jeudi 25 octobre 2012

Un père et un fils, dragons FFI, tombent le même jour dans les Vosges

Le 8e régiment de dragons FFI a été reconstitué dès juin 1944, dans le maquis du Cantal, par le chef d'escadrons Merlat, formant la colonne rapide 5 des FFI d'Auvergne. Ayant fait mouvement vers la Bourgogne, il a pris part aux combats d'Autun (Saône-et-Loire) aux côtés du 2e dragons de l'armée De Lattre, régiment avec lequel il sera ensuite engagé dans les Vosges.

Au 8 octobre  1944, le 8e dragons appartient au groupement Bonjour, avec le 1er bataillon du Régiment de Franche-Comté. Il se battra au Val-d'Ajol, à Contrexard, Trougemont, Planois, La Bresse. Ses pertes seront particulièrement lourdes. Le 9, Pierre Pegon meurt à Rupt-sur-Moselle, et Henri Thomas, 24 ans, de Brioude, est tué par éclat d'obus à Vagney. Le 11, Lucien Fournes, né en 1916 dans le Tarn, meurt des suites de blessures à Rupt-sur-Moselle, Martin Lavric, Yougoslave de 24 ans, et Honoré Maillebuau, Castrais de 19 ans, sont tués par éclat d'obus à Planois (Georges Lannes est blessé) ; le même jour, à Basse-sur-le-Rupt, Jean Baudier, 22 ans, est tué par balle, et Maxime Boudet, Cantalou de 21 ans, par éclat d'obus. Le 16, André Combes, né en 1927 dans le Tarn, est tué à Cornimont. Le 24, Edgar Michel, 34 ans, d'Etupes, est tué à Basse-sous-le-Rupt par éclat d'obus, et Paul Chauvet meurt au même endroit. Le 26, Fernand Saucet, Landais de 21 ans, est tué au Syndicat par éclat d'obus. Le même jour, le commandant Jean Saucet, 44 ans, est tué par éclat d'obus à Trougemont. Le premier était le fils du second : ils ont été tués dans une usine, Jean touché au cou, Fernand ayant la jambe déchiquetée.

Saucet père et fils (un frère de Fernand s'était également engagé), ainsi que les volontaires tarnais cités plus haut, appartenaient au 8e dragons. Ils venaient initialement du 3e dragons FFI de Castres, également engagé dans cette région vosgienne. En effet, le 9 septembre 1944, le commandant Saucet avait réuni 200 hommes dans la sous-préfecture du Tarn, formant un groupe d'escadrons. Lequel, ensuite confié au commandant Joube, sera bientôt versé, début novembre, dans les artilleries divisionnaires de la 5e DB et de la 3e DIA, notamment au 62e régiment d'artillerie d'Afrique et au 4e régiment d'artillerie. Quant au 8e dragons, après ces combats, il rejoint le camp du Valdahon, où son 1er escadron est formé par un escadron du Corps-franc de la Montagne-Noire (Aude) commandé par le capitaine Jouan de Kervanoael, escadron qui avait repris les traditions du 2e lanciers.

samedi 8 septembre 2012

Un site Internet consacré à la Brigade légère du Languedoc

C'est un site Internet fort intéressant qui est consacré à la Brigade légère du Languedoc et au 80e régiment d'infanterie. Il est l'oeuvre de René Brugié, fils d'un ancien combattant de cette unité. Photos, extraits de journaux de marche, récits de témoins, etc. : cet outil est désormais incontournable pour connaître davantage cette unité FFI à laquelle nous nous sommes également intéressé sur ce blog. Son adresse : http://www.80ri.fr/104959762

mardi 28 août 2012

Les volontaires de Normandie


Les unités réunissant les volontaires de Normandie portent toutes l'appellation de bataillon de marche de Normandie (BMN). 
Le 1er, sous les ordres du commandant Robert Leblanc, est mis sur pied dans l'Eure, à partir du maquis Surcouf. Il présente les armes au général de Gaulle, le 8 octobre 1944, au Neubourg, et devient bataillon de sécurité I/3 en décembre 1944. L'unité fournit des renforts au 7e BMN. 
Le 2e, confié au commandant André Mazeline, organisé dans l'Orne, devient bataillon de sécurité II/3 en décembre 1944. 
Formé aux Andelys, le 3e (Eure), du commandant Fromager (futur chef de corps provisoire du 129e RI), devient bataillon de sécurité III/3. 
Les 1er, 2e et 3e BMN servent à recréer le 129e RI. 

Le 4e (Eure) est sous les ordres du commandant Marcel Baudot (ex-chef départemental FFI) puis du commandant Stouls. L'unité, formée à Evreux, est employée à la garde des installations militaires de la région. 
Le 5e (Seine-Maritime) est confié au commandant Michel Multrier, le 6e (même département) au commandant Caron. 
Les 4e, 5e et 6e BMN formeront le 39e RI (colonel Richard), créé le 16 mars 1945 à Dieppe. 

Enfin, le 7e (capitaine Filoque) est un peu mieux connu. Créé en septembre 1944 avec des FFI du pays de Caux, instruits à Motteville et Flamanville, il reçoit des éléments des 1er, 3e et 5e BMN, puis part en janvier 1945 pour la Franche-Comté. Là, ses hommes sont répartis entre les différents corps de la 9e division d'infanterie coloniale. Durant les combats d'Alsace, d'Allemagne et d'Indochine, 38 anciens du 7e BMN seront tués, 151 blessés.

mardi 24 juillet 2012

Les volontaires de Provence


Les FFI des Alpes-Maritimes sont réunis notamment au sein du Groupement alpin sud (GAS) du colonel Lanusse, qui est en position au-dessus de Nice. Ils appartiennent aux bataillons Esterel 9, Esterel 12, Corniche 22, Corniche 24, Riviera 18, Riviera 25, Haute-Tinée 74, au 1er bataillon des Maures (apparemment connu sous l'appellation de bataillon XVII/15) et à la compagnie du train des Alpes-Maritimes. Le 1er janvier 1945, Esterel 12 et Riviera 18 fusionnent pour former le bataillon XX/15 (commandant Rebattet), qui donne naissance au I/3e RIA le 1er mars 1945. Toujours en janvier 1945, Corniche 22 et Esterel 9 forment le bataillon XXII/15 (futur II/3e RIA), Corniche 24 et Riviera 25 le bataillon XXIV/15 (III/3e RIA). De son côté, Haute-Tinée 74 reprend les traditions du 74e Bataillon d'artillerie de forteresse puis devient bataillon XXI/15 (dit Bataillon de volonaires étrangers) le 21 février 1945. 

Dans les Bouches-du-Rhône, le Régiment La Marseillaise, commandé par le lieutenant-colonel Guy-Roger Serbat (Cayrol), est une unité FTPF formée à Marseille et qui, forte de trois bataillons, est dissoute le 30 octobre 1944 pour donner naissance à la Demi-brigade La Marseillaise. Aux ordres du commandant Welvert, elle se compose des bataillons I/15 et II/15, et aurait été versée dans diverses unités de la 1ère Armée en février 1945. 
Le Bataillon de Provence, mis sur pied dans la région d'Aix-en-Provence et Marseille et aux ordres du commandant Carretier, rejoint le 8 septembre 1944 la 3e DIA qu'elle suit jusqu'en Franche-Comté et, selon le Service historique de la Défense, se transforme en Compagnie de Provence le 23 septembre 1944, dont les effectifs s'élèvent à 180 hommes. Elle est intégrée le 4 octobre 1944 dans le 13e Régiment de tirailleurs sénégalais, formant la 1ère compagnie du 1er bataillon. 
Le Groupe de commandos de Provence est constitué à partir du 4 septembre 1944. Formé à la caserne Miollis d'Aix-en-Provence, aux ordres du chef d'escadrons de Courson de Villeneuve, il compte 500 hommes et part pour Besançon le 17 septembre. Rattaché au Groupe de commandos d'Afrique, il prend part aux opérations des Vosges dès le 23 octobre, de Belfort, et forme, le 5 janvier 1945, le 6e bataillon de choc (avec le bataillon Désiré). 

Dans le Vaucluse et les Hautes-Alpes, le bataillon XIV/15 devient I/141e RIA (commandant Dumay) en février 1945, le bataillon XV/15, issu des bataillons Vaucluse et Ubaye, rejoint également ce régiment, commandé par les lieutenants-colonels Carrias puis Dusseau. 

Le département des Basses-Alpes (Alpes-de-Haute-Provence) met sur pied la Demi-brigade bas-alpine (ou 1er régiment bas-alpin), composé du bataillon IX/15 (commandant Fernand Trouyet puis commandant Louis Félix) et du bataillon X/15 (commandant Xavier Lindenmann) qui sert dans la région de Barcelonnette. Le bataillon X/15 devient Bataillon Bléone 20 (qui a repris à Digne les traditions du 20e BCA), lequel est versé pour renfort dans le 20e BCA de la 1ère armée française et dans la 9e division d'infanterie coloniale. 

Enfin, dans le Var, existait un Régiment des Maures, au sujet duquel nous disposons de peu de renseignements.

lundi 18 juin 2012

Le bataillon de marche III/20

Le bataillon de marche III/20 est mis sur pied en septembre 1944 en incorporant notamment la majorité des 66 volontaires pour l'armée française du maquis de Ranzey, qui étaient casernés à Sornéville (Meurthe-et-Moselle) et qui rejoignent la caserne Thiry de Nancy à partir du 27 septembre. Confié à un chef d'escadrons de cavalerie d'active, Hurstel, ce bataillon est implanté à la caserne Sainte-Catherine de Nancy, le mois suivant. Il a repris alors les traditions du I/26e RI.
Fin novembre, le bataillon gagne Strasbourg, qui vient d'être libérée par la 2e DB, et la caserne Stirn. A la suite de la contre-offensive allemande en Ardenne, il défend le Rhin de La Wantzenau à Stockfeld et de Kehl à Stockfeld. Le 25 février 1945, il est de retour à Nancy et cantonne à Houdemont, puis il est dissous pour former les 1er et 2e escadrons du 3e hussards. D'autres éléments sont versés dans le nouveau II/26e RI du capitaine Thouvenot, qui était l'adjoint d'Hurstel. Parmi les volontaires du maquis de Ranzey, figurent les lieutenants Roger Guillet, Paul Herbuvaux, René Humbert, Roger Thirion, le capitaine Jean-Louis Schoffit et l'aspirant Léon Guillet, qui ont sans doute servi au sein du bataillon III/20.

mardi 29 mai 2012

De Nancy à Royan avec le I/150e RI

Le bataillon V/20 est formé par les volontaires du Groupe Lorraine 42 (FFI de Meurthe-et-Moselle et des Vosges). D'abord cantonné dans les écoles de Blainville-sur-l'Eau puis dans la caserne Thiry de Nancy, il est placé sous les ordres du commandant Frédéric Remélius, alias « Noël », 32 ans, et reprend les traditions du III/26e RI.
31 décembre : le bataillon part pour Clermont-en-Argonne (Meuse) à la suite de la contre-offensive allemande en Ardenne.
Janvier 1945 : il exécute des patrouilles dans la forêt d'Argonne, faisant une vingtaine de prisonniers.
15 janvier : le commandant Remélius fait ses adieux au bataillon et est remplacé par le chef de bataillon Cyrille Blangenois, officier d'active, qui commandait la place de Lunéville.
1er février : création officielle du 150e RI. Le I/150e est formé par le bataillon V/20, le II/150e par le bataillon XII/20 issu du Groupement Argonne (commandant Laure), le III/150e (commandant Langlois) par le bataillon XI/20. Le lieutenant-colonel Turbet-Delof en prend le commandement.
3 février : désigné pour le Détachement d'armée de l'Atlantique, le I/150e s'embarque en gare de Clermont. Il arrive à Gémozac (Charente-Maritime) le 6 février.
9 février : dans la nuit du 9 au 10, le I/150e RI relève le II/107e RI devant Cozes.
22 février : le caporal Marcel Meyer (3e compagnie), Nancéen de 20 ans, est tué par un obus ayant touché un abri.
7 mars : lors d'un coup de main du groupe-franc sur la ferme Cassine, le bataillon perd quelques blessés.
23 mars : relevé par le 6e bataillon porté de tirailleurs nord-africains, le I/150e vient cantonner près de Cozes.

14 avril : le I/150e RI prend part à l'offensive de la Division Gironde contre la Poche de Royan. Après une préparation d'artillerie exécutée à 6 h 40, les 1ère et 3e compagnies enlèvent Semussac, la 4e occupe le Moulin des Ardillers et achève le nettoyage de Semussac. De son côté, la 2e compagnie du lieutenant Quirin enlève la ferme et le bois de La Chasse où la résistance est vive. Un Allemand aurait tué quatre soldats du bataillon... Puis la 1ère compagnie prend le carrefour Nord-Ouest du bois de La Chasse, tandis que la 3e enlève le château et le parc de Didonne. A 8 h 45, tous les objectifs sont atteints. Le bataillon a fait 70 prisonniers, au prix de 9 tués et 29 blessés. Parmi les victimes :
. Louis Breton, né en 1925 en Meurthe-et-Moselle ;
. Louis Brogonzoli, né en 1923 dans les Vosges ;
. Roland Lalevée, né en 1925 en Meurthe-et-Moselle (mort le 20 avril des suites de blessures) ;
. Albert Leuillier, né en 1925 à Saint-Nicolas-de-Port ;
. Jules Mackel, né en 1924 en Meurthe-et-Moselle ;
. Maurice Marchal, né en 1924 à Nancy ;
. Raymond Stephano, né en 1910 à Nancy.

15 avril : le I/150e se porte sur Médis.
18 avril : le sous-lieutenant André Gay (« Tatave »), du groupe-franc, est mortellement blessé lorsqu'un véhicule saute sur une mine, le sergent Bernard et le soldat Martin blessés.
22 avril : le I/150e RI défile à Royan devant le général de Gaulle.
1er mai : le commandant Blangenois laisse le bataillon au capitaine Félix Mennegand.
Le I/150e RI retournera en Lorraine le 23 juin.

mercredi 2 mai 2012

La Brigade légère du Languedoc

Lors de la visite à Valdahon (Doubs) de Winston Churchill, dont la fille est la marraine de la brigade. (Photo ECPA-D parue sur le site Chemins de mémoire).



La colonne R3 est formée par la réunion de FFI de la Région 3 (Montpellier). Elle est sous les ordres du lieutenant-colonel Maurice David, alias Thomas (avocat venu des FFI de Haute-Lozère), à compter du 7 septembre 1944. Cet officier aura pour adjoint le commandant Bernard Bonnafous (Richard), ex-chef des FFI de l’Aveyron. Cette colonne est composée des unités suivantes : 
. le 1er bataillon de l’Aude est aux ordres du commandant Roger Monpezat (Roger), 45 ans, ancien chef du Corps franc de la Montagne Noire, corps franc dont ce bataillon est issu en partie (avec la compagnie du capitaine Marius Olive, dit Simon, du maquis de Picaussel). Une fraction du bataillon, sous les ordres du capitaine Bernard Jouan de Kervanoael, formera le 1er escadron du 8e régiment de dragons. D’autres éléments constituent la compagnie Olive (7e du II/80e RI). 
 . le 1er Bataillon de l’Hérault du commandant Jean Boudet. Il reçoit notamment des éléments (deux compagnies) du maquis Bir-Hakeim, la compagnie du capitaine Grandidier… Le capitaine François Rouan (Montaigne) en fait également partie. Comptant 662 hommes en septembre 1944, il quitte l’Hérault le 14 septembre 1944. Cantonné la semaine suivante à Longeault (Côte-d’Or), il est versé dans le bataillon Hérault-Lozère de la brigade, puis au III/80e RI. 
 . le Bataillon des Cévennes ou 2e bataillon du Gard ou Bataillon Bombyx du commandant Dominique Magnant (Bombyx), polytechnicien, chef d’état-major des FFI du Gard. Unité CFL formée à Nîmes, forte de 570 hommes, on y retrouve le commandant Gomez, adjoint, les capitaines Ferdinand Gaillard, Louis Brochard, Régné (2e compagnie), Jacques Dürlemann alias Cavalier (3e compagnie), Louis Debroas (4e compagnie), le lieutenant Desveaux (CHR). Il est versé dans le groupe de commandos du Languedoc (futur I/80e) le 15 octobre 1944 avec le 3e bataillon ORA de l'Aveyron. 
 . le 3e bataillon de l’Aveyron du commandant Eugène Brugié (capitaine en 1939, futur lieutenant-colonel) – à ne pas confondre avec Michel Bruguier, alias commandant Audibert, chef du bataillon du Gard. Unité ORA mise sur pied à Rodez, le bataillon part le 30 septembre 1944 pour Dijon. Versé au groupe de commandos du Languedoc (il forme le 4e commando le 15 octobre 1944), il devient 1er bataillon (Brugié) de la BLL (puis I/80e). 
. le 2e bataillon de l’Aveyron du commandant Yves Testor (1908-2004), médecin à Séverac, chef du maquis Arête-Saules. Il devient II/BLL le 15 octobre 1944 puis est versé au II/80e. 
. le Bataillon de Haute-Lozère du lieutenant-colonel David alias Thomas (puis chef de la colonne le 7 septembre 1944), puis du commandant Louis Ackermann (Petit-Louis). Formera le bataillon hors-rang de la BLL. 
. le 1er bataillon de l’Aveyron du capitaine Pierre Monteil (Jean-Pierre), chef du maquis Jean-Pierre. Quittant Rodez mi-septembre 1944, avec le 2e bataillon Testor, pour Lapalisse (Allier), il est versé au II/80e. 
. le 1er bataillon du Gard du commandant Vergne (Tigre). Unité FTP. 
  
14 septembre 1944 : le 1er bataillon de l'Hérault fait mouvement vers la Bourgogne. Les FFI du maquis Jean-Pierre (1er bataillon de l'Aveyron) gagnent Clermont-Ferrand, transportés par trois camions. Le lendemain, ils se dirigent vers la Côte-d'Or, cantonnant à Remilly-sur-Tille et Is-sur-Tille. 
17 septembre 1944 : le 1er bataillon de l'Aude part pour la Bourgogne. 
30 septembre 1944 : le 3e bataillon de l'Aveyron, formé à Rodez, prend la direction de Dijon. 
3 octobre 1944 : le Bataillon des Cévennes quitte Nîmes pour Dijon dans les wagons de deux trains. Il arrive en Côte-d’Or le lendemain. 
15 octobre 1944 : la colonne se transforme en Brigade légère du Languedoc, qui doit initialement être composée d'un groupe de reconnaissance, un groupe de commandos (GC), trois bataillons et une compagnie de transport. Le GC, fort de 1 203 hommes, est confié au commandant (puis lieutenant-colonel) Brugié, Magnant étant son second, le capitaine Gaillard son adjoint, Gomez le chef du commando d’accompagnement, assisté par Dürlemann, le capitaine Debroas commande un des trois commandos. Les effectifs de la BLL sont de 2 500 à 2 800 hommes selon le Service historique de la Défense. 
21 octobre 1944 : les ex-FFI du maquis Jean-Pierre sont instruits à compter de ce jour, jusqu'au 30 novembre 1944, au camp de Valdahon (Doubs). 
23 octobre 1944 : le groupe de commandos est transféré à Valdahon pour instruction. 
13 novembre 1944 : la BLL, qui a pour marraine Mary Churchill, est passée en revue par le général de Gaulle, accompagné du général de Lattre et de Winston Churchill. 

