mardi 23 février 2016

Les hussards du Tarn-et-Garonne souffrent à Cornimont (octobre 1944)

Le sous-lieutenant Brice Darrieux. (Photo issue du Mémorial des Cadets de la France libre).



Outre le 3e dragons (Corps franc de Sidobre), la Division légère de Toulouse comprend une autre unité de cavalerie : le 1er groupe d'escadrons du 3e hussards FFI. 

Fort de neuf officiers, 39 sous-officiers et 133 hommes répartis entre deux escadrons (le 1er du capitaine Gaston Delplanque, dit Dumas, le 2e du lieutenant Maurice Bigne), armés de trois mitrailleuses Browning, un mortier de 50 anglais, douze FM Bren, 39 mitraillettes Sten, 64 fusils modèle 1936, 45 fusils américains et 22 anglais, ce groupe est formé au quartier Doumerc de Montauban (Tarn-et-Garonne) le 28 août 1944 à partir du Corps franc Dumas et des 4e et 5e compagnies de l'AS. Membre de l'état-major des FFI du Tarn-et-Garonne, un Roumain d'origine de 42 ans, le chef d'escadrons Marcel Marcus, dit Firmin, commande l'unité, d'où son nom d'escadron Marcus qui fait mouvement vers l'Auvergne le 10 septembre 1944. 
A noter qu'un 3e escadron a été formé par la 3e compagnie AS (capitaine Got, dit Georges), mais il est resté à Montauban*.

Le groupe se porte d'abord sur la Nièvre. "J'escompte que mes deux escadrons du 3e hussards arriveront à Decize dans la soirée", écrit le commandant Marcus le 11 septembre 1944. Deux jours plus tard, un de ses hommes, Henri Boyer, trouve la mort, victime d'un piège, dans la caserne des Gardes située dans cette petite ville nivernaise. Le groupe cantonne ensuite à Marandeuil (Côte-d'Or) puis à Morey-Saint-Denis (dans le même département).

Mis à la disposition de la 3e division d'infanterie algérienne (DIA), le 1er GE du 3e régiment de hussards arrive à Saulxures, dans les Vosges, le 18 octobre 1944. Le même jour, le voilà orphelin de son chef : le commandant Marcus meurt accidentellement - il sera remplacé par le capitaine Gaston Delplanque. Autre officier de ce régiment, le sous-lieutenant Brice Darrieux, 21 ans, ancien Cadet de la France libre, meurt également par accident, le même jour, en Haute-Saône, lors du mouvement des hussards depuis Morey-Saint-Denis. 

Aux côtés des tirailleurs

Les pertes des hussards FFI seront autrement plus lourdes deux jours plus tard, le 20 octobre 1944, à Cornimont (Vosges), au lendemain de la relève du 15e tabor aux lisières du bois de Lansauchamp. Un bombardement ennemi lui coûte au moins neuf tués - anciens de la 6e compagnie de l'Armée secrète du Tarn-et-Garonne. 
Parmi les victimes, les lieutenants Auguste Pernot (Tom), Isaac Wrobel, 24 ans, et le sous-lieutenant Raymond Marx, un Cadet de la France libre*. Trois jeunes FFI – André Rescoussie, 18 ans, Roger Lasbareilles, 17 ans, Edward Pousergues, 16 ans (il est né le 7 juin 1928 dans le Tarn-et Garonne) – figurent parmi les morts, ainsi que les maréchaux des logis Roger Gouvenez (tué par balle le 19 octobre 1944) et Pierre Thesseyre, tous deux âgés de 19 ans, les hussards Elie Brousse, 19 ans, et Félix Janover, 19 ans. 
Le ministère des Armées cite également, parmi les morts, Roger Favre, 20 ans, tandis qu'un état des victimes du groupe lors des combats du Haut du Faing mentionne, parmi les victimes, le hussard Besmont. A la date du 8 novembre 1944, les hussards dont le lieutenant Bellengier commande la base arrière sont au nombre de dix officiers, 22 sous-officiers et 130 hommes présents, tandis qu'une quarantaine sont dans les hôpitaux.

Pour son attitude lors de ces dures journées, une assistante sociale du régiment, le maréchal des logis Jeannette Monniot, sera décorée de la Croix de guerre un an plus tard - ainsi que l'adjudant Guyot - pour avoir soigné jusqu'aux premières lignes les blessés du Haut du Faing...

Dans les semaines qui suivent, le 3e hussards FFI déplore encore la mort de Marius Subirano, 20 ans, décédé le 28 octobre 1944, et d'Henri Delteil, 21 ans, le 7 novembre 1944 (des suites de blessures).

Versé dans un nouveau 3e hussards

On retrouve ensuite le régiment le 1er décembre 1944, aux portes de l'Alsace. Tandis que le I/3e RTA occupe le col de Bussang évacué, des éléments du 3e hussards FFI, qui sont dans la région de Ventron, relèvent ce jour-là le 17e tabor au col du Page et face à la Faigne des Minons. Le 18 décembre 1944, le maréchal des logis Jacques Rous de Feneyrols, 21 ans, est tué par balle à Kruth. Le régiment opère alors dans ce secteur aux côtés du 7e RTA.

Le 26 décembre 1944, un ordre du général du Lattre semble envisager le renforcement du 2e RSAR, très éprouvé par les combats dans les Vosges, par le 3e hussards FFI. Mais le groupe d'escadrons, cité à l'ordre de la division le 17 janvier 1945, quitte finalement la 1ère armée pour former, sous les ordres du capitaine Delplanque, le 4e escadron d'un nouveau 3e régiment de hussards, créé officiellement le 20 janvier 1945 à Nancy (caserne Donop) et commandé par le colonel Paul Nérot. Les capitaines Delplanque et Bigne, les sous-lieutenants Joseph Adrian, Maurice Vienne, Honoré Bellengier, Georges Jacquot, Roger Sougri, Gilbert Puygauthier et Louis Lasbareilles, ainsi que quatre aspirants et 132 sous-officiers et hommes, de troupe, servaient encore au 3e hussards FFI au moment de sa dissolution le 11 mars 1945. 

* Le colonel Laurent Langeron, chef d'état-major des FFI du Tarn-et-Garonne, commande le régiment selon le site La Résistance en Tarn-et-Garonne.
** Marx et Wrobel décèdent des suites de leurs blessures à Thiéfosse, près de Saulxures-sur-Moselotte.

Source principale : archives du 3e régiment de hussards, GR 12 P 112, SHD.

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