à Masevaux. (Source : journal Rhin et Danube).



    Bataillon Janson-de-Sailly. C'est ainsi que le général de Lattre appelait cette unité, à l'origine 1er bataillon du 1er régiment de marche d'infanterie portée de Paris. Mis sur pied à partir de la fin août 1944 dans les locaux du célèbre lycée parisien, ce régiment réunissait tout à la fois des élèves et des étudiants, des volontaires du groupement du XVIe arrondissement de la Croix-Rouge, des militaires de carrière, « des ouvriers des banlieues Ouest de Paris, artisans de Belleville et de Ménilmontant et même des volontaires étrangers » (témoignage de Jacques Malézieux-Dehon, dans un article paru dans le journal Rhin et Danube).

    Le bataillon dont le commandant (puis lieutenant-colonel) Guy de Fenoyl de Gayardon a pris le commandement était constitué de six compagnies de 90 hommes. Son organisation était notamment la suivante :
Chef de bataillon : commandant Jean Berger puis commandant de Gayardon. 
1ère compagnie : capitaine André Rigoine de Fougerolles. 
3e compagnie : capitaine de Montenon puis capitaine Jacques Daguet. 
4e compagnie : capitaine Adrien Juhel. 
6e compagnie : capitaine Jean-Baptiste (dit Rémi) Jouandet puis capitaine Bataille.

    Les conditions du départ de Paris du bataillon, le 25 septembre 1944, sont entrées dans la légende. Le sergent-chef Jacques Malézieux-Dehon raconte ainsi le célèbre épisode : « La Garnison de Paris désigna le bataillon pour des services de garde qui rapidement prirent une ampleur inquiétante. Devant le risque d'affectation définitive de celui-ci à Paris, et les rumeurs de dissolution et répartition dans les unités FFI de la région parisienne, les officiers supérieurs du bataillon prirent la décision de passer à l'action. » Deux officiers, les capitaines André Brassens et André Rigoine de Fougerolles, parviennent à trouver une voiture et à se rendre clandestinement jusqu'à l'état-major du général de Lattre. Lequel donne son accord pour que le bataillon lui soit affecté. A une condition : que son transport se fasse « par ses propres moyens dans les cinq jours ». Itinéraire : 350 km « sans aucune aide officielle, avec 600 hommes, alors qu'il n'y avait pas de chemin de fer et un peu partout des ponts coupés... » 
    Au soir du 25 septembre 1944, dans la nuit, « sous la pluie battante » et dans le plus grand secret, le bataillon Gayardon embarque près du Trocadéro, « dans un convoi formé de voitures disparates, camions gazogène, diesel, voitures particulières ». Via Troyes, Colombey-les-Deux-Eglises et Langres, les volontaires parviennent à Gray (Haute-Saône), où ils sont présentés au général de Lattre. Pendant ce temps, c'est la stupeur à Paris : un bataillon a « déserté ». Il ne sera pas le seul : un deuxième contingent de 400 ou 450 hommes suivra le même chemin, pour compléter les effectifs du premier. Le bataillon est instruit au camp de Valdahon à peine évacué par les Allemands, sous la houlette du commandant Alfred Quinche. 

    Après une visite le 13 novembre 1944 par le général de Gaulle et Winston Churchill, le bataillon quitte le camp le 22 novembre 1944 pour le Territoire de Belfort, par Sochaux et Vescemont. Il est affecté à la Brigade de choc qui opère avec le 2e corps du général de Monsabert. Celui-ci, après la prise de Grosmagny, avait lancé son attaque sur l'axe Grosmagny – Rougemont – Lauw - Aspach-le-Haut. Masevaux est sur ce chemin. Traversée par la Doller, c'est une petite ville, une des premières du département du Haut-Rhin, sur la route de Thann que vise le général de Monsabert. Le Groupe des commandos de France y pénètre et se heurte à une solide résistance.