Au combat
24 novembre 1944 : la BLL est rattachée à la 9e division d’infanterie coloniale. Ce jour-là, elle épaule le II/6e RIC lors du dégagement de la RD 24, entre la route Réchesy-Pfetterhouse et la frontière suisse. Le JMO du groupe de commandos raconte : « L'attaque commence à 9 h par une préparation d'artillerie. Départ de l'attaque […] des lisières de Réchésy. Traversée sans difficulté de la prairie entre le village et le bois. Le 1er commando longe la route, le 3e longe la frontière, le 2e entre eux. Le 4e commando établit une base de feux à la lisière du village. Le 1er commando progresse sans difficulté jusqu'à [Pfetterhouse]. Les 2e et 3e rencontrent une forte résistance appuyée à la frontière suisse, avec FM et fusils anti-chars. A midi, le 3e commando se replie afin d'éviter un bombardement par la fenêtre suisse. A 14 h, l'opération étant terminée par ailleurs, le 3e commando reçoit l'ordre d'attaquer de nouveau, appuyé à droite par le 4e commando qui n'a pas encore été engagé. A 14 h 30, la frontière suisse est atteinte sans résistance dans toute sa longueur. On apprend des garde-frontières suisses que 120 Allemands ont été internés dans la matinée et 150 vers 12 h. Pertes : cinq blessés. Le groupe de commandos cantonne de nouveau à Réchésy. » 
25 novembre 1944 : la Brigade légère du Languedoc se porte sur Hésingue. Elle est rattachée au 6e RIC dont la mission est de tenir le secteur de Saint-Louis à Kembs. Son PC est à la mairie de Hésingue, celui du groupe de commandos à la gendarmerie de Hésingue.
26 novembre 1944 : le 3e commando du commandant Louis Debroas, qui est à Blotzheim-La Chaussée, est relevé par le II/BLL. Il retrouve le groupe de commandos à Saint-Louis, commune libérée le 20 novembre 1944. La journée est aussi marquée par une attaque des points d'appui tenus par les 1er et 2e commandos. Ces mouvements sont stoppés par des tirs d'arrêt, mais le sous-lieutenant Saillard reçoit une blessure par balle à la poitrine. Une autre victime est enregistrée à la brigade : Marceau Dubois, né à Carcassonne en 1905. 
29 novembre 1944 : préparatifs de l'attaque de Village-Neuf par le I/6e RIC et la BLL. Dans la nuit du 29 au 30, le 2e bataillon (Testor) occupe Rosenau. Les commandos sont disposés à Michelfelden et Saint-Louis. 
30 novembre 1944 ; attaque du pont de Village-Neuf qui est défendu. JMO du Groupe de commandos : "Après deux tentatives infructueuses, et avec l'appui de deux tanks destroyers, la section Cailholl réussit à franchir le pont vers midi. Le 2e commando fait la jonction avec le II/6e RIC venu de Rosenau sur Village-Neuf. Combat très dur dans le village, où l'ennemi est retranché dans de nombreuses maisons. Le village est nettoyé vers 15 h. Certains éléments atteignent le Rhin et avancent en direction de Huningue". Au II/BLL, un chef de section, le sous-lieutenant Jean Pierre Douzou, de Millau (Aveyron), et le jeune soldat Manuel Soller, âgé de 16 ans (il est originaire de Salmiech), ont été tués, le premier vers une usine, le second sur le canal. Au total, 100 prisonniers sont à mettre au crédit de la brigade, au prix de quatre ou cinq tués (dont Robert Bourdoncle, 18 ans), une vingtaine de blessés. 
1er décembre 1944 : au matin, le 2e commando (commandant Lucien Bénézit) et le II/6e RIC occupent par le nord Huningue évacué, le groupement du lieutenant-colonel Alfred Silbert (commmandant en second de la brigade) par le sud, le 1er commando (commandant Michel Goudinoux) par l'ouest. Durant ces deux jours de combats, la brigade a perdu huit tués, selon le sous-lieutenant André Souyris-Rolland (du 2e bataillon), parmi lesquels le soldat Roger Bichindaritz (né à Biarritz en 1920, décédé à Blotzheim). 
Pour la BLL, c'est le début d'une longue période de position sur le Rhin. Elle a son PC en mairie d'Hésingue, le service de santé du médecin-commandant Manquené (Denis), un officier issu du Corps franc de la Montagne Noire, est à Hégenheim, le PC du groupe de commandos – qui deviendra 1er bataillon de la BLL le 4 décembre 1944 – est à Saint-Louis. Le I/BLL est chargé de défendre le quartier de Huningue, le II/BLL celui de Village-Neuf - Rosenau. Ce temps de faction sera marqué, pour l'unité, par de nombreuses pertes, dues aux tirs ennemis (artillerie, mortiers, armes automatiques) venant de l'autre rive. 
2 décembre 1944 : le lieutenant Jacques (1er commando) est blessé. 
12 décembre 1944 : c'est au tour du sous-lieutenant Petit (3e compagnie) d'être touché à la jambe.
Décembre 1944 : le chef de bataillon Goudinoux, chef de commando, prend la tête du groupe de commandos, à la place du lieutenant-colonel Brugié, et le 26 décembre 1944, Magnant quitte la BLL pour l’état-major de la 1ère armée française. 
14 décembre 1944 : Paul Lourdon, né en 1925 dans l'Aveyron, meurt en service commandé à Schlierbach.
17 décembre 1944 : le III/BLL (Bataillon Hérault-Lozère) relève le II/BLL en forêt de la Hardt, entre Kembs et Nieffer exclus. Les points d'appui sont commandés par le capitaine Emile Perez, le lieutenant Paul Peyfaure, le sous-lieutenant Deparis... 
25 décembre 1944 : André Baudasset, né en 1926 à Clermont-l’Herault, caporal au 3e bataillon, est tué en forêt de la Hardt par balle, ainsi que le lieutenant Emile Lavigne.
30 décembre 1944 : le soldat Jean Frontère, du III/BLL, est tué par balle.
 
1er janvier 1945 : blessé à Village-Neuf, le capitaine Henri Cailhol, né en 1919 à Aurillac, du 2e commando, meurt à Altkirch.
2 janvier 1945 : Armand Martin (III/BLL) est tué par balle.
3 janvier 1945 : Joseph Rafart, né en 1923 dans l'Aude, est tué à Blotzheim-La Chaussée. 
4 janvier 1945 : Alphonse Foltin, né en 1922 en Pologne, meurt à Altkirch des suites de blessures, le soldat Jean Caserivière est tué par un éclat de mortier, le jour d'une attaque allemande sur Kembs. 
8 janvier 1945 : la BLL devient 80e RI FFI ou 1er régiment du Languedoc. Au sein des 1ère et 2e compagnies figurent des anciens du maquis de l'OMA de l'Aveyron. Le régiment reste sous les ordres du lieutenant-colonel David (Thomas), puis, à partir du 21 février 1945, sous ceux du lieutenant-colonel André Barbier. Il a pour commandant en second le commandant Pierre Bichot (ancien du Groupement 23 des Chantiers de jeunesse), pour chef d'état-major le commandant L. Bénezit. 

Ordre de bataille du régiment
I/80e RI, Cdt M. Goudinoux 
. CCB, Ltn André Bertrand 
. 1e cie, Cne Charles Delmas. Cet officier vient du maquis des Corsaires (ex-maquis de Mandagout). 
. 2e cie, Cne Pierre Guignette (ex-2e cdo, auparavant commandé par le Ltn Laurens) 
. 3e cie, Cne Louis Debroas puis Ltn Jacques Valenty 
. 4e cie, Ltn Eugène Gravil 
. 5e cie, Cne Jacques Dürlemann 
II/80e, Cdt Yves Testor (ex-chef du maquis Arête-Saules puis du 2e bataillon de l’Aveyron) puis Cne Stéphane Brunet (issu du maquis Arête-Saules) 
. adjoint, Cne S. Brunet 
. CCB, Cne Henri Solanet (ex-chef du maquis Péguy puis versé au maquis Arête-Saules)
. 6e cie, Cne Sylvain Diet puis Ltn André Rudelle
. 7e cie, Cne M. Olive dit Simon (issu du maquis de Picaussel) 
. 8e cie, Cne Pierre Monteil (ex-chef du 1er bataillon de l'Aveyron après Richard
. 9e cie, Cne René Costecalde 
. 10e cie, Cne Pierre Dejean 
III/80e : Cdt J. Boudet (ex-chef du 1er bataillon de l’Hérault) puis Cdt André Négrié 
. CCB, Ltn Ernest Granier 
. 11e cie, Ltn Pierre Peyfaure 
. 12e cie, Cne Emile Perez 
. 13e cie, Cne Astor Formichi puis Ltn Henri Gelly
. 14e cie, Cne Henri Grandidier (ex-chef de compagnie au 1er bataillon de l’Hérault). 
Le régiment sera renforcé par 250 hommes d'un bataillon FFI de l'Aveyron et de l'Aude, par 100 hommes du bataillon de volontaires de l'Hérault. 

