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| Le lieutenant-colonel André Germain. (Collection L. Fontaine). |
Chef de corps : lieutenant-colonel André Germain (Laroche), 36 ans, officier FTP.
Régiment créé officiellement le 15 octobre 1944 par la réunion de bataillons de marche de Vendée. Trois servent devant Saint-Nazaire (ils constituent le 1er groupe de bataillons du commandant Jean des Roseaux), deux devant La Rochelle (ils forment le 2e groupe de bataillons sous les ordres du commandant Louis L'Hélias).
16 septembre 1944 : ordre est donné au 1er bataillon de marche de Vendée (commandant Camille Aigreault, 34 ans) de prendre position dans le secteur de Challans. Il deviendra I/93e RI. Au 10 septembre 1944, ce sont 3 252 FFI du département de la Vendée qui étaient prêts à opérer, que ce soit devant Saint Nazaire ou devant La Rochelle.
5 octobre 1944, La Rochelle : les Allemands lancent une attaque entre Marans et Charron, secteur défendu par le 5e bataillon FFI de Vendée. Ce bataillon, sous les ordres du commandant Maurice Savin, 55 ans, qui reprendra les traditions du V/93e RI, est issu du groupe de parachutistes J77. Mi-septembre 1944, il comprenait 425 hommes, encadrés par des SAS français.
Une offensive ennemie est menée ce jour-là. Selon le JMO du 93e RI, l'attaque, menée par 1 000 à 1500 Allemands, « avait été précédée d'une violente préparation d'artillerie de 77 et 88. L'opération fut déclenchée à 4 h. A 9 h, la compagnie du capitaine Pierre se trouvait en position critique et menaçait d'être encerclée à Charron. La 1ère compagnie du bataillon, capitaine Leonardi, fut envoyée en renfort sur les ordres du commandant Laroche qui s'était rendu sur place à Marans. A 10 h, l'attaque allemande était enrayée et ceux-ci se retiraient en ramenant dans leurs lignes leurs morts […] et leurs blessés... A 16 h, tout notre dispositif de défense occupait les mêmes emplacements que la veille malgré un violent tir d'artillerie d'obus fusants sur Charron et ses environs ». Les Français déplorent deux morts (Marcel Huchet et Henri Ragain), cinq blessés et deux prisonniers.
15 octobre 1944, La Rochelle : issu du maquis L4, le 4e bataillon FFI de Vendée (capitaine Claude Morin, 33 ans), qui avait pris position sur la Sèvre Niortaise, avec PC à Marans puis à Bourg-Chapeau, devient IV/93e RI.
16 octobre 1944, La Rochelle : Romuald Deau de Luigne, du V/93e RI, est tué.
22 octobre 1944, La Rochelle : le 4e bataillon FFI de Vendée (capitaine Morin) relève le 5e bataillon FFI du même département (commandant Savin). Tous deux forment, depuis le 15 octobre 1944, le 2e groupe de bataillons du 93e RI.
27 octobre 1944, La Rochelle : le caporal René Guillet, 18 ans, du V/93e RI, meurt à l'hôpital de Fontenay-le-Comte, après avoir été blessé la veille lors d'une patrouille vers Le Cloubouet, près de Charron.
8 novembre 1944, La Rochelle : l'adjudant-chef Jean Rey, de la 6e compagnie du IV/93e RI, est porté disparu au retour de la patrouille qu'il commandait pour reconnaître Alon et le pont de Sérigny, sur le canal d'Andilly.
9 novembre 1944, Saint-Nazaire : le tireur au FM Frédéric Saunier, du II/93e RI, est tué par deux balles de mitrailleuse lors d'une reconnaissance, commandée par le sous-lieutenant Dieuregard (4e compagnie), des abords de la Birochère.
18 novembre 1944, Saint-Nazaire.
Journal de marche du 93e RI : « A 13 h, rendez-vous à Chauvé, place de l'Eglise, où le GMR nous attend pour essayer d'attaquer l'ennemi qui pille le village de la Basse-Noire, à 5 km environ au nord-ouest de Chauvé. » Trois sections du 3e bataillon, sous les ordres des capitaines Roger, Arnaud et Roulleau, se mettent en place. « Arrivée au carrefour de La Preille, salve FM boche ; violent accrochage. Les Boches se replient sous la protection des 77 qui nous arrosent. En l'absence du GMR qui est resté loin en arrière avec ses blindés, l'ordre nous est donné de nous replier sur le moulin des Roudrais. Le décrochage se fait sans incident et en ordre. » Sans incident, mais il y a un tué, l'adjudant André Gabaret, et un blessé, le lieutenant Clairet. Les sous-lieutenants Debray et Bounolleau, le caporal Benoit, les soldats Guitton et Serge Gouffré (qui ont ramené le corps de Gabaret), Tourneux et Catherine sont cités par le journal de marche comme s'étant distingués dans cet engagement. Prisonnier en 1940, l'adjudant Gabaret s'était évadé en 1941, avant de rejoindre les FI vendéens. Agé de 29 ans, c'est le onzième mort des FFI depuis leur départ de Vendée.
23 novembre 1944, La Rochelle : ordre est donné aux IV et V/93e RI « du sous secteur n°1» des FFAU de faire mouvement le lendemain afin d'occuper deux quartiers du front.
25 novembre 1944, La Rochelle
Journée dramatique pour les Vendéens du 93e RI. Ancien chef du 1er groupement de bases de corps francs FTPF du département, le lieutenant-colonel André Germain avait été chargé le 4 septembre 1944 « de l'interdiction du sud de la Vendée aux incursions de la garnison de La Rochelle ». Avec les deux bataillons mis ainsi en place mi-septembre 1944, et avec les trois autres positionnés devant Saint-Nazaire à partir du 12 octobre 1944, Germain a reconstitué un régiment qui reprendra les traditions du 93e RI. Déjà sérieusement bousculés le 5 octobre 1944, les deux bataillons en ligne devant La Rochelle vont à nouveau subir le choc d'une attaque allemande. Le journal de marche du régiment en donne le détail, heure par heure :
« 6 h. Coup de téléphone de l'adjudant-chef Riguet annonçant le départ de la maisonnette d'une patrouille, laquelle n'avait pas prévenu. Cette patrouille aurait comme point de direction l'Ecluse.
6 h 30. L'adjudant-chef Riguet signale que la patrouille est accrochée. De nombreux coups de feu sont entendus. 7 h 45. Premier coup de canon, suivi à intervalles réguliers de nombreux autres coups. Les relations téléphoniques avec le Pavillon sont coupées vers 8 h. Vers 9 h 15, arrêt de l'artillerie et échange de rafales de FM. » Que se passe-t-il ? Un rapport du régiment apporte des précisions sur la situation : « Les Allemands avaient pris position avant le jour de part et d'autre du canal Marans - La Rochelle, à 300 m au nord du Pavillon. La relève devant avoir lieu vers 6 h, le poste du Pavillon croit tout d'abord à l'arrivée de la relève mais s'aperçoit rapidement qu'il s'agit d'éléments ennemis.
8 h 30 : l'infanterie allemande stationnée dans les fossés progresse en direction du canal et de la voie ferrée et parvient jusqu'à la petite cabane. Les éléments situés à l'est du canal le franchissent avec un bateau pneumatique, les Allemands longeant le canal progressent venant du nord sur le Pavillon.
9 h : les paillers [sic] du Pavillon brûlent et les Allemands mettent le feu à La Gabauge. Toute liaison est coupée avec le Pavillon. La section du Cloubouet prend ses positions pour appuyer La Palle et couper la retraite à l'ennemi. 10 h : deux sections du 5e bataillon interviennent ainsi que le corps franc du 4e bataillon et progressent le long du canal à hauteur de la Maisonnette [...] Le soldat Benatier Victor de la 1ère section, blessé, rejoint les nouvelles positions et est évacué de suite sur l'hôpital de Marans. Au Pavillon, les Allemands arrivés à distance d'assaut s'élancent sur le poste et l'enlèvent. Les deux sections qui l'occupaient sont prises. » Au IV/93e RI, les pertes sont de trois tués, le sergent Albert Guyau, le caporal-chef Raymond Ivet et le caporal Marcel Vannier*, tous appartenant à la 6e compagnie du lieutenant Martin, un blessé (Benatier) et 27 disparus, parmi lesquels l'adjudant-chef Arsène Riguet et le sous-lieutenant Gaston Nauleau.
Tous les Vendéens en poste au Pavillon n'ont pas été pris. La 2e compagnie du 4e bataillon rapporte que la patrouille du sous-lieutenant Chetanneau a recueilli sept rescapés. Mais à la 4e compagnie, un groupe détaché à la 6e déplore sept disparus après l'accrochage du Pavillon, dont le sergent-chef Marcel Genetey et le caporal-chef Marcel Guyot. Reprenons le fil chronologique des événements : « 10 h 15. Le Pavillon est pris, les Allemands évacuent les prisonniers. 10 h 30. Arrivée du lieutenant-colonel Laroche. 10 h 45. Contre-patrouille : les Allemands évacuent. 14 h. Patrouille du commandant L'Hélias en compagnie du corps franc et découverte de deux morts. 16 h. Rentrée de la patrouille du commandant L'Hélias au PC de Saint-Léonard. » De nouveau confrontés à une action offensive ennemie, les FFI n'ont donc pu s'y opposer avec efficacité.
