mercredi 26 juillet 2023

Le 126e régiment d'infanterie (1944-1945)

Créé en octobre 1944 à Brive, le 126e RI est placé sous les ordres du commandant Maurice Passemard, avec le chef de bataillon Antoine Chassaing comme chef d'état-major. Au 12 janvier 1945, Passemard est toujours à la tête de ce corps qui a quitté la Corrèze pour l'est de la France, avant de céder son commandement au lieutenant-colonel Louis Godefroy

L'état-major sera complété par le commandant Louis Lorre, chef d'état-major, le médecin-commandant Apollon Mathey, les capitaines A. Chassaing, Paul Roux, Joseph Soleilhavoup et le lieutenant Albert Manneville.

Le 1er bataillon a été formé par un bataillon de marche du 26e RI parti le 21 décembre 1944 de la caserne Bugeaud (Périgueux) pour la caserne Brune (Brive-la-Gaillarde). Officier d'active venu de Dordogne, le commandant Jean Poumarède, 33 ans, est le chef de bataillon. Il est secondé par le capitaine adjudant-major Xavier Vial. La 1ère compagnie a été formée par le groupe Collic, de Dordogne Sud. Elle est commandée par le capitaine Guy de Clarens. Le groupe Cerisier (32e bataillon) de Dordogne Sud se transforme en 2e compagnie (lieutenant Jean Forie). L'ordre de bataille du I/126e RI est complété par la compagnie de bataillon (capitaine puis lieutenant Gustave Robillard, issu du II/126e RI), la 3e compagnie (lieutenant Yves Villemin), la 4e compagnie (capitaine FTP Claude Bordichon) et la 5e compagnie (lieutenant Lucien Nigg).

Dans sa première formation, le II/126e RI est sous les ordres du commandant André Mansuy, qui a pour adjoint le commandant Henri Brochet. Les compagnies sont commandées par le lieutenant Charles Rondo (compagnie de commandement), les capitaines Jacques Boivert (1ère), J. Soleilhavoup (2e) et André Roussel (3e), le lieutenant Maurice Collet (4e) et le capitaine Georges Montbazet (5e). Puis le jeune commandant Serge Asher, 24 ans, prend la suite de Mansuy. Il s'agit du fameux colonel Ravanel. Le capitaine Jezequel est adjudant-major, le lieutenant Mas commande la CB, le capitaine Kubler la 6e compagnie, le capitaine Lianas la 7e, le capitaine Rousseau la 8e, le lieutenant Boisvert la 9e, le lieutenant Montbazet la 10e.

Le commandant Besse est d'abord à la tête du 3e bataillon. Le commandant Guérin et le capitaine Parisot sont ses adjoints. La compagnie de commandement est dirigée par le lieutenant Bergman, la 1ère compagnie par le capitaine Gros, la 2e par le lieutenant Trousse, la 3e par le capitaine Pons, la 4e par le capitaine Meunier et la 5e par la capitaine Chrétien. Puis Besse passe comme capitaine adjudant-major sous les ordres du commandant Raoul Berenguer, la CC étant confiée au lieutenant Guérin, la 11e compagnie au sous-lieutenant Gros, la 12e au lieutenant Chrétien, la 13e au sous-lieutenant Pons, la 14e au capitaine Forestier, la 15e au lieutenant Trousse. 

Séjour en Alsace

6 janvier 1945 : la 3e compagnie du I/126e RI quitte Brive-la-Gaillarde pour le Nord-Est.

12 janvier 1945 : les effectifs du régiment sont de 2 286 hommes.

31 janvier 1945 : la 5e compagnie (I/126e RI) arrive à Sélestat.

3 février 1945 : le régiment est rattaché à la 1ère DMI, et cantonne à Heidolsheim, Ohnenheim et Sélestat.

30 mars 1945 : le III/126e RI est relevé à Marckolsheim par le II/35e RI, avant de prendre part à la Campagne d'Allemagne.

La campagne d'Allemagne

Rattaché à la 9e division d'infanterie coloniale, le 126e RI passe le Rhin à partir du 3 avril 1945. En fin d'après-midi du 4 avril, il est à Karlsruhe. Deux jours plus tard, le soldat André Vaillant (3e compagnie) est mortellement blessé par une patrouille ennemie. Le 7 avril, le caporal Corentin Guegueirat (4e compagnie) meurt, touché par deux balles de pistolet-mitrailleur. Il y a des victimes également à Thomasof. Le 8, le sous-lieutenant Amédée Parentin (5e compagnie du 1er bataillon) est blessé par un tir de mortiers, tandis que le soldat Pierre Fernand tombe à son poste de combat.