25 novembre 1944
    Les Parisiens commencent leur mouvement, marchant par Grosmagny, Etueffont, le hameau de Stoecken, puis entrant en Alsace. La nuit est passée dans l'usine de tissage Isidore André. Le "bataillon Janson-de-Sailly" est ainsi organisé : 1ère compagnie, capitaine A. de Fougerolles ; 2e, capitaine Raymond Manil de Hinzelin ; 3e, capitaine J. Daguet ; 4e, capitaine A. Juhel ; compagnie d'accompagnement (CA), capitaine André Brassens ; compagnie de commandement, capitaine J.-B. Jouandet.

26 novembre 1944
    C'est le baptême du feu. Au matin, les hommes du lieutenant-colonel de Gayardon ont reçu l'ordre de franchir la Doller, en crue, pour occuper la partie Nord de la ville – où les éléments des Commandos de France ont pu s'accrocher - et les débouchés de la route Joffre en direction de Thann. Voilà les Parisiens qui s'infiltrent dans la cité. « La 3e compagnie [...] pénètre dans l'est de la ville, raconte le sergent-chef Jacques Malézieux-Dehon. Elle rencontre peu de difficultés jusqu'à la place des Alliés. Mais au moment où elle passe devant la mairie et s'apprête à franchir la Doller sur le pont effondré, une arme automatique se dévoile à l'angle de la rue du Maréchal-Foch. La progression continue difficilement, jusqu'au moment où une mitrailleuse ennemie, installée près de la gare, lui interdit d'avancer. » Dans un hangar, un obus de mortier explose au milieu d'un groupe, blessant douze hommes dont le sergent Philippe Paget, 21 ans, et Régis Pérouse de Montclos, 21 ans, tous deux mortellement. D'autres volontaires tombent : le caporal chef Félix Bautier, 45 ans, décédé un mois plus tard à l'hôpital, et Lucien Gonthier, 22 ans, blessés à mort, le caporal Philippe Thorel, 21 ans, et le chasseur Gilbert Bouillet, 19 ans, tués près de l'église. A la 1ère compagnie, Jehan Bansillon, 20 ans, Geoffroy Larcher, 21 ans, Yves Parlange, 30 ans, Patrice Wacrenier, 17 ans, François Leiris, 20 ans, sont tués. « Les Allemands tirent sur nos secouristes et brancardiers malgré leurs casques avec croix rouge et leurs civières » (Bernard Laroche*). La 1ère compagnie étant bloquée, les 2e et 4e reprennent sa mission à leur compte. Des éléments de la «2» franchissent la Doller par le pont Ouest, mais à la «4», «les capitaines Juhel et Manil sont blessés par le même obus» (caporal Pierre Belleville*). Le lieutenant Schoumacher prend le commandement de la compagnie, dont un chef de section, l'adjudant-chef Hamed Ben Ali, a été 
mortellement atteint. Mais les Français sont solidement installés dans Masevaux.

27 novembre 1944
    Le nettoyage de Masevaux se poursuit. Au petit jour, la 4e compagnie du Bataillon Janson-de-Sailly lance une attaque sur la voie ferrée au nord pour dégager la route de Bourbach. Elle s'élance après une courte préparation d'artillerie. La voie est atteinte, franchie même, mais des armes automatiques se dévoilent, et l'attaque est arrêtée. L'aspirant Gérard a été blessé, de même que le lieutenant-colonel de Gayardon, atteint de cinq éclats par un obus qui a touché également le capitaine Jouandet. Non évacué, ce dernier va prendre le commandement de la 2e compagnie et sera à nouveau blessé le 29...

29 novembre 1944
    Pour le bataillon parisien, c'est la fin des combats pour Masevaux. Si le général de Lattre parle dans son Histoire de la Première française de 27 tués pour le bataillon, l'ouvrage consacré au 2e choc avance le chiffre de 45 morts...