10 janvier 1945 : Claude Folhem, né à Metz en 1925, est tué dans l'île de Niederau.
11 janvier 1945 : Paul Dvorok est porté disparu à Huningue. 
13 janvier 1945 : le sergent-chef Albert Sarter, né en 1902 en Moselle, issu du maquis Jean-Pierre, est tué à Blotzheim. 
14 janvier 1945 : le II/80e RI est en position dans la forêt de la Hardt. 
15 janvier 1945 : le soldat Joseph Allery (ex-maquis Jean-Pierre), du II/80e RI, né en 1919 à Nantes, meurt à Altkirch des suites de blessures. 
16 janvier 1945 : Léon Firmihac, né en 1923 dans l'Aveyron, issu du maquis Jean-Pierre, est tué par éclats de mortiers à Schlierbach. 
17 janvier 1945 : le sergent René Pascal, issu du maquis Jean-Pierre, est tué par balle dans la Hardt.
19 janvier 1945 : le III/80e RI FFI est relevé par le II/81e RI.
20 janvier 1945 : le II/80e est relevé, et part au repos. Un de ses hommes issu du maquis Jean-Pierre, le soldat Marquis, a été tué lors de son séjour. Pierre Dalarun (3e compagnie), né en 1926 dans la Manche, est tué à Village-Neuf par balle. Il s'agit sans doute du sergent vers qui le sergent infirmier Jacques Heran (futur professeur à la Faculté de médecine de Strasbourg) s'est porté au secours. Le sous-lieutenant Baldi, de la 1ère compagnie, est fait prisonnier ce jour-là. 
21 janvier 1945 : Marcel Grimonprez, né en 1910 en Belgique, est tué par balle. Il était lieutenant dans la 3e compagnie du régiment. 
23 janvier 1945 : Antonin Rocamora, né en 1927, est tué par balle à Huningue. 
25 janvier 1945 : le 80e RI subit plusieurs pertes. Le Lithuanien Victor Bukankies, né en 1924, est tué sur une mine lors d'une patrouille à Blotzheim, ainsi qu'Aimé Dedieu, né en 1925 dans le Tarn-et-Garonne. Léon Catala, né en 1924 à Rodez, meurt à Kembs, de même qu'Emilien Eychenne, né en 1917 dans le Tarn, tué par mine, et Armand Griffouliere, né en 1925 dans l'Aveyron. Bernard Epiais, né en 1923 à Blois, meurt noyé dans le Rhin à Rosenau. 
1er février 1945 : le lieutenant Gérard Annonier, né en 1915 en Vendée, ancien chef de corps franc en Lozère et officier au I/80e, est tué par des guetteurs français à Huningue. 
12 février 1945 : René Meyrueix, né en 1926 dans le Gard, est tué par balle à Huningue. 
15 février 1945 : Raymond Bazin, né en 1906 dans l'Aisne, meurt des suites de blessures à Altkirch. 
20 février 1945 : Alfred Lavieille, né en 1926 dans l'Aveyron, meurt de suites de blessures dans le Haut-Rhin. 
23 février 1945 : Henri Anglade, né en 1923 en Haute-Loire, est tué par balle à Huningue. 
25 février 1945 : Maurice Lambert, né en 1927, meurt des suites de blessures.
3 mars 1945 : Louis Querbes, né en 1924 dans l'Aveyron, est tué par balle à Huningue. 
4 mars 1945 : Louis Tornero, né en 1921 dans l'Hérault, meurt des suites de blessures à Mulhouse. 
5 mars 1945 : René Corredor, né en 1925 à Rodez, meurt à Rosenau, l'aspirant Fusil (1ère compagnie) est touché à l'épaule. 
16 mars 1945 : Henri Michel, né en 1923 dans le Gard, est tué à Huningue par balle. Date de recréation officielle du 80e RI.
19 mars 1945 : le III/80e RI remonte en ligne, relevant des tirailleurs algériens entre Kembs et Blofzheim.
23 mars 1945 : François Soto, né en 1925 dans le Gard, meurt à Village-Neuf par accident. 
25 mars 1945 : le caporal Jacques Tonnelier (ex-maquis Jean-Pierre), né en 1924 à Mirecourt, est tué par ballen Auguste Wartlolff (III/80e RI), 25 ans, est mortellement blessé.
30 mars 1945 : Jacques Raclet, né en 1928 à Paris, meurt à Mulhouse des suites de blessures. 
1er avril 1945 : le sous-lieutenant Jean Burgin (4e compagnie du I/80e RI) est blessé.
3 avril 1945 : Angelo Lentini, né en 1924 en Algérie, est tué à Niederau-Woerth. Le sergent Roger Puech, né en 1923 dans l'Aveyron, est tué. 
7 avril 1945 : Maurice Fournie, né en 1921 dans l'Hérault, meurt à Kembs. 
8 avril 1945 : Italo Bruzzechesse, né en 1925 dans le Tarn, est tué par éclat de mortier dans l'île de Niederau. 
9 avril 1945 : André Cabrolier, né en 1923 dans l'Aveyron, et Maurice Garrigues, né en 1921 à Paris, issus du maquis Jean-Pierre, sont tués dans l'île de Niederau-Woerth. 
18 avril 1945 : l'aspirant Bernard Delpech, 29 ans, est tué par balle à Zillisheim. 
19 avril 1945 : Joachim Loupias, né en 1925 dans l'Aveyron, est tué par balle à Blodesheim. 
23 avril 1945 : André Passet, né en 1926 dans l'Hérault, meurt à Village-Neuf. Depuis la mi-novembre 1944, la BLL/80e RI a donc perdu au moins une cinquantaine de tués. Quinze reposent dans le cimetière d'Hésingue. 

24 avril 1945 : le I/80e RI franchit le Rhin à Kembs, avant de regagner Mulhouse. La 14e compagnie (capitaine Grandidier) réalise une opération de franchissement en un autre lieu du fleuve.
 1er mai 1945 : le régiment retourne en Allemagne, pousse jusqu'à Pforzheim puis Stuttgart.

Sources principales : SHD : archives de la Brigade légère du Languedoc/80e RI. GR 12 P 16 - Archives départementales de l'Hérault : journal de marche du 1er bataillon de la Brigade légère du Languedoc/80e RI, 228 J 40 - SOUYRIS-ROLLAND (André), Les Forces françaises de l'intérieur du Languedoc-Roussillon, 1997 - Mémoire des hommes.

lundi 16 avril 2012

Périgordins et Creusois dans la Poche de La Rochelle

Le 26e régiment d'infanterie est un corps traditionnellement lorrain. Mais les accords de l'armistice de juin 1940 ont voulu qu'il stationne, jusqu'en 1942, en Dordogne (à Périgueux, Bergerac et Brantôme). Ce qui explique qu'il soit recréé, officiellement le 15 novembre 1944, à Périgueux, Bergerac et Creysse... et, parallèlement, en Meurthe-et-Moselle.

Le 26e RI « périgordin», confié au lieutenant-colonel Henry Mingasson, 45 ans, un officier d'artillerie (chef d'escadron d'active au 35e RA, devenu chef d'état-major des FFI de la Dordogne), renaît en incorporant des formations FFI dont la plupart viennent de servir devant les Poches de l'Atlantique.

Il a pour commandant en second le lieutenant-colonel Albert Fossey, alias François, 35 ans, sergent-chef en 1939, chef départemental FFI de la Creuse, futur Compagnon de la Libération et lieutenant-colonel de parachutistes. Le commandant Edouard Hemmerlé est chef d'état-major, le commandant Prosper-Jean Rizza adjoint au chef de corps.

Le régiment incorpore notamment les FFI périgordins du maquis Mercedes, du groupe Marianne, du groupe Bugeaud, des maquis Eric, Chastaing, du bataillon Lila (revenu à Sarlat fin octobre), des compagnies FTP Carrère et de Concha, du bataillon Joseph...


Le 1er bataillon (commandant Jean Poumarède puis commandant Victor Vallade, venu du groupe Mercedes, ayant pour adjoints les capitaines Ellies Lacoste et Louis Laval), se compose des 1ère (capitaine Charles Reinhard), 2e (lieutenant Durand), 3e (lieutenant Traveau), 4e (capitaine Jean Despreaux) et 5e (capitaine Rey) compagnies, ainsi que d'une compagnie de commandement (capitaine Beaucourt).
Le 2e bataillon est sous les ordres du commandant Raymond Carrère, issu des FTPF. Ses compagnies sont aux ordres des capitaines Thomas Gimeno (5e), Guy Raloux (6e), Mathieu de Concha (7e), Ellies Lacoste (10e) et Picot (11e), du lieutenant Jean-Paul Claria (9e).

Le 3e bataillon, à Bergerac, reçoit des éléments du 32e bataillon CFL (groupe Cerisier), du 33e bataillon CFL (groupe François-Ier), du bataillon Marcel... Il est sous les ordres du commandant Joseph Saintraille (lieutenant d'active, membre de l'ORA), avec le capitaine Roland Fouquet pour adjoint. Ses compagnies : la 11e (capitaine Robert de Muizon, ancien lieutenant de la compagnie Boby du bataillon Joseph), la 12e (lieutenant Michel Pupat, ancien chef de la compagnie Michel du bataillon Joseph), la 13e (capitaine Mathieu de Concha), la 14e (lieutenant Jean-Paul Claira), la 15e (capitaine Marceau Feyry, ancien chef du groupe François-Ier), et la CC 3 (capitaine Roland Merlet).

A noter qu'au sein du régiment, servent 29 officiers, 54 sous-officiers et une centaine d'hommes issus du 26e RI de l'armée d'armistice.


Le 21 décembre 1944, il voit partir un détachement de 800 hommes (dont la compagnie du lieutenant Forie), confiés au commandant Poumarède, qui s'en vont former, à Brive-la-Gaillarde, le 1er bataillon du 126e RI.
Son 2e bataillon est alors reconstitué par les FFI de la Creuse, emmenés par le commandant Fossey. Le groupe François, les compagnies Daniel (capitaine Picaud), Robert (capitaine Undriener), Louis (capitaine Beney), Biton (capitaine Biton) et le bataillon FTP Martin (commandant Belmont) l'intègrent, le II/26e RI passant sous les ordres de Raymond Belmont, 26 ans, sous-lieutenant en 1940, chef FTP du département. Il se compose des 6e (capitaine Roger Biton), 7e (capitaine Marcel Picaud), 8e (capitaine Robert Undriener), 9e (capitaine Louis Herry) et 10e (lieutenant Kuntz) compagnies, d'une CC (capitaine Daoudal), les capitaines Le Guillou et Roithring étant adjoints au chef de bataillon.


Destiné à opérer dans l'Est de la France (comme le 131e RI de l'Aube et de l'Eure-et-Loir, d'ailleurs), le 26e RI fait finalement mouvement vers La Rochelle. L'ordre parvient à Mingasson le 18 janvier 1945, l'embarquement à destination de La Roche-sur-Yon (Vendée) intervient le 22, et la montée en ligne (en relevant le 125e RI de la Vienne et le I/15e RI du Tarn) à partir du 30.

Le 1er avril 1945, le 26e RI (de Dordogne) devient officiellement 13e RI, en raison de l'existence d'un autre 26e RI en Lorraine. Le lendemain, le lieutenant-colonel Mingasson reçoit, à Paris, le drapeau de son régiment.

En position devant La Rochelle, le 13e RI constitue l'ossature du groupement Mingasson, avec un bataillon du 6e RI, un autre du 4e zouaves, un escadron du 1er spahis marocains et un autre du 13e dragons. Ce groupement participe à l'offensive des 30 avril et 1er mai 1945 dans la poche de La Rochelle, enlevant la côte 33, les communes de Thairé, La Gravelle et La Gigone.


Le régiment déplore, sur le front de La Rochelle, 19 tués, cinq disparus, et 56 blessés. Le site « Mémoires des hommes » du ministère de la Défense nous permet d'identifier les victimes suivantes :

. René Bonnefort, né en 1922 dans la Somme, tué le 16 avril 1945 à Ardillières.
. Jean Chemin, né en 1925 dans la Marne, le 10 avril à Marans.
. sergent Pierre Claude, né en 1913, le 3 mai à Rochefort.
. Jean Demaret, né en 1924 à Paris, mort le 26 mars à La Rochelle des suites de blessures.
. André Dumonteil, né en 1921 en Dordogne, tué le 1er mai près de Thairé.
. Jean Gambaud, né en 1925 dans la Creuse, tué le 16 avril à Ardillières.
. Bernard Gouas, né en 1922 en Indre-et-Loire, tué le 13 mars à Landrais.
. Charles Henninger, né en 1910 à Strasbourg, tué le 11 avril par balle à Charneuil.
. Joachim Jehanno, né en 1922 dans le Morbihan, tué le 30 avril à Thairé.
. Ernest Joubert-Pinet, né en 1912 en Dordogne, tué le 30 avril à Thairé.
. Raymond Maysonnier, né en 1918 dans le Lot-et-Garonne, tué le 1er mai à Thairé.
. Angelo Meccenero, né en 1918 en Italie, le 3 avril à Poléon.
. Albert Medan, né en 1926 dans les Deux-Sèvres, mort le 2 avril de maladie à Rochefort.
. Georges Moreaud, né en 1924 dans la Creuse, le 16 avril à Rochefort-sur-Mer.
. le sergent Alfred Sauvanet, né en 1921 dans la Creuse, tué le 30 avril à La Gravelle.
. Clément Souverain, né en 1923 dans la Creuse, tué le 30 avril à La Gravelle.
. Lucien Toumazou, né en 1906 à Sarlat, tué le 11 avril à Charneuil.

mardi 13 mars 2012

Le 3e dragons FFI (1944-1945)


(Photo aimablement communiquée par M. Olivier Heral).



C'est après la reddition de la garnison allemande de Castres que le chef d'escadrons Pierre Dunoyer de Segonzac, alias Hugues, 38 ans, ancien directeur de l'école des cadres d'Uriage, et alors chef des maquis de l'Est du Tarn (dans le Vabre), met sur pied un groupement FFI, d'abord baptisé Corps franc du Sidobre.

Ce groupement est en premier lieu articulé autour du 3e régiment de dragons. Recréé le 31 août 1944, commandé par le chef d'escadrons Paul d'Audibert de Lussan, officier d'active de 49 ans, ce régiment réunit deux groupes d'escadrons mis sur pied au quartier Fayolle à Castres après la libération de la cité, l'un constitué par d'Audibert, l'autre par le chef d'escadrons Antoine de Gastines. 

Il comprend aussi les « commandos », confiés au capitaine Jean Dunoyer de Segonzac, alias Martin, le frère cadet du commandant. Il y a enfin la batterie anti-chars du capitaine Jean Bonnet. 

Ce groupement, appelé à devenir Corps-franc Bayard le 24 septembre 1944 (selon le commandant de Segonzac), quitte Castres à partir du 6 septembre 1944, dans le cadre de la Division légère de Toulouse. Il opère d'abord à Etang-sur-Arroux, en Saône-et-Loire (9-10 septembre 1944). Passé en revue par le général de Lattre, commandant la 1ère armée française, le 15 septembre 1944, il gagne, neuf jours plus tard, la région de Vesoul. 

Baptême du feu en Haute-Saône

Le 25 septembre 1944, le Corps franc connaît son « baptême du feu », selon les mots du capitaine Odon de Saint-Blanquat, adjoint au chef d'escadrons Dunoyer de Segonzac. Il a pour mission d'épauler les zouaves portés du 2e bataillon de la 1ère division blindée (DB) dans la conquête des bois du Mont de Vannes, au-delà de Lure, sur la route du Thillot. Ce sont les commandos du capitaine Martin qui sont engagés. Les volontaires du Tarn avaient quitté Pomoy (Haute-Saône) à 1 h pour se mettre en place à Malbouhans et entreprendre le nettoyage des bois. Les combats dans ces fourrés dureront jusqu'au 26 septembre 1944 en fin de journée, quand les Français atteindront les lisières Nord du bois, à environ un kilomètre de la route Mélisey - Plancher-les-Mines. Le capitaine de Saint-Blanquat parle d'« un sévère et sanglant baptême du feu ». Bilan : quatre tués et quatre blessés. Les quatre victimes : Paul Ortega, 20 ans, et Pierre Barraud, 18 ans, vétérans du Corps franc de la Libération 10 du maquis de Vabre, le jeune cavalier Guy Marmier, 17 ans et demi, du 3e commando, tué le 26 septembre 1944, Emile Iche, 25 ans, mort le lendemain.

29 septembre 1944 : le Corps franc Bayard est rattaché à la 1ère division de marche d'infanterie, après les combats du Mont de Vannes et deux jours de repos à Belonchamp. Le groupe d'escadrons d'Audibert relève ainsi les cuirassiers du commandant Geyer au point d'appui de Mignavillers puis, le 2 octobre 1944, les hommes du groupe de Gastines au bois le Bœuf, près de La Vacheresse. Enfin, après avoir laissé ses positions aux « commandos » du capitaine Martin (ceux-ci formeront le 3e groupe d'escadrons de l'unité, composé de trois commandos comprenant notamment la compagnie Marc-Haguenau, composée de volontaires juifs), il relève de nouveau le 2e groupe d'escadrons le 5 octobre 1944 au bois des Guyottes, jusqu'à l'arrivée, cinq jours plus tard, de tirailleurs marocains. Deux des cadres du 2e groupe d'escadrons ont été blessés le 30 septembre 1944 dans le bois Saint-Georges, près de La Vacheresse, le lieutenant Paul de la Taille et l'adjudant André Viguier, ce dernier au cours d'une patrouille.

9 octobre 1944 : création dans les Vosges d'un groupement tactique destiné à couvrir la gauche du 2e corps du général Monsabert et relever des soldats américains. Il est constitué autour du 2e RSAR et commandé par le lieutenant-colonel Roger Lecoq. Le Corps franc Bayard lui est rattaché.

12 octobre 1944 : le Corps franc arrive dans le secteur des spahis. Premiers à monter en ligne : les trois « commandos » du capitaine Jean Dunoyer de Segonzac, qui relèvent les Américains à Sapois, et qui y seront à leur tour remplacés par le groupe du commandant d'Audibert le 16 octobre 1944 (deux FFI, Parda et Lerouge, sont blessés le lendemain).

14 octobre 1944 : une action visant Rochesson est menée à partir de 7 h 30. L'attaque permet d'obtenir quelques progrès, avant d'être stoppée. Côté français, il y a deux tués et trois blindés perdus. Le Corps franc Bayard déplore, près de Menaurupt, la mort d'Heindrich Kiel, 35 ans, appartenant à la section polonaise du corps franc, de Simon Weil, 20 ans, du 2e commando (la compagnie Marc-Haguenau), et de Julien Gonzales, du 3e commando. Un officier, le sous-lieutenant Jacques Desazars de Montgailhard, est blessé "alors qu'il se penchait pour secourir un de ses hommes" (témoignage du lieutenant Jean-Pierre Rouchié). Ces combats vaudront à leur chef de groupe une citation.  

17 octobre 1944 : ayant enfin relevé les Américains, le Corps franc Bayard participe à une attaque ayant pour but de prendre le bois d'Orimont puis, à nouveau, Rochesson. Mais seul le premier objectif est atteint. Pour le corps Monsabert, les pertes et la fatigue sont telles que le général de Lattre décide, le 17 octobre 1944 à midi, de suspendre l'offensive. Le Corps franc reste attaché au groupement Lecoq pour rester en position devant Le Tholy. 

24 octobre 1944 : aux environs de cette date, le Corps franc Bayard devient 3e régiment de dragons. Le commandant d'Audibert apprend ce changement de dénomination le 2 novembre 1944.

29 octobre 1944 : le maréchal des logis Hervé Amalric est grièvement blessé par des éclats à l'épaule, au ventre et à la cuisse par un obus de mortier à Moyenmont (il décédera le 12 novembre 1944).

A l'assaut du Haut du Tôt 

31 octobre 1944 : une action en direction de Rochesson – toujours – et de Menaumont, entre les routes Remiremont – Le Tholy - Gérardmer et Remiremont – La Bresse – Gérardmer, est programmée pour vérifier si les Allemands ont décroché. Le débouché se fait à 6 h 30, après une préparation d'artillerie. Le 1er bataillon de l'Aveyron et le 3e régiment de dragons sont engagés dans cette opération. Les dragons progressent en direction du Haut du Tôt (827 m), au sud de Bouvacôte, et de la ferme Perrin, mais ils se heurtent à la réaction ennemie. Le peloton du lieutenant Jean Le Vavasseur (1er escadron) parvient toutefois à occuper la lisière Nord du boqueteau situé au sud du Haut du Tôt, également atteint par le 2e RSAR. Cependant, près de la ferme Perrin, si le peloton du lieutenant Louis Aussenac - qui a pris la veille une mitrailleuse et deux prisonniers lors d'une patrouille - et un groupe du peloton du sous-lieutenant Edouard Bonhoure parviennent à faire six prisonniers, le cavalier Marcel Maurel, 19 ans, est tué d'une balle dans la tête, l'aspirant Gaubert, les cavaliers François Cabrol, René Cabrol et Seguy sont blessés. A 9 h, c'est le maréchal des logis-chef Marc Bellegy, du peloton Le Vavasseur, qui est grièvement touché à la tête, et qui est ramené sous le feu ennemi par le cavalier Hiraille. La résistance allemande est telle qu'à 15 h, l'ordre est donné par le chef d'escadrons de spahis de Chabot de se replier sur les positions de départ. Les dragons sont de retour dans leurs points d'appui à 15 h 45.

3 novembre 1944 : nouvelle tentative au matin en direction de Rochesson. Y prennent encore part le 1er bataillon de l'Aveyron (II/51e RI) et les dragons tarnais. Les opérations exécutées par la 3e DIA et les unités qui lui sont rattachées vont se dérouler dans la zone boisée située entre les routes Remiremont - Le Tholy – Gérardmer et Remiremont – Vagney - Gérardmer. Les FTP agiront, à gauche, sur les bois Sud de Bouvacôte, le groupe d'escadrons de dragons d'Audibert en direction de 821 et de Plainchifaing (commune de Sapois, juste au sud du Tholy). Cette action, visant à enlever les observatoires ayant vue sur Vagney, est destinée à favoriser le lancement d'une offensive de la 7e armée américaine en direction de Strasbourg, depuis les hauteurs à l'est de Gérardmer. Envisagée depuis le 28 octobre 1944, l'opération française est lancée à 8 h 15, après des « tirs d'une puissance sensationnelle et très spectaculaire » (historique du groupe d'Audibert), mais sans les blindés du 2e RSAR qui, pris dans un embouteillage, ne peuvent quitter le col du Haut du Tôt. Une demi-heure plus tard, note l'historique des dragons, « le groupe prend pied au Haut du Tôt, dont il s'empare, le dépasse et se porte à sa lisière Nord pour effectuer son deuxième bond ». Ces mouvements ne se font pas sans perte : après l'arrivée des Commandos de France, un tir d'artillerie blesse le maréchal des logis Lucien Baraille, du 2e escadron, puis l'adjudant-chef André Chenot, chef du PC du groupe, et le maréchal des logis Lucien Floret, chef des transmissions. A 9 h 20, le 2e escadron du lieutenant Hubert Bergeron de Charron atteint la cote 843,3, un de ses objectifs, mais perd à nouveau deux blessés (Eygonnet et François Cabrol). 
Les difficultés de mouvement des chars et des fantassins, pour ces derniers en raison des tirs d'artillerie, compliquent le déroulement de l'opération. Si, à 12 h 45, d'Audibert rend compte que le bataillon de l'Aveyron, qui progressait par le Grisard, a atteint la cote 650 avant d'aller occuper 821, il a connaissance aussi des multiples difficultés rencontrées par les spahis : un escadron toujours stoppé au carrefour à 800 m à l'est du Haut du Tôt, la présence d'Allemands dans les bois de part et d'autre de la route qu'emprunte l'escadron Oster... Les cavaliers ont besoin d'un appui pour progresser sur Plainchifaing. D'Audibert missionne pour cela le peloton d'engins du sous-lieutenant Bernard Heran. Il est 14 h 35. Mais l'officier sera grièvement blessé en sautant sur une mine, laissant son peloton à l'adjudant-chef Adrien Cauquil. « La nuit tombe, il commence à neiger », note l'historique du groupe. « A 16 h 15, rapporte le JMO du 2e RSAR, le Bataillon Marc ayant réussi à pousser un élément jusqu'à 300 m au sud du Haut de Bouvacôte, le lieutenant-colonel Trioche [commandant le 51e RI] reçoit l'ordre de reconnaître et d'occuper avant la tombée de la nuit la cote 733. Il y parviendra sans difficultés. » De même, à 16 h 20, poursuit ce JMO, « le groupe d'escadrons d'Audibert atteint 821 et les Breulleux pendant que l'escadron Oster pousse sur Plainchifaing et Cens Genet [sic]... » A 18 h, enfin, précise l'historique des dragons, « Plainchifaing, que l'ennemi vient d'évacuer peu avant, est occupé par le 1er escadron » ainsi que par un peloton d'Oster, le 2e escadron occupant la cote 821. L'attaque est alors stoppée. Les FFI du front des Vosges sont exténués. Pendant les jours qui vont suivre, le groupe d'escadrons de Gastines descend se reposer à Vagney avec l'escadron de spahis Ronot, Décès de Pierre Latger, né en 1925 à Castres, tué au Haut-du-Tot par éclat d'obus.

16 novembre 1944 : progression de la 3e DIA en direction de Gérardmer. Des éléments du 3e dragons (groupe d'escadrons de Gastines) atteignent, vers 14 h, la clairière des Ormes. Une position qu'ils devront toutefois abandonner le soir.

19 novembre 1944 : libération de Gérardmer. Le 2e groupe d'escadrons du 3e dragons est retiré du secteur et envoyé au repos dans la région de Remiremont, et le sous-groupement qu'il formait avec le 1er bataillon de l'Aveyron est dissous.

20 novembre 1944 : un groupe d'escadrons remplace le 1er bataillon de Toulouse au sein du groupement Lecoq. Les dragons vont à leur tour découvrir le « visage affreusement brûlé de Gérardmer, témoigne le lieutenant Rouchié. Plus de toits, plus de fenêtres, plus de portes, plus de montants en bois. Seuls des murs noircis où l'on peut voir la torsade des flammes. Puis le dernier croisement. Le café s'appelle «café du Théâtre»... Toute sa pauvre face et ses contrevents verts sont éclaboussés, déchirés par l'acier. Il pleut à l'intérieur dans toutes les pièces. Au sol traînent les affreux prospectus allemands «Tombeau des Vosges»... »

22 novembre 1944 : dans la région de Gérardmer, le JMO du 2e RSAR rapporte que « dans la matinée, des patrouilles du groupe d'escadrons Martin(3e RD) et du groupe d'escadrons Patoor (Franche-Comté) sont poussées sur les Hautes Royes et Saint-Jacques-de-Gérardmer. En cours de progression, le 3e dragons tue un Allemand, en blesse deux qu'il fera prisonniers le lendemain et en ramène cinq autres ». En début d'après-midi, c'est en raison de tirs allemands sur la région Les Aulnes – Le Roussel que les dragons perdent un tué [sans doute Abraham Lifchitz] et un blessé. Le soir, ils sont à Blanc Ruxel.

24 novembre 1944 : après avoir, la veille, au sud de la route de Colmar, poussé des reconnaissances sur les Plombes, où ils ont laissé un poste, et vers le Collet de la Mine, les dragons du commandant de Segonzac réussissent, « au cours de la journée et malgré une opposition assez forte de l'ennemi, à s'installer solidement à Blanc Ruxel et sur la Roche du Page. Par contre, une patrouille envoyée en direction du bois des Broches atteint la maison forestière de l'Envers des Fies sans pouvoir progresser plus loin » (JMO du 2e RSAR).

26 novembre 1944 : engagement meurtrier à l'Envers des Fies (cinq tués, dont le capitaine Henry Périé). Le récit détaillé de ce combat à lire ici

30 novembre 1944 : un aspirant de l'escadron de dragons du capitaine Jean de Buttler (groupe d'escadrons de Gastines), Pierre Chauchard, 24 ans, est tué à la ferme des Plombes.

2 décembre 1944 : le sous-groupement Lecoq, dont des patrouilles à pied n'ont rencontré aucune réaction en poussant vers les maisons forestières des Fies et de la Brochotte, est prêt à repartir en avant, en trois détachements, notamment en direction du Valtin et de La Schlucht. Des reconnaissances du 3e dragons ne constatent aucune réaction lorsqu'elles atteignent, avant 17 h, le col de Surceneux et le lac de Retournemer.

3 décembre 1944 : le groupe d'escadrons d'Audibert retourne au combat après deux jours de repos à Gérardmer. On suppose en effet que les Allemands ont décroché de leurs positions de l'Envers des Fies, du bois de Brochotte et de Retournemer, lieux de l'engagement du 26 novembre 1944. Une heure de marche conduit les dragons jusqu'aux Plombes, à 8 h 30. Mission leur est alors donnée de suivre leurs camarades du 3e groupe d'escadrons jusqu'au Parigoutte, de le dépasser, d'occuper Retournemer et de reconnaître Le Collet et la route des crêtes, enfin éventuellement la cote 1258. Le départ est donné à 8 h 45. Rapidement, le lac de Longemer est atteint. A 10 h 45, Retournemer est occupé. A 14 h 30, le commandant d'Audibert, accompagné des pelotons Cormouls et Barras, parvient au Collet. « A 15 h, la route des crêtes est atteinte à l'ouest de 1258 », précise le JMO du groupe. Mais un dragon est grièvement blessé : le brigadier Jean-Emile Bernard, 21 ans, de Mazamet, atteint de quatre balles dans le ventre, décédé le 5 décembre 1944 à Remiremont. Les Allemands étant toujours là, les dragons se replient sur le Collet avant de regagner Retournemer. Au cours du mouvement, le cavalier Gillet est porté disparu (André Gilet, 20 ans, considéré comme tué le 3 décembre 1944 selon le ministère des Armées).
D'autres éléments du 3e dragons et les spahis, qui ont atteint par ailleurs la ferme de Balveurche (le peloton du lieutenant Guy Alquier-Bouffard, du 3e groupe d'escadrons, y est rejoint pour la nuit par l'escadron du capitaine Marc Vène), sont arrêtés par des mines et une barricade battue par les feux ennemis devant Le Valtin. Le journal de marche du 2e RSAR parle d'un sous-lieutenant de dragons tué. Sans doute Gabriel Mahou, 37 ans, du groupe de Gastines, effectivement victime d'un obus au Grand Valtin (cet officier était issu à l'origine du groupe Saucet). Le maréchal des logis-chef Pierre Assemat, 21 ans, du 3e groupe d'escadrons, est mortellement atteint. Il décède le 7 décembre à Remiremont. La fatigue est telle que le JMO des spahis signale que les deux escadrons de dragons qui ont marché vers Le Grand Valtin doivent être regroupés en fin de journée.
Le ministère recense, toujours à la date du 3 décembre 1944, la mort du cavalier André Gau, 22 ans, au Grand Valtin, de Henri Chaput, 23 ans, au Grand Valtin.

4 décembre 1944 : le 2e escadron (lieutenant Aussenac) du 3e dragons, parti de Retournemer, réoccupe le Collet, d'où le sous-lieutenant Delsol et le lieutenant de Boussac conduisent des patrouilles vers la Route des crêtes en début d'après-midi. Mais ils se heurtent à des tirs d'armes automatiques « d'une intensité supérieure » qui les obligent à se replier, à nouveau, sur le Collet. Sur la foi de renseignements apportés par des prisonniers, deux soldats allemands capturés par le sous-lieutenant Roucher, une attaque de La Schlucht sera programmée le lendemain, le 3e groupe d'escadrons agissant par le nord, le 2e faisant diversion depuis le Collet et essayant d'occuper la cote 1258.

