jeudi 19 décembre 2024

La bataille de Colmar : 30 janvier 1945


 

 

Marsouins dans la neige d'Alsace. (Cliché paru dans "Kingersheim de 39 à 45", Jean Chesinski.

Secteur de la 9e DIC

6e RIC - l'attaque de Wittenheim

    Compte-rendu du lieutenant-colonel Dessert : "L'heure H est fixée à 6 h 40 pour la 9e compagnie (début de la préparation d'artillerie), à 7 h 20 pour la 10e compagnie appuyée par un peloton de Sherman (fin de la préparation d'artillerie et début de la visibilité pour les chars).

    A 6 h 40, un violent tir de contre-préparation ennemi s'abat sur Cité Kullmann, causant des pertes aux 9e et 5e compagnies.

    A 7 h 20, la 10e compagnie débouche et prend pied aux lisières Est de Wittenheim, sans l'aide des chars qui ne peuvent mettre leur moteur en route par suite du froid.

    A 8 h 35, la 10e compagnie atteint l'école où un officier entouré de plusieurs hommes se mêlant dans les caves à la population civile, se défend farouchement et nous cause des pertes sensibles.

    A 8 h 50, la 9e compagnie fait connaître qu'elle est pratiquement immobilisée dans une zone infestée de [schumines] et bien défendue par l'ennemi. Le peloton de TD Davion reçoit mission d'appuyer cette unité."

    JMO du III/6e RIC : "Le médecin auxiliaire Lyonnet, dont le courage fait l'admiration de tous, est grièvement blessé par une mine en portant secours aux blessés."

    Lieutenant-colonel Dessert : "A 10 h 15, la 5e compagnie [Vassal] progressant le long de la lisière Est du village, s'empare du pont situé sur la route Ruelisheim. Le nettoyage de la moitié Sud de la localité est assurée par la 10e compagnie renforcée d'une section [Sage] de la CAC (région de l'Eglise), par la 11e compagnie (capitaine Gavillot) appuyée par un peloton de TD (autour de l'école), tandis que la 9e compagnie progresse difficilement à l'ouest du village. Les défenseurs de la partie Nord résistent farouchement ; ils sont soutenus par trois automoteurs."

    JMO du III/6e RIC : "Les derniers défenseurs de l'école se rendent. La [11e] compagnie a perdu un de ses meilleurs chefs de section, l'aspirant Le Toquin. [...] Sur la lisière Ouest, une patrouille de huit hommes (sergent-chef Leydet) envoyée par la 9e compagnie au carrefour n°3 réussit à s'emparer d'un groupe de baraques en bois situés à 100 m Ouest du carrefour et à faire huit prisonniers, elle s'y installe en PA avancé, mais un quart d'heure après elle est contre-attaquée par un char ennemi venu du carrefour 4. Ce char démolit à bout portant les baraques, blesse grièvement deux hommes du groupe Leydet et fait prisonnier nos soldats."

   Lieutenant-colonel Dessert : " A 16 h, la progression est partout arrêtée ; les 5e, 9e et 11e compagnies reçoivent l'ordre de s'organiser solidement sur place. La 10e compagnie [sous-lieutenant Ruffrich] prise sous les feux conjugués de deux automoteurs et d'une mitrailleuse de 20, tente vainement de s'emparer des carrefours NO et NE de l'église.

    A 21 h, elle doit se résoudre à s'installer défensivement pour la nuit. Les ordres sont pour le lendemain. Le chef de bataillon décide de faire effort par la droite en poussant sur le château la 5e compagnie, la moins éprouvée. La 9e compagnie continuera le nettoyage de la lisière Ouest. La 10e compagnie s'efforcera de liquider la résistance au nord de l'église. Enfin la 11e compagnie reste réservée autour de l'école. Pour cette opération, la section Marie (CAC) encore en réserve à Kullmann est mise à la disposition de la compagnie Vassal. Une compagnie du I/6 (capitaine Berthon) vient prendre position dans Kullmann pour la nuit."

        D'après des déclarations de prisonniers, "Wittenheim [...] aurait été occupée à la date du 29 [janvier] par 150 Allemands des 706e et 758e régiments d'infanterie".

23e RIC et 3e BZP

    JMO du 3e BZP : "Le groupement Vallin renforcé d'une compagnie du 23e RIC a pour mission d'agir offensivement sur la direction Schoenensteinbach, en faisant constamment l'effort par les lisières Est du bois de Nonnenbruch (route principale minée et très enneigée). Il visera à s'emparer successivement du carrefour 236 où il mettra en place un solide bouchon anti-char.

    Une compagnie de coloniaux suit la progression et doit occuper Hohroenderhubel pendant que le groupement progresse sur Schoenensteinbach.

    Le bois est truffé de mines anti-personnel et anti-char. La neige est épaisse (60 cm), aussi la progression est très lente et très pénible. Les sections marchent dans les traces des chars pour éviter les mines. Des résistances ennemies s'accrochent farouchement dans le bois. Un automoteur et des mortiers situés dans le Jungholz [un bois à l'ouest de la Cité Sainte-Barbe, commune de Wittenheim] prennent nos éléments à partie. 

    A 19 h 30, épuisés et ayant subi des pertes, nos éléments atteignent le château et le carrefour 236. Deux chars moyens ont sauté sur des mines. Le peloton de TD rejoignant des éléments d'infanterie au château perd un TD qui saute sur une mine dans le bois. Durant la nuit, tirs d'artillerie sur le château et le carrefour. [...]

    A 21 h, la route est déminée de la Cité Fernand à la cote 236".

    Au cours des opérations, le 3e bataillon de zouaves portés déplore quatre tués, appartenant à la 3e compagnie : Lucien Sallei, Raymond Leprêtre, Abdallah, Jacques Alloun, Le bataillon enregistre également cinq blessés dont le sergent Roger Marietti.

5e BCP

    L'attaque de Cernay est déclenchée. Le 5e BCP, qui appartient au groupement Bondis avec le I/1er RTA et un escadron de chars, agira par l'Ouest, dès le milieu de la nuit du 29 au 30 janviers 1945. 

    Il est 3 h 30 lorsque la compagnie du capitaine René Affret progresse vers la cote 425 par le ravin d'Enchenberg. Mais des tirs d'automatiques, en fin de nuit, rendent difficile sa progression.

    C'est à 7 h que le feu est ouvert par l'armée française.

    Relation des combats du 5e BCP : "Tonnerre assourdissant des mortiers, des 105 et des chars. Immédiatement, l'ennemi réagit avec violence. Du côté du 1er RTA, la prise de 425 s'avère très difficile. [...] Les FM et les mitraillettes gèlent, les agents de transmission mettent une heure et demie pour atteindre le PC du bataillon situé pourtant au coeur du combat, plusieurs sont blessés par armes automatiques qui balaient la route. [...] Les Allemands retranchés dans des abris de 1914-1918 tiennent très solidement 425. Quant à la cote 356, elle n'a pas été prise complètement par les tirailleurs. Néanmoins, à 10 h 30, le capitaine Gaubert signale son occupation après une vive résistance par la section Kayser qui surplombe maintenant la vallée de Steinbach. [...]

    Alors que le général de Hesdin, commandant la 4e DMM, vient d'être blessé, les chasseurs ne se résignent pas. Le capitaine Olivier peut avancer jusqu'à 100 m du hameau d'Enchenberg, la 3e compagnie parvient, malgré les 88, à s'accrocher à 11 h 45 au flanc de la cote 425. Elle n'est plus qu'à 100 m du sommet. Mais en dépit des efforts du lieutenant Chassé et du sergent Bennetain, elle ne peut déboucher à cause des feux de face et de flanc. Le sergent Joseph Bernard est tué.

    Il faut une action d'une compagnie du 1er RTA, arrivant par la cote 412, pour soulager les Berrichons qui sont épuisés, et dont les armes sont gelées. Relevée par la 2e compagnie, dans la soirée, la "3" descend se reposer près de l'hôpital du Vieux-Thann. Mais 425 sera prise. Les sections du lieutenant Lefranc et du sous-lieutenant Gaucher, de la "2", s'y installent, en liaison à droite avec le 1er RTA, à gauche avec deux sections de la CA. Dans la nuit, les deux sections de la 2e compagnie sont relevées à leur tour.

    19 tués, 66 blessés, 18 disparus, 132 malades, et même un déserteur : tel est le bilan de la 4e demi-brigade de chasseurs, dont le 1er BCP a fouillé de nuit le Kirschberg, l'a occupé de jour, et s'est emparé de huit petits blockhaus, faisant huit prisonniers.

    Entre le 4e DMM et la 9e DIC, la 2e DIM est toujours occupée à nettoyer la forêt de Nonnenbruch. Un éclat d'obus tue le capitaine Jean Privat, commandant la CA du I/35e RI. Il est remplacé par le lieutenant de Montalembert. Le bataillon perd aussi l'adjudant-chef Marcel Grenot, le sergent René Henri et Jean Doilon. A cette date, depuis la mi-novembre 1944, le I/35e RI (ex-I/Bourgogne) aura perdu 82 tués et 300 blessés. De son côté, le 152e RI déplore, dans cette bataille, 46 morts, dont quatre officiers. Il ne reste que 286 hommes en état de combattre au 1er bataillon, 310 au 2e, et seulement 145 au 3e.

    Dans la zone d'opérations du 2e corps, cette journée du 30 janvier 1945 est marquée par les violents combats du bois de la Hardt (à ne pas confondre avec la forêt près de Mulhouse), à proximité de Jebsheim. Le 1er bataillon de choc qui est engagé déplore 32 tués, dont six officiers (parmi lesquels le lieutenant Michel Durrmeyer), 100 blessés, 40 évacués, et doit se replier.

    

La bataille de Colmar : 29 janvier 1945


Le terrain d'opération de la 9e DIC depuis le 20 janvier 1945. Une vue de Kingersheim parue
dans "Kingersheim de 39 à 45", Jean Checinski, Société d'histoire de Kingersheim, 1994.


 Secteur de la 9e DIC 

23e RIC

    JMO : "Vers 9 h, passage d'avions amis. Au matin une patrouille trouve le contact en 245,9. Elle localise une trentaine d'Allemands. Plus à l'est une patrouille sortie des lisières Est de Cité Fernand et appuyée par des blindés s'est heurtée à une sérieuse résistance ennemie. [...] Bilan : 3 prisonniers. Pertes amies : un char, 4 tués, 14 blessés dont un officier, capitaine Camors.

    Dispositif en fin de soirée. [...] 1ère compagnie 237,5 et Grossacker, 2e compagnie Strueth fabrique, 3e compagnie coup de main, II/23 PC à Richwiller, 5e compagnie [Mayershof], 6e compagnie Richwiller, 7e compagnie Puits Anna. III/23 Cité Anna. [...]"

6e RIC

    JMO du III/6e RIC : "Le bataillon reçoit l'ordre d'attaquer le 30 le village de Wittenheim, il est renforcé par un peloton de Sherman et deux pelotons de  TD, une préparation d'artillerie massive doit précéder l'attaque (six groupes), les artilleurs ayant décidé de livrer le village aux fantassins sans combat. [...]

    Le chef de bataillon décide d'engager initialement deux compagnies : l'une par la face Sud-Ouest (9e compagnie), l'autre par la face Est (10e compagnie) dont le commandement est donné au capitaine Bourriquen, après la mise en place de nuit ; le peloton Sherman est mis à la disposition de la 10e compagnie. Une troisième compagnie (capitaine Vassal du II/6e) à la disposition du bataillon pour l'attaque se tiendra prête à être engagée selon l'évolution de la situation, trois équipes de lance-flammes marcheront avec les compagnies d'attaque. Les deux pelotons de TD et la CA s'installeront en base de feux face aux lisières Nord de Kullmann."

3e BZP

    JMO : "Un peloton de chars est engagé pour appuyer les coloniaux qui ont pour mission de reconnaître Hohroensdehsubel [sic] et Schoenensteinbach. En cas de réussite, le groupement Vallin doit occuper Schoenensteinbach. L'opération échoue. [...]"


Secteur de la 4e DMM - 5e BCP

    Alors qu'au nord de Thann, le 1er BCP a relevé le III/1er RTA sur les pentes du Rangenkopf (608 m) et sur celles du Brandwaldkopf, le 5e BCP se porte à partir de 1 h 15 en direction de Cernay. La 1ère compagnie se met en mouvement. Malgré les mines, le pont est passé sans encombre. "La compagnie s'engage sur la route en colonne par un, les groupe de combat nettement séparés les uns des autres à cause des bas-côtés qu'on dit minés et de l'épaisseur de la neige" (relation du 5e BCP). "Les Allemands ne sont plus à Cernay" ?

    Bientôt, le commandant Duplaix et l'adjudant-chef Clerget atteignent les premières maisons des faubourgs de la cité. Mais à 2 h 31, un feu violent s'abat soudainement sur les chasseurs. Des morts et des blessés. Duplaix, "rampant ou bondissant sous les balles, parvient à gagner une maison isolée" où le commandant Jean Stabler se trouve déjà. "La progression est impossible, constate le récit du bataillon. Contrairement aux renseignements, Cernay est fortement défendu". Il faut, pour les chasseurs, se replier, comme d'ailleurs les tirailleurs du 6e RTM.

    Dans l'après-midi, le 5e BCP est chargé de s'emparer des pentes Sud et Sud-Est de la cote 425, puis de se porter sur Steimbach. La patrouille du l'adjudant-chef Robert Latin se heurte au feu ennemi. Le sous-officier est tué d'une balle dans la tête, "après avoir été capturé par les Allemands". L'attaque est reportée au lendemain. Outre Latin, le bataillon de volontaires de l'Indre aura perdu au moins cinq hommes (Marcel Hamann, Pierre Maubert, Roger Penneroux, Alphonse Perrin, Roger Pion).

    Dans le secteur voisin, le 2e DIM s'empare de la Cité Langenzung et repousse une contre-attaque. De son côté, le 20e BCA, après quatre nuits dans la neige, "sans l'esoir d'une minute de sommeil", est relevé dans la matinée par des tirailleurs et gagne Diefmatter puis, le 1er février 1945, Belfort. 

2e corps - Jebsheim

    Historique du RMLE : "CC 6. Le 29 avant le lever du jour, un bataillon du 137e régiment de la 2. Gebirg-Division venant de Muntzenheim, a renforcé la garnison de Jebsheim. Les Américains et parachutistes poursuivent le nettoyage de la partie Sud de la localité, ils subissent de lourdes pertes, l'une des sections du 1er RCP ne compte plus que sept hommes après l'enlèvement de la grosse ferme SO du village. C'est pourquoi la fin du nettoyage est confiée au groupement Boulanger, la 9e compagnie nettoiera la partie Ouest du sud du village, les Américains la partie Est. Tous les chars et TD du groupement viennent se placer en ligne et effectuent sur les maisons un tir d'une violence inouïe. 

    A 16 h 20, la 9e compagnie débouche, à 16 h 40 le nettoyage est terminé, 300 hommes hagards se constituent prisonniers, environ 500 cadavres sont entassés dans les maisons et à leurs abords immédiats."

     JMO de la 11e compagnie : "17 h 30. Bombardement par minen. Blessés : caporal-chef Barlovic, légionnaires Pichot, Collin, Ottorovski."   

    Récit du commandant Faure (1er RCP) : "Jebsheim est à ce point capital pour l'adversaire qu'il va mettre tout en oeuvre pour le récupérer. Deux régiments, le 136. Gebirge-Regiment et le 525. Schw-Panzer-Jäger-Abteilung vont tenter l'aventure. Par deux fois, la première à 9 h, la deuxième à 15 h, appuyés par une intense préparation d'artillerie, les Allemands, depuis la partie Sud du village qu'ils tiennent encore, se lancent à l'assaut. Chaque fois, ils seront repoussés. Ils ne parviennent, la seconde fois, qu'à s'emparer de quelques maisons, mais au prix de pertes hors de proportion, et pas pour longtemps, car, portés par leur succès défensif, les rangers américains et les parachutistes français, dans un dernier effort, puissamment épaulés par les chars et l'aviation, s'élancent vers les derniers retranchements allemands et conquièrent définitivement la partie Sud du village. Au soir du 29 janvier 1945, Jebsheim est à nouveau français, du moins ce qu'il en reste, des ruines. [...] Nous mêmes y avons 300 hommes hors de combat et les Américains au moins autant, mais nous avons fait 750 prisonniers, et le 254e RIUS plus de 300." 

  Du 25 au 30 janvier 1945, le III/RMLE aura perdu quatre officiers (sous-lieutenant Lhotel, lieutenant Yves Heller, médecin-lieutenant Henri Loinger, capitaine Georges Gufflet, commandant la 10e compagnie), cinq sous-officiers et 30 légionnaires tués. Au 6e RCA, notamment, le lieutenant Jacques de Bouvet, 25 ans, est tombé le 28 janvier 1945, 22 jours après son frère Bernard, 23 ans, du 2e batailon de choc.

   Grussenheim

    JMO du 3e RMT : "Vers 6 h, les premières rafales d'armes automatiques claquent. Immédiatement, la 12e compagnie rend compte que les Allemands tentent de s'infiltrer devant elle, dans les vignes, mais elle les tient. 

    A 6 h 30, le feu d'infanterie gagne la face Est, de proche en proche la face Nord. [...]" Cette tentative d'infiltration est repoussée. "A leur tour, nos fantassins quittent le village et s'avancent vers des maisons un peu écartées dans les tranchées, ramassant les prisonniers ; il y en aura près de 150. Les cadavres jonchent le sol, devant la 12e compagnie en particulier : il y en a à deux mètres des lisières. Deux Panther ou Jagdpanther ont été détruits, conjointement par les TD et les chars de l'escadron relevant, car la relève doit avoir lieu à partir de 8 h 30."

    Durant ces trois jours, le GTV de la 2e DB a perdu 18 officiers et 260 sous-officiers et soldats. L'état des morts du 3e RMT mentionne 33 victimes dont Jacques et Gilles Tiberghien. Le lieutenant-colonel Joseph Putz, les lieutenants Jacques Franjou (11e compagnie), Antoine Ettori (CA 3, nommé capitaine) et Maurice Dusehu (11e compagnie) du 3e RMT, les lieutenants Louis Michard et Geoffrey de La Bourdonnaye du 501e RCC, le lieutenant Roux du XI/64e RADB, le commandant Fernand Puig, chef d'état-major du GTV, l'aspirant Edmond Maynil et l'enseigne de vaisseau Louis Robin du 2/RBFM ont perdu la vie. Côté ennemi, le JMO du 3e RMT signale trois Panther ou Jagdpanther détruits, 300 prisonniers, 200 morts au minimum. 

Secteur des Vosges

    Activités de patrouilles. Au 1er régiment de Franche-Comté, l'aspirant Jean-Roger Paris et le soldat Michel Renault sont mortellement blessés ; au 24e RI (10e DI), l'aspirant Jacques Bergerot meurt en sautant sur une mine à la cote 831, le soldat Lucien Chignon est tué en se portant au secours du caporal Guilpain blessé. 

mercredi 18 décembre 2024

La bataille de Colmar : 28 janvier 1945



Secteur de la 9e DIC

6e RIC

    "Tandis que les unités éprouvées se réorganisent, le 3e bataillon se prépare à attaquer Wittenheim. Une section de la 11e compagnie reconnaît au lever du jour les premières maisons du village au nord du cimetière. Une quinzaine d'Allemands sont mis hors de combat au cours de cette reconnaissance."

23e RIC

    "Fin du nettoyage de la Cité Fernand. [...] Le III/23 relève le II/23 de la Cité Anna. [...] Température en baisse, arrêt de la chute de neige."

 Secteurs de la 2e DIM et de la 4e DMM

     Puisque la météo a rendu pratiquement impossible toute opération d'ampleur le 27 janvier 1945, c'est dans la nuit du 27 au 28 que la 2e DIM décide d'agir. Le 8e RTM appuie le CC 2 dans son attaque de la Cité Langezung (Wittelsheim). Mais l'ennemi ne lâche pas la localité. Le 4e RTM est plus heureux à la Cité Amélie-I, qui est prise à midi.

    C'est également dans la nuit du 27 au 28 que la 4e DMM enregistre un succès. Il est 4 h lorsque l'observatoire du PC du 5e BCP "signale un grand incendie à l'extrémité du Vieux-Thann, près de l'église, ainsi que de nombreuses fusées." C'est là le signe d'un décrochage allemand. Ce que confirme par téléphone le capitaine Dominique Raffaldi, commandant la 2e compagnie. Le commandant Gabriel Duplaix, adjoint au chef de corps, donne un ordre : "Poursuivre le Boche et maintenir le contact à tout prix." Alors les chasseurs du sous-lieutenant Degura s'avancent, dans les jardins et les ruines de Vieux-Thann. Lentement, car il y a des mines : sept chasseurs ont déjà sauté quand, à 9 h 25, 300 mètres ont été parcourus. Une demi-heure plus tard, le groupe de tête atteint l'église et signale que le pont de la Thur est détruit. A leur tour, les 1ère et 3e compagnies sont lancées. Après Vieux-Thann, il y a Cernay, puis il y a Wittelsheim que cherche à conquérir la 2e DIM.

    A 12 h, le capitaine Raffaldi est chargé de marcher sur Cernay par le général Bondis (4e DMM). Mines sur les bas-côtés de la route Nord de la Thur, bombardement par 105 et mortiers : la progression est difficile. Au soir, les chasseurs berrichons ne sont pas dans Cernay, mais la 2e compagnie s'est installée sur la cote 398,8, sur la route de la ville, tandis que la 1ère compagnie (capitaine Léon Gaubert) est à l'usine près de Vieux-Thann et au pont sur la Thur, la 3e compagnie (capitaine Affret) notamment sur les lisières Sud-Est de Vieux-Thann, la CA (capitaine André Olivier) au sud de la route nationale. Toutefois, un groupe de la 2e compagnie, commandé par le sergent Dognoton, a pu s'avancer jusqu'aux premières maisons de Cernay. Mais "on ne les reverra jamais plus", note l'historique du bataillon.

    Dans la journée, le 35e RI poursuit le nettoyage de la forêt de Nonnenbruch. Le commandant de la 3e compagnie, le lieutenant André Moulinier, est blessé par éclat d'obus. Près de la Cité Amélie-II, la CA 2 perd un tué (Gabriel Lambert) et trois blessés.  

2e corps - Grussenheim

    JMO du 3e RMT : "L'attaque de Grussenheim se fera par l'ouest et le sud, l'action principale étant celle de l'ouest que mèneront le bataillon de Légion et le sous-groupement en entier, à l'exception de la CA renforcée d'une section à deux chars qui agira sur l'axe Jebsheim - Grussenheim." Légionnaires, marsouins, cavaliers du 501e RCC et fusiliers-marins seront engagés.

    "L'artillerie doit, de 12 h 30 à 12 h 55, effectuer un tir de 155 sur l'objectif, puis de 12 h 50 à 13 h, faire une préparation de l'attaque. L'heure de débouché de celle-ci est fixée à 13 h.

    Mettant à profit les tirs de l'artillerie, l'aspirant de Ballancour du 501 va chercher à tirer le TD touché la veille et un char immobilisé qui barrent l'accès au pont et en empêchent le franchissement à tout véhicule. Mais impossible d'approcher, l'ennemi aux aguets interdit tout travail.

    Vers 12 h 45, le harcèlement ennemi devient de la contre-préparation et il semble que non seulement le débouché mais encore la traversée du glacis séparant base de départ et objectif doivent être très difficiles. [...]

    A 12 h 55 environ, le capitaine Debray qui est ponceau [sic] sur le fossé [...] est rappelé au PC, le lieutenant-colonel Putz vient d'être tué, le même obus blessant mortellement le capitaine Puig et le capitaine Pericquet, commandant l'escadron du 6e chasseurs, arrive en renfort. Dès le débouché, la progression est stoppée par de violents tirs ennemis bien ajustés ; il ne semble pas qu'il soit surtout au nord possible de continuer vers le village, la colonne Sud infléchit son mouvement vers le sud et nettoie le bois triangulaire [...] où elle fait une quarantaine de prisonniers.

    A ce moment - vers 14 h - un message du capitaine [Raoul] Duault [commandant de la CA 3e RMT] apprend qu'il tient l'étoile au sud de Grussenheim, par ailleurs le capitaine De Witasse apprend par radio du lieutenant Richard que le détachement a pénétré dans Grussenheim. [...]

    [Le capitaine Jacques De Witasse, commandant la 2e compagnie du 501e RCC] reçoit alors l'ordre de prendre sous son commandement le détachement mixte 11e compagnie capitaine Bach et ce qui reste de chars et TD, et de rejoindre au plus vite Jebsheim par le moulin de Jebsheim.

    La 11e compagnie De Witasse y arrive, une déception l'y attendait ; le capitaine Duault n'a pu, seul avec sa section de mitrailleurs et sa section de mortiers, se maintenir dans Grussenheim, après s'y être accroché près de deux heures, il a dû se replier. Devant cette situation nouvelle et étant donné l'heure avancée (15 h), De Witasse demande ce qu'il doit faire ; il lui est répondu que l'ordre est maintenu. [...]

    Un peloton de TD de l'enseigne Riden doit arriver en renfort. Il va être immédiatement poussé ainsi que la section de génie Cancel sur Jebsheim. [...] Les fantassins faisant l'action par l'ouest sont entre-temps arrivés à l'abattoir de Grussenheim et s'apprêtent à en repartir pour le village lorsqu'ils voient en décrocher la CA et ses deux chars de soutien. [...] Ils croient que la CA décroche en vertu d'un ordre général et à leur tour ils se replient.

    Le commandant de Sairigné en prévient le commandant Debray qui lui apprend que loin de se replier, il faut plus que jamais attaquer car le capitaine de Witasse attaque par Felsheim [sic] !

    Vers 16 h 20, les premiers éléments de la CA atteignent à nouveau Grussenheim, le PC en est informé à 16 h 30. Immédiatement un élément léger du PC se porte vers Grussenheim, composé du commandant et du capitaine Thiolières du XI/64. [...] A 19 h 20, l'opération est terminée. |...] La 2e compagnie de Légion [est] réduite à la valeur d'une section."

Jebsheim

    JMO de la 11e compagnie du RMLE : "La section Merel et le peloton Joyau participent au nettoyage de la partie Sud du village. 9 h 15 : un char saute aussitôt sur une mine. Les légionnaires Berthier et Rosato sont blessés et évacués. L'ennemi qui occupe la maison à 15 m du char réagit violemment. En allant chercher les blessés, un deuxième char saute également. Le légionnaire Krauss est tué, l'aspirant Merel est blessé et refuse de se laisser évacuer.

    Après-midi : déminage de la rue Nord-Sud par les Américains. La première section occupe les maisons jusqu'au carrefour et la compagnie s'installe pour passer une nouvelle nuit. Bombardement : le légionnaire Collin est blessé non évacué. 12 h : renforcement par une compagnie de parachutistes."

    Historique du RMLE : "CC6. Le nettoyage se poursuit, à la nuit, seule la partie Sud du village est tenue par l'ennemi qui a reçu l'ordre de "reprendre à tout prix Jebsheim et le moulin de Jebsheim". 117 prisonniers sont capturés, plus de 200 morts sont dans les maisons occupées au cours de la journée."

Secteur des Vosges - 10e DI

    Le 1er bataillon (lieutenant-colonel Hucher) du 5e RI réalise la liaison avec les Américains qui ont occupé Le Thalet la veille.Au 2e bataillon du commandant Marie Devillars, le point d'appui du carrefour du Chitelet, tenu par la section du lieutenant Geslin, est attaqué par des skieurs. Le soldat Louis Martin est tué. 

       

La bataille de Colmar : 27 janvier 1945


Des éléments du 6e RIC dans Kingersheim. Photo parue dans l'étude
"Wittenheim. Libération. 50e anniversaire", Jean-Charles Winnlen, 1995.


 Secteur de la 9e DIC

6e RIC - attaque de la Cité Kullmann

    Compte-rendu du lieutenant-colonel Dessert : "La préparation d'artillerie commence à 7 h, suspendue à 7 h 25, elle est reprise de 7 h 30 à 7 h 35.

    Le 1er bataillon se porte alors en avant, la compagnie de droite (1ère compagnie) cherchant à prendre pied dans l'usine avec l'appui des chars, la compagnie de gauche (2e compagnie) prenant pour objectif le carrefour du cimetière. Les éléments de tête de la 1ère compagnie, soumis à des tirs extrêmement meurtriers partant de l'usine et de la filature, sont presque immédiatement cloués au sol. Un char touché flambe ; le capitaine Benard, commandant l'escadron de chars, est tué d'une balle en pleine tête. Le mouvement des chars se trouve un moment désorganisé ; le fort grillage qui barre l'accès de l'usine n'a pu être écrasé qu'en un seul point. Une dizaine d'hommes qui essaient d'entrer dans l'usine par ce passage sont touchés. De ce côté la progression ne pourra être reprise qu'en fin d'après-midi.

    Au nord, la 2e compagnie, retardée par des tirs précis d'armes automatiques et par de nombreux champs de mines, n'avance que très lentement. Son chef, le capitaine Verdier, est grièvement blessé. Contre-attaquée par une demi-compagnie adverse, elle se maintient sur ses positions. Un tir d'artillerie opportunément demandé par le sous-lieutenant Werenmann qui a pris le commandement et exécuté avec la plus grande précision, disperse l'ennemi.

    Le chef de bataillon décide alors d'engager sa compagnie réservée, la 3e. Cette unité reçoit l'ordre de dépasser la 2e compagnie, puis après s'être installée au carrefour 228,2, de prendre à revers les défenses de l'usine. En outre le lieutenant-colonel Dessert décide d'engager dès maintenant le 3e bataillon et lui fixe comme objectif les lisières Nord de la Cité Kullmann. L'action est menée avec deux compagnies : 9e et 11e.

    Les unités se portent en avant à 11 h 30 après une contre-préparation d'artillerie. Elles sont immédiatement arrêtées par des tirs nourris provenant des soupiraux et des fenêtres de l'usine et des dernières maisons du village. Cependant, une section de la 9e compagnie réussit à atteindre la tranchée bordant la lisière Sud de Cité Kullmann. Les réactions de l'artillerie et des mortiers ennemis sont très fortes.

    Jusqu'à 16 h, la situation du III/6e reste inchangée ; des groupes de la 11e compagnie [sous-lieutenant Reisser] réussissent plusieurs fois à pénétrer dans l'usine, mais en sont aussitôt rejetés.

    Le chef de bataillon, après une reconnaissance rapide, décide alors d'engager les TD [du Régiment colonial de chasseurs de chars] en soutien de l'infanterie. Les trois TD du lieutenant Roussel ouvrent le feu à 16 h 15 sur l'usine. Une section enlevée par son chef l'aspirant Le Toquin se lance à l'assaut et prend pied dans l'usine. Au même instant les éléments de la 1ère compagnie, qui étaient immobilisés dans la neige depuis 8 heures, partent à leur tour à l'assaut, et pénètrent dans ce bâtiment par sa face Ouest.

    Le III/6e traverse rapidement la filature, la cité, et atteint son objectif vers 17 h 30. Le nettoyage de la Cité est achevé en fin de journée.

    Le PC du I/6 rejoint la 1ère compagnie à la corne SE de Cité Kullmann ; le chef de bataillon commandant le III/6e regagne Kingersheim en laissant sur place les 9e et 11e compagnies à la disposition du chef de bataillon commandant le I/6e RIC.

    La journée a été extrêmement dure. Les pertes sont très sévères, surtout au 1er bataillon." Selon le JMO du III/6e RIC, le bataillon Communal déplore 10 tués, 31 blessés, un disparu.

23e RIC

    JMO : "Matin. Chute de neige. Le nettoyage de l'extrémité NO de la Cité Fernand est repris en profitant de la diversion créée par la préparation d'artillerie [à 4 h]."

Secteur de la 2e DIM

20e BCA

    Les chasseurs alpins du commandant Vigan-Braquet poursuivent leur progression, malgré 70 cm de neige. Renforcée par deux chars moyens, la compagnie Bonnet s'empare de deux blockhaus devant Cernay et fait 48 prisonniers. Puis, "malgré des conditions atmosphériques épouvantables", la compagnie Réveillou parvient à la lisière de la forêt de Nonnenbruch, à 3 000 m de Cernay, l'un des objectifs principaux dévolus au 1er corps, et dont un faubourg - celui de Belfort - a été conquis dans la nuit par le 6e RTM.

    "Le moral est très élevé, mais la fatigue est intense et les évacuations pour pieds gelés se multiplient", rend compte le commandant Vigan-Braquet.

2e corps - Jebsheim

    Historique du RMLE : "[...] CC5. Le groupement Robelin relève les éléments du 1er régiment de chasseurs parachutistes dans les bois du moulin de Jebsheim, vive réaction ennemie devant Grussenheim.

    CC6. Le groupement du Chelas doit initialement poursuivre sa mission de couvrir le flanc gauche des Américains sur l'axe : moulin de Jebsheim - Jebsheim - 188 (canal) - Durrenentzen. Dès que les Américains auront pris Jebsheim, le groupement Boulanger relèvera le groupement du Chelas de sa mission, ce dernier renforcé du bataillon de parachutistes devant couvrir sur Grussenheim le mouvement du CC6 et profiter de toute occasion pour occuper cette localité. [...]

    A 8 h les Américains signalent qu'ils ont occupé Jebsheim, à 9 h le groupement du Chelas arrive dans la localité où il constate que seule la partie Nord est entre les mains de nos Alliés, il s'installe donc aux lisières Nord face à Grussenheim. Le groupement Boulanger quitte à 11 h la région entre Orchbach et Riedbrunnen et se porte vers Jebsheim où son chef qui l'y a devancé décide d'isoler la garnison ennemie par une double manoeuvre d'encerclement avant de pousser vers le canal. Les parