33e régiment d'infanterie
Chef de corps : colonel Léon Gros.
Recréé le 15 janvier 1945 sur ordre du général Deligne, commandant la 1ère région militaire (Lille), avec des bataillons mis sur pied entre le 16 septembre et le 30 octobre 1944. Porte également l'appellation de 33e RINE (régiment d'infanterie non endivisionné).
Organisation : état-major à Valenciennes. 1er bataillon (Arras) : commandant Heduy. 2e bataillon (Lille) : commandant Gauthier Sainte-Marie, mis sur pied comme I/43e RI. 3e bataillon (Saint-Omer) : commandant Léon Pecqueur puis capitaine Helme-Guizon, créé comme IV/110e RI. Le régiment est équipé à l'anglaise. A noter qu'il existait également un V/33e RI (bataillon de marche de Cambrai) du capitaine Henri Roger, versé au 1er RI.
Opérations
7 avril 1945 : le II/33e RI fait mouvement vers la Poche de Dunkerque. Installé à Bourbourg, Looberghe, Craywick, à la distillerie du Grand-Millebrugghe.
10 avril 1945 : action offensive allemande contre les positions du II/51e RI. Le II/33e RI reçoit l'ordre de réoccuper Vanherseck, Stevenoo et le pont de Spcyker qui étaient perdus. La ferme Vanherseck ne peut être reprise par la 6e compagnie que le capitaine Galland, commandant la compagnie de commandement, reprend en main.
11 avril 1945 : reprise de l'attaque à 17 h 30. "La 9e compagnie parvient à Stevenoo mais est prise sous un violent tir de barrages qui lui inflige des pertes sévères" (historique du 33e RINE). L'opération est un nouvel échec, les hommes se replient à minuit. Le II/33e RI a perdu quatre morts, huit disparus et 40 blessés dont le lieutenant Verwickt (9e compagnie) et le sous-lieutenant Isnard, commandants de compagnies. Il a fait cinq prisonniers.
12 avril 1945 : le I/33e RI parti d'Arras arrive sur le front de Dunkerque, à Bourbourg, et monte en ligne derrière le II/33e RI.
15 avril 1945 : la section du sous-lieutenant Roger Callewaert (8e compagnie) appuie une attaque de la brigade tchèque sur le pont de Spycker, Stevenoo et la filature. C'est encore un échec, qui lui coûte quatre tués dont le sous-lieutenant Callewaert et huit blessés.
16 avril 1945 : nouvelle action offensive allemande. Le II/33e RI plie mais ne rompt pas. Il fait cinq prisonniers. Dans la nuit du 16 au 17, le I/33e RI relève le 51e RI sur ses positions.
17 avril 1945 : une trêve permet le retour de six prisonniers du II/33e RI.
1er mai 1945 : le sous-lieutenant Agulhon du II/33e RI est blessé à mort en piégeant sa position.
2 mai 1945 : le capitaine Basseux (8e compagnie), les sous-lieutenants Sauvage et Guittard sont blessés par l'explosion d'une grenade.
5 mai 1945 : ultime accrochage impliquant le 33e RI. A la reddition de Dunkerque, il aura perdu seize tués et 81 blessés.
Encadrement du 33e RINE
Colonel Léon Gros
EM : Cdt Fernand Lhermitte
I/33e RI, Cdt Heduy
Etat-major : Cne Crespin, Cne Wallet
CC, Cne Duriez
1e cie, Slt Jarrelot
2e cie, Ltn Moulin
3e cie, Ltn Peyronnet
4e cie, Ltn Marsy
5e cie, Ltn Codevelle
II/33e RI, Cdt Gauthier de Sainte-Marie
Etat-major : Cne Delie
CC, Cne Galland
6e cie, Cne Schneider
7e cie, Cne Lobrecht
8e cie, Cne Basseux
9e cie, Ltn Verwickt puis Cne Hernarestienne
10e cie, Cne Delannoy
III/33e RI, Cdt Léon Pecqueur puis Cne Helme-Guizon
Etat-major : Cne Lion puis Cne Joyez
CB3, Slt Holuigue puis Ltn Wartel
11e cie, Ltn Lecointe
12e cie, Cne Herbaut
13e cie, Cne Queniart
14e cie, Ltn Mercier
15e cie, Cne Caron
Sources : archives du 33e RI, GR 12 P 8, SHD.
34e régiment d'infanterie
Chef de corps : lieutenant-colonel Léonce Dussarat (Léon des Landes).
Recréé le 21 décembre 1944 (officiellement le 1er janvier 1945) sur le front du Médoc. Une note de service du colonel Jean de Milleret, commandant la Brigade Carnot et datée du 8 décembre 1944, avait prescrit la création du II/34e RI par fusion du Bataillon Aturin (dit d'Aire-sur-Adour) et du Bataillon Doussy.
