lundi 14 avril 2025

Le 131e RI dans les opérations sur la façade Atlantique (avril-mai 1945)


Des volontaires aubois du 131e RI, coiffés du casque italien. (Photo Libération-Champagne).

 Créé à Troyes le 8 décembre 1944, le 131e régiment d'infanterie fait mouvement du 13 au 16 février 1945 vers l'Ouest. Placé sous les ordres du lieutenant-colonel Norbert Durand, il relève le IV/93e RI le 22 février 1945 dans les secteurs de Marans et Charron, devant La Rochelle. Le lendemain, le I/131e RI s'installe sur les positions du 125e RI. Chaillé-les-Marais accueille le PC du régiment, qui subit, le même jour, des pertes terribles en raison d'une explosion accidentelle à Nailliers en Vendée (onze tués dont quatre officiers). Cette période n'est pas de tout repos : le 1er mars 1945, la 2e compagnie (capitaine Albert Gérard) du I/131e RI participe à une contre-attaque menée dans le secteur de Saint-Jean-de-Liversay.

    Relevé à son tour par le 46e RI dans la nuit du 27 au 28 mars et le 28 mars 1945, le 131e RI va être scindé en plusieurs éléments pour participer, mi-avril 1945, à l'assaut des poches du Sud-Ouest. Le II/131e RI (commandant Jean Poirier), recruté dans l'Aube, opère ainsi au sein du groupement Nord de la Division Gironde devant Royan, enlevant Jaffe le 18 avril 1945. Les I et III/131e RI servent eux en renfort de la Brigade Carnot, engagée dans le Médoc. Le 1er bataillon du commandant Lucien Vel est composé de volontaires aubois, le 3e (commandant Raoul Raynaud) est issu du 1er bataillon d'Eure-et-Loir. Tous sont coiffés du casque italien !

    Acheminé vers le Médoc dès le 18 avril 1945, le III/131e RI a reçu pour mission d'attaquer sur l'axe voie ferrée - Le Verdon-sur-Mer, avec pour objectif la côte Est du Verdon. Sa base de départ : Le Goulet, qui serait aux mains du 154e régiment du génie d'assaut (ex-2e régiment d'infanterie du Lot, dit également 8e RI). Le renseignement est inexact, les volontaires d'Eure-et-Loire vont rapidement s'en rendre compte.

19 avril 1945

    A 0 h 30, dans la nuit du 18 au 19 avril 1945, les hommes du bataillon Raynaud, qui viennent de dépasser ceux du 154e RGA à environ un kilomètre au sud du Goulet, se heurtent "aussitôt aux éléments avancés de l'ennemi" (journal de marche du 131e RI). Couvertes par la section de l'aspirant Lavigne (11e compagnie), la 13e compagnie (sous-lieutenant Charles Jandin), qui avance sur la route Soulac - Le Verdon, et la 14e compagnie (lieutenant Didier), qui progresse dans les marais au sud du village des Huttes, sont au contact. 

    JMO du régiment : "Ces éléments ne réussissent pas à faire sauter de nuit le "bouchon" allemand et toute manoeuvre de débordement est rendue impossible : à l'ouest de la route, la forêt est en feu, et à l'est, les marais sont inondés. Les Allemands lancent d'innombrables fusées éclairantes et leurs armes automatiques balayent la route en tir rasant." 

    JMO du III/131e RI : "6 h 15 : nouvelle attaque en vue de s'emparer des Huttes mais les Allemands battent efficacement la route devant la 13e compagnie, et la 14e compagnie échoue dans son mouvement débordant par l'Est, en raison de la présence des marais où les hommes avancent avec de l'eau jusqu'à la poitrine". 

    Une troisième attaque est nécessaire. C'est à 11 h qu'elle sera déclenchée, avec l'appui des tanks destroyers. La Maison de l'ingénieur, le sémaphore T et les Vissoules sont les objectifs du bataillon.

    JMO du 131e RI : "Les hommes réussissent à s'infiltrer jusqu'aux lisières Sud du village des Huttes, mais ils sont de nouveau arrêtés et la section du sous-lieutenant Dives qui avait atteint la lisière Nord-Est des Huttes par un mouvement tournant est soumise à des tirs d'armes automatiques et de mortiers qui l'obligent à se replier. La 13e compagnie en face de laquelle se trouvait la principale résistance allemande, a essuyé de fortes pertes ([le] sous-lieutenant Jandin qui est blessé au bras, se fait soigner et revient prendre le commandement de sa compagnie quelques instants après) et la 14e compagnie qui  opère dans les marais depuis le début de l'attaque est enterrée."

    A 11 h 45, c'est la 11e compagnie du sous-lieutenant Hurel qui est engagée à gauche de la "13" pour réduire au silence les armes automatiques qui barrent la route. Une relation de la compagnie Hurel précise : "La section de l'aspirant Lavigne progresse mais est arrêtée par un violent tir de mitrailleuses et de mortiers. Pertes : soldats Candrelier, évacué, sergent-chef Dubois, soldat Leloutre. L'aspirant Lavigne va chercher Dubois et Leloutre qui n'avaient pu être ramenés par suite du tir trop violent de l'ennemi. Le soldat Malabout est blessé au cours de cette opération." 

    Il faudra attendre 19 h pour qu'un ultime assaut soit lancé. Le JMO du 131e RI rend compte : "La 13e compagnie et la 14e compagnie fixent l'ennemi par le feu de leurs armes automatiques pendant que d'autres éléments effectuent un double mouvement de débordement à l'ouest et à l'est. A l'ouest, la 11e compagnie à laquelle se sont joints le commandant Nicolas [Léon Nicolas, chef d'état-major du régiment] et le sous-lieutenant Bleuse (EM du RI) progresse en liaison avec une unité espagnole, appuyée par un peloton de chars Somua. A l'est, le commandant Raynaud fait armer en voltigeurs une soixantaine d'hommes de la compagnie de mitrailleuses et engins dont il confie le commandement au capitaine Hulot. 

  L'objectif à atteindre est toujours le village des Huttes. Les ouvrages et différents blockhaus qui interdisaient le franchissement du Goulet finissent par céder sous ce nouvel assaut et tombent les uns après les autres." Il s'agit des ouvrages désignés sous les noms de code Y 09 et Y 33 par les Français, S 307 et S 307 A par les Allemands. Ils sont constitués de 22 blockhaus accueillant en particulier dix pièces de 20 à 164. Leurs feux avaient bloqué les hommes de la 3e compagnie du I/38e RI. 

    Mais enfin, à 20 h 30, l'appui des chars – un peloton de Somua qui a attaqué "par la crête l'ouvrage des Huttes, avec une compagnie du III/131" précise le rapport du lieutenant-colonel Durand -, conjugué à l'action du Bataillon étranger à l'ouest de la crête, a permis au bataillon Raynaud d'enlever le village des Huttes. 

    Ses pertes, selon le JMO du régiment : dix tués et 66 blessés. Arrivé dans la journée en soutien, mais maintenu en réserve, le 1er bataillon déplore pour sa part deux tués et six blessés. Côté ennemi, le bilan n'est pas négligeable : le 131e RI a fait 196 prisonniers, dont deux officiers. « Presque tous de la Kriegsmarine », précise le JMO. 

    Les archives du régiment citent les noms de l'adjudant chef Léopold Sudre, 32 ans, des sergents-chefs Roger Charpentier et Lucien Hue, du sergent René Monnier, 19 ans, du caporal André Morize, 21 ans, des soldats Roger Paulmier, 20 ans, et René Richard, 21 ans, comme ayant été tués durant ces opérations les 19 et 20 avril (1). 