2 décembre 1944
    Après deux jours de repos, le Bataillon Janson-de-Sailly désormais placé sous les ordres du commandant Jean Berger reprend la progression sur l'axe Masevaux – Bitschwiller - Thann par le col du Hundsruck et la Route Joffre. La 4e compagnie doit relever deux compagnies du Bataillon de choc Bayard qui sont censées occuper « le terrain compris entre la cote 757 et le chemin menant à Weiler, à 400 m en contrebas ». Mais ce n'est pas le cas, selon les vétérans du bataillon. Une attaque de la cote 757 est donc décidée, et exécutée, au prix notamment de la mort du capitaine Jean Ferry, du "3e bataillon de choc Bayard". 

6 décembre 1944
    Le Bataillon Janson-de-Sailly est relevé. Durant la première semaine de décembre 1944, il a également déploré la mort de Pierre Cayol, 23 ans, Pierre Durand, 20 ans, Jean Frenois, 20 ans, Jean Fromentot, tireur FM de 20 ans, Patrick Hussenot-Desenonges, Olivier de Lalande, 20 ans, Jean Letellier, 18 ans, Narciso Mirannati, 18 ans, Jean Schillio, 19 ans... La plupart sont décédés à Giromagny et Belfort, des suites de leurs blessures (peut-être reçues à Masevaux). Le lieutenant d'Harambure, commandant la CA, a été blessé. 

    Puis le bataillon gagne Montbéliard où, le 5 janvier 1945, il devient 2e bataillon de choc, avec le renfort de volontaires du Loiret. Le 23 janvier 1945, intégré au sein du 2e groupement de choc du commandant Quinche, le 2e bataillon de choc attaque la cité de Richwiller, près de Mulhouse, où deux jours de combats lui coûtent à nouveau onze tués et 70 blessés et gelés. Il entre en Allemagne le 4 avril 1945 et sera, à la date du 8 mai 1945, sur le lac de Constance. 

* Plus de renseignements sur le parcours de cette unité, lire avec profit : BECHAUX (Antoine), LAFUMA (Michel), Le 2e choc. Bataillon Janson-de-Sailly. 1944-1945, éditions France-Empire, 1988. 