5 décembre 1944 : le sous-groupement Lecoq tente toujours, malgré la neige, malgré les mines, malgré les abattis truffés de pièges, malgré les résistances ennemies, de coiffer le col de La Schlucht. Les groupes d'escadrons d'Audibert, de Gastines et de Segonzac "cadet", du 3e régiment de dragons, tendent vers cet objectif, le 5 décembre 1944. Rien ne sera simple, en témoigne d'abord le JMO du 2e RSAR : « Au début de la matinée, le groupe de Gastines signale qu'il a deux hommes tués par l'artillerie au Grand Valtin. Une reconnaissance de l'escadron Buttler arrive au col des Trois Places et y prend le contact vers 11 h. » 
C'est à midi que le 3e groupe du capitaine J. Dunoyer de Segonzac doit attaquer La Schlucht, en même temps que le 1er escadron du 1er groupe, emmené par le lieutenant Georges Barbas, quittera le Collet pour se porter sur la Route des crêtes. Des coups de feu l'y accueillent, à 13 h. « C'est immédiatement un engagement très vif, tout le long de la route face au front de l'escadron, sur plus de 100 m, note l'historique du groupe d'Audibert. L'ennemi tire de trois casemates enterrées à une quinzaine de mètres de la route. » Un homme est tué d'une balle dans la tête : le brigadier Paul de Lavelle de Choulot de Chabaud-Latour, 23 ans. Le cavalier Claude Jan sera également blessé dans les mêmes circonstances. Comme le calme qui semble régner vers La Schlucht amène le commandant d'Audibert à penser que le 3e groupe n'a pas attaqué, et comme les tirs des trois casemates bloquent le mouvement des hommes de Barbas, ordre est donné à celui-ci de décrocher à 14 h 30. A cet instant, « le feu ennemi semble faiblir. Au lieu de décrocher, le lieutenant Barbas, entraîné par son élan, poursuit le combat. A 14 h 35, interpellée en allemand par le maréchal des logis Dotzler, la garnison d'une casemate […] demande à se rendre, ayant plusieurs hommes hors de combat. Le lieutenant Barbas, au lieu de faire cesser le feu, se lève alors, fait hisser une mitrailleuse par deux hommes pour mieux viser, et la servant lui-même, debout, se met à tirer ses rafales et s'abat tué d'une balle en pleine tête... » Le jeune officier avait 27 ans. Autre mort de cette unité : le cavalier Georges Cabrol, 20 ans. 
Les dragons décrochent à 14 h 50, et dix minutes plus tard, tout le groupe est rassemblé au Collet. Informé discrètement de la mort de Barbas par le brigadier-chef de Taye, d'Audibert en réfère au commandant de Segonzac, lequel demande au 1er escadron de revenir à Retournemer et au 2e de rester au Collet. Devant l'état de fatigue de ses hommes, « impressionnés » par la mort de leurs deux chefs successifs, d'Audibert plaidera pour la relève, dès le lendemain, de son groupe... Ce qu'il apprendra, c'est que le groupe Dunoyer de Segonzac "cadet" n'a pu attaquer « comme prévu, l'ennemi ayant opposé une résistance sur laquelle on ne s'attendait pas ». Il y a eu des pertes. On sait que, ce jour-là, sont morts l'adjudant-chef Albert Benoit, 42 ans, fauché par une rafale d'arme automatique au col du Collet, et Fernand Bourguet, 19 ans, du 1er commando, blessé à mort au col de La Schlucht. Blessé durant ces opérations (tout comme Palao), le brigadier Paul Monod, du 5e escadron, recevra la médaille militaire... Le lendemain, tandis que le capitaine René Mazens prend le commandement du 1er escadron, le 1er groupe est relevé par le 2e et redescend à Gérardmer, où les obsèques de ses quatre morts et celles des trois dragons des deux autres groupes seront célébrées le 7 décembre 1944.

8 décembre 1944 : opération de déminage et de déblayage de l'itinéraire menant au col de La Schlucht depuis Le Collet. Un « déminage long et difficile » compliqué par la couche de neige, note le JMO du 2e RSAR, rejoint par son 2e escadron venu de Gérardmer – il n'a pu, la veille, approcher du col du Louschbach. Le brigadier de dragons Lucien Martin perd une jambe et la vue sur une mine. Ces opérations de dégagement de la route dureront jusqu'au 10 décembre 1944, jour où le général Guillaume, commandant la 3e DIA, ordonne aux spahis du lieutenant-colonel Lecoq de pousser également sur le col du Bonhomme, c'est-à-dire sur l'itinéraire au nord-est de Gérardmer menant, comme par La Schlucht, à Colmar, objectif espéré de ce nouveau mouvement.

12 décembre 1944 : devant La Schlucht, l'état d'épuisement des dragons est tel qu'ils sont relevés, au Collet, par le peloton Buzonnière, tandis qu'à l'inverse, un élément du 3e RD relève le peloton Sauveboeuf à la ferme de Balveurche. 

14 décembre 1944 : c'est le jour où les dragons tarnais du commandant Dunoyer de Segonzac sont chargés d'appuyer l'attaque du I/4e RTT (et du I/7e RTA) pour venir en aide à la compagnie de tirailleurs Lartigau qui, encerclée depuis plusieurs jours, repousse tous les assauts contre l'hôtel du Hohneck. Tandis que les Tunisiens visent et prennent le carrefour du Haut de Falimont, l'escadron Mazens parvient à atteindre à 14 h 30 la Route des crêtes, à 200 m au nord-est du carrefour. Mais il doit bientôt se replier sur la route du Collet à cause du tir de « nombreuses armes automatiques ». Non pas celles des Allemands, mais plutôt celles des tirailleurs, selon le commandant d'Audibert, qui ordonne au capitaine Mazens de remonter sur la route. Trop tard : l'ennemi y est bien installé. La nuit sera donc passée, dans un « froid glacial », dans un bois près du carrefour et dans une baraque du Collet. Le lendemain, « le froid est si intense que les éléments en ligne doivent être relevés toutes les deux heures ». 

Deuxième quinzaine de décembre 1944 : au 3e dragons, dont sept hommes ont été blessés le 17 décembre 1944 en raison d'un tir de minen, le groupe d'Audibert reste en ligne jusqu'au 27 décembre 1944, au Collet, à la ferme de Balveurche, au Parigoutte. Durant cette période, il perd notamment deux sous-officiers blessés lors d'un combat contre une patrouille le 24 décembre 1944, le maréchal des logis-chef Charles Ledeuil et le maréchal des logis Mounet. D'autres éléments du régiment subissent des pertes, comme le cavalier Jean Sirven, grièvement blessé le 23 décembre 1944 dans une reconnaissance sur Grand Valtin (il sera amputé du pied), ou un chef de peloton, l'adjudant François Legrand, touché le 27 devant La Schlucht. Après un ultime accrochage, le 1er GE, dont le capitaine de Tauriac va prendre provisoirement le commandement, est relevé, à 6 h, par le groupe de Gastines et rejoint Plombières. La campagne des Vosges est terminée pour lui. Relevés par le Bataillon Garonne-Dupré, les dragons tarnais partiront le 1er janvier 1945 pour rejoindre Trétudans, dans le Territoire de Belfort, et ne se battront pas à Colmar...

Février 1945  : le 3e régiment de dragons se transforme en 12e régiment de dragons de reconnaissance. Selon le capitaine Guy de Rouville, officier de transmissions du régiment, le général de Lattre n'avait jamais digéré que le Corps franc Bayard se soit baptisé 3e dragons. La scène s'est passée le 26 septembre 1944, au PC de la 1ère armée à Besançon : « J'entends encore, racontera Guy de Rouville, la voix théâtrale du Général : «Comment, le 3e dragons ? Ce régiment qui m'a fait arrêter à Saint-Pons ! Je sais ce que vous avez fait dans le Tarn... Vous serez 12e dragons, mon premier régiment à Colmar». » Le chef d'escadrons puis lieutenant-colonel Dunoyer de Segonzac en conserve le commandement, avec le chef d'escadrons Antoine de Gastines comme commandant en second, et le chef d'escadrons Paul d'Audibert de Lussan, comme adjoint. Une première organisation a permis de constituer quatre escadrons (capitaine Jean de Buttler, avec pour adjoint le capitaine Pierre Hoeffner, capitaine Michel Mare, adjoint : capitaine André Richard, capitaine Henri Sautour, adjoint : capitaine Léon Godinot, capitaine Jean de Hédouville) et un escadron hors rang (capitaine René Mohy). Une seconde a donné au régiment la physionomie définitive : le 1er escadron au capitaine Jean Dunoyer de Segonzac (le frère du chef de corps), le 2e au capitaine Godinot puis au capitaine de Buttler, le 3e au capitaine Richard, le 4e au capitaine Mare, le 5e au capitaine de Hédouville et l'EHR au capitaine Mohy.

20 février 1945 : en position sur le Rhin, Jacques Ferret est tué par une mine anti-char. 

24 février 1945 : le jour où le 3e dragons apprend qu'il est devenu 12e RD, l'unité subit de lourdes pertes à Fessenheim et Blodelsheim : Gaston Drut, 33 ans, tué par mortier, José Manueco, 19 ans, victime d'un obus, André Pujol, 25 ans, et Hubert de Seynes, 21 ans, morts sur une mine. Le lieutenant Delsol est blessé par éclat d'obus. 

Endivisionné dans la 14e DI, le régiment reçoit son drapeau à Paris le 2 avril 1945, passe le Rhin à Kehl fin avril et atteint le lac de Constance.

L'encadrement du Corps franc Bayard/3e dragons/12e dragons ici

Etat des morts du Corps franc Bayard/3e dragons/12e dragons
Capitaine Henry Périé (1er GE), 29 ans, le 26 novembre 1944 ; aspirant Pierre Chauchard (2e GE), 24 ans, le 30 novembre ; sous-lieutenant Gabriel Mahou (2e GE), 37 ans, le 3 décembre ; lieutenant Georges Barbas (1er GE), 27 ans, le 5 décembre. 

Maréchal des logis Hervé Amalric (2e GE), le 3 novembre 1944 ; adjudant-chef Albert Benoit, 42 ans, le 5 décembre ; maréchal des logis-chef Pierre Assemat (2e GE), 21 ans, le 7 décembre ; maréchal des logis André Pujol, 25 ans, le 24 février 1945 ; maréchal des logis Raymond Burais, 28 ans, le 24 avril (accident). 

