mardi 8 novembre 2011

Les FFI dans l'offensive de l'armée de Lattre (1)

Le 14 novembre 1944, la 1ère Armée française lançait son offensive qui permettra, assez rapidement, de libérer les villes de Mulhouse, Montbéliard, Gerardmer, Belfort… Pour les unités FFI qui viennent de lui être rattachées, ce sera le réel baptême du feu. Il sera particulièrement meurtrier.
Cet article n’a d’autre ambition que de rendre hommage à ces volontaires, dont certains n’avaient que 16 ans, qui ont payé de leur sang cette victoire. Il se base sur nos recherches personnelles, complétées par les fiches des soldats morts pour la France consultables sur le site « Mémoire des hommes » (MdH) du ministère de la Défense.
Il s’arrête à la mi-décembre 1944, lorsque le front se stabilise, pour un mois, devant la Poche de Colmar, et ne tient pas compte des victimes qui, anciens FFI, servaient dans les unités dites régulières (9e division d’infanterie coloniale, 1ère division de marche d’infanterie, etc.)


15 novembre 1944: le Régiment de Bourgogne (commandant René Alizon, dit « Guy »), constitué de FFI de Côte-d’Or, subit de lourdes pertes en accompagnant la 2e division d’infanterie marocaine dans son attaque. Le 15, il perd notamment, dans le secteur entre Montenois et Sainte-Marie (Doubs), non loin de Montbéliard : le lieutenant André Radouan, né en 1919 à Til-Chatel (21), mort à Sainte-Marie ; Bernard Aubrun, né en 1928 à Vougeot (21), sur la route Montenois – Sainte-Marie ; Roger Blanc, né en 1921 en Isère, du 2e bataillon, sur cette route ; Charles Boley, né en 1923 en Haute-Saône, sur cette route ; Georges Chaudot, né en 1918 en Saône-et-Loire, à Sainte-Marie ; Fioravante De Battisti, né en 1925 en Côte-d’Or, et Robert Delcourt, né en 1923 dans l’Aube, sur cette route ; Albert Deschamps, né en 1926 en Côte-d’Or, à Montenois ; Paul Kosmideck, à Sainte-Marie ; René Lapierre, né en 1903 en Seine-et-Marne, à Sainte-Marie ; Jacques Laveau, né en 1928 à Chemilly ; Jean Ducornet, né en 1924 à Til-Chatel (21), à Sainte-Marie ; François Petit, né en 1919 en Côte-d’Or, à Sainte-Marie ; Jean Salin, né en 1923 en Côte-d’Or, à Sainte-Marie ; André Melh, né en 1927 à Dijon…
Au total, pour le seul mois de novembre 1944, « Mémoire des hommes » recense 51 victimes appartenant au Régiment de Bourgogne, parmi lesquels :
. le 16 novembre, à Onans (Doubs) : Pierre Balivet, né en 1922 à Dijon, 1er bataillon ; Adouma Diouf, né en 1914 au Sénégal, des suites de blessures ; Pierre Soria, né en 1925 en Côte-d’Or, par grenade ; Roger Rousselet, né en 1925 en Côte-d’Or, par balle ; à Villersexel, Guy Marchi, né en 1925 en Côte-d’Or…
. le 17 novembre : Alexis Baratin, né en 1922 à Soulou-la-Chapelle (21), tué à Levernois (par balles à la tête et à l’épaule droite)…
. le 18, à Chagey, Antoine Lloret Carrasco, né en 1924 en Espagne, et Gilbert Paquet, né en août 1928 à Dijon (donc âgé de 16 ans et trois mois), par balle ;
. le 19 novembre, au fort du Mont-Vaudois (commune d’Héricourt, Haute-Saône) : Louis Arnout, né à Hûmes (52) en 1923 ; Hubert Baudson, né en 1924 à Dijon ; Gabriel Millot, né en 1924 à Dijon ; René Sepot, né en 1925 en Côte-d’Or ;
. le 22, meurt à Besançon Louis Charpy, né en 1923 en Côte-d’Or ; le 24, à Danjoutin, Leonce Hebert, né en 1924 à Neuilly-sur-Marne, et à Besançon, des suites de blessures, Georges Jambon, né en 1923 en Côte-d’Or.

14 novembre : le 3e bataillon (commandant Cosson) du Régiment d’Auvergne appuie le 6e RIC lors de la conquête d’Ecot. Il déplore seize tués au cours de la journée. Une équipe de ravitaillement est capturée et ses hommes exécutés le 15 : le sergent-chef Martin (non identifié par MDH : ou alors il s'agit de Sotero Martin, né en 1917 en Espagne, du 2e bataillon (sic), le 15 à Villars-sur-Ecot) ; Faivre ; Georges Meyer, né en 1923 en Alsace (le 15 à Dambelin) ; Jean Coton, né en 1922 à Moulins (le 15 à Villars-sur-Ecot) ; Jan Wysocki, né en 1925 en Pologne (le 15 à Dambelin) ; le FFI François Boulon, né à Saint-Etienne en 1924 ( le 15 mai (sic) à Dambelin). Le 17, le 2e bataillon entre dans Voujeaucourt, et le 3e arrive le soir sur les hauteurs de Valentigney.
Les pertes du régiment durant ces opérations sont :
. le 14 novembre, Jean Cardon, né en 1906 en Haute-Saône, au sud d’Ecot ; Gilbert Cluzel, né en 1920 dans le Puy-de-Dôme, au sud d’Ecot ; Maurice Jans, né en 1920 à Paris, à Ecot par éclat d’obus ; Pierre Pelissier, né en 1923 à Moulins, par éclat d’obus ; Paul Philippe, né en 1925 à Paris, à Dambelin ; Robert Pinaud, né en 1922 à Bichy, à Ecot par éclat d’obus ; Edmond Romeuf, à Ecot par éclat d’obus ; Charles Dozières, né en 1920 à Ay (Marne), à Ecot d’une balle à la tête ; Joseph Paris, né en 1915 à Jussey, à Ecot par obus ; Antoine Rodier, né en 1922 à Toulon, par obus ; Jean Roussel, né en 1925 à Arcis-sur-Aube, à Ecot par éclat d’obus ;
. le 15 novembre, Raymond Dumont, né en 1922 en Haute-Saône, dans la forêt des Grands-Bois à Dambelin, d’une balle dans le dos ; Léon Moury, né en 1911 à Clermont-Ferrand, à Villars-sur-Ecot par balle ;
. le 16 novembre, Pierre Bouysse, né en 1924 dans le Cantal, des suites de blessures ;
. le 18 novembre, Jean Jarrige, né en 1922 à Clermont-Ferrand, à Pont-de-Roide de suites de blessures ; Louis Jarre, né en 1925 dans la Nièvre, à Dambelin ; Guy Luminet, né en octobre 1926 dans l’Allier, à Dambelin par une mine ; Ange Sisti, à Lomont par mine ;
. le 19, Jean Saby, né en 1921 dans la Loire, à Lomont par mine ;
. le 25, Eugène Sarron, né en 1914 au Valdahon, des suites de blessures…

17-22 novembre 1944 : appartenant au groupement Molle, le Commando de Cluny (commandant Bazot, dit « Laurent » ; FFI de Saône-et-Loire) libère Faymont le 17 ; le lendemain, il traverse Courmont, Belleverne, Etobon, Chenebier, et le 19, tandis que la 2e compagnie (lieutenant Prost) empêche le pont du canal, à Frahier, de sauter, la 4e compagnie s’empare du bassin-réservoir de la Lisaine (ainsi, selon une autre source, que du village d’Echevannes). Au 22 novembre, il a perdu 19 tués, dont Jean Boisseau, né en 1905 à Tournus, et Marcel Gaillot, né en 1921 à Worms, tués le 19 à Frahier : André Burtin, né en 1924 à Lyon, Jacques Charvet, né en 1924 à Simandre-les-Ormes, Antonio Gardin, né en 1926 à Montceau-les-Mines, tués le 18 à Chenebier…

18 novembre 1944 : le 3e bataillon du 1er Régiment de volontaires de l’Yonne (commandant Jacques Adam, dit « Roger ») attaque la forêt de Chérimont. La 8e compagnie (capitaines Poirier, dit « Jacques »), issue du maquis Henri-Bourgogne, entre dans Etobon, la 9e (lieutenant Mamirolle) est à Frédéric-Fontaine. Le 25, un bataillon du 1er RVY, accompagnant le 5e RTM, occupe Bourogne, Charmois et Echene-Autrage, puis le 26 Montreux-Château, et le 27 Chavanne-sur-Etangs.

19 ( ou 20 ?) novembre 1944 : le 2e escadron (capitaine Billet) du 1er groupe d’escadrons du Jura (ou 1er bataillon du 1er régiment de Franche-Comté, capitaine Pierre Patoor) entre dans Gerardmer (Vosges). Selon le général de Lattre, c’est le 20 que le 3e (sic) bataillon du 1er Régiment de Franche-Comté et le bataillon Marc de l’Aveyron (futur II/51e RI FFI) pénètrent dans la ville martyre avec le 2e RSAR.

20 novembre 1944 : rattaché au Groupe de commandos d’Afrique, le Groupe de commandos de Provence (commandant de Courson de Villeneuve ; FFI des Bouches-du-Rhône), prenant part aux opérations de la libération de Belfort, occupe le poste de Valdoie.
Le même jour, la section de l’adjudant Jeannot (Corps-franc Pommiès, commandant André Pommiès ; FFI de la Région 4), qui sera blessé le 21, est accrochée à Travexin : Jean Luquet (né en 1924 dans les Basses-Pyrénées) et Jean Counil (né en 1910 en Corrèze) sont tués.

21 novembre 1944 : le 2e escadron (capitaine Jury) du 11e cuirassiers (commandant Geyer, dit « Thivollet » ; FFI de l’Isère) perd trois tués entre Auxelles-Bas et Giromagny : Pierre Chevallard, né en 1913 dans la Loire, aumônier (mort le 22), le sous-lieutenant Charvier et le jeune Jean Neel, 16 ans (né à Bellegarde-en-Forez, mort le 20). Le 23, le capitaine Jury est blessé à Rougegoutte, et remplacé par le capitaine Lallemand.
Durant cette période, le 11e cuirs perd également : Raymond Baudoin, né en 1924 dans la Drôme (mort le 24 dans un hôpital de campagne, des suites de blessures), François Blanchin, né en 1924 dans la Loire (le 23, à Roye, par éclat d’obus), Paul Calandry (2e escadron), né en 1923 à Villeurbanne (le 22 à Vescemont), Robert Chaussedent (2e escadron), né en 1925 à Lyon (le 29, à Masevaux), Louis Delbos, né en 1923 à Vienne (le 22, à Rougegoutte, d’une balle à la tête), Luc Devillon, né en 1924 à Lyon (le 22, à Vescemont, par balle), Jacques de Leeuw, né en 1925 à Paris (le 29, à Giromagny, des suites de blessures), Raymond Razaire, né en 1924 à Oullins, dans le Rhône (le 23 à Boie (sic), par éclat d’obus), Georges Rouzaud, né en 1922 en Haute-Loire (le 22 à Rougegoutte, par balle), André Thieulle, né en 1921 à Laon (le 22 à Vesemont) et André Vincent, né en 1923 dans la Drôme (le 23 à Boie, par éclat d’obus).

Le même jour, la 3e compagnie (Navarro) du I/CFP arrache la dernière portion de Ramonchamp. Le 22, la 2e compagnie (capitaine Souchet) perd deux tués à La Chapelle, dont l’aspirant Jean Leclercq, né à Creil en 1919, tué par balle à La Fontaine du Haut-de-Grandmont, et sans doute Marcel Brandely, né en 1923 en Corrèze, du 2e bataillon, tué le 22 par balle à La Chapelle du Haut-de-Grandmont. Le 22, ou plutôt le 23, le bataillon du CFP attaque le Thillot. L’action lui coûte environ 40 tués, blessés ou disparus, dont Georges Domec (né en 1913 à Bagnières, il est tué par balle le 23 au Thillot). 

22 novembre 1944 : de violents combats dans le secteur de Travexin coûtent cinq tués au Corps-franc Pommiès : Pierre Bie, né en 1923 dans le Gers, Victor Guimbert, Robert Larrieu, né en 1926 à Pau, Jean Brouchin, né en 1920 à Dax, mort le 23, et Jean-Louis Taillefer, né à Pau en 1927, mort le 23 ; sept blessés et sept disparus.

23 novembre 1944 : le capitaine J. Figuères, commandant la compagnie Verdun, bataillon Strasbourg de la Brigade Alsace-Lorraine (colonel André Malraux, dit « Berger », et lieutenant-colonel Pierre Jacquot), est tué en Alsace. Les autres victimes de la brigade  durant ces opérations - marquées par sa participation, aux côtés de la 5e DB, à la prise de Dannemarie (26-27 novembre) - sont : l’adjudant Albert Boullenger, né en 1915 dans l’Eure, tué le 27 à Ballersdorf ; le sergent Lucien Brisbois, né en 1922 dans le Bas-Rhin, le 26 à Altkich ; René Cosse, né en 1926 en Dordogne, le 25 à Altkirch ; Ahmed Douida, né en 1925 en Moselle, le 27 par éclats d’obus ; Albert Essner, né en 1924 à Belfort, le 7 décembre à Besançon des suites de blessures ; le caporal-chef Raymond Hell, né en 1919 dans le Haut-Rhin, le 27 à Courtelevant-Dannemarie (par éclats d’obus) ; André Hivert, né en 1927 en Dordogne, le 26 à Ballersdorf ; Paul Knoerr, né en 1925 à Nancy, le 27 à Ballersdorf ; Augustin Morgenthaler, né en 1921 à Strasbourg, le 26 à Ballersdorf ; le lieutenant Julien Streiff, né en 1914 en Moselle, mort le 13 décembre à Obernai des suites de blessures. Parmi les autres tués de la brigade, entre le 23 et le 28 : le chasseur Henri Zundel, né en 1924 à Thann, le 26 dans le Haut-Rhin.

Dans la nuit, le Groupe de commandos Vigan-Braquet franchit la Savoureuse vers Dambenois (Territoire-de-Belfort). Une patrouille est accrochée et perd dix hommes (tués ou tués et blessés ?) (témoignage du sous-lieutenant Antoine Cadé). Parmi les victimes, Roger Dornier, né en 1919 à Tours, Marcel Langle, né en 1924, également en Indre-et-Loire, et Pierre-François Métivier. Tous paraissent être des anciens du Corps-franc d’Indre-et-Loire versé au groupe Vigan-Braquet.

24 novembre 1944 : le 1er régiment du Morvan subit de lourdes pertes lors de l’attaque, par le 1er bataillon, de la Grange du Harderet, à Château-Lambert, commune du Haut-du-Them (Haute-Saône). Les pertes sont lourdes : la 2e compagnie déplore dix tués, dont le lieutenant Claude Yver de la la Bruchollerie, né en 1917 à Paris, secrétaire-général de la préfecture de l’Yonne. Le révérend-père Jean-Pierre Klein, né en 1897 à Paris, aumônier de l’école polytechnique, trouve également la mort dans ce combat (en allant cherchant des blessés), et le médecin Pierre Scherrer est blessé. Le lendemain, le lieutenant-colonel Sadoul est grièvement touché dans une embuscade.
Le régiment perd également, ce 24 novembre : Gilbert Boite, né en 1926 à Nemours, tué à la Tête des Neuf-Bois à Servance (par mine en patrouille) ; André Cherbuy, né en 1921 à Auxerre, tué à Château-Lambert ; Serge Dufour, né en 1920 en Seine-et-Marne, tué à Servance ; André Guillard, né à Auxerre en 1925, mort en Haute-Saône (pas de régiment indiqué) ; Pierre Hissard, né en 1924 à Auxerre, tué à Château-Lambert ; Marcel Jolibois, né en 1921 dans l’Yonne, tué à Château-Lambert ; Jean Michault, né en 1923 dans l’Yonne, mort ce jour à Lure des suites de blessures ; Guy Pelletier, né en 1925 dans le Loiret, tué par balle à la Grande Goutte (pas de régiment indiqué).

Le même jour, le 152e RI (ex-régiment d’Auvergne depuis le 20 ou 21) opère aux abords de la centrale électrique de Seppois. Le lieutenant-colonel Erulin est blessé, il est remplacé par le commandant Mairal, et le capitaine Thebaut est blessé, le lieutenant Ravel lui succédant à la tête de la 3e compagnie.

Toujours le 24, la Brigade légère du Languedoc épaule le II/6e RIC lors du dégagement de la RD 24, entre Réchesy et Pfatterhouse.

25 novembre 1944 : Pierre Cazenavette, du 3e dragons, est tué (selon Mémoire des hommes, il appartenait plutôt au II/8e RTM, et il est tombé le 26 à La Chapelle), et le 1er décembre, le capitaine Poli (né en 1914 à Avignon, qui serait du 8e RTM également, tué le 1er à Sentheim par l’explosion d’une mine).

. La Brigade légère du Languedoc occupe Saint-Louis. Marceau Dubois, né en 1905 à Carcassonne, est tué.

. Au Groupe mobile d'Alsace (GMA), Pierre de Bazillac, né en 1920 en Seine-et-Oise, meurt le 25 novembre de suites de blessures, et Walter Roll, né en 1915 dans le Haut-Rhin, le même jour à Seppois-le-Bas.

26 novembre : l’attaque du CFP reprend et permet de libérer Le Thillot - Emile Michou, né en 1922 dans les Basses-Pyrénées, meurt le 22 au Thillot des suites de blessures - et Fresse.