  Parmi les blessés, elles mentionnent les noms des sous-lieutenants Raymond Gardebled, Robert Doléans et Charles Jandin, de l'aspirant Roger Basquin, de l'adjudant Eugène Germain, des sergents-chefs Jacques Dubois, Roland Gossant, Maurice Hamelin et Maurice Siriès, des sergents Jacques Morel, Gaston Soulage, Raymond Gaschet et Benoist Rapely ou encore, parmi les soldats, ceux de Jean Leloutre, Pierre Candrelier, Jean Malabout...

20 avril 1945

    La fin des combats dans le Médoc est proche. Ultimes objectifs : le Fort du Verdon et la Pointe de Grave. Pour les enlever, pas moins de trois régiments d'infanterie seront engagés : les 34e et 131e RI, le 154e RGA. Le 131e RI aura notamment pour objectif l'ouvrage dit du Sémaphore : celui du Verrier-Saint-Nicolas (Y 156/S 305). Tandis que le 34e obtient la reddition du colonel Prahl, commandant les troupes allemandes dans la poche, le I/131e RI (Vel) se heurte d'abord, dans sa progression, aux armes automatiques ennemies. Chef de section dans la 4e compagnie (capitaine Lucien Armanville), "le sous-lieutenant Bernard est grièvement blessé à l'épaule, rapporte le journal de marche du bataillon Vel. Après une marche sous-bois difficile et meurtrière, le bataillon est stoppé devant l'ouvrage Y 156", c'est-à-dire le sémaphore du Verrier-Saint-Nicolas. 

    Dans cet ouvrage, considéré comme "le plus important de la Pointe de Grave", la résistance est animée par le capitaine de corvette Birnbacher. "Les Allemands refusent de se rendre et abattent ceux des leurs qui désertent pour essayer de se constituer prisonniers", assure le JMO du 131e RI. 

     En fin d'après-midi, les TD du 13e régiment de dragons, qui ont franchi le fossé anti-chars, puis surtout, vers 18 h, l'aviation française intervenant en piqué attaquent l'ouvrage, qui sera également investi par le II/154e RGA. "Le groupe franc des transmissions pénètre le premier dans l'ouvrage qui est totalement occupé en moins d'une demi-heure, indique le JMO du bataillon Vel. On compte 140 prisonniers dont 20 officiers". Parmi eux : Birnbacher. Au III/131e, qui agissait à l'ouest de l'ouvrage, on parle pour sa part de 17 prisonniers. Pour cette journée, la dernière des combats, le régiment déplore deux morts et 18 blessés. « A 22 h, toute résistance allemande [a] cessé dans toute la Pointe de Grave », indique le JMO du 131e RI. Une nouvelle poche du Sud-Ouest vient de tomber.

22 avril 1945

    Prise d’armes au terrain d’aviation de Grayan en présence des généraux de Gaulle et de Larminat. Le soldat Robert Soyer (CB I/131e RI) est décoré de la Croix de guerre, le sergent-chef Tachet (13e compagnie du III/131e RI) de la médaille militaire. 

30 avril 1945

    Après s'être battus dans le Médoc en renfort de la Brigade Carnot, les Aubois et les Euréliens sont mis à la disposition de la Brigade Marchand qui a reçu pour mission de conquérir l'île d'Oléron. Le Jour J de cette opération de débarquement française est fixé au 30 avril 1945. Le 131e RI ne fait pas partie de la première vague qui prend pied sur le sol d'Oléron : celle-ci concerne les 50e et 158e RI, ainsi que le Bataillon de fusiliers-marins de Rochefort.

    Le JMO du 131e RI évoque sa participation aux opérations, après avoir débarqué : "Afin de reconnaître les possibilités d'exploiter en direction de Saint-Pierre-d'Oléron où se trouve le PC du commandement allemand, le lieutenant-colonel Durand donne au lieutenant de Fleurieu, commandant le peloton de six chenillettes du 18e chasseurs, la mission suivante : reconnaître si la Pointe d'Ors et le château sont occupés et dans quelles conditions, reconnaître si l'ennemi tient Dolus sur la route de Saint Pierre-d'Oléron." 

    Norbert Durand, qui avait pris le commandement de l'infanterie de la Division Marchand, accompagne les chasseurs à cheval qui font une trentaine de prisonniers en marchant sur le château, puis une douzaine d'autres à Dolus. JMO : "A La Dresserie, faubourg de Saint-Pierre, il rencontre une résistance organisée (mitrailleuses lourdes et quatre pièces de 77) et les chenillettes se replient sous le feu de l'artillerie ennemie. Un petit poste ennemi commandé par un officier est encore capturé." 

 A l'ouest, "la situation n'est malheureusement pas aussi favorable ; nos troupes sont sérieusement accrochées aux Allassins par des tirs de mortiers et de mitrailleuses ennemies. Les fusiliers-marins du capitaine Dupain [Dupin] de Saint-Cyr subissent des pertes, la fatigue se fait sentir et ils doivent se replier sur Grand-Village pour passer la nuit". Une nuit que les Allemands présents aux Allassins mettent à profit pour se replier, tandis qu'une section de la 1ère compagnie du I/131e arrive dans l'île à 23 h.

1er mai 1945

    C'est à 11 h, le lendemain, que devant l'absence de réaction ennemie, le II/131e RI et les chars sont lancés dans l'action. Ces éléments "dépassent le 50e RI pour attaquer Saint-Pierre par débordement, avant de pousser jusqu'à la pointe Nord de l'île en nettoyant la zone Ouest de la route nationale. L'ennemi réagit énergiquement à la ferme de la Clairière, à La Dresserie, mais à midi ces derniers îlots de résistance faiblissent. 

     A 14 h, un groupe de volontaires sous le commandement du capitaine Bourguignon attaque le garage allemand, puis la Kommandantur de Saint-Pierre-d'Oléron, faisant prisonniers 20 officiers et 30 sous-officiers. Le capitaine de corvette Graft von Schmitz, commandant l'île d'Oléron, est parmi les prisonniers". C'est sur l'ordre de celui-ci que les ouvrages des Boulassiers et du Douhet se rendront.              Tandis que le 158e RI prend les ouvrages de la région de Sauzelle-Boyardville, "le II/131 et les chars prennent à revers les défenses de la Thibaudière-Bonnemie, nettoient la région Ouest et dégagent les abords mêmes de Saint-Pierre-d'Oléron ". 

     A 19 h, le drapeau français flotte sur le fort de Chassiron. Une heure après, l'île était redevenue française. Selon le JMO du régiment, dont un homme, Ploton, du II/131e, sera décoré de la croix de guerre le lendemain par le général de Larminat, 1 700 prisonniers ont été faits. 

     Le 131e et le I/32e régiment d'artillerie resteront dans l'île comme troupes de garnison. Mais le régiment ne méritera pas de citation pour ces opérations. Le général René Marchand s'en expliquera dans une lettre : "Ce bataillon progressa rapidement, libéra le nord-ouest de l'île et ramassa de nombreux prisonniers, il atteignit le soir la partie Nord de l'île sans avoir rencontré de résistances organisées. Ce bataillon a donné toute satisfaction mais n'a guère eu l'occasion de montrer sa tenue au feu".

    (1) Parmi les hommes du 131e RI tués ou mortellement blessés devant Le Verdon ou Royan, citons également : Raymond Durand, 19 ans, Maurice Laine, 23 ans, Félix Satroka, 27 ans, Rémy Daubenton, 19 ans, Jacques Dietenbeck, 17 ans et six mois, Raymond Germain, 20 ans, Jean Payen, 19 ans, André Humbert, 20 ans, Louis Orlandi, 27 ans, André Ravise, 24 ans, Omar ben Mohamed, Pierre Dommange, 19 ans...

Sources : archives du 131e régiment d'infanterie, GR 12 P 23, SHD, Vincennes. 