Organisation : Chef d'état-major : commandant François Badie. 1er bataillon (commandant Louis Claverie) : issu des Bataillons Nord-landais et Georges. 2e bataillon (commandant Tramond puis commandant Robert Duchez) : issu du bataillon Aturin (commandant Tramond puis capitaine Baradat), du Bataillon d'Arcachon (Duchez) et de la Compagnie Doussy. 3e bataillon (commandant Jean Barret) : bataillon Atlantique du Lot-et-Garonne.
15 janvier 1945 : le II/34e RI relève le II/7e RIC (et le I/7e RIC le 17 janvier 1945). Son PC est à Dignac.
31 janvier 1945 : deux tués au régiment.
15 février 1945 : une patrouille du I/34e RI perd six prisonniers dans un accrochage sur la route La Hourcade - Saint-Vivien.
17 mars 1945 : le lieutenant Graille de la 3e compagnie est blessé.
28 mars 1945 : le Bataillon Atlantique du Lot-et-Garonne (commandant Maurice Baril puis commandant J. Barret), arrivé le 12 décembre 1944 dans le Médoc et présent en ligne depuis le 16 février 1945, est rattaché au 34e RI dont il forme le 3e bataillon.
14 avril 1945 : offensive de la Brigade Carnot contre la Poche du Médoc. Le 34e RI occupe Château-Canau.
15 avril 1945 : progression "pénible sur terrain inondé". Le régiment est accroché devant l'ouvrage UP9. La journée est rude, le soldat Joseph Bauer, notamment, est tué. A 22 h, repli sur le Marais des Pêcheries, la base de départ.
16 avril 1945 : parti de Saint-Vivien, le II/34e RI prend Port-Saint-Vivien et les défenses de la Pointe des Oiseaux.
18 avril 1945 : le régiment a pour objectif Neyran. Le chenal de Talais est franchi, le fossé anti-chars atteint, et la coupure franchie par la plage. Les pertes sont très lourdes : à la 10e compagnie du II/34e (lieutenant Lalanne), les soldats Jean Duviella et Julien Laffitte sont tués ; la 6e compagnie (lieutenant Frisou) déplore cinq morts ; le III/34e (Lot-et-Garonne) est également éprouvé : le lieutenant Charles Kempeners, Léon Cégeski et Ernest Prouvé sont tués, Fernand Marrot et Gabriel Bonnet mortellement blessés... Au moins treize soldats du 34e RI ont perdu la vie ce jour-là.
19 avril 1945 : après la reddition du blockhaus de La Longue, le régiment participe à la progression sur Le Verdon (II et III/34e RI). Ses hommes entrent dans la matinée dans la localité, où le II/34e libère des camarades capturés à Saint-Vivien ainsi que des prisonniers du 154e régiment du génie d'assaut (2e régiment d'infanterie du Lot). Puis le drapeau français est hissé sur le château d'eau du môle d'escale par le capitaine André Huser, commandant la compagnie de choc du III/34e RI (15e compagnie). Direction ensuite la Pointe de Grave. Le sous-lieutenant Martin, de la 10e compagnie, est blessé, mais à 22 h, la liaison est réalisée avec le 131e RI.
20 avril 1945 : le capitaine Jean L'Huillier, du I/34e RI, obtient la reddition du colonel Prahl, commandant la forteresse Médoc. Les combats s'achèvent avec la prise de l'ouvrage Y 156.
22 avril 1945 : le commandant Badie, qui avait le commandement opérationnel du régiment pour ces opérations, est fait chevalier de la Légion d'honneur, et le soldat Octave (9e compagnie) reçoit la Croix de guerre lors d'une cérémonie à Grayan.
6 mai 1945 : décès à Villenave-d'Ornon de Guy Géraud, 16 ans, des suites de ses blessures.
16 avril 1945.
"Si les I et III/34e RI ont décroché dans la nuit, c'est, explique le journal de marche du régiment, pour permettre à l'artillerie et à l'aviation d'entrer en action. Les bataillons Claverie et Barret reprennent leur marche en avant mais sont bloqués, le premier devant Port-Saint-Vivien, le second « dans les marais, devant le chenal de Saint-Vivien qu'il n'a pas pu franchir, gêné par les défenses de la Pointe aux Oiseaux», précise le journal du II/34e RI.