26-28 novembre 1944 : débarqué le 25 à Vexemont, près de Belfort, le bataillon Janson de Sailly (futur 2e bataillon de choc), qui renforce la brigade de choc Gambiez, se lance de lui-même à l’assaut des résistances de Masevaux. Les combats dans la cité lui coûteront 27 tués, et au total, durant ces opérations, 45.
Les victimes connues sont : Gilbert Bouillet, né en 1925 à Paris, mort le 28 ; Jacques Davril, né en 1924 à Paris, même date ; Alain Evette, né en 1924 à Paris (le 28) ; Raymond Lindland, né en 1925 à Paris, même date ; Philippe Paget, né en 1923 à Paris, le 26 ; Régis Perouse de Montclos, né à Amiens en 1923 (le 28) ; Patrice Wacrenier, né en 1927 en Belgique, le 28 ; et sans doute, toujours à Masevaux, Jean Gonthier, né en 1922 à Paris, le 27 (du 2e BC – sic) ; François Leiris, né en 1924 à Paris, le 28 (du 2e bataillon de chasseurs – sic) ; Bertrand Metzinger, né en 1926 à Paris, du BC n°2 (sic), le 28 ; Bernard Munier, né en 1921 en Guinée, du BC n°2, le 28 ; André Pasquier, né en 1926 dans la Seine, du 2e BC, le 27 ; Martin Porchaire, né en 1912 à Paris, du 2e BC, le 26. Les anciens du 2e choc se rappellent également de Pierre Le Floch (4e compagnie) et Jacques Blindel. Quant à Jacques Barot, né en 1924 à Boulogne-sur-Seine, il meurt le 29 à Giromagny, des suites de blessures.

26 novembre 1944 : le I/152e RI supporte le poids d’une contre-attaque allemande dans le secteur de Réchesy (perdue, la centrale de Seppois est finalement reconquise). Au 26, les pertes du bataillon sont lourdes : il déplore 18 tués, dont le capitaine Lucien Chainas (2e compagnie), le lieutenant André Ravel (3e compagnie), cinq disparus et 51 blessés (dont le capitaine Tardivat, de la CA, et le sous-lieutenant Fauconnier, de la CA). De son côté, la 6e compagnie du II/152e, composée de volontaires de la région de Brioude (Haute-Loire), est surprise par une action allemande dans le bois de l’Oberwald. Le capitaine Gues est tué (le capitaine Fraisse, qui est blessé, lui succède), ainsi qu’une jeune infirmière, mademoiselle Nirouet. Au total, ce jour-là, le 15-2 déplore 44 tués, 170 blessés, douze disparus. Parmi les tués, figure Claude Berçot, 16 ans et demi, de Valentigney.
Les tués du I/152e RI : sergent Léon Monteil (1ère cie), né en 1920 à Champagnac-les-Mines (15), à Courtelevant ; 1ère classe H. Vanieras (1ère cie) ; 2e classe Jean Charrier (1ère cie) ; capitaine Léon Chainas (2e cie), né en 1907 en Algérie ; 2e classe Mohamed ben Djelloul (2e cie), à Courtelevant (exécuté selon « Mémoire des hommes ») ; lieutenant André Ravel (3e cie), né en 1919 à Paris, à Courtelevant ; adjudant-chef Eugène Sarron (3e cie), né en 1924 au Valdahon (Doubs) ; caporal-chef Pierre Chaillet (3e cie), né en 1923 dans le Haut-Rhin, à Courtelevant ; 2e classe Adrien Leottier (3e cie) – ou Lioter, né en 1925 dans le Puy-de-Dôme ; Julien Chrzanowsky (3e cie), né en 1926 à Perignat-lès-Sarlière ; Hippolyte Antoine (3e cie), né en 1925 en Lozère, à Courtelevant ; Robert Galmiche (3e cie), né en 1925 à Nancy, à Courtelevant ; Jean Ceyroux (3e cie) ; sergent Georges Pinault (CA), né en 1922 à Bourges ; 2e classe Marcel Marchand (CA), né le 6 juillet 1927 à Mathay (Doubs), à Courtelevant ; 2e classe Jean Girard (CA), né en 1925 à Clermont-Ferrand ; Claude Berçot (CA), 16 ans et demi, de Valentigney ; Fernand Frugier (CB).
Les tués du II/152e RI : Etienne Ety, par éclat d’obus (c'est le capitaine « Gues ») ; André Hertz, né en 1912 dans le Bas-Rhin, à Riesen (sic) ; Ginette Nirouet, née en 1926 à Paris, à Friesen.
Les autres victimes du régiment sont les suivantes, une partie devant appartenir à la 6e compagnie qui a perdu onze tués : Alamigeon Pierre, né en 1920 en Charente, au bois de Frisey (sic), par éclat d’obus au côté droit ; Argiolas Louis, né en 1925 dans l’Hérault, à Guerchwiller ; Berault Roger, né en 1919 dans le Loiret, au bois de Frisey, par EO (sic) au genou et balle dans la tête ; Bonnet Jean, né en 1918 dans l’Aude, au bois de Vrisers (sic), par éclat d’obus ; Bresson Baptiste, né en 1925 à Saint-Julien-des-Chazes (43), à Friesen ; Capelli Pierre, né en 1922 en Italie, à Courtelevant ; Duponteilh Henri, né en 1906 à Paris ; Fontgarnand Albert, né en 1924 à Vaumas (03), à Bâle ; Forestier Jean, par balle ; Fourneyron Marcel, né en 1922 à Aurec-sur-Loire, à Guerchwiller ; Laborde Lucien, né en 1920 à Seuillet (03), à Courtelevant, par balle ; Longris Jules, né en 1921 en Belgique, à Triesen (sic), par balle ; Lyon Roger, né en 1924 à Monistrol d’Allier, à Friesen, par balle ; Misson Yves, né en 1921 à Paris, à Bâle, par éclat d’obus ; Mohamed ben Ali, né en 1914 au Maroc ; Moignoux Jean, né en 1924 à Roanne, à Courtelevant ; Monticone André, né en 1919 à Paris, à Courtelevant ; Pinault Georges, né en 1922 à Bourges, à Courtelevant ; Perrichon Roger, au bois de Friesen ; Peyron Jean, né en 1923, à Guercwhiller ; Souillat Emile, né en 1910 à Neuilly-le-Real (03). Ce sont donc 42 victimes qui ont pu être identifiées.
Mais encore Jacques Bouriaud, né en 1918 en Gironde, mort le 28 à Montbéliard des suites de blessures