Ordre de bataille

Chef de corps : colonel René Cohendet puis Lt-colonel Norbert Durand

Commandant en second : Lt-colonel Paul Massebiau

Chef d'état-major : commandant Léon Nicolas

Etat-major : Ltn Dacqmine, Slt Bleuse, Ltn Saurat, Cne Soyez, Méd-Cne Bell, Cne Léon, Ltn Saint-Priest

I/131e RI, commandant Lucien Vel 

    Etat-major : Cne Beaudoin, Cne Emile Stambach (tué), Méd-Slt Diacono, Slt Binet

    Compagnie de commandement : Ltn Louis Arnoud (tué) ; Georges Ltn Branchey, Slt Espargillières

    1ère compagnie : Slt Henri Delaveau ; Slt Rossi, Slt Berganz, Slt René Verrier

    2e compagnie : Cne Albert Girard ; Slt Dumay, Slt Autrew, Slt Devanley

    3e compagnie : Cne Massiani ; Ltn Fendrich, Slt Lafarge, Slt Roland

    4e compagnie : Cne Lucien Armanville ; Ltn Dupont, Slt Armanville, Slt Bernard, Asp Casanova

    5e compagnie : capitaine André puis Ltn Roger Bonvive ; Asp Thiéblemont

II/131e RI, commandant Jean Poirier

    Etat-major : Cne Latour, Ltn Harand, Méd-Cne Collet, Ltn Maurice Dupé

    Compagnie de commandement : Cne Victor Guédeney

    6e compagnie : Ltn Jean Hittinger ; Ltn Vautrin, Slt Sonolet, Asp Vioix

    7e compagnie : Cne Maurice Montenot ; Ltn Laplanche, Ltn Chantrenne, Slt Cosson

    8e compagnie : Cne Robert Le Charpentier ; Slt Mathion, Slt Lebrun, Slt Leguin

    9e compagnie : Cne Marret ; Slt Lamotte, Slt Gauthier, Slt Lanaud

    10e compagnie : Cne Hubert ; Ltn Bapst, Ltn Alagiraude, Slt Delarche

III/131e RI, capitaine Antoine Bourgnon de Layre puis commandant Raoul Raynaud

    Etat-major : Ltn Didier, Slt Gilbert Anaclet-Silas, Méd-Cne Ey, Méd-Ltn Carlotti, Slt Sauzer

    Compagnie de commandement : Ltn Louis Hamelin

    11e compagnie : Slt Charles Dablin ; Asp Lavigne, Asp Hurel, Asp Marchand 

    12e compagnie : Ltn Roger Cocagne ; Slt Métenier, Asp Silverio, Asp Louvel

    13e compagnie : Slt Charles Jandin ; Slt Martin, Asp Roger Basquin, Asp puis Slt Robert Doléans 

    14e compagnie : Slt Gustave Roussel puis Ltn Didier ; Slt Raymond Gardebled, Slt Dives, Slt Roussel.

    15e compagnie : Cne Philippe Hulot ; Slt Barbier, Slt Dalais, Slt Bocquet.




dimanche 13 avril 2025

Le bataillon du Lot-et-Garonne (34e RI) au combat dans le Médoc, 14-20 avril 1945


Un combattant français de la Brigade Médoc. 

     Le Bataillon Atlantique (du Lot-et-Garonne) est arrivé sur le front du Médoc le 12 décembre 1944, et il est monté en ligne le 16 février 1945. Initialement, il était sous les ordres du commandant Maurice Baril. Puis le commandant Jean Barret, l'ancien chef du Bataillon Jasmin (et des Corps-francs de la Libération du Lot-et-Garonne) en a pris le commandement, y compris lorsque l'unité est devenue 3e bataillon du 34e régiment d'infanterie (III/34e RI) le 28 mars 1945.

    Les compagnies du bataillon lot-et-garonnais sont sous les ordres du lieutenant Le Merle (1ère puis 11e), du capitaine Rouseau (2e puis 12e), du capitaine Pierre Gadail (3e puis 13e), du capitaine Louis Abadie puis du lieutenant Michel (CA puis 14e), du capitaine André Huser (compagnie de choc puis 15e). 

    Le 14 avril 1945, la Brigade Médoc du lieutenant-colonel Jean de Milleret (Carnot) passe à l'offensive pour réduire la Poche dite du Verdon. Pour le 34e RI du lieutenant-colonel Léonce Dussarat et du commandant Jean Badie, engagé à l'est de la brigade, les opérations commencent avec la prise de Château Canau. Puis le régiment, également composé de Landais et de Girondins, progresse en direction du Chenal Neuf, dans la nuit du 14 au 15 avril. "Avance pénible sur terrain inondé", note le journal de marche de la compagnie de choc.

    Au matin du 15 avril 1945, le 34e RI arrive devant l'ouvrage UP 9. Il est 6 h 30 lorsque les Allemands ouvrent le feu à l'approche des fantassins. Riposte des Français, qui empêchent une tentative de sortie de la garnison. C'est le début d'une rude journée, marquée par des échanges de tirs d'artillerie et d'armes automatiques.  A 7 h 15, un tireur à la mitrailleuse, le soldat Joseph Bauer, 22 ans, "est tué à son poste de combat", précise le JMO de la 15e compagnie (Huser). Celle-ci déplore également deux blessés. Deux autres mitrailleurs puis deux brancardiers seront encore touchés dans la soirée. A 22 h, l'unité doit se résoudre à se replier sur la base de départ, le Marais des Pêcheries. Ce décrochage permettra à l'artillerie et l'aviation françaises d'entrer en action. Parmi les blessés d'une journée rendue difficile par un soleil "très chaud" (rapport du commandant Baril), la 14e compagnie (d'appui) du III/34e cite le sergent-chef Crosnier, le sergent David, les soldats Lépinotré, Villate et Michelot.

    Le 16 avril 1945, le I et III/34e RI reprennent leur marche en avant mais sont bloqués devant Port-Saint-Vivien et dans les marais devant le chenal de Saint-Vivien. C'est le II/34e qui débloque la situation en occupant le Château sans nom puis Port-Saint-Vivien, enfin la Pointe aux Oiseaux.

    Le 18 avril 1945, le II/34e du commandant Robert Duchez franchit le chenal de Talais et contourne un sérieux obstacle, le fossé anti-chars. Il prend contact avec le III/34e (Barret) qui, lui aussi, a subi de lourdes pertes. Le journal de marche de la compagnie de choc rapporte : "Midi : ordre d'attaquer des positions ennemis du fossé anti-chars ayant subi de violents bombardements par l'aviation. Franchissement du fossé côté Est au bord de la Gironde. [...] Subissons un violent tir d'artillerie ennemie. Cinq hommes commotionnés soufflés par une bombe fusée. Quarante prisonniers. L'ennemi devant nous fait sauter un pont sur la route départementale." Selon le JMO de la 14e compagnie (Michel), c'est à 14 h 25 qu'un tir d'artillerie a tué les soldats Léon Cégeski, 20 ans, et Ernest Prouvé, 21 ans, mortellement blessé les soldats Fernand Marrot, 17 ans et demi, et Gabriel Bonnet, 18 ans. Tous appartenaient à la 1ère section de mitrailleuses qui appuyait la 12e compagnie. Pour sa part, la 15e compagnie (de choc) enlève deux rampes de lance-fusées, faisant 35 prisonniers. Bientôt se présente l'ouvrage Y 23, qu'attaqueront de face la 12e compagnie - toujours accompagnée des mitrailleurs du lieutenant Michel - et par débordement la 15e. La résistance de la garnison oblige à un repli "dans les ouvrages ennemis sur le fossé anti-chars" (JMO de la 14e compagnie). Durant cette journée, le Bataillon Atlantique aura également à déplorer la mort du lieutenant Charles Kempeners et de René Bodey. 