C'est ce bataillon Duchez qui va débloquer la situation, grâce à une manœuvre « hardie » de la 7e compagnie du lieutenant Jean Dandi. Partie de Saint-Vivien « en ruines », cette unité, explique le rapport du commandant Baril, « se porte vers Port-Saint-Vivien ». Le JMO régimentaire détaille les opérations : « Le pont de la Courtine est atteint à 12 h 20, le commandant Badie décide la progression vers le Château sans nom avec éléments de protection vers l'ouest (sortie de Saint-Vivien). En même temps, il appelle en renfort la 10e compagnie (II/34). A 14 h 30, après quelques petits accrochages au nord-ouest du Château sans nom, le commandant Badie occupe ce dernier et l'Abattoir et prend contact avec le lieutenant Ferry du régiment des Somalis, dont les premiers éléments se trouvent à Aigues-Rennes. » Prochain objectif : Port-Saint-Vivien. L'attaque sera menée vers 19 h 30 par la compagnie Dandi, « avec une section des Somalis arrivée en même temps ». La résistance ennemie est brève, la localité occupée. Bilan : 22 prisonniers. Grâce au balisage des itinéraires à travers les champs de mines, la voie est désormais ouverte pour le I/34e RI. Journal du II/34e : « La 7e se porte alors vers la Pointe aux Oiseaux dont les défenses sont dirigées par un pur nazi qui a le grade d'adjudant-chef. Les lignes ennemies sont investies. Le lieutenant Dandi s'avance résolument vers un blockhaus et parlemente. Le moment est tragique. Le chef allemand semble prêt à faire usage d'explosifs mais non, il se rend. Le 3e bataillon a le champ libre. » C'est vers minuit que les hommes de Dandi et du sous-lieutenant Cluzeau qui l'accompagne reviennent à Port-Saint-Vivien où le reste de la 7e compagnie s'est installé, tandis qu'une section de la 10e compagnie du lieutenant Lalanne a été laissée à Saint-Vivien. Bilan de la journée, selon le commandant Badie : plus de 100 prisonniers. [Agé de 44 ans, Fernand Lasserre est décédé le 16 avril 1945 après avoir été mortellement blessé par un obus. C'est son fils Jean, également engagé au régiment, qui a évacué son corps. Autre victimes du 34e RI : Jean Lapena, 19 ans, mort à Saint-Vivien, Emile Lapeyre et André Laville, tués par obus à Château Canau]". [...]
17 avril 1945.
"Pour sa part, à l'est de la poche où les inondations n'ont jusque-là permis que des gains de terrains limités, le 34e RI s'apprête à progresser une fois le fossé anti-chars franchi : les 1er et 3e bataillons sont placés sur le bord Nord du chenal de Talais, avec PC respectifs au Cheyzin et à UP 10, le 2e bataillon de Port Saint-Vivien à Haute-Rivière, avec PC au moulin de Campardon.
18 avril 1945.
Objectif Neyran. C'est la mission dévolue au 34e RI. Plus précisément au 2e bataillon du commandant Robert Duchez. Les deux autres bataillons du régiment participent à l'opération : ils doivent se positionner en avant du chenal de Talais afin de longer la Gironde et franchir le fossé anti-chars du « camp retranché » de Soulac.
Le mouvement commence à 12 h. Déjà, les hommes sont pris sous le feu ennemi. La 6e compagnie du lieutenant Frisou – c'est l'ancienne 3e compagnie du Bataillon Aturin - franchit le chenal, suivie par la 9e et imitée par la 10e du lieutenant Lalanne. Le fossé anti-chars est atteint. « Il faut le franchir par la plage aux vues de l'ennemi qui observe du Verdon », note le JMO du bataillon Duchez. Ce document précise : « Un violent tir d'artillerie est déclenché par l'adversaire. La 10e compagnie est clouée au sol peu après le passage du chenal de Talais. Quoiqu'elle ne soit pas particulièrement prise à partie elle a deux morts, les soldats Duviella et Laffitte [Jean Duviella, 21 ans, et Julien Laffitte, 22 ans, morts le 19 avril 1945]. Les compagnies de tête sont stoppées par le tir d'artillerie. La 9e ne subit aucune perte. Un de ses hommes, commotionné, a dû être évacué. C'est le soldat Quesada. Par contre, la 6e a été durement éprouvée. Les éléments du 3e bataillon qu'elle a rattrapés gênent sa marche en avant et la maintiennent sous le barrage. » Au sein de la compagnie Frisou, ont été tués l'adjudant Georges Mora, 27 ans, les sergents René Dupéré, 29 ans, Henri Despérès, 24 ans, et Sabatté, le soldat Vignolles. « Leurs corps déchiquetés s'alignent proches les uns des autres le long d'un canal qu'ils ont suivi pour se défiler », rapporte le JMO du II/34e RI. Les soldats Bauer, Léon Laffitte, Dufour, Délis, Bonaca, Loubère, Brocas, Grocq figurent parmi les blessés, et le sous-lieutenant Demange a été fortement commotionné.
