lundi 5 janvier 2026

Le 93e régiment d'infanterie devant Saint-Nazaire et La Rochelle (1944-1945)

Le lieutenant-colonel André Germain. (Collection L. Fontaine).


Chef de corps : lieutenant-colonel André Germain (Laroche), 36 ans, officier FTP.

Régiment créé officiellement le 15 octobre 1944 par la réunion de bataillons de marche de Vendée. Trois servent devant Saint-Nazaire (ils constituent le 1er groupe de bataillons du commandant Jean des Roseaux), deux devant La Rochelle (ils forment le 2e groupe de bataillons sous les ordres du commandant Louis L'Hélias).

16 septembre 1944 : ordre est donné au 1er bataillon de marche de Vendée (commandant Camille Aigreault, 34 ans) de prendre position dans le secteur de Challans. Il deviendra I/93e RI. Au 10 septembre 1944, ce sont 3 252 FFI du département de la Vendée qui étaient prêts à opérer, que ce soit devant Saint Nazaire ou devant La Rochelle.

5 octobre 1944, La Rochelle : les Allemands lancent une attaque entre Marans et Charron, secteur défendu par le 5e bataillon FFI de Vendée. Ce bataillon, sous les ordres du commandant Maurice Savin, 55 ans, qui reprendra les traditions du V/93e RI, est issu du groupe de parachutistes J77. Mi-septembre 1944, il comprenait 425 hommes, encadrés par des SAS français. 

Une offensive ennemie est menée ce jour-là. Selon le JMO du 93e RI, l'attaque, menée par 1 000 à 1500 Allemands, « avait été précédée d'une violente préparation d'artillerie de 77 et 88. L'opération fut déclenchée à 4 h. A 9 h, la compagnie du capitaine Pierre se trouvait en position critique et menaçait d'être encerclée à Charron. La 1ère compagnie du bataillon, capitaine Leonardi, fut envoyée en renfort sur les ordres du commandant Laroche qui s'était rendu sur place à Marans. A 10 h, l'attaque allemande était enrayée et ceux-ci se retiraient en ramenant dans leurs lignes leurs morts […] et leurs blessés... A 16 h, tout notre dispositif de défense occupait les mêmes emplacements que la veille malgré un violent tir d'artillerie d'obus fusants sur Charron et ses environs ». Les Français déplorent deux morts (Marcel Huchet et Henri Ragain), cinq blessés et deux prisonniers.

15 octobre 1944, La Rochelle : issu du maquis L4, le 4e bataillon FFI de Vendée (capitaine Claude Morin, 33 ans), qui avait pris position sur la Sèvre Niortaise, avec PC à Marans puis à Bourg-Chapeau, devient IV/93e RI. 

16 octobre 1944, La Rochelle : Romuald Deau de Luigne, du V/93e RI, est tué.

22 octobre 1944, La Rochelle : le 4e bataillon FFI de Vendée (capitaine Morin) relève le 5e bataillon FFI du même département (commandant Savin). Tous deux forment, depuis le 15 octobre 1944, le 2e groupe de bataillons du 93e RI.

27 octobre 1944, La Rochelle : le caporal René Guillet, 18 ans, du V/93e RI, meurt à l'hôpital de Fontenay-le-Comte, après avoir été blessé la veille lors d'une patrouille vers Le Cloubouet, près de Charron.

8 novembre 1944, La Rochelle : l'adjudant-chef Jean Rey, de la 6e compagnie du IV/93e RI, est porté disparu au retour de la patrouille qu'il commandait pour reconnaître Alon et le pont de Sérigny, sur le canal d'Andilly. 

9 novembre 1944, Saint-Nazaire : le tireur au FM Frédéric Saunier, du II/93e RI, est tué par deux balles de mitrailleuse lors d'une reconnaissance, commandée par le sous-lieutenant Dieuregard (4e compagnie), des abords de la Birochère. 

18 novembre 1944, Saint-Nazaire.