28 novembre 1944 : dans la nuit du 28 au 29, dans le froid et sur la neige, le groupe de commandos du Corps-franc Pommiès prend le sommet du Petit-Drumont (1 208 m). Les 1er et 2e bataillons conserveront la position, malgré une contre-attaque allemande (le 30).
Originaire du Thillot, Jean-Paul Sac, né le 14 décembre 1927 à Mulhouse, est tué en guidant une patrouille du CFP
Le 29, au Drumont, un tir de 88 tue le capitaine Louis Françot, né en Côte-d’Or en 1911 (ou tué par mine selon Mémoire des hommes) et le lieutenant Raslovleff.


29 et 30 novembre 1944 : le 2e bataillon de la Brigade légère du Languedoc attaque Village-Neuf avec le I/6e RIC. Le 1er décembre, il occupe Huningue et atteint le Rhin. Durant ces combats, la brigade a perdu huit tués dont le sous-lieutenant Jean-Pierre Douzou, né à Millau (Aveyron) en 1919, chef de section du II/80e, et le soldat Manuel Soller, âgé de 17 ans. Dès lors, la brigade, qui devient 80e RI ou 1er régiment du Languedoc le 8 janvier 1945, assure la garde du fleuve dans le secteur de Saint-Louis.

30 novembre - 1er décembre 1944 : le 2e bataillon (commandant Lhermite) du Régiment de marche Corrèze-Limousin (rattaché à la 2e DIM), bataillon formé en Haute-Vienne, se bat au corps à corps à Bourbach-le-Bas et sur la côte 475. Il y laisse 23 tués ; la section Delage, qui s’est battue jusqu’aux dernières munitions, est faite prisonnière. Au total, le II/RMCL aurait déploré, durant quatre jours, 153 tués, blessés et disparus. Les morts identifiés : Armand Barrière, né en 1923 en Haute-Vienne, le 1er décembre ; Auguste Bernhard, né en 1918 en Allemagne, même date ; Marcel Bertrand, né en 1922 en Moselle, même date ; Jean Frugier, né en 1924 en Haute-Vienne, même date ; Robert Jannicot, né en 1923 Ambazac, le 30 (par obus) ; Roger Lamonge, le 1er décembre ; Edmond Legrand, même date ; Charles Lelorrain, né en 1923 en Moselle ; René Lelorrain, né en 1925 en Moselle (même village), même date (est-ce le même ? est-ce son frère ?) ; Maurice Marbach, même date ; Marcel Perichon, né en 1923 à Ambazac, même date ; et sans doute Joseph Roulhac, né en 1924 en Haute-Vienne, du Régiment de marche (sic), le 30 ( par obus), et Abel Teulier, né en 1922 à Ambazac, du RM (sic), le 1er décembre.

