vendredi 2 janvier 2026

La marche du Corps franc Pommiès sur Linthal (4-5 février 1945)

 

Une patrouille du Corps franc Pommiès dans la neige. (Photo ECPAD).

Durant le rude hiver 1944-1945, le Corps franc Pommiès sera resté en position dans le secteur de Kruth, en Alsace. A la fin de la bataille de la Poche de Colmar, comme tout le secteur des Vosges, les volontaires du Sud-Ouest ont profité du décrochage ennemi pour se porter en avant. Le journal des marches et des opérations du CFP, conservé à Vincennes, rend compte de son activité les 4 et février 1945, activité compliquée par la présence des mines.



4 février 1945

"Des indices de repli ennemi ayant été observés, les bataillons doivent reprendre la progression en vue de garder le contact et de procéder au nettoyage des zones occupées antérieurement par l'ennemi avant son repli.

Le 1er bataillon commence sa progression à 5 h avec la 3e compagnie qui réalise sa mission sans incident (atteindre Gommrucken*). A 7 h 30 la 2e compagnie va prendre ses emplacements initiaux et le PC du bataillon s'installe au Sauwas. A 12 h 40 la 2e compagnie progresse normalement. A 13 h 30 une mine heurtée saute au carrefour de Runsche. Sept blessés dont deux démineurs. A 14 h 30, les maisons de Runsche sont atteintes et trouvées inoccupées. A 15 h, la 1ère compagnie marche dans les traces de la 2e compagnie et atteint Steinlenbach. A 19 h, ordre à la 1ère compagnie de stopper son mouvement.

La 5e compagnie (après relève la veille) est chargée de se porter en avant en liaison avec le 1er bataillon pour reconnaître et occuper la langue de bois à hauteur et au sud de Grieb Ferme. A midi la mission est réalisée mais elle a subi des pertes en raison des nombreuses mines qui sont posées aux lisières du bois. Huit blessés par mines.

Au cours de la nuit du 4 au 5, le bataillon prend ses dispositions en vue de poursuivre sa progression vers l'E[st].

Le 3e bataillon ayant reçu la mission d'atteindre le Drehkopf [Trehkopf] et la Route des crêtes entre 1209,3 et cote 1230, dans la soirée le bataillon a réalisé sa mission (le Drehkopf est atteint à 18 h 30). Il y a trois blessés par mines. Les chemins et les champs sont bourrés de mines et de pièges, et les appareils de détection fonctionnent très mal à cause de l'humidité et de l'épaisseur de neige. A partir de 15 h les appareils sont inutilisables et il faut recourir aux moyens les plus primitifs (pelles, baïonnettes)."

Parmi les blessés de la journée au III/CFP, le capitaine Jacques Morize, commandant la 10e compagnie, a eu le pied arraché par l'explosion d'une schumine, les sous-lieutenants Auguste et Couret ont été blessés dans des circonstances identiques.

5 février 1945

"Le 1er bataillon garde son dispositif de la veille (PC à Sauwas, 1ère compagnie à Gommkopf, 2e compagnie 660,1 - 766,2 - 690, la 3e compagnie au sous-quartier de Sauwas) en vue du départ, à 3 h le 6 février vers l'Est. Déminage de la route 610-640 vers Drehkopf et construction du pont sauté à l'est du carrefour Runsche. A 19 h, le 1er bataillon reçoit l'ordre de stopper le mouvement prévu pour le 6 et de se regrouper à Kruth.

Le 2e bataillon fait mouvement pour se porter à Linthal avec comme itinéraire Gommkopf, Gourmchen* (sic), Driekopf, lac de la Lauch, Linthal et a reçu comme mission de reconnaître à partir du Drehkopf l'axe et ses abords puis éventuellement d'occuper Linthal. Cette dernière localité est atteinte à partir de 17 h 30. La mission a été réalisée sans perte et malgré les difficultés du terrain et l'état physique des hommes, le matériel étant porté à dos d'hommes.

Le 3e bataillon continue sa progression dans les traces du 2e bataillon mais à 10 h 30 reçoit l'ordre de stopper.

Le groupe franc du régiment ayant reçu la mission de pousser sur la vallée de la Lauch par le Drekhopf quitte Kruth à 9 h. Après être passé à l'auberge de Steinlebach à 12 h, il atteint après une marche pénible le lac de la Lauch d'où les Allemands sont partis depuis 24 heures. Arrivée à Niederlauchen où il apprend que Litnhal est libre. Cette localité est atteinte à 17 h après contact (300 m avant le village) avec une patrouille blindée de la 4e DMM venant de Guebwiller.

6 février 1945

Le 1er bataillon se regroupe à Kruth tout en poursuivant les opérations de déminage et de déblaiement de la route de Drehkopf. Sans changement pour les 2e et 3e bataillons, la CCI et la CAC".

Les opérations du Corps franc Pommiès en Alsace prennent fin - mais l'unité déplore encore la mort de deux de ses hommes sur une mine à Cornimont. Le 10 février 1945, il devient officiellement 49e régiment d'infanterie. Nous évoquerons ultérieurement sur ce blog les opérations du 49e RI en Allemagne.

* L'orthographe des toponymes évoqués dans le JMO a été respectée.