    Journal de marche du 93e RI : « A 13 h, rendez-vous à Chauvé, place de l'Eglise, où le GMR nous attend pour essayer d'attaquer l'ennemi qui pille le village de la Basse-Noire, à 5 km environ au nord-ouest de Chauvé. » Trois sections du 3e bataillon, sous les ordres des capitaines Roger, Arnaud et Roulleau, se mettent en place. « Arrivée au carrefour de La Preille, salve FM boche ; violent accrochage. Les Boches se replient sous la protection des 77 qui nous arrosent. En l'absence du GMR qui est resté loin en arrière avec ses blindés, l'ordre nous est donné de nous replier sur le moulin des Roudrais. Le décrochage se fait sans incident et en ordre. » Sans incident, mais il y a un tué, l'adjudant André Gabaret, et un blessé, le lieutenant Clairet. Les sous-lieutenants Debray et Bounolleau, le caporal Benoit, les soldats Guitton et Serge Gouffré (qui ont ramené le corps de Gabaret), Tourneux et Catherine sont cités par le journal de marche comme s'étant distingués dans cet engagement. Prisonnier en 1940, l'adjudant Gabaret s'était évadé en 1941, avant de rejoindre les FI vendéens. Agé de 29 ans, c'est le onzième mort des FFI depuis leur départ de Vendée. 

23 novembre 1944, La Rochelle : ordre est donné aux IV et V/93e RI « du sous secteur n°1» des FFAU de faire mouvement le lendemain afin d'occuper deux quartiers du front. 

25 novembre 1944, La Rochelle 

    Journée dramatique pour les Vendéens du 93e RI. Ancien chef du 1er groupement de bases de corps francs FTPF du département, le lieutenant-colonel André Germain avait été chargé le 4 septembre 1944 « de l'interdiction du sud de la Vendée aux incursions de la garnison de La Rochelle ». Avec les deux bataillons mis ainsi en place mi-septembre 1944, et avec les trois autres positionnés devant Saint-Nazaire à partir du 12 octobre 1944, Germain a reconstitué un régiment qui reprendra les traditions du 93e RI. Déjà sérieusement bousculés le 5 octobre 1944, les deux bataillons en ligne devant La Rochelle vont à nouveau subir le choc d'une attaque allemande. Le journal de marche du régiment en donne le détail, heure par heure : 

    « 6 h. Coup de téléphone de l'adjudant-chef Riguet annonçant le départ de la maisonnette d'une patrouille, laquelle n'avait pas prévenu. Cette patrouille aurait comme point de direction l'Ecluse. 

    6 h 30. L'adjudant-chef Riguet signale que la patrouille est accrochée. De nombreux coups de feu sont entendus. 7 h 45. Premier coup de canon, suivi à intervalles réguliers de nombreux autres coups. Les relations téléphoniques avec le Pavillon sont coupées vers 8 h. Vers 9 h 15, arrêt de l'artillerie et échange de rafales de FM. » Que se passe-t-il ? Un rapport du régiment apporte des précisions sur la situation : « Les Allemands avaient pris position avant le jour de part et d'autre du canal Marans - La Rochelle, à 300 m au nord du Pavillon. La relève devant avoir lieu vers 6 h, le poste du Pavillon croit tout d'abord à l'arrivée de la relève mais s'aperçoit rapidement qu'il s'agit d'éléments ennemis. 

    8 h 30 : l'infanterie allemande stationnée dans les fossés progresse en direction du canal et de la voie ferrée et parvient jusqu'à la petite cabane. Les éléments situés à l'est du canal le franchissent avec un bateau pneumatique, les Allemands longeant le canal progressent venant du nord sur le Pavillon. 