Le 30, la 4e compagnie (dite compagnie de Sens, capitaine Jean Ferry) du bataillon Bayard (commandant Guiller, alias « Robert », composé de FFI de Côte-d’Or) progresse depuis Masevaux puis Bourbach-le-Haut le long de la route Joffre. La section Delhoste est accrochée à hauteur de la ferme de la Boutique (source : Jean Peretti, Rhin-et-Danube). Trois hommes sont tués : le caporal Albert Monneret, né en 1921 à Paris, le caporal Gaston Bernard, né en 1926 à Sens et Robert Fougereux, né en 1925 à Auxerre, tous trois par balle.

Toujours le 30, toujours dans ce secteur de Sentheim, Bourbach-le-Bas, forêt d’Aichwald, le Régiment de Bourgogne est particulièrement éprouvé. Meurent ce jour-là : le sergent Roger Bergeron (7e compagnie), né en 1914 dans l’Ain, à Senthein ; Guy Boffy (7e compagnie), né en 1928 à Conchey (21), à Sentheim Bourbach ; Jean Briot, né en 1924 à Crenay (52), à Sentheim Bourbach ; Theophile Bytowski, à Aichwald ; Bernard Corneaux, né en 1926 en Côte-d’Or, à Sentheim ; Roland Coudrier (CA 2), né en 1923 à Auxonne (21), à Aichwald ; Georges Devot (CA 2), né en 1922 à Pontailler (21), à Bourbach-le-Bas ; Pierre Gaillard (CA 2), né en 1927 à Dijon, à Bourbach, forêt d’Aichwald ; Maurice Garnier (7e compagnie), né en 1922 en Côte-d’Or ; le lieutenant Robert Heltrich (7e compagnie), à Sentheim Bourbach ; le sous-lieutenant Pierre Jeanson (7e compagnie), né à Roches-sur-Marne (52) en 1920, à Seintheim Bourbach ; le lieutenant René Mazzolini (7e compagnie), né en 1907 en Saône-et-Loire, à Sentheim Bourbach ; le capitaine Scipion Nasica (1ère compagnie), né en Corse en 1906, à Bourbach-le-Bas ; Etienne Noirot (7e compagnie), né en 1924 en Côte-d’Or, à Bourbach ; le caporal René Ramaget (CA 2), né en 1926 à Dijon, à Sentheim Bourbach ; Henri Reigney (7e compagnie), né en 1899 en Haute-Saône, à Sentheim Bourbach ; Jacques Robert (CA 1), né en 1923 au Tonkin, à Bourbach-le-Bas ; le sergent Robert Sommet (CA 1), né en 1924 en Côte-d’Or, à Giromagny (des suites de blessures à Bourbach-le-Bas) ; Martin Uldry, à Aichwald ; mais aussi Jean Silvestre, né en 1915 dans les Vosges, le 29 novembre ; Lucien Moity, né en Côte-d’Or, le 1er décembre à Bourbach-le-Bas…
Mais encore, grâce à l’inestimable ouvrage de Gilles Hennequin : Stanislas Szurley (corps-franc), né en 1926 en Pologne, à Belfort ; André Machin (CA 1), né en 1920 en Saône-et-Loire, mort le 24 mai 1945 à Saulieu (il avait été blessé à Bourbach) ; le capitaine Bernard Giraud (CA 1), né à Talant (21) en 1916, à Bourbach-le-Bas ; André Dureuil (CA 1), né en 1925 à Troyes, idem ; Pierre Reynal (CA 2), né en 1923 en Côte-d’Or, en forêt d’Aichwald ; Maurice Gicquel (CA 2), né en 1923 en Eure-et-Loir, à Sentheim ; Marceau Garnier (CA 2) ; Raoul Tonnet (7e compagnie), né en 1925 en Haute-Saône, des suites de blessures ; Paul Voituret (7e compagnie), né à Saint-Maurice-sur-Vingeanne (21), à Sentheim… Le régiment a donc perdu, ce jour-là, au moins 23 tués, dont cinq officiers !

2 décembre 1944 : la compagnie Ferry, du bataillon de choc Bayard (portant apparemment le nom de 3e bataillon de choc) poursuit sa progression sur le col du Hundsruck entamée la veille. Le capitaine Jean Ferry, né en 1910 à Epinal, y est tué d’une balle au cou. Sa compagnie perd également André Brulé, né en 1923 dans l’Yonne (de la 3e compagnie – sic – du 3e bataillon de choc Bayard, mort le 7 décembre à Besançon). Elle sera relevée le 6 par des tirailleurs marocains.