Autres constats : d'abord celui de mettre en lumière des dissensions entre le lieutenant-colonel Laroche, qui s'est plaint de n'avoir été informé qu'incidemment de l'attaque, et le commandant L'Hélias, chef du groupe de bataillons en position devant La Rochelle. Ensuite, « beaucoup trop de civils circulent encore dans le no man's land, les barrages ne sont pas tenus assez sérieusement, les voitures devraient être fouillées et tous les occupants contrôlés... »
* Vannier n'est pas cité par Mémoire des hommes, qui donne d'autres noms : Henri Besson et Jean Picorit.
« 8 h 15. Fusée blanche, pont de la Brune (supposons l'ennemi au pont) ; déjà, route de Serigny à hauteur de Barbacane, les Allemands progressent colonne par un et par groupe ; l'avance ennemie se poursuit [de façon] accélérée. Il nous semble être nettement débordé, sur la droite déjà l'ennemi avance et occupe la ferme de la Grande Brune. A ce moment, la majeure partie de la section occupant la Grande Brune se replie vers la route Marans – Saint-Jean-de-Liversay. Notre FM sur le canal prend à partie les éléments qui progressent vers la ferme de la Cosse. Notre mitrailleuse se replie vers la route Marans – Saint-Jean-de-Liversay pour protéger notre aile droite qui se trouve complètement dégarnie. Nous exécutons alors un tir de flanquement sur les colonnes ennemies qui progressent en masse et sans interruption vers Marans avec notre canon de 20 mm. Notre tir vite repéré devient impossible, pris sous le feu d'un canon automatique de 20 mm ; de plus le tir bien ajusté d'arme automatique partant des abords immédiats de Cosse nous menace d'encerclement. 13 h 30. Nous envisageons alors le repli de la section, nous sabordons notre canon de 20 mm, nous attendons le repli d'un de nos FM de la position du canal. Notre second FM a cessé le feu, deux des hommes se replient directement sur la position du Petit Lapin. Les rafales sont de plus en plus précises et nous [prennent] en enfilade dans le fossé, nous rejoignons sous le feu ajusté de l'ennemi la 1ère section qui vient de se mettre à la disposition du capitaine Auzanau138 et qui a reçu l'ordre de rejoindre le Grand Vendôme. Un des hommes du second FM nous rejoint. Nous remontons vers Vendôme où nous arrivons vers 12 h 30. »
Etat-major : Cne Roger Arnaud, Cdt Jean des Roseaux (1er groupe de bataillons), Cdt Louis L'Hélias (2e groupe de bataillons)
Etat-major : Cne Beaumont
CHR, Ltn Henri Malher
1e cie, Ltn Joseph Batut
2e cie, Ltn Marcel Lapierre
3e cie, Ltn Jean-Louis Cristau, tué 6/12/44
4e cie, Cne Constant Deboute
5e cie, Cne Bernard Renaud
6e cie (engins), Ltn Clément Chupin
Etat-major : Cne Raymond Bossis
CHR, Ltn Auguste Chereau
1e cie, Ltn Robert Arnaud
2e cie, Ltn Georges Lorioux
4e cie, Ltn Pierre Crabeil
Etat-major : Cne Jean Poitou
2e cie, Cne Juste Roger
3e cie, Cne Ferdinand Porcher
4e cie, Cne Paul Guinet
5e cie, Cne André Panier
1e cie, Cne Charles Leonardi puis Ltn André Bouconaud
2e cie, Cne Olivier Noyer de Melque puis Ltn Louis Allin
3e cie, Ltn René Meunier puis Ltn Jean Thizon
4e cie, Ltn Edmond Raffin
5e cie, Ltn Jean L'Hostis
6e cie, Ltn Edmond Martin
Etat-major : Cne Paul Eymer
1e cie, Cne Paul Bourgoin
2e cie, Ltn Marie-Rémi Chapuis
4e cie, Ltn Julien Thomas puis Ltn Michel Ourback
Cie, Ltn Jean Gaillard
Etat-major : Cdt René Serceau
1e cie, Cne Raymond Marie
2e cie, Ltn Georges Marsaud
3e cie, Ltn François Blaise

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