    9 h : les paillers [sic] du Pavillon brûlent et les Allemands mettent le feu à La Gabauge. Toute liaison est coupée avec le Pavillon. La section du Cloubouet prend ses positions pour appuyer La Palle et couper la retraite à l'ennemi. 10 h : deux sections du 5e bataillon interviennent ainsi que le corps franc du 4e bataillon et progressent le long du canal à hauteur de la Maisonnette [...] Le soldat Benatier Victor de la 1ère section, blessé, rejoint les nouvelles positions et est évacué de suite sur l'hôpital de Marans. Au Pavillon, les Allemands arrivés à distance d'assaut s'élancent sur le poste et l'enlèvent. Les deux sections qui l'occupaient sont prises. » Au IV/93e RI, les pertes sont de trois tués, le sergent Albert Guyau, le caporal-chef Raymond Ivet et le caporal Marcel Vannier*, tous appartenant à la 6e compagnie du lieutenant Martin, un blessé (Benatier) et 27 disparus, parmi lesquels l'adjudant-chef Arsène Riguet et le sous-lieutenant Gaston Nauleau. 

    Tous les Vendéens en poste au Pavillon n'ont pas été pris. La 2e compagnie du 4e bataillon rapporte que la patrouille du sous-lieutenant Chetanneau a recueilli sept rescapés. Mais à la 4e compagnie, un groupe détaché à la 6e déplore sept disparus après l'accrochage du Pavillon, dont le sergent-chef Marcel Genetey et le caporal-chef Marcel Guyot. Reprenons le fil chronologique des événements : « 10 h 15. Le Pavillon est pris, les Allemands évacuent les prisonniers. 10 h 30. Arrivée du lieutenant-colonel Laroche. 10 h 45. Contre-patrouille : les Allemands évacuent. 14 h. Patrouille du commandant L'Hélias en compagnie du corps franc et découverte de deux morts. 16 h. Rentrée de la patrouille du commandant L'Hélias au PC de Saint-Léonard. » De nouveau confrontés à une action offensive ennemie, les FFI n'ont donc pu s'y opposer avec efficacité. 

    Autres constats : d'abord celui de mettre en lumière des dissensions entre le lieutenant-colonel Laroche, qui s'est plaint de n'avoir été informé qu'incidemment de l'attaque, et le commandant L'Hélias, chef du groupe de bataillons en position devant La Rochelle. Ensuite, « beaucoup trop de civils circulent encore dans le no man's land, les barrages ne sont pas tenus assez sérieusement, les voitures devraient être fouillées et tous les occupants contrôlés... »

* Vannier n'est pas cité par Mémoire des hommes, qui donne d'autres noms : Henri Besson et Jean Picorit.

27 novembre 1944, Saint-Nazaire : le I/93e RI relève le II/93e RI dans le secteur de Bourgneuf. 
1er décembre 1944, Saint-Nazaire : Fernand Hallais, 21 ans, de la 1ère compagnie du I/93e RI, meurt de ses blessures à Machecoul. C'est le premier tué à l'ennemi du bataillon Aigreault.
6 décembre 1944, Saint-Nazaire : le lieutenant Jean-Louis Cristau, 27 ans, commandant la 3e compagnie du I/93e RI (1er bataillon de marche de Vendée), venait de passer la nuit aux avant-postes, au PC de la 1ère section à La Mareillerie. « Au petit jour, il voulut se rendre au Chatelier, position tenue par la 2e section de sa compagnie. Trompé par l'obscurité, il passa par erreur devant un poste de guetteur de la 2e compagnie et essuya le feu d'une mitraillette. Frappé d'une balle en plein cœur, il succombe quelques instants plus tard. » Deux autres soldats du bataillon, le sergent Yves Renaud et le soldat Jean Moquet, de la 5e compagnie, sautent sur une mine dans un champ de maïs, vers La Bernerie. Renaud est blessé, Moquet, 22 ans, est tué.
9 décembre 1944, Saint-Nazaire : Charles Bazin, 18 ans, de la 2e compagnie du I/93e RI, est tué par éclat de grenade à La Bernerie.
19 décembre 1944, Saint-Nazaire : Camille Guiochet, 33 ans, est tué par balle à La Bernerie. 