    Le 19 avril 1945, le 34e RI, qui a obtenu dans la nuit la reddition du blockhaus de La Longue, reprend sa marche en avant, avec pour objectif Le Verdon. Le III/34e RI progresse en direction de la Grande-Sarretière et du Môle du Verdon. La compagnie Huser franchit le chenal, réduit des nids de mitrailleuses, entre dans Le Verdon, tout comme le II/34e. Le journal de la 15e compagnie rend compte : "Combats de rues. L'ennemi paraît désorganisé. Certains Allemands se replient vers la Pointe de Grave, d'autres  vers le Môle. Quarante-cinq prisonniers. Attaquons le centre de la ville. Le commandant de la place se rend sans combat." L'opération permet au 34e RI, qui réalisera la liaison avec le 131e RI, de libérer des prisonniers français. A midi, le capitaine André Huser hisse le drapeau français sur le château d'eau du môle d'escale. 

    Les combats ne sont pas terminés. Dans la soirée, le III/34e RI qui suit la voie ferrée Le Verdon - Soulac-sur-Mer progresse en direction de la Pointe de Grave. Il passe la nuit sur place.

    Le 20 avril 1945, une ultime manoeuvre de la Brigade Médoc permet d'enlever le Fort du Verdon et la Pointe de Grave. La poche a enfin été réduite. Le 34e RI aura perdu au moins 27 tués identifiés durant ces sept jours de combat.

Sources : archives du 34e RI, GR 12 P 8, SHD.

mercredi 9 avril 2025

Les 33e et 34e régiments d'infanterie (1944-1945)


Le lieutenant-colonel Dussarat présente le drapeau du 34e RI au général de Gaulle. 
Photo parue dans l'ouvrage "Le front du Médoc. Une brigade FFI au combat".


33e régiment d'infanterie

Chef de corps : colonel Léon Gros.

Recréé le 15 janvier 1945 sur ordre du général Deligne, commandant la 1ère région militaire (Lille), avec des bataillons mis sur pied entre le 16 septembre et le 30 octobre 1944. Porte également l'appellation de 33e RINE (régiment d'infanterie non endivisionné).

Organisation : état-major à Valenciennes. 1er bataillon (Arras) : commandant Heduy. 2e bataillon (Lille) : commandant Gauthier Sainte-Marie, mis sur pied comme I/43e RI. 3e bataillon (Saint-Omer) : commandant Léon Pecqueur puis capitaine Helme-Guizon, créé comme IV/110e RI. Le régiment est équipé à l'anglaise. A noter qu'il existait également un V/33e RI (bataillon de marche de Cambrai) du capitaine Henri Roger, versé au 1er RI.

Opérations 

7 avril 1945 : le II/33e RI fait mouvement vers la Poche de Dunkerque. Installé à Bourbourg, Looberghe, Craywick, à la distillerie du Grand-Millebrugghe.

10 avril 1945 : action offensive allemande contre les positions du II/51e RI. Le II/33e RI reçoit l'ordre de réoccuper Vanherseck, Stevenoo et le pont de Spcyker qui étaient perdus. La ferme Vanherseck ne peut être reprise par la 6e compagnie que le capitaine Galland, commandant la compagnie de commandement, reprend en main.

11 avril 1945 : reprise de l'attaque à 17 h 30. "La 9e compagnie parvient à Stevenoo mais est prise sous un violent tir de barrages qui lui inflige des pertes sévères" (historique du 33e RINE). L'opération est un nouvel échec, les hommes se replient à minuit. Le II/33e RI a perdu quatre morts, huit disparus et 40 blessés dont le lieutenant Verwickt (9e compagnie) et le sous-lieutenant Isnard, commandants de compagnies. Il a fait cinq prisonniers.

12 avril 1945 : le I/33e RI parti d'Arras arrive sur le front de Dunkerque, à Bourbourg, et monte en ligne derrière le II/33e RI.

15 avril 1945 : la section du sous-lieutenant Roger Callewaert (8e compagnie) appuie une attaque de la brigade tchèque sur le pont de Spycker, Stevenoo et la filature. C'est encore un échec, qui lui coûte quatre tués dont le sous-lieutenant Callewaert et huit blessés.

16 avril 1945 : nouvelle action offensive allemande. Le II/33e RI plie mais ne rompt pas. Il fait cinq prisonniers. Dans la nuit du 16 au 17, le I/33e RI relève le 51e RI sur ses positions.

17 avril 1945 : une trêve permet le retour de six prisonniers du II/33e RI.

1er mai 1945 : le sous-lieutenant Agulhon du II/33e RI est blessé à mort en piégeant sa position.

2 mai 1945 : le capitaine Basseux (8e compagnie), les sous-lieutenants Sauvage et Guittard sont blessés par l'explosion d'une grenade.

5 mai 1945 : ultime accrochage impliquant le 33e RI. A la reddition de Dunkerque, il aura perdu seize tués et 81 blessés. 

Encadrement du 33e RINE


Colonel Léon Gros
EM : Cdt Fernand Lhermitte 

I/33e RI, Cdt Heduy
Etat-major : Cne Crespin, Cne Wallet
CC, Cne Duriez
1e cie, Slt Jarrelot
2e cie, Ltn Moulin
3e cie, Ltn Peyronnet
4e cie, Ltn Marsy
5e cie, Ltn Codevelle 

II/33e RI, Cdt Gauthier de Sainte-Marie
Etat-major : Cne Delie
CC, Cne Galland
6e cie, Cne Schneider
7e cie, Cne Lobrecht
8e cie, Cne Basseux
9e cie, Ltn Verwickt puis Cne Hernarestienne
10e cie, Cne Delannoy 

III/33e RI, Cdt Léon Pecqueur puis Cne Helme-Guizon
Etat-major : Cne Lion puis Cne Joyez
CB3, Slt Holuigue puis Ltn Wartel
11e cie, Ltn Lecointe
12e cie, Cne Herbaut
13e cie, Cne Queniart
14e cie, Ltn Mercier
15e cie, Cne Caron

Sources : archives du 33e RI, GR 12 P 8, SHD.


34e régiment d'infanterie

Chef de corps : lieutenant-colonel Léonce Dussarat (Léon des Landes).

Recréé le 21 décembre 1944 (officiellement le 1er janvier 1945) sur le front du Médoc. Une note de service du colonel Jean de Milleret, commandant la Brigade Carnot et datée du 8 décembre 1944, avait prescrit la création du II/34e RI par fusion du Bataillon Aturin (dit d'Aire-sur-Adour) et du Bataillon Doussy.

Organisation : Chef d'état-major : commandant François Badie. 1er bataillon (commandant Louis Claverie) : issu des Bataillons Nord-landais et Georges. 2e bataillon (commandant Tramond puis commandant Robert Duchez) : issu du bataillon Aturin (commandant Tramond puis capitaine Baradat), du Bataillon d'Arcachon (Duchez) et de la Compagnie Doussy. 3e bataillon (commandant Jean Barret) : bataillon Atlantique du Lot-et-Garonne. 

15 janvier 1945 : le II/34e RI relève le II/7e RIC (et le I/7e RIC le 17 janvier 1945). Son PC est à Dignac.

31 janvier 1945 : deux tués au régiment.

15 février 1945 : une patrouille du I/34e RI perd six prisonniers dans un accrochage sur la route La Hourcade - Saint-Vivien.

17 mars 1945 : le lieutenant Graille de la 3e compagnie est blessé.

28 mars 1945 : le Bataillon Atlantique du Lot-et-Garonne (commandant Maurice Baril puis commandant J. Barret), arrivé le 12 décembre 1944 dans le Médoc et présent en ligne depuis le 16 février 1945, est rattaché au 34e RI dont il forme le 3e bataillon.

14 avril 1945 : offensive de la Brigade Carnot contre la Poche du Médoc. Le 34e RI occupe Château-Canau.

15 avril 1945 : progression "pénible sur terrain inondé". Le régiment est accroché devant l'ouvrage UP9. La journée est rude, le soldat Joseph Bauer, notamment, est tué. A 22 h, repli sur le Marais des Pêcheries, la base de départ.