vendredi 10 mai 2013

Chefs de corps à moins de 30 ans

En 1944-45, jamais, depuis la Révolution, autant d'unités de l'armée française n'avaient été confiées à des officiers aussi jeunes. Des hommes dont certains ne bénéficiaient d'aucune formation militaire ont été amenés à prendre d'importantes responsabilités, non seulement dans la Résistance, mais aussi dans les unités issues des maquis, puis dans celles qui ont été intégrées dans l'armée « régulière ». Ainsi, au moins trois régiments d'infanterie métropolitaine étaient commandés, au moment de la capitulation nazie, par de jeunes chefs de corps venus de la Résistance. C'est le cas du 50e régiment d'infanterie (RI), engagé dans les combats de Royan et de l'île d'Oléron, dont le lieutenant-colonel, Rodolphe Cézard, alias « Rac », n'était âgé que de 28 ans, et n'était, quatre ans plus tôt, que lieutenant d'artillerie. C'est le cas aussi du 126e RI du colonel Louis Godefroy, Compagnon de la Libération de 33 ans, qui n'était même pas sous-officier en 1940 ! C'est le cas encore du 8e RI (ex-2e régiment d'infanterie du Lot puis 154e régiment du génie), qui avait pour lieutenant-colonel Robert Noireau, dit « Georges », 32 ans, lui aussi futur Compagnon de la Libération, et seulement travailleur militaire en 1940. Dans les unités FFI, il y eut des officiers supérieurs particulièrement jeunes. Qu'il suffise de citer l'exemple du 1er régiment du Morvan dont deux des quatre chefs de bataillons avaient tout juste 20 ans : Jean Chapelle, alias « Verneuil », et Roland Champenier (tué sur le front en novembre 1944) ! Et au sein de la 6e brigade (FTP) de Dordogne, un régiment était confié à un commandant de 24 ans, René Coustellier, alias « Soleil », qui, à la fin de la guerre, sera à la tête du 3e bataillon du 108e RI, et dont un bataillon avait pour chef un capitaine de 17 ans, son beau-frère René Dessalien, alias « Rase-Motte » ! Il va sans dire qu'aucun de ces officiers ne justifiait d'une expérience militaire ! Ce qui n'est pas le cas du commandant Roland Clée, alias « Roland », 24 ans, chef d'un bataillon FFI de Dordogne puis du 2e bataillon du 50e RI, qui paraît avoir été officier d'active. D'un autre officier supérieur de ce régiment, le commandant René Tallet, dit « Violette », 25 ans, qui était pilote dans l'armée de l'air. Du commandant Raymond Belmont, dit « Martin », 26 ans, sous-lieutenant en 1940, chef du 2e bataillon du 13e RI. Ou du lieutenant-colonel Jean-Pierre de Lassus-Saint-Geniès, 30 ans, Saint-Cyrien, officier en 1940, chef de la 2e demi-brigade alpine puis, semble-t-il, devenu chef de bataillon au 159e RIA. Toutefois, d'autres officiers supérieurs ne resteront pas longtemps à la tête d'une unité, notamment au sein de la 1ère armée française. Ainsi, lui-même successeur de l'illustre colonel « Fabien » (Pierre Georges), tué à l'âge de 25 ans en Alsace, le colonel Claude Jaeger, dit « Michelin », 27 ans, ne restera que quelques semaines chef de corps du 151e RI issu de la 1ère brigade de Paris, avant de céder le commandement à un officier d'active, le lieutenant-colonel Paul Gandoët. Officier de 35 ans, le colonel Gilbert de Chambrun, alias « Carel », ne conservera pas non plus le commandement du 81e RI, confié au lieutenant-colonel Gauvin venu de la 9e DIC. Même dans l'intérieur, le chef de bataillon Frédéric Remélius, dit « Noël », 32 ans, laissera, en janvier 1945, le 3e bataillon du 26e RI (futur I/150e RI) à un officier d'active, le commandant Blangenois. A noter que la 27e division alpine paraît être la grande unité issue de la Résistance dont les chefs de corps étaient les plus jeunes. Parmi ses six bataillons de chasseurs alpins (BCA), le chef de bataillon Roland Costa de Beauregard, dit « Durieu », commandant le bataillon Vercors puis le 6e BCA, futur général, n'avait que 31 ans ; le chef de bataillon Yves Godard, du 27e BCA, 32 ans ; les chefs de bataillon Georges Héritier, commandant le bataillon Savoie puis le 13e BCA, futur général lui aussi, et Lecoanet (15e BCA), 34 ans... Parmi d'autres jeunes officiers supérieurs, signalons, parmi les volontaires de l'ex-Région 3, les commandants Bernard Bonnafous, dit « Richard », 26 ans, adjoint au chef de corps de la Brigade légère du Languedoc, et Michel Bruguier, dit « Audibert », 23 ans, chef du Bataillon du Gard.