22 décembre 1944, Saint-Nazaire. Action offensive allemande. La compagnie Porcher du bataillon Legrand (3e bataillon vendéen) mis à la disposition du commandant de Beaumont relève le peloton Storme du 8e cuirassiers à Haute-Perche. Sous les ordres du commandant Guy Jacques (Legrand), 34 ans, le 3e bataillon de Vendée, ou III/93e RI depuis la mi-octobre 1944, est issu des 1er et 2e groupements FTPF de Vendée.
26 décembre 1944, Saint-Nazaire. Le village de Prépaud, occupé depuis la veille par une compagnie du 93e RI (dont les 2e et 3e bataillons ont été envoyés le 21 décembre 1944 en renfort dans la région de Pornic, dans la forêt de Prince et le secteur de Chauvé après l'offensive allemande), est attaqué. 
    « A 16 h 30, la situation est critique, huit FM enrayés. La compagnie Bretteval […] a décroché. Un sous-officier de la 1ère compagnie signale que l'ordre de repli est donné. Le commandant du 3e bataillon donne immédiatement le contre-ordre et les hommes regagnent leur poste et reprennent le moulin de la cote 40 abandonné par les unités Bretteval. Le commandant recueille les armes et les munitions abandonnées par nos voisins et organise la défense. Le capitaine Philippe prend le commandement du PA »
28 décembre 1944, Saint-Nazaire : Joseph Fouliot, 19 ans, est tué à Pornic ; le 27e RI du lieutenant-colonel Fox relève le III/93e RI (les I et II/93e resteront en ligne jusqu'au 22 février 1945).