16 avril 1945 : parti de Saint-Vivien, le II/34e RI prend Port-Saint-Vivien et les défenses de la Pointe des Oiseaux.

18 avril 1945 : le régiment a pour objectif Neyran. Le chenal de Talais est franchi, le fossé anti-chars atteint, et la coupure franchie par la plage. Les pertes sont très lourdes : à la 10e compagnie du II/34e (lieutenant Lalanne), les soldats Jean Duviella et Julien Laffitte sont tués ; la 6e compagnie (lieutenant Frisou) déplore cinq morts ; le III/34e (Lot-et-Garonne) est également éprouvé : le lieutenant Charles Kempeners, Léon Cégeski et Ernest Prouvé sont tués, Fernand Marrot et Gabriel Bonnet mortellement blessés... Au moins treize soldats du 34e RI ont perdu la vie ce jour-là.

19 avril 1945 : après la reddition du blockhaus de La Longue, le régiment participe à la progression sur Le Verdon (II et III/34e RI). Ses hommes entrent dans la matinée dans la localité, où le II/34e libère des camarades capturés à Saint-Vivien ainsi que des prisonniers du 154e régiment du génie d'assaut (2e régiment d'infanterie du Lot). Puis le drapeau français est hissé sur le château d'eau du môle d'escale par le capitaine André Huser, commandant la compagnie de choc du III/34e RI (15e compagnie). Direction ensuite la Pointe de Grave. Le sous-lieutenant Martin, de la 10e compagnie, est blessé, mais à 22 h, la liaison est réalisée avec le 131e RI.

20 avril 1945 : le capitaine Jean L'Huillier, du I/34e RI, obtient la reddition du colonel Prahl, commandant la forteresse Médoc. Les combats s'achèvent avec la prise de l'ouvrage Y 156.

22 avril 1945 : le commandant Badie, qui avait le commandement opérationnel du régiment pour ces opérations, est fait chevalier de la Légion d'honneur, et le soldat Octave (9e compagnie) reçoit la Croix de guerre lors d'une cérémonie à Grayan.

6 mai 1945 : décès à Villenave-d'Ornon de Guy Géraud, 16 ans, des suites de ses blessures.

Le II/34e RI dans les combats de la Poche du Médoc
(extraits des "Volontaires de l'an 1944", tome 2) 

    16 avril 1945.

    "Si les I et III/34e RI ont décroché dans la nuit, c'est, explique le journal de marche du régiment, pour permettre à l'artillerie et à l'aviation d'entrer en action. Les bataillons Claverie et Barret reprennent leur marche en avant mais sont bloqués, le premier devant Port-Saint-Vivien, le second « dans les marais, devant le chenal de Saint-Vivien qu'il n'a pas pu franchir, gêné par les défenses de la Pointe aux Oiseaux», précise le journal du II/34e RI. 

    C'est ce bataillon Duchez qui va débloquer la situation, grâce à une manœuvre « hardie » de la 7e compagnie du lieutenant Jean Dandi. Partie de Saint-Vivien « en ruines », cette unité, explique le rapport du commandant Baril, « se porte vers Port-Saint-Vivien ». Le JMO régimentaire détaille les opérations : « Le pont de la Courtine est atteint à 12 h 20, le commandant Badie décide la progression vers le Château sans nom avec éléments de protection vers l'ouest (sortie de Saint-Vivien). En même temps, il appelle en renfort la 10e compagnie (II/34). A 14 h 30, après quelques petits accrochages au nord-ouest du Château sans nom, le commandant Badie occupe ce dernier et l'Abattoir et prend contact avec le lieutenant Ferry du régiment des Somalis, dont les premiers éléments se trouvent à Aigues-Rennes. » Prochain objectif : Port-Saint-Vivien. L'attaque sera menée vers 19 h 30 par la compagnie Dandi, « avec une section des Somalis arrivée en même temps ». La résistance ennemie est brève, la localité occupée. Bilan : 22 prisonniers. Grâce au balisage des itinéraires à travers les champs de mines, la voie est désormais ouverte pour le I/34e RI. Journal du II/34e : « La 7e se porte alors vers la Pointe aux Oiseaux dont les défenses sont dirigées par un pur nazi qui a le grade d'adjudant-chef. Les lignes ennemies sont investies. Le lieutenant Dandi s'avance résolument vers un blockhaus et parlemente. Le moment est tragique. Le chef allemand semble prêt à faire usage d'explosifs mais non, il se rend. Le 3e bataillon a le champ libre. » C'est vers minuit que les hommes de Dandi et du sous-lieutenant Cluzeau qui l'accompagne reviennent à Port-Saint-Vivien où le reste de la 7e compagnie s'est installé, tandis qu'une section de la 10e compagnie du lieutenant Lalanne a été laissée à Saint-Vivien. Bilan de la journée, selon le commandant Badie : plus de 100 prisonniers. [Agé de 44 ans, Fernand Lasserre est décédé le 16 avril 1945 après avoir été mortellement blessé par un obus. C'est son fils Jean, également engagé au régiment, qui a évacué son corps. Autre victimes du 34e RI : Jean Lapena, 19 ans, mort à Saint-Vivien, Emile Lapeyre et André Laville, tués par obus à Château Canau]". [...]

    17 avril 1945.

    "Pour sa part, à l'est de la poche où les inondations n'ont jusque-là permis que des gains de terrains limités, le 34e RI s'apprête à progresser une fois le fossé anti-chars franchi : les 1er et 3e bataillons sont placés sur le bord Nord du chenal de Talais, avec PC respectifs au Cheyzin et à UP 10, le 2e bataillon de Port Saint-Vivien à Haute-Rivière, avec PC au moulin de Campardon. 

     18 avril 1945. 

    Objectif Neyran. C'est la mission dévolue au 34e RI. Plus précisément au 2e bataillon du commandant Robert Duchez. Les deux autres bataillons du régiment participent à l'opération : ils doivent se positionner en avant du chenal de Talais afin de longer la Gironde et franchir le fossé anti-chars du « camp retranché » de Soulac. 

    Le mouvement commence à 12 h. Déjà, les hommes sont pris sous le feu ennemi. La 6e compagnie du lieutenant Frisou – c'est l'ancienne 3e compagnie du Bataillon Aturin - franchit le chenal, suivie par la 9e et imitée par la 10e du lieutenant Lalanne. Le fossé anti-chars est atteint. « Il faut le franchir par la plage aux vues de l'ennemi qui observe du Verdon », note le JMO du bataillon Duchez. Ce document précise : « Un violent tir d'artillerie est déclenché par l'adversaire. La 10e compagnie est clouée au sol peu après le passage du chenal de Talais. Quoiqu'elle ne soit pas particulièrement prise à partie elle a deux morts, les soldats Duviella et Laffitte [Jean Duviella, 21 ans, et Julien Laffitte, 22 ans, morts le 19 avril 1945]. Les compagnies de tête sont stoppées par le tir d'artillerie. La 9e ne subit aucune perte. Un de ses hommes, commotionné, a dû être évacué. C'est le soldat Quesada. Par contre, la 6e a été durement éprouvée. Les éléments du 3e bataillon qu'elle a rattrapés gênent sa marche en avant et la maintiennent sous le barrage. » Au sein de la compagnie Frisou, ont été tués l'adjudant Georges Mora, 27 ans, les sergents René Dupéré, 29 ans, Henri Despérès, 24 ans, et Sabatté, le soldat Vignolles. « Leurs corps déchiquetés s'alignent proches les uns des autres le long d'un canal qu'ils ont suivi pour se défiler », rapporte le JMO du II/34e RI. Les soldats Bauer, Léon Laffitte, Dufour, Délis, Bonaca, Loubère, Brocas, Grocq figurent parmi les blessés, et le sous-lieutenant Demange a été fortement commotionné. 

    La progression des hommes de Frisou reprend. Compte rendu d'opérations de la 6e compagnie : « Des hommes des diverses sections, entraînés par le lieutenant Frisou, le sous-lieutenant Marsan, l'adjudant Labat René, atteignent assez rapidement le carrefour de Neyran, le château à proximité reconnu et des postes sont placés sur la route allant à Soulac-sur-Mer et à la maison La Gare. La liaison est prise avec les Somaliens qui ont occupé Soulac-sur-Mer. » Contact est également pris avec le III/34e RI qui a longé la Gironde [...]"

    19 avril 1945

    "Deux bataillons s'apprêtent à marcher vers Le Verdon : le III/34e en direction de la Grande-Sarretière et du Môle du Verdon (dit môle d'escale), le II/34e vers la localité par l'ouest et le sud. [...] C'est la section de l'adjudant René Labat (6e compagnie) qui est partie en tête, arrivant au Verdon à 11 h 30, selon le rapport du lieutenant Frisou. Les volontaires aquitains ont marché « en profitant des digues qui fragmentent le terrain marécageux », franchissant les chenaux « avec de l'eau jusqu'à la ceinture », indique le JMO du régiment. [...] Qui est entré le premier dans Le Verdon ? Le JMO du II/34e RI, corrigeant une version initiale, n'a pas tranché : cet honneur est revenu conjointement à l'adjudant Labat, de la «6», et à l'aspirant Gorry, de la «9». Commandant la 9e compagnie, qui progressait à la droite de la 6e, le lieutenant Martinoty a été « légèrement blessé par un éclat ». Durant le temps de midi, le drapeau français est hissé sur le château d'eau du môle d'escale par le capitaine André Huser, commandant la compagnie de choc. Ses hommes « avancèrent par bonds, alternant feu et mouvement comme sur la place d'exercice. Les Allemands furent tués à leurs pièces », note le commandant Baril, qui a reçu, depuis un avion, et par son auteur, ce message du colonel Jean de Milleret : « Félicitations chaleureuses au 34e RI » [...]

    C'est le soir que la progression reprend en direction de la Pointe de Grave. A 18 h 15, selon le compte-rendu de la compagnie de choc du III/34e, qui suit la voie ferrée Le Verdon – Soulac. A 19 h 30, pour le JMO du régiment. Les Français bénéficient de l'appui de leur artillerie, de leur aviation – au II/34e, on se souvient de l'intervention de « huit chasseurs bombardiers [qui] affolent, par leurs bombes et leurs tirs de mitrailleuse, les résistances » - et de tanks destroyers. Mais la nuit qui est tombée ne permet pas l'attaque des résistances ennemies rencontrées. A 22 h 15, la compagnie de choc, qui n'avait pu réaliser la liaison avec des troupes amies à gauche, se replie, pour passer une « nuit glaciale ». « Le personnel s'endort sans manger, les hommes étant trop fatigués, la garde est assurée par la 13e compagnie », confirme le journal de la 14e compagnie. « Les hommes sont harassés », note pour sa part le rapport de la compagnie Frisou, qui progressait avec la 10e accompagnée du capitaine Doussy. Cette dernière a été arrêtée par des tirs d'armes automatiques. « Le sous-lieutenant Martin est blessé à la tête, le soldat Larrieu est fait prisonnier », précise le JMO du bataillon Duchez. C'est donc à 22 h que la liaison a pu être réalisée par la 9e compagnie, aux Grandes-Maisons, avec le 131e RI. [...]

    20 avril 1945. 

    La fin des combats dans le Médoc est proche. Ultimes objectifs : le Fort du Verdon et la Pointe de Grave. Pour les enlever, pas moins de trois régiments d'infanterie seront engagés. Une concentration de troupes qui ne sera pas sans poser problème. L'adjudant-major du II/34e RI, le capitaine Ferré, devra aller discuter avec les officiers du 131e RI qui opérait la veille dans le secteur de la 9e compagnie et « qui prétend atteindre Le Verdon, note le JMO du bataillon Duchez. Après plusieurs pourparlers, le 131e entend raison et ses éléments de droite ne dépassent pas les Grandes Maisons. Par contre, les éléments de gauche serrent vers la côte de l'Atlantique en direction d'un ouvrage dit du Sémaphore... », c'est-à dire celui du Verrier-Saint-Nicolas (Y 156/S 305). [...]

    C'est, précise le JMO du II/34e RI, le corps franc du I/34e, commandé par le capitaine Pruvost, qui a obtenu ce succès [la prise du blockhaus où s'est réfugié le colonel allemand Prahl], concrétisé par le déploiement du drapeau français sur le phare de la Pointe de Grave par le commandant Badie et le colonel de Milleret." 

Sources : archives du 34e RI, GR 12 P 8, SHD.



Le 32e régiment d'infanterie (1944-1945)


Le lieutenant-colonel Costantini défile à Tours à la tête de la 32e demi-brigade.
Photo parue dans le livre de Jean Druart, Le Maquis d'Epernon.

Chef de corps : lieutenant-colonel René Costantini, 41 ans, puis lieutenant-colonel Langlet (5 avril 1945).

Créé le 15 octobre 1944 par changement d'appellation de la 32e demi-brigade (groupement d'Epernon de la Brigade Charles-Martel jusqu'au 25 août 1944). Recruté dans l'Indre-et-Loire. Organisation : 1er bataillon du commandant Louis-Raoul Vialle, 2e bataillon du commandant Gabriel Robillard.

11 novembre 1944 : dirigé sur la Poche de Saint-Nazaire.

13 novembre 1944 : le II/32e RI relève le 6e bataillon de Loire-Inférieure (capitaine Jean Raux dit Lassere) à Saint-Etienne-de-Montluc (PC à Saint-Thomas). Le I/32e arrive dans la même localité le lendemain. Un bataillon tiendra le quartier du Temple-de-Bretagne, l'autre s'installera à La Haie-Meriais. Le lieutenant-colonel Costantini commande le sous-secteur de Saint-Etienne-de-Montluc.

27 novembre 1944 : première victime sur le front, le caporal Gabriel Aviron (I/32) est mortellement blessé. Il décède le lendemain à Nantes.

18 décembre 1944 : le bataillon VII/4 est versé dans le I/32e RI. Ce bataillon, dit Dominique, a été recruté en Indre-et-Loire. Il avait accueilli la 1ère compagnie de la Mayenne du capitaine Léon Bodin. Sous les ordres du commandant Wilfried Libot (Dominique), il est au front dans la partie Sud de la Poche de Saint-Nazaire depuis septembre 1944, ayant notamment perdu trois officiers tués. Le commandant Desteaux de ce bataillon devient adjoint au lieutenant-colonel Costantini.

17 janvier 1945 : le sergent-chef Charles Dorigny (I/32e RI) est tué à Cordemais.

16 février 1945 : la compagnie Maréchalle du groupe d'escadrons de Rochecouste (FFI du Maine-et-Loire) devient 4e compagnie du II/32e RI.

18 février 1945 : le 8e bataillon de la Sarthe prend l'écusson du III/32e RI (il devient officiellement ce bataillon le 1er mars 1945). Ce bataillon sous les ordres du capitaine André Demenois correspond à l'ancien bataillon III/4.

2 mars 1945 : les sous-lieutenants René Monnier et Guy Berset de Veaufleury du I/32e RI exécutent une patrouille à La Croix Marzelle. "Le lieutenant Monnier qui est en tête de la colonne se prend dans un fil de fer de mine, cette dernière explose" (journal de marche du 32e RI). Les deux officiers sont tués.

17 mars 1945 : toute la CA (lieutenant Viguié) du I/32e RI est "habillée en tenue anglaise".