dimanche 27 janvier 2013

Le 146e régiment d'infanterie, l'un des premiers en Allemagne

Avant le passage de la Lauter à Scheibenhard par la 3e division d'infanterie algérienne, le 19 mars 1945, avant le franchissement du Rhin par la 1ère armée française à partir du 31 mars, c'est une unité d'origine FFI qui a fait son entrée en Allemagne : le 2e bataillon du 146e régiment d'infanterie.
Ce bataillon a été officiellement créé le 1er février 1945 à Metz par changement de dénomination d'un bataillon de meurthe-et-mosellans : le 2e bataillon du 151e RI (ex-bataillon de marche II/20). Ce dernier était aux ordres d'un jeune chef de bataillon FTP, Stenger, alias « Richard », et il réunissait des hommes des compagnies Savoie, Bretagne, Franche-Comté, Moselle et Bataille-de-Paris, unités FTP de la région nancéenne. Mis à disposition du commandant Marque, vétéran de la Campagne de France, le II/146e, confié au commandant Martin, a été amené à appuyer l'armée américaine lors des opérations de libération de Forbach (le 5 mars).
Selon le Service historique de la Défense, le bataillon, mis à la disposition de la 70e DIUS, opère dans le bassin charbonnier de Lorraine, occupant Stiring-Wendel, Glushutte et Petite-Rosselle. Entre le 26 février et le 9 mars 1945, le II/146e a déploré la mort de six fantassins et la blessure de 25 autres (dont le lieutenant Robert Schneider et le sous-lieutenant Raymond Christ), tandis qu'un homme est porté disparu. Le 14 mars, une patrouille de la 8e compagnie (capitaine Lascombe) entre en Allemagne, puis le bataillon se porte sur Sarrebrück. Le 26 mars, un détachement fait flotter le drapeau français sur les bords du Rhin, à Mayence. Quelques semaines plus tard, le régiment, commandé par le lieutenant-colonel Barthelet, franchira le fleuve. A la capitulation allemande, il sera dans la région de Bad Durkheim.
Le ministère de la Défense conserve la trace de dix victimes du régiment, dont huit âgés de moins de 22 ans : Assel Adolphe, né en 1922 à Algrange, tué à Maizières-lès-Metz le 6 mars par une mine allemande ; Baudoin Roger (6e compagnie du capitaine Gigleux), né en 1927 à Nancy, tué à Forbach le 26 février ; Bodey Bernard, né en 1927 à Nancy, et Bontemps Raymond, né en 1926 à Nancy, tués à la verrerie Sainte-Sophie à Forbach le 3 mars par obus ; Hopfner François, né en 1923 en Moselle, et Pierrot Albert, né en 1923 en Moselle, tués le 1er mars à Fleury par mine ; Malaise Aimé, né en 1928 dans les Vosges, tué le 9 avril à Furstenhausen (Allemagne) par balle ; Mellet René, né en 1921 à La Roche-sur-Yon, mort le 5 mars à Stiring-Wendel par obus ; Schmitjes Jean, né en 1923 à Turcquegnieux, mort le même jour par obus ; et Zorzi Edmond (5e compagnie du capitaine Mathieu), né en 1923 en Moselle, tué par balle le 4 mars à Stiring-Wendel.

jeudi 25 octobre 2012

Un père et un fils, dragons FFI, tombent le même jour dans les Vosges

Le 8e régiment de dragons FFI a été reconstitué dès juin 1944, dans le maquis du Cantal, par le chef d'escadrons Merlat, formant la colonne rapide 5 des FFI d'Auvergne. Ayant fait mouvement vers la Bourgogne, il a pris part aux combats d'Autun (Saône-et-Loire) aux côtés du 2e dragons de l'armée De Lattre, régiment avec lequel il sera ensuite engagé dans les Vosges.

Au 8 octobre  1944, le 8e dragons appartient au groupement Bonjour, avec le 1er bataillon du Régiment de Franche-Comté. Il se battra au Val-d'Ajol, à Contrexard, Trougemont, Planois, La Bresse. Ses pertes seront particulièrement lourdes. Le 9, Pierre Pegon meurt à Rupt-sur-Moselle, et Henri Thomas, 24 ans, de Brioude, est tué par éclat d'obus à Vagney. Le 11, Lucien Fournes, né en 1916 dans le Tarn, meurt des suites de blessures à Rupt-sur-Moselle, Martin Lavric, Yougoslave de 24 ans, et Honoré Maillebuau, Castrais de 19 ans, sont tués par éclat d'obus à Planois (Georges Lannes est blessé) ; le même jour, à Basse-sur-le-Rupt, Jean Baudier, 22 ans, est tué par balle, et Maxime Boudet, Cantalou de 21 ans, par éclat d'obus. Le 16, André Combes, né en 1927 dans le Tarn, est tué à Cornimont. Le 24, Edgar Michel, 34 ans, d'Etupes, est tué à Basse-sous-le-Rupt par éclat d'obus, et Paul Chauvet meurt au même endroit. Le 26, Fernand Saucet, Landais de 21 ans, est tué au Syndicat par éclat d'obus. Le même jour, le commandant Jean Saucet, 44 ans, est tué par éclat d'obus à Trougemont. Le premier était le fils du second : ils ont été tués dans une usine, Jean touché au cou, Fernand ayant la jambe déchiquetée.