Paul Ortega, 20 ans, le 25 septembre 1944 ; Pierre Barraud (3e GE), 18 ans, le 26 septembre (blessures) ; Guy Marmier (3e GE), 17 ans, le 26 septembre ; Emile Iche, 25 ans, le 27 septembre ; Heindrich Kiel (section polonaise), 35 ans, le 14 octobre ; Simon Weil (3e GE), 20 ans, le 14 octobre ; Julien Gonzales (3e GE), le 14 octobre ; Marcel Maurel (1er GE), 19 ans, le 31 octobre ; Jacques Bonnescuelle de Lespinois (2e GE), 21 ans, le 1er novembre ; Maurice Castagne, 45 ans, le 1er novembre ; Pierre Latger (2e GE), 18 ans, le 3 novembre ; brigadier Abraham Lifchitz (3e GE), 20 ans, le 22 novembre ; Jacques Bardière, 20 ans, le 25 novembre ; Ernest Marty, 20 ans, le 26 novembre ; Mario Barbagelata (1er GE), 21 ans, le 26 novembre ; brigadier Henri Frauenfelder (1er GE), 34 ans, le 26 novembre ; Léon Arramond (1er GE), 32 ans, le 26 novembre ; Henri Chaput, 23 ans, le 3 décembre ; André Gau, 22 ans, le 3 décembre ; brigadier Jean-Emile Bernard, 21 ans, le 5 décembre ; brigadier Paul de Lavelle de Choulot de Chabaud-Latour (1er GE), 23 ans, le 5 décembre ; Georges Cabrol (1er GE), 20 ans, le 5 décembre ; André Gilet (1er GE), 20 ans, le 5 décembre (selon le ministère des Armées) ; brigadier Fernand Bourguet (3e GE), 19 ans, le 5 décembre ; brigadier André Albert, 19 ans, le 11 décembre ; brigadier Fernand Cormary, 23 ans, le 19 décembre ; André Joly, 20 ans, le 20 février ; André Plouzennec, 30 ans, le 20 février ; Jacques Ferret (1er GE), 17 ans, le 20 février ; Louis Lagarde, 19 ans, le 21 février ; Gaston Drut, 33 ans, le 24 février ; José Manueco, 19 ans, le 24 février ; Hubert de Seynes, 21 ans, le 24 février ; René Ichard, 17 ans, le 27 avril. 

Sources principales : archives du 3e RD et du12e RD. GR 12 P 109. SHD - Les Nouvelles compagnies franches du Tarn (Les). Récit de Robinson. Dessins de Michel Mare. Carnet de route du 12e dragons, 1946 - site Internet sur les maquis de Vabre - site Internet Mémoire des Hommes - JMO du 2e RSAR



samedi 3 mars 2012

Contre-attaque allemande dans la Poche de Dunkerque, 9 avril 1945

Le 9 avril 1945, le II/51e RI du commandant Charevebière de Sal – ex-I/110e RI ou bataillon de marche du 43e RI -, formé à Lille, subissait de lourdes pertes dans la Poche de Dunkerque, à l'occasion d'une contre-offensive ennemie.

Selon Jacques Mordal (« Les poches de l'Atlantique »), ce bataillon est alors en position sur le canal de la Haute-Colme, hormis la 8e compagnie qui renforce le I/51e RI dans la région de Mardyck. L'action du 9 avril s'inscrit dans le cadre de l'opération Blücher menée par les Allemands, qui attaquent sur le canal de Bourbourg, à 1 h 30. La 8e compagnie est capturée presque entièrement, seuls une demi-douzaine d'hommes pouvant rejoindre nos lignes, et la 6e est réduite à la valeur d'une section.
Les victimes du régiment (lieutenant-colonel Le Hagre), recréé le 24 janvier (ou, plus officiellement, le 1er février) par changement de dénomination du 110e RI, que nous avons pu identifier, grâce au site Mémoire des hommes, sont les suivantes :
. le 9 avril, Pierre Albagnac, né à Herin (59), « non mort pour la France » à Cassel, de suite de blessures ;
. le 10, Moise Arco, né en 1923 à Roubaix (59), tué au moulin de Spycker ;
. Pierre Mazereuw, né en 1925 à Lille (59), tué au moulin de Spycker ;
. Edmond Demaret, né en 1924 à Calais (62), tué à Spycker ;
. Roger Peinremboom, né en 1925 à Lille (59), tué à Spycker ;
. Robert Six, né en 1923 dans le Nord, tué à Dunkerque ;
. Albert Steenkiste, né en 1919 dans le Nord, tué à Spycker ;
. Jean Vincent, né en 1927 dans le Nord, tué le 10 mai (sic) 1945, à Spycker…

Un autre régiment intervient lors de ce combat : c'est le 33e RI du colonel Gros. Selon plusieurs articles de presse, ce corps contre-attaque, à 17 h, les Allemands occupant la distillerie et la ferme de Stévenot, au pont de Spycker, y perdant, au cours d’une bataille qui a duré cinq heures, 33 tués.
Qui sont les victimes du 33e ? L’aumônier Jean de Beco, né en 1913 dans le Nord, ancien FTPF, mort le 11 avril à Dunkerque ; mais aussi : 
. Badora Wladislaw, né en 1923 en Pologne, du II/33e, mort le 11 avril à Spyecker ;
. Bailleul Cyrille, né en 1925 à Lille, FFI (sic – pas de numéro d’unité), le 10 avril à Dunkerque ;
. Callewaert Roger, né en 1905 dans le Nord, du II/33e, le 15 avril à Bronkerque ;
. Casteur Jean, né en 1922 dans le Nord, du II/33e, le 15 avril à Dunkerque ;
. Cateau Emile, né en 1920 à Marcq-en-Bareuil, du II/33e, le 16 avril à Dunkerque ;
. Claessens Alphonse, né le 18 décembre 1929 à Orchies (59), le 30 avril à Spycher (il avait donc 15 ans et cinq mois) ;
. Decottignies Pierre, né en 1925 à Lille, le 16 avril à Spycker des suites de blessures ;
. Delaliau Léon, né en 1920 à Neux-les-Mines, le 11 avril à Spycker .
. Delbar Henri, né en 1925 à Tourcoing, mort le 16 avril  de blessures ;
. Deleglise Pierre, né en 1922 dans le Nord, le 14 avril à Mardyck ;
. Duhamel Albertin, né en 1910 dans le Nord, le 15 avril des suites de blessures ;
. Dujardin Gilbert, né en 1926 à Lille, le 11 avril ;
. Hendrick Gilbert, né en 1926 à Lille, le 11 avril à Spycker ;
. Letot René, né en 1924, le 11 avril dans le Nord ;
. Liard Jules, né en 1923 à Merville (59), le 11 avril à la ferme Vanherseck, des suites de blessures ;
. Marechal Georges, né en 1926 à Lille, le 12 avril à Rosendaël ;
. Motte Gilbert, né en 1925 à Marcq-en-Bareuil, le 10 avril à Loon Plage des suites de blessures ;
. Sinsoillier Robert, né en 1921, le 11 avril ;
. Watras Stanislas, né en 1927 dans le Nord, le 11 avril des suites de blessures.

samedi 14 janvier 2012

Les hussards FFI

Parmi les maquis, il s'en est trouvé certains qui ont repris les traditions d'unités de cavalerie. Certes, à de rares exceptions, ils n'étaient pas motorisés, mais bien souvent, l'origine de leur chef ou d'une partie de son encadrement les a rangés dans cette arme. C'est ainsi parce que Narcisse Geyer, alias commandant « Thivollet », était jusqu'en 1942 maréchal des logis dans le 11e cuirassiers, que les FFI du Vercors placés sous ses ordres ont été embrigadés dans un 11e régiment de cuirassiers FFI... D'ailleurs, ceux-ci étaient organisés, non pas en compagnies, mais en escadrons, à compter du 13 juillet 1944. Des escadrons dont les hommes ont combattu en fait comme fantassins. Nous allons ouvrir un tour d'horizon des régiments de cavalerie métropolitaine reconstitués à partir des unités FFI en nous intéressant aux régiments de hussards. Le 1er hussards (lieutenant-colonel Goetz) est le régiment de cavalerie de la 25e DI du général Chomel (formée à partir de la Brigade Charles-Martel). Il existe officiellement depuis le 1er avril 1945 et s'articule autour de deux groupes d'escadrons :

. le 1er du chef d'escadrons Raoul de Praingy est issu du bataillon Patriarche ou 4e bataillon FFI de la Haute-Vienne. Avant son intégration dans le régiment, ce groupe a perdu quatre tués et sept blessés.

. le 2e, aux ordres du capitaine puis commandant de Rochecouste, provient du II/135e RI FFI (7e bataillon du Maine-et-Loire).

Au total, le 1er RH, dont le chef d'escadrons de Praingy est le commandant en second, et le chef d'escadrons de Rochecouste chef du train régimentaire, compte 902 hommes originaires de Haute-Vienne, de Loire-Inférieure et du Maine-et-Loire. Il a également accueilli en son sein l'escadron du lieutenant Delong, du 1er régiment de France, passé au 8e cuirs (Delong commandera le 1er escadron du 1er RH).

Le 2e hussards (lieutenant-colonel Marc O'Neil) renaît officiellement le 1er février 1945 (mais en fait dès le 19 décembre 1944) par changement d'appellation du 1er régiment de cavalerie de Bigorre, formé à Tarbes à partir de l'escadron Roussat du Corps-franc de la Montagne noire. En garnison au quartier Larrey à Tarbes, le 2e RH reçoit également des cavaliers du Charolais (Saône-et-Loire) et du maquis de Lorris (Loiret). Il sera en occupation dans le Pays de Bade à l'automne 1945. L'écrivain Roger Nimier a servi dans ses rangs. Parmi ses officiers, citons les capitaines de Kerautren, de Boisfleury, de Pimodan, le lieutenant de Séze.

Le 3e hussards (lieutenant-colonel Henri de Montferrand puis colonel Paul Nérot, dit « Aubusson ») est recréé le 20 janvier 1945 à Nancy. Il accueille en son sein des volontaires de la 20e région militaire, notamment du bataillon de marche III/20 (issu du maquis de Ranzey, Meurthe-et-Moselle) du chef d'escadrons Hurstel, qui devient chef d'état-major du régiment (ce bataillon, qui a pris part à la défense de Strasbourg, forme les 1er et 2e escadrons). On signale également la présence de Vosgiens (issus du bataillon de marche 22/20) et de 135 Alsaciens-Lorrains déserteurs de la Wehrmacht et servant au 5e régiment de cuirassiers. Quant à son 4e escadron (capitaine Delplanque), il provient du 1er groupe d'escadrons du 3e hussards FFI ou escadron Marcus (FFI du Tarn-et-Garonne), qui s'est battu avec la 1ère Armée française au sein de la Division légère du Toulouse. Le 3e RH est cantonné à la caserne Donop à Nancy puis à Lunéville. Ses escadrons sont aux ordres respectifs du lieutenant Deltorbe, du capitaine Schoffit (puis du capitaine Merlivat), du lieutenant René Martin, du capitaine Delplanque (puis du capitaine Vichard) et du lieutenant Etendorf,

Le 4e hussards est placé sous les ordres du colonel Reboul. Il a été recréé le 15 février 1945 et cantonné à Rambouillet, en région parisienne.