1er avril 1945 : création de la 25e division d'infanterie (général Raymond Chomel) à laquelle le 32e RI est affecté.

Avril 1945 : le 32e RI incorpore des volontaires d'unités dissoutes : le 5e bataillon de Loire-Inférieure du capitaine René Karrière, le 6e bataillon de Loire-Inférieure, la compagnie du capitaine Guy Vigière d'Anval du 7e bataillon de Loire-Inférieure (elle devient la 5e compagnie du II/32e RI), etc. 

19-20 avril 1945 : le régiment perd deux morts et six blessés.

21 avril 1945 : le II/32e RI déplore trois tués à cause de tirs d'artillerie.

5 mai 1945 : Jules Fouillet et Marcel Croisnier sont portés disparus lors d'une reconnaissance. Ils sont déclarés morts pour la France.

9 mai 1945 : dans un ordre du jour, le lieutenant-colonel Langlet écrit : "Les hostilités cessent à partir de minuit. Trêve jusqu'à cette heure. Vive le 32e". La capitulation de la Poche de Saint-Nazaire a été signée à Cordemais.

Durant les opérations de Saint-Nazaire, le 32e RI (Brigade Charles-Martel et 8e bataillon de la Sarthe) aura déploré la mort de 43 hommes, dont le sous-lieutenant Maurice Fuzellier, décédé le 30 mai 1945 à Nantes.

Encadrement du 32e RI


Lcl René Costantini puis Lcl Langlet
EM : Cdt Nageotte, Lcl R. Costantini

 
I/32e, Cdt Raoul Vialle
Etat-major: Cne Raymond Jammes
1e cie, Cne André Desbiens
2e cie, Ltn René Viguié
3e cie, Ltn Pieutord puis Cne L. Bodin puis Ltn Blanchet
4e cie, Ltn Fossard 

II/32e, Cdt Gabriel Robillard
Etat-major : Ltn Hubin, Cne G. Mansuy
1e cie (5e), Ltn Edmond Bretegnier puis Slt Sueur
2e cie (8e puis CB), Ltn Gustave Bosse
3e cie (CA), Cne Georges Mansuy puis Cne Ollive
4e cie (6e cie), Cne Marechalle
5e cie (7e cie), Cne Vigiere d'Anval

III/32e (Bataillon 3/4  ou 8e bataillon de la Sarthe), Cne André Demenois
Etat-major : Cne Raoul Bazire
CC, Ltn Racois
1e cie, Ltn Racois puis Slt Courtet
2e cie, Ltn Norguet
3e cie, Ltn Le Cam
4e cie (11e cie du III/32e), Cne Robert Dreux puis Cne Paul Motreul
5e cie, Cne Leroy

Sources : archives du 32e RI, GR 12 P 7, SHD ; archives des bataillons de Loire-Inférieure, GR 13 P 81, SHD ; colonel Jean DRUART, Le Maquis d'Epernon, éditions Hérault, 1991.


lundi 31 mars 2025

Les 23e et 27e régiments d'infanterie (1945)


Des anciens volontaires du Morvan (27e RI) en Autriche, après la fin des combats. 
Photo parue dans le magazine Regards.  


23e régiment d'infanterie

Chef de corps : colonel Jean Lacroix.

Créé le 16 février 1945 sur le territoire de la 10e région militaire par la réunion des bataillons de sécurité I/10, II/10 et III/10, renforcés par le bataillon IV/10 de Mulhouse. Parmi ces unités, le bataillon I/10 avait reçu des éléments du Bataillon d'Alsaciens-Lorrains (commandant Marcel Schmidt) ; le bataillon II/10 "Alsace" a été formé à Nancy le 16 décembre 1944 par le chef d'escadrons Derringer (ce bataillon portait l'écusson du 5e régiment de cuirassiers).

Organisation : I/23e RI, commandant M. Schmidt puis capitaine Jean Schlumberger ; II/23e RI, commandant Maurice Perrino puis commandant Toussaint Bartoli ; III/23e RI, commandant Lucien Lang puis commandant Georges Ledis.

Opérations 

3 avril 1945 : la 13e compagnie du III/23e RI entre en Allemagne à Bobenthal.

13 avril 1945 : le régiment quitte la caserne Stirn de Strasbourg et relève le III/152e RI.

15 avril 1945 : au moment de l'arrivée de la 1ère armée française à hauteur de Kehl, la 5e compagnie (capitaine Jean Gutter) du I/23e RI traverse le Rhin en barques devant la ville et fait des prisonniers. Une section de la 4e compagnie présente les armes au général de Lattre venu à Kehl.

18 avril 1945 : deux compagnies participent au nettoyage de la rive droite du Rhin.

25 avril 1945 : le régiment quitte Strasbourg, débarque en train à Woerth et se porte sur Karlsruhe.

A la fin des combats, le I/23e RI est à Karlsruhe, le II/23e RI à Spire et Germersheim, le III/23e à Landau.

Source : archives du 23e RI, GR 12 P 6, SHD Vincennes.


27e régiment d'infanterie

Chef de corps : lieutenant-colonel Albert Sarda de Caumont (Rosette), 45 ans.

Créé le 19 février 1945 dans la zone d'opérations de la 1ère armée française en incorporant les volontaires du 1er Régiment du Morvan (1 247 hommes originaires de l'Yonne et de la Nièvre) et du 1er Régiment de Franche-Comté (1 588 hommes originaires du Doubs, du Jura et de la Loire). Le I/1er RFC devient I/27e RI (commandant Deleu), le II/1er RFC se transforme en II/27e RI (capitaine Edouard Filarder), le 1er Régiment du Morvan donne naissance au III/27e RI (capitaine Jacques Lintilhac), le III/1er RFC forme les unités régimentaires. Le 27e RI est renforcé le 1er mars 1945 à Mulhouse par le Bataillon du Gard du commandant Michel Bruguier (versé au I/27e RI et dans les unités régimentaires).

Intégré dans la 4e division marocaine de montagne en remplaçant le 1er RTA le 16 mars 1945. Effectifs du régiment : 710 cadres de l'armée régulière, 3 110 volontaires FFI.

Opérations 

29 mars 1945 : le 27e RI s'installe dans le secteur de Sainte-Croix-en-Plaine et Neuf-Brisach, sur le Rhin. Il perd onze tués, 21 blessés, deux disparus durant cette période de garde du fleuve.

18 avril 1945 : il passe le Rhin à Kehl et se porte sur Legelshaut où il est placé en réserve.

22 avril 1945 : enlevé en camions, le 27e RI atteint le Danube à Donaueschingen, puis gagne Deisslingen et Schwennergen. Il est engagé dans des opérations de nettoyage, faisant plus de 400 prisonniers, au prix de deux blessés.

23 avril 1945 : la 3e compagnie du I/27e RI se rend à Pfattenweiller, le III/27e RI agit dans le secteur de Woltkerdingen. Bilan : 42 prisonniers.

24 avril 1945 : une violente action allemande sur Marbach surprend la 4e DMM, et notamment la 4e DMM. "La 4e compagnie est pratiquement anéantie", note le JMO du régiment. Il y a huit tués, dont le sous-lieutenant Eugène Bonnet et l'aspirant Claude Hentschel.

25 avril 1945 : le 27e RI fait son retour à Marbach à 17 h 10.

Pertes du régiment : 26 morts identifiés.

Sources : archives du 27e RI, GR 12 P 7, SHD Vincennes ; Louis et Nicole PORCHET-MARREL, Les combattants volontaires de Franche-Comté, 1990 ; Pierre SCHERRER, Royal Morvan Infanterie 44, Paris, 1990.

lundi 17 mars 2025

Le 6e régiment d'infanterie (1944-1945)


Des hommes du Régiment Foch (futur III/6e RI). Photo publiée dans le livre "Bataillon Foch
(1944-1945)", Lucien Couturier et Jacques Faugerat, 1977.