15 janvier 1944, La Rochelle  
    Le groupe de bataillons vendéens en ligne sur le front de La Rochelle a déjà subi à plusieurs reprises le choc d'offensives allemandes, notamment le 25 novembre 1944. Celui qu'il va recevoir le 15 janvier 1945 aura bien d'autres conséquences, tant humaines que tactiques. Il est 4 h 30, raconte le journal de marche du 93e RI, lorsque « les sections de réserve reçoivent l'ordre de passer au nord de la Sèvre », selon le principe de « la défense en élastique » cher au général de Larminat. Voilà deux jours, en effet, que le commandement français a eu connaissance d'un projet d'attaque ennemie destinée à « piller du ravitaillement ». Elle est lancée vers 7 h 45. « L'ennemi déclenche un violent tir d'artillerie ayant vraisemblablement pour but le secteur de Marans tenu par le 5e bataillon. Il s'est poursuivi toute la matinée, s'étendant progressivement vers l'ouest. Les postes de La Palle, La Bergerie et Richebonne ont été légèrement arrosés de projectiles. » 
    Devant la 3e compagnie, une patrouille est repoussée vers 9 h par le poste de La Palle. Mais une demi-heure plus tard, c'est avec Marans que les communications téléphoniques sont rompues. « Le commandant Lebois, arrivant au PC à 10 h, nous informe que les Allemands occupent Marans et se dirigent vers le secteur tenu par nos troupes. Le chef de bataillon donne immédiatement l'ordre de repli général... L'ennemi avance rapidement, venant de Richebonne, en direction du pont du Brault d'une part et du carrefour de la route Marans – La Rochelle d'autre part, et dispose d'autos-mitrailleuses et de cyclistes. » Les Français se replient en opposant le feu d'armes automatiques, mais « dans le secteur du pont du Brault, nos troupes seront bientôt débordées de toutes parts et la route Charron - pont du Brault est coupée. Bon nombre de militaires ont pu échapper à l'ennemi en passant la Sèvre en bateau ou à la nage... » En milieu d'après-midi, le lieutenant Goisset, adjoint au chef de bataillon Savin, organise la défense du pont. Toutefois « l'ennemi occupe la rive droite de la Sèvre et ne fait aucune tentative en vue de franchir le fleuve ». Le compte-rendu d'un chef de section, le sous-lieutenant Denis, qui défend le poste avancé de Cosse, témoigne de la rapidité de l'attaque ennemie, réalisée par 1 600 Allemands :
    « 8 h 15. Fusée blanche, pont de la Brune (supposons l'ennemi au pont) ; déjà, route de Serigny à hauteur de Barbacane, les Allemands progressent colonne par un et par groupe ; l'avance ennemie se poursuit [de façon] accélérée. Il nous semble être nettement débordé, sur la droite déjà l'ennemi avance et occupe la ferme de la Grande Brune. A ce moment, la majeure partie de la section occupant la Grande Brune se replie vers la route Marans – Saint-Jean-de-Liversay. Notre FM sur le canal prend à partie les éléments qui progressent vers la ferme de la Cosse. Notre mitrailleuse se replie vers la route Marans – Saint-Jean-de-Liversay pour protéger notre aile droite qui se trouve complètement dégarnie. Nous exécutons alors un tir de flanquement sur les colonnes ennemies qui progressent en masse et sans interruption vers Marans avec notre canon de 20 mm. Notre tir vite repéré devient impossible, pris sous le feu d'un canon automatique de 20 mm ; de plus le tir bien ajusté d'arme automatique partant des abords immédiats de Cosse nous menace d'encerclement. 13 h 30. Nous envisageons alors le repli de la section, nous sabordons notre canon de 20 mm, nous attendons le repli d'un de nos FM de la position du canal. Notre second FM a cessé le feu, deux des hommes se replient directement sur la position du Petit Lapin. Les rafales sont de plus en plus précises et nous [prennent] en enfilade dans le fossé, nous rejoignons sous le feu ajusté de l'ennemi la 1ère section qui vient de se mettre à la disposition du capitaine Auzanau138 et qui a reçu l'ordre de rejoindre le Grand Vendôme. Un des hommes du second FM nous rejoint. Nous remontons vers Vendôme où nous arrivons vers 12 h 30. » 
    Les conséquences humaines sont bien plus dramatiques que ne le laisse penser ce compte-rendu. L'historique du V/93e évoque un bilan de dix tués, 20 blessés et 150 prisonniers qui seront internés à La Rochelle. Le document cite, parmi les morts : à la 1ère compagnie, le caporal-chef Henri Ardouin, 30 ans, décédé des suites de ses blessures ; à la 2e compagnie, Henri Hairault et René Bigot, 23 ans, morts de leurs blessures ; à la 4e, le sergent-chef Clément Arbel, 21 ans (mort le 25 janvier 1945), le caporal René Moreau, Félix Neyraud, René Maunay, 23 ans, ainsi que Delsol et Rinn. Le 17 janvier 1945, seront retrouvés les corps de l'adjudant Auguste Patron, 44 ans, des soldats Roger Gilbert, 19 ans, et Arrold Guy, 23 ans. Le lendemain, c'est celui du sous-lieutenant Robin, de la 1ère compagnie, qui est découvert. Au total, les pertes du 93e RI sont de treize morts, 40 blessés et 258 prisonniers et disparus, notamment au 4e bataillon dont le flanc avait été découvert par le repli du bataillon frère. « Il [lui] manqua 20 minutes pour exécuter son repli », notera le lieutenant-colonel Germain, chef de corps du régiment. Selon le site Mémoire des hommes, le nombre de morts parmi les Vendéens a été beaucoup plus important, notamment sur le territoire de Cloubouet près de Charron. Pour relever le 93e RI éprouvé sur ses positions à Marans, c'est la 3e compagnie (lieutenant Charles Wacherot) du I/123e RI qui est sollicitée. Elle sera attaquée le lendemain...

Les tués du régiment, au Cloubouet et à Marans : Armand Bouchereau, 27 ans, Jacques Duperron, 20 ans, Guy Fonteneau, 23 ans, Paul Lavorchere, 23 ans, Zacharie Leblanc, 18 ans, Léon Chatelain, 17 ans et quatre mois, Alexandre Chauveau, 41 ans, Guy Lefevre, 22 ans, Jacques Lefrère, 21 ans, Pierre Lefur, 18 ans, Roger Legereau, 20 ans, Camille Martin, 30 ans, Paul Mathe, 20 ans, Albert Murail, 28 ans, Roger Muzard, 52 ans, Georges Plaire, René Porcher, 32 ans, Edouard Rivetti, 27 ans, Paul Robinet, 19 ans, René Rousseau, 19 ans, René Ruleau, 18 ans, André Robert, 21 ans, Georges Rabille, 21 ans, Jean Remy, 22 ans, Marcel Rocard, 19 ans, Lucien Meunier, Georges Honvault, 20 ans... Soit au moins 40 tués. Mémoire des hommes cite également onze disparus qui n'ont peut-être pas été tués. 141 Le Bataillon Foch, op. cit. 