2-6 décembre : le bataillon Janson de Sailly opère, jusqu’à sa relève, dans le secteur de Bourbach – Bittschwiller. Il perd, durant cette période, à Bourbach-le-Haut : Pierre Cayol, né en 1921 à Paris (6 décembre), René Chambon, né en 1925 en Seine-et-Oise (le 5), Jean Fromentot (1ère compagnie), né en 1924 dans l’Oise (le 5), Patrick Hussenot Desenonges, né en 1926 à Paris (le 6), Olivier de Lalande, né en 1924 à Paris (le 5)… Parmi les blessés, figure le lieutenant d’Harambure.

3 décembre 1944 : le 1er bataillon/Groupe d’escadrons du Jura (capitaine Pierre Pator) du 1er Régiment de Franche-Comté perd trois tués lors des combats du Hohneck : le lieutenant Marcel Aubert (né en 1922 à Paris), l’adjudant-chef Robert Commarmont (ou Commarmond), né en 1913 à Lyon, et le soldat André Gros (né en 1924 dans le Doubs, mort le 5 à La Bresse). Le bataillon avait attaqué sous la neige, occupant les casemates du Collet de la Mine, le 3e escadron l’hôtel du Hohneck et repoussant une contre-attaque dans la nuit. Il sera relevé le 6 décembre par le 4e RTT.

Le lieutenant Georges Barbas, né à Paris en 1917, du 3e dragons (FFI du Tarn), est tué le même jour au col du Collet, d’une balle à la tête, ainsi qu’André Gilet, 20 ans, Paul de Lavelle de Choulot de Chabaud-Latour, né en 1921 à Paris, et Gabriel Mahou, né en 1907 en Moselle. Toujours ce même jour, et toujours du même régiment, meurent Georges Cabrol, né en 1924 à Saint-Ornans (sic), au col du Collet, Henri Chaput, né en 1921 à Epinal, au Grand-Valtin, André Gau, né en 1922 dans le Tarn, également au Grand-Valtin (tué par éclat d’obus). Par ailleurs, Albert Benoit, né en 1902 dans la Seine, est tué par une rafale d’arme automatique au col de Collet, le 5 décembre, et Jean Bernard, né en 1923 à Mazamet, meurt le même jour à Remiremont, de suites de blessures.
Henri Page, né en 1926 en Haute-Loire, du 8e dragons, tombe bar balle à Heimsbrunn.

Novembre-décembre : durant toutes ces opérations, nombreux sont les FFI, particulièrement issus de la Division légère de Toulouse, à mourir sur le front des Vosges.
Citons, pour le 3e dragons : Mario Barbagelata, né en 1923 dans l’Hérault, tué par balle le 26 novembre 1944 à Longemer ; pour le 1er bataillon de Toulouse : le 16 novembre 1944, René Auguste, né dans l’Aveyron en 1925, au Tholy ; Roland Thomas, né en 1912 Paris, le 14 novembre à Bercegoutte ; pour le 51e RI, Georges Bassot, né à Paris en 1922, tué dans la région de Cornimont le 27 novembre ; pour le 1er régiment de Franche-Comté, Raymond Martin, né en 1921 dans le Doubs, tué le 17 novembre à Cornimont par obus.

(A suivre)

1 commentaire:

  1. Bonjour,
    Je suis tombée par hasard sur ce blog car je recherche depuis plusieurs mois des informations diverses sur les évènements de Novembre-Décembre 1944 à St Louis.
    Mon père y a été grièvement blessé le 26 novembre alors que son groupe attendait de partir pour une destination inconnue.
    Mon père Jean-Marie BORIES venait du maquis Bayard, qu'il avait intégré dans l'Aveyron. Je dispose de quelques documents, ainsi surtout du petit carnet sur lequel il écrivait son journal depuis son arrivée à Arc et Senan.
    Il a subit les dommages d'une explosion d'obus St Louis. Il a été transféré je suppose à l'hôpital de Besançon, où une personne, Mme Michèle Prêtre, demeurant Chemin de l'Oeillet à Besançon, a transmis des nouvelles à mes grands-parents à Cransac dans l'Aveyron.
    Mon père avait 19 ans quand il a été blessé. Il a reçu la Légion d'Honneur en 1956.
    Si cela est possible, je serais très contente d'avoir quelques informations sur cette époque.
    Je vous remercie de l'attention que vous portez à mon message, même si vous ne pouvez rien faire pour moi.
    Christiane BORIES
    A très bientôt peut-

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