Saucet père et fils (un frère de Fernand s'était également engagé), ainsi que les volontaires tarnais cités plus haut, appartenaient au 8e dragons. Ils venaient initialement du 3e dragons FFI de Castres, également engagé dans cette région vosgienne. En effet, le 9 septembre 1944, le commandant Saucet avait réuni 200 hommes dans la sous-préfecture du Tarn, formant un groupe d'escadrons. Lequel, ensuite confié au commandant Joube, sera bientôt versé, début novembre, dans les artilleries divisionnaires de la 5e DB et de la 3e DIA, notamment au 62e régiment d'artillerie d'Afrique et au 4e régiment d'artillerie. Quant au 8e dragons, après ces combats, il rejoint le camp du Valdahon, où son 1er escadron est formé par un escadron du Corps-franc de la Montagne-Noire (Aude) commandé par le capitaine Jouan de Kervanoael, escadron qui avait repris les traditions du 2e lanciers.

samedi 8 septembre 2012

Un site Internet consacré à la Brigade légère du Languedoc

C'est un site Internet fort intéressant qui est consacré à la Brigade légère du Languedoc et au 80e régiment d'infanterie. Il est l'oeuvre de René Brugié, fils d'un ancien combattant de cette unité. Photos, extraits de journaux de marche, récits de témoins, etc. : cet outil est désormais incontournable pour connaître davantage cette unité FFI à laquelle nous nous sommes également intéressé sur ce blog. Son adresse : http://www.80ri.fr/104959762

mardi 28 août 2012

Les volontaires de Normandie


Les unités réunissant les volontaires de Normandie portent toutes l'appellation de bataillon de marche de Normandie (BMN). 
Le 1er, sous les ordres du commandant Robert Leblanc, est mis sur pied dans l'Eure, à partir du maquis Surcouf. Il présente les armes au général de Gaulle, le 8 octobre 1944, au Neubourg, et devient bataillon de sécurité I/3 en décembre 1944. L'unité fournit des renforts au 7e BMN. 
Le 2e, confié au commandant André Mazeline, organisé dans l'Orne, devient bataillon de sécurité II/3 en décembre 1944. 
Formé aux Andelys, le 3e (Eure), du commandant Fromager (futur chef de corps provisoire du 129e RI), devient bataillon de sécurité III/3. 
Les 1er, 2e et 3e BMN servent à recréer le 129e RI. 

Le 4e (Eure) est sous les ordres du commandant Marcel Baudot (ex-chef départemental FFI) puis du commandant Stouls. L'unité, formée à Evreux, est employée à la garde des installations militaires de la région. 
Le 5e (Seine-Maritime) est confié au commandant Michel Multrier, le 6e (même département) au commandant Caron. 
Les 4e, 5e et 6e BMN formeront le 39e RI (colonel Richard), créé le 16 mars 1945 à Dieppe. 

Enfin, le 7e (capitaine Filoque) est un peu mieux connu. Créé en septembre 1944 avec des FFI du pays de Caux, instruits à Motteville et Flamanville, il reçoit des éléments des 1er, 3e et 5e BMN, puis part en janvier 1945 pour la Franche-Comté. Là, ses hommes sont répartis entre les différents corps de la 9e division d'infanterie coloniale. Durant les combats d'Alsace, d'Allemagne et d'Indochine, 38 anciens du 7e BMN seront tués, 151 blessés.