* Vingt-huit prisonniers s'évaderont rapidement grâce à la Résistance, dont les sous-lieutenants André Bouron et Chetaneau, l'aspirant Gallerneau. 

    Pour le 93e RI, c'est le temps d'une profonde réorganisation. Dès le 16 janvier 1945, le colonel Chêne, commandant les FFAU, annonce que le commandant Savin – officier « venu d'on ne sait où », écrivait dès le 4 décembre 1944 le lieutenant-colonel Germain – et le capitaine Claude Morin cesseront de commander leurs bataillons à compter du 18 janvier 1945 et mis aux arrêts de rigueur. Le 25 janvier 1945, les deux bataillons fusionnent pour n'en former qu'un seul, le IV/93e constituant l'état-major, la compagnie de commandement (lieutenant Louis Allin), les 1ère (lieutenant Edmond Raffin) et 2e compagnies (capitaine Jean Thizon) d'un nouveau 4e bataillon, le V/93e donnant naissance aux 3e (lieutenant Marie Chapuis) et 4e (lieutenant Michel Ourbak) compagnies, le tout étant placé sous les ordres du commandant Lebois.

16 janvier 1945, La Rochelle : René Moreau, 19 ans, meurt de ses blessures à Fontenay-le-Comte (Vendée).
17 janvier 1945, Saint-Nazaire : Maurice Fortin, 18 ans, tombe à La Bernerie ; La Rochelle : Louis Perreau, 20 ans, meurt de ses blessures à La Rochelle.
19 janvier 1945, La Rochelle : Edgar Potier, 19 ans, de la 4e compagnie du IV/93e RI, est tué par deux balles au pont du Brault.
24 janvier 1945, Saint-Nazaire : le sergent Alphonse Louis, 31 ans, meurt de ses blessures à Machecoul. 
26 janvier 1945, Saint-Nazaire : le III/93e RI est remis à disposition du lieutenant-colonel Germain après avoir été relevé par le 63e RI.
7 février 1945, Saint-Nazaire : décès de Joseph Lesaffre, 20 ans, à Arthon-en-Retz. 
10 février 1945, Saint-Nazaire : le II/67e RI occupe les emplacements des bataillons Aigrault et Legrand du 93e RI dans le sous-secteur de Bourgneuf.
12 février 1945, La Rochelle : décès de Paul Roland, 21 ans. 
15 février 1945, Saint-Nazaire : le caporal Guy Desarcon, 21 ans, et le soldat Georges Huelin, 22 ans, sont portés disparus à l'issue d'une patrouille, à Arthon-en-Retz. Leurs corps seront retrouvés le 6 mai 1945 par une patrouille du III/21e RI et ramenés dans nos lignes. 
19 février 1945, La Rochelle : Paul Couzinet (93e RI), 20 ans, est tué à Marans.
22 février 1945, La Rochelle : présent depuis la mi-septembre 1944 dans les secteurs de Marans et Charron, le IV/93e RI du commandant Lebois est relevé par le 131e RI du lieutenant-colonel Durand, qui vient d’arriver sur le front Atlantique, et part se reposer dans la région de Luçon. 
28 février 1945, La Rochelle : les IV et V/93e RI fusionnent pour former un nouveau IV/93e RI.