 Chef de corps : lieutenant-colonel Pierre Chambre (capitaine d'active de 37 ans) puis colonel Jean-Marie Reymond (15 avril 1945).

Créé le 1er décembre 1944 devant La Rochelle par changement de dénomination du Régiment Bir-Hacheim (FFI de Charente). Compte trois bataillons confiés au capitaine Bernard Tandonnet, 29 ans, au capitaine Pierre Gagnaire, 27 ans, et au commandant René Vallentin.

Au 15 décembre 1944, défend les quartiers de Saint-Pierre et de Baudry, tandis qu'un bataillon est à Rochefort.

Renforcé le 1er mars 1945 par le 123e RI FFI (Régiment Foch) du lieutenant-colonel Auguste Bouvron (Auger), qui devient III/6e RI et monte en ligne le 5 mars 1945 devant Royan.

Engagé dans les combats de réduction des Poches de Royan et La Rochelle.

14 avril 1945 : tandis que la 11e compagnie (lieutenant Charles Wacherot) renforce le bataillon Richon du 1er Régiment de Bigorre, la 9e compagnie du lieutenant Joseph Fournier et la 10e du lieutenant Paul Coutant, soutenues par le peloton Bertoleaud du 13e régiment de dragons, ont pour objectifs Musson et Toussonge, au nord-ouest de Semussac, lors de l'offensive contre Royan. Les deux compagnies attaquent dans la matinée et atteignent leurs objectifs vers midi. Le III/6e RI, qui fait entre 30 et 50 prisonniers, s'installe en défensive aux Brandes. Dans l'après-midi, il est soumis à des tirs d'artillerie. A la 11e compagnie, vers 22 h, le soldat Georges Rouffaud "est tué par un obus tombé à 20 cm de sa tête" (journal de la 11e compagnie). Trois soldats ont également été blessés dans cette journée.

28 avril 1945 : Henri Fleitz est tué devant La Rochelle.

1er mai 1945 : le I/6e RI, qui appartient au groupement Mingasson (avec le 13e RI), attaque sur Yves, Voutron, Thairé et Ballon, dans la Poche de La Rochelle. Un accrochage devant les blockhaus d'Angoulins coûtent quatre tués au régiment : le Dr Louis Hébrard, Jean-François Bouvard, Raymond Gtaltier et Fernand Charriaud. 


Ordre de bataille du III/6e RI (Bataillon Foch) au 13 avril 1945

Etat-major : Lcl Auger (Bouvron), Cdt Gary, Cdt Wagner (commandant technique militaire), Cne Boursier, Slt Schons, Asp Gagnebien, Slt Navrancourt, Slt Marmayou, Cdt Garnier, Cne Goulemot, Méd-Ltn Lamoureux, Méd-Ltn Boutiron.

9e compagnie : Ltn Fournier, Slt Pruvost (adjoint), Adc Wohlfaert, Adc Cerf et Adc Gravaouil (chefs de sections).

10e compagnie : Ltn Coutant, Ltn André (adjoint), Slt Aubon, Adc Dudognon, Adc Michelet, Asp Moreau (chefs de sections).

11e compagnie : Ltn Wacherot, Slt Perrot-Minot, Adj Bineau, Adj Marot, Asp Markert (chefs de sections)

CA 3 : Ltn Nicolas, Asp Bernard, Adc Kindig, Adc Schmitheisler, Slt Rey (chefs de sections).


Sources : archives du 6e RI, GR 12 P 4, SHD ; archives du Régiment Foch, GR 13 P 77, SHD.


vendredi 14 mars 2025

Le 1er régiment d'infanterie (1944-1945)


La musique du 1er RI à la libération de Bourges.
(Photo parue dans le livre "Les Bandes de Picardie").
 


1er RI

Chef de corps : lieutenant-colonel Jean Ribaud, 51 ans, puis colonel Maurice Rudloff.

Recréé le 14 août 1944 dans les maquis du Cher-Sud. Forme l'ossature de la Brigade Bertrand, commandée par le colonel René Marchand, chef de corps du 1er RI jusqu'en 1942. Constitué de deux bataillons : le I/1er RI du chef d'escadrons Pierre Roy (Prince), 40 ans, et le III/1er RI du commandant Paul Vachet. Participe à la libération de Bourges et aux combats contre la "colonne" Elster. Effectifs de 1804 hommes au 6 octobre 1944.

Composante de la Brigade Bertrand, arrive dans la région de Saint-Jean-d'Angély le 16 novembre 1944. Affecté à la Poche de Royan.

Monte en ligne dans la nuit du 12 au 13 décembre 1944 dans le sous-secteur de Thénac, après avoir relevé les II et III/107e RI. Relève du III/1er RI par le II/33e demi-brigade (autre unité de la Brigade Bertrand) le 22 décembre 1944, puis relève du I/1er RI par le III/1er RI (PC à Briagne) le 30 décembre 1944. Durant cette première quinzaine de présence sur le front, perd plusieurs victimes (Georges Petit, Pettelu, Louis Mathonnière, Xavier Damion, Henri Aufrere).

Visé le 4 janvier 1945 à 5 h 45 par une action offensive allemande. Grâce à l'appui du I/72e RA (artillerie de la Brigade Bertrand), l'attaque est "brillamment repoussée" (JMO du 1er RI). Pertes : un tué (Lucien Tisserand), deux blessés, contre douze prisonniers. La 11e compagnie du capitaine Clément Chartier est félicitée par le colonel Rudloff pour son comportement au feu.

Relève du III/1er RI par d'autres éléments de la Brigade Bertrand dans la nuit du 11 au 12 janvier 1945. Retour dans le Cher, à partir du 12 février 1945, de la Brigade Bertrand, qui forme le noyau de la nouvelle 1ère division d'infanterie (général Jean Caillies). Durant cette période, le I/34e demi-brigade (commandant André d'Aramon) devient II/1er RI le 5 février 1945, et les unités régimentaires du 1er RI sont formées par le V/33e RI (bataillon de marche de Cambrai) du capitaine Henri Roger, dissous le 4 mars 1945.

Toujours cantonné à Bourges au 25 avril 1945. Puis fait mouvement avec la division pour rejoindre la 1ère armée française. Le 2 mai 1945, "à 7 h, nous foulons enfin le sol allemand", note le journal de marche de la 5e compagnie. Cantonné à Daugendorf, Riedlingen, Zwiefaltendorf et Friedlingen. Défend un pont sur le Danube, à Dettingen, le 3 mai 1945. Participe, avec le III/15e RA et le concours de l'aviation, à une opération de nettoyage, les 7 et 8 mai 1945 (500 prisonniers).

Encadrement du 1er RI 

Lieutenant-colonel Jean Ribaud puis colonel Maurice Rudloff 

Etat-major : commandant André Boyer-Vidal, lieutenant-colonel Eugène Jannot 

I/1er, commandant Pierre Roy
2e compagnie, lieutenant Antion
3e compagnie, capitaine Paul de Lafond
5e compagnie, capitaine Marcel Rousseau
6e compagnie, capitaine Berthod
7e compagnie, lieutenant Georges Roidot 

II/1er, commandant André Sauvan d'Aramon 
5e compagnie, capitaine Charpentier

III/1er, capitaine Jacques Mazin puis Cdt Paul Vachet
4e compagnie, lieutenant Brassens
9e compagnie, lieutenant Bernard Féral
10e compagnie, capitaine Jean Garandeau
11e compagnie, capitaine Chartier 

CAC, capitaine Henri Roger
CCI, capitaine Maurice Bourbotte

Sources : archives du 1er RI, GR 12 P 2, Service historique de la Défense ; Les Bandes de Picardie. Le 1er régiment d'infanterie dans la Résistance, éditions France-Empire, 1975 ; correspondance avec l'amicale des vétérans du 1er RI.