Historique du Corps franc Pommiès (septembre - février 1945)

Unité dans la Région 4 des FFI (Sud-Ouest). Composante de la Division légère de Toulouse, sous la forme d'une "brigade mobile" composée de demi-brigades et de bataillons, soit 4 800 hommes. Fait mouvement le 4 septembre 1944. Se bat dans la région d'Autun (Saône-et-Loire) aux côtés de l'armée B. Se réorganise une première fois en Côte-d'Or. Fait mouvement le 23 septembre 1944 vers la Haute-Saône. Engagé dans la région de Servance. Des éléments montent en ligne le 16 octobre 1944 à La Forge (Vosges). Relevé le 20 octobre 1944, gagne la région de Scey-sur-Saône où il se réorganise en un groupe de commandos et deux bataillons. Fait mouvement à partir du 11 novembre 1944 pour monter en ligne à Château-Lambert et au Haut du Them. Echoue le 22 novembre 1944 à prendre Le Thillot (pertes : 13 tués, 69 blessés). Entre dans Le Thillot le 26 novembre 1944. S'empare du Drumont le 28 novembre 1944. Très éprouvé le lendemain par des tirs d'artillerie sur la position et par une contre-attaque allemande (23 tués au total dont trois officiers et un aspirant). Entre en Alsace le 30 novembre 1944. Défend dès lors la région de Kruth jusqu'au 4 février 1945.


Encadrement du Corps franc Pommiès (novembre 1944 - février 1945)

Etat-major

    Lcl André Pommiès

    Lcl Pierre Ginestet, Lcl François Cramaussel, Cdt Henri Benony, Cdt Casanova, Cne Caribou, Cne Raynald de Roffignac (blessé 3/12/44), Cne Patts, Dr Jean-Jacques Jarry, Ln Meyer 

1er bataillon, Cdt Gabriel Balade 

    1ère compagnie, Cne Marie-Jean de Chazelles (puis Cne Charles Galharague)

    2e compagnie, Cne Robert Souchet

        Ltn Fernand Unvois, chef de section Henrat, chef de section Jeandot, chef de section Henri Pannetier, Asp Morin

    3e compagnie, Cne Auguste Navarro (puis Ltn Henrat)

        Officier de Lavarene, chef de section Toussaint, chef de section Saubion, chef de section Core, chef de section Cayaubère

    CA 1

        Ltn J. Doumenc, Ln Haye, Slt Saint-Martin, Slt Sarrazin, Asp Decomble, section Castanié

    Divers officiers du I/CFP : Asp Peyrefitte


2e bataillon, Cdt François de Carrère (bl 29/11/44) puis Cne Henri Viard

    Etat-major : Cdt Gilles de Maupéou (bl 29/11/44), Cne Marc Chombart de Lauwe, Cne Fagalde (bl 22/11/44)

    CB 2, Ltn Bernard de Ferry

        Ltn Charpiat, Adj Jeannot (bl 20/11/44), chef de section Clavier

    5e compagnie, Cne Peillon 

        Chef de section Bègue, chef de section Steyer, chef de section Guichou

    6e compagnie

    7e compagnie

    CA 2

    Divers officiers du II/CFP : Slt Gabriel Chapotet (tué 30/11/44)), Robert (bl 29/11/44)


Groupe de commandos (puis 3e bataillon), Lcl Jean-Louis du Temple de Rougemont (bl 29/11/44) puis Cdt Jean Dangoumau

    1ère organisation :

. 1er commando, Cdt Turcat puis Cne du Crest

    Ltn Gautier, Ltn Brun, Ltn Reppelin (bl 19/11/44)

. 2e commando, Cdt Jacques Miler

    Cne Barthe, Slt Dreyer, chef de section Grattard, chef de section Puldermann, Asp Larrat, Ltn Lescaudron (bl 29/11/44), Slt Sarda, Slt Jean Peyrot (tué 22/11/44), Asp Jacques Broussier (tué 29/11/44), Asp Dupouts (bl 29/11/44)

. 3e commando, Cdt J. Dangoumau puis Cne Jacques Morize 

    Cne François Gouzy, Ltn Maulvaux, Médecin-Ltn Ortholan, Slt Auguste, Asp Elie Barbe (tué 3/12/44)

. 4e commando (versé 3e commando), Cdt Louis-Jean Françot (tué 29/11/44) puis Cdt Marcel Ceroni 

    Ltn Miklhailov Raslovleff (tué 29/11/44), Ltn Jean-Pierre Amsler (tué 3/12/44), Ltn Grojen

    2e organisation :

. 9e compagnie, Ltn René Ader

    Slt Couret (bl 4/2/45), Adj Lucien Perrad

. 10e compagnie, Cne J. Morize (bl 2/45)

. 11e compagnie, Cne F. Gouzy

    Section Lamaignière, Slt Auguste, chef de section Dupuy

    Divers officiers du GC/CFP : Ltn Georges Cassagnabère (dcd 22/1/45)

   

Divers officiers du régiment : Ltn de Fumel, Slt Jean de Courrèges (tué 29/11/44), Slt Brunet


Sources principales : archives du CFP/49e RI, GR 12 P 11, SHD - René GIRAUDON, Le Corps franc Pommiès, tome III. Vers la victoire, Signes du monde, 1995


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