Le 9 avril 1945 est un jour de deuil pour le régiment : le III/126e RI perd sept tués, deux disparus et seize blessés en attaquant Spessart, qui n'est occupé que le lendemain. Les soldats Jean Peuch, Jean Recondo, Marcel Rouanne, Charles Sardenne, Stéphane Stroywass, ainsi que les nommés François Roughie et Segarro (selon le JMO du bataillon) sont les victimes de cet affrontement. D'autres éléments du régiment ont pris, le même jour, Langensteinbach (où René Flon, est mortellement blessé) et Spielberg

Puis, les 11 et 12 avril 1945, le régiment prend une part active à la conquête de Rastatt, objectif de la 9e DIC et du 81e RI. La ville est furieusement défendue. Le journal des marches et des opérations de la 5e compagnie du I/126e, commandée par le lieutenant Lucien Nigg, rend compte, à la date du 11 avril 1945 : "A midi, nous rentrons à Muggensturm où la population était sur les portes et fenêtres en agitant des mouchoirs blancs." Puis ces soldats poursuivent leur progression en direction de Rastatt : "vers 20 h, le pont est sauté, nous nous formons en point d'appui fermé sur l'autostrade." 

Le lendemain, "vers 8 h, tout le [1er] bataillon fait mouvement et nous occupons Niederbuhl." A la 5e compagnie, le sergent Pierre Berroyer a été mortellement blessé, les soldats Jean Gouzilh et Charles Barrou ont été blessés. Le JMO de la 3e compagnie du I/126e RI rapporte ainsi l'attaque de Rastatt : "Installation à 14 h sous un violent barrage de mitrailleuses. 17 h : la 3e et la 2e section font un nettoyage d'un côté de la ville, la 3e section se fait sérieusement accrocher. Nombreux tirs de canons, mortiers, mitrailleuses." Les combats du jour ont coûté au I/126e RI deux tués et 23 blessés (dont le capitaine Baudiche, commandant la 4e compagnie), mais Rastatt est prise. En nettoyant les bois environnants, la compagnie Villemain fait 37 prisonniers.

Puis, le 15 avril 1945, le I/126e RI se porte sur Baden-Baden.

A l'issue de la Campagne d'Allemagne, ce régiment de Corréziens et de Périgourdins déplore 21 tués et 130 blessés.  

Sources : archives du 126e RI, GR 12 P 22, Service historique de la Défense.

Etat des morts du 126e RI (1945)

Adjudant-chef Lucien Lestienne, 27 ans, le 5 mars 1945 (blessures). 

Charles Arenz, 20 ans, le 17 février 1945 ; Jean-Louis Tarzia, 24 ans, le 24 février ; Félix Laval, 22 ans, le 21 mars ; Georges Delezoide, 23 ans, le 1er avril ; Heinrich Leroux, 19 ans, le 5 avril ; Paul Mauconduit, 20 ans, le 5 avril (blessures) ; André Vaillant, 19 ans, blessé à mort le 6 avril ; Louis Bessou, 25 ans, le 7 avril ; Marcel Bissaud, 21 ans, le 7 avril ; Pierre Chaumeil, 22 ans, le 7 avril ; Antonio Hernandez, 23 ans, le 7 avril ; caporal Corentin Guegueniat, 24 ans, le 7 avril ; Fernand Pierre, 18 ans, le 8 avril ; Raymond Gire, 17 ans, le 8 avril ; Jean Peuch, 22 ans, Jean Recondo, 21 ans, Marcel Rouanne, 21 ans, Charles Sardenne, 21 ans, Stéphane Stroywass, François Roughie, et Segarro, le 9 avril ; René Flon, 23 ans, blessé à mort le 9 avril ; Jean Nuques, 20 ans, le 9 avril (blessures) ; Fernand Taurisson, 32 ans, le 9 avril (blessures) ; Jean-Marie Cazal, 22 ans, le 11 avril ; Roland Le Bars, 19 ans, le 11 avril (blessures) ; Pierre Denoyer, 21 ans, le 11 avril ; René Allin, 21 ans, le 13 avril ; Pierre Lagueyrie, 17 ans, le 13 avril (blessures) ; Henri Theyssier, 22 ans, le 16 avril (par accident) ; Jean Mathivaud, 21 ans, le 24 avril (blessures) ; Marcel Auton, 20 ans, en avril ; André Buge, 19 ans, le 2 mai (accident)

1 commentaire:

  1. Bonjour, mon grand-père maternel (dont j'essaie de retracer l'histoire) faisait partie du 26 RI "muté" au 126 RI. Blessé gravement à Rasttat, il fit 4 années dans différents hôpitaux militaires avant d'être démobilisé. Si vous avez des renseignements sur ces régiments, photos de cette époque, je suis preneur.

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