Le régiment est dissous pour être dispersé dans plusieurs unités en mars 1945.
1er-21 mars 1945 : le commandant Robert Lebrun, 30 ans, prend le commandement du III/21e RI, issu de son II/93e RI (2e bataillon FFI de Vendée), assisté du capitaine Faure. Le capitaine Raymond Bossis (93e RI) commande la CB, le capitaine Arnaud (93e RI) la 9e compagnie, le capitaine Pierre Crabeil (93e) la CA 3, notamment.
10 mars 1945, Saint-Nazaire : le I/93e RI est dissous et donne naissance au 125e groupe de FTA. 
14 mars 1945,  Saint-Nazaire : relevé par le I/93e RI dans la nuit du 14 au 15 mars, le II/67e RI gagne Rouans. 
17 mars 1945, La Rochelle : Hubert Braud, 23 ans, et André Jolier, 19 ans, sont tués à Nuaillé-d’Aunis. 

1er avril 1945, La Rochelle : les III et IV/93e RI prennent l’écusson du 91e RI, dont le lieutenant-colonel Germain garde le commandement, le VI/93e RI (bataillon d'instruction, sous les ordres du commandant Gérald Averty) devient II/117e RI. Parallèlement, des éléments du IV/93e RI ont formé la 184e compagnie de transport. 

Encadrement du 93e RI

Lcl André Germain
Etat-major : Cne Roger Arnaud, Cdt Jean des Roseaux (1er groupe de bataillons), Cdt Louis L'Hélias (2e groupe de bataillons)

I/93e, Cdt Camille Aigreault, 34 ans
Etat-major : Cne Beaumont
CHR, Ltn Henri Malher
1e cie, Ltn Joseph Batut 
2e cie, Ltn Marcel Lapierre
3e cie, Ltn Jean-Louis Cristau, tué 6/12/44
4e cie, Cne Constant Deboute 
5e cie, Cne Bernard Renaud
6e cie (engins), Ltn Clément Chupin

II/93e, Cdt Robert Lebrun, 30 ans
Etat-major : Cne Raymond Bossis 
CHR, Ltn Auguste Chereau
1e cie, Ltn Robert Arnaud
2e cie, Ltn Georges Lorioux
3e cie, Ltn Alexandre Chereau 
4e cie, Ltn Pierre Crabeil 

III/93e, Cdt Guy Jacques (Legrand), 34 ans, puis Cdt Michel Caillaud, 26 ans
Etat-major : Cne Jean Poitou
CHR, Cne Rémy Zezo 
1e cie, Cne Joseph Arnaud 
2e cie, Cne Juste Roger 
3e cie, Cne Ferdinand Porcher 
4e cie, Cne Paul Guinet 
5e cie, Cne André Panier 
CA, Cne Gaudin

IV/93e, Cdt Claude Morin, 33 ans 
Etat-major : Ltn André Goisset 
1e cie, Cne Charles Leonardi puis Ltn André Bouconaud 
2e cie, Cne Olivier Noyer de Melque puis Ltn Louis Allin
3e cie, Ltn René Meunier puis Ltn Jean Thizon 
4e cie, Ltn Edmond Raffin 
5e cie, Ltn Jean L'Hostis 
6e cie, Ltn Edmond Martin 

V/93e, Cdt Maurice Savin, 55 ans
Etat-major : Cne Paul Eymer 
1e cie, Cne Paul Bourgoin 
2e cie, Ltn Marie-Rémi Chapuis 
4e cie, Ltn Julien Thomas puis Ltn Michel Ourback 
Cie, Ltn Jacques Tournade 
Cie, Ltn Jean Gaillard 

VI/93e (bataillon d'instruction), Cdt Gérald Averty 
Etat-major : Cdt René Serceau 
1e cie, Cne Raymond Marie 
2e cie, Ltn Georges Marsaud 
3e cie, Ltn François Blaise  


Sources principales : archives du 93e RI, GR 12 p 17, SHD - états de services du lieutenant-colonel Germain, SHD. Pour en savoir plus : Charente-Maritime – Vendée 1939-1945, Eric Brothé, Alain Chazette, Fabien Reberac, Editions Patrimoines et médias, 1997.

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