La progression des hommes de Frisou reprend. Compte rendu d'opérations de la 6e compagnie : « Des hommes des diverses sections, entraînés par le lieutenant Frisou, le sous-lieutenant Marsan, l'adjudant Labat René, atteignent assez rapidement le carrefour de Neyran, le château à proximité reconnu et des postes sont placés sur la route allant à Soulac-sur-Mer et à la maison La Gare. La liaison est prise avec les Somaliens qui ont occupé Soulac-sur-Mer. » Contact est également pris avec le III/34e RI qui a longé la Gironde [...]"
19 avril 1945
"Deux bataillons s'apprêtent à marcher vers Le Verdon : le III/34e en direction de la Grande-Sarretière et du Môle du Verdon (dit môle d'escale), le II/34e vers la localité par l'ouest et le sud. [...] C'est la section de l'adjudant René Labat (6e compagnie) qui est partie en tête, arrivant au Verdon à 11 h 30, selon le rapport du lieutenant Frisou. Les volontaires aquitains ont marché « en profitant des digues qui fragmentent le terrain marécageux », franchissant les chenaux « avec de l'eau jusqu'à la ceinture », indique le JMO du régiment. [...] Qui est entré le premier dans Le Verdon ? Le JMO du II/34e RI, corrigeant une version initiale, n'a pas tranché : cet honneur est revenu conjointement à l'adjudant Labat, de la «6», et à l'aspirant Gorry, de la «9». Commandant la 9e compagnie, qui progressait à la droite de la 6e, le lieutenant Martinoty a été « légèrement blessé par un éclat ». Durant le temps de midi, le drapeau français est hissé sur le château d'eau du môle d'escale par le capitaine André Huser, commandant la compagnie de choc. Ses hommes « avancèrent par bonds, alternant feu et mouvement comme sur la place d'exercice. Les Allemands furent tués à leurs pièces », note le commandant Baril, qui a reçu, depuis un avion, et par son auteur, ce message du colonel Jean de Milleret : « Félicitations chaleureuses au 34e RI » [...]
C'est le soir que la progression reprend en direction de la Pointe de Grave. A 18 h 15, selon le compte-rendu de la compagnie de choc du III/34e, qui suit la voie ferrée Le Verdon – Soulac. A 19 h 30, pour le JMO du régiment. Les Français bénéficient de l'appui de leur artillerie, de leur aviation – au II/34e, on se souvient de l'intervention de « huit chasseurs bombardiers [qui] affolent, par leurs bombes et leurs tirs de mitrailleuse, les résistances » - et de tanks destroyers. Mais la nuit qui est tombée ne permet pas l'attaque des résistances ennemies rencontrées. A 22 h 15, la compagnie de choc, qui n'avait pu réaliser la liaison avec des troupes amies à gauche, se replie, pour passer une « nuit glaciale ». « Le personnel s'endort sans manger, les hommes étant trop fatigués, la garde est assurée par la 13e compagnie », confirme le journal de la 14e compagnie. « Les hommes sont harassés », note pour sa part le rapport de la compagnie Frisou, qui progressait avec la 10e accompagnée du capitaine Doussy. Cette dernière a été arrêtée par des tirs d'armes automatiques. « Le sous-lieutenant Martin est blessé à la tête, le soldat Larrieu est fait prisonnier », précise le JMO du bataillon Duchez. C'est donc à 22 h que la liaison a pu être réalisée par la 9e compagnie, aux Grandes-Maisons, avec le 131e RI. [...]
20 avril 1945.
La fin des combats dans le Médoc est proche. Ultimes objectifs : le Fort du Verdon et la Pointe de Grave. Pour les enlever, pas moins de trois régiments d'infanterie seront engagés. Une concentration de troupes qui ne sera pas sans poser problème. L'adjudant-major du II/34e RI, le capitaine Ferré, devra aller discuter avec les officiers du 131e RI qui opérait la veille dans le secteur de la 9e compagnie et « qui prétend atteindre Le Verdon, note le JMO du bataillon Duchez. Après plusieurs pourparlers, le 131e entend raison et ses éléments de droite ne dépassent pas les Grandes Maisons. Par contre, les éléments de gauche serrent vers la côte de l'Atlantique en direction d'un ouvrage dit du Sémaphore... », c'est-à dire celui du Verrier-Saint-Nicolas (Y 156/S 305). [...]
C'est, précise le JMO du II/34e RI, le corps franc du I/34e, commandé par le capitaine Pruvost, qui a obtenu ce succès [la prise du blockhaus où s'est réfugié le colonel allemand Prahl], concrétisé par le déploiement du drapeau français sur le phare de la Pointe de Grave par le commandant Badie et le colonel de Milleret."
Sources : archives du 34e RI, GR 12 P 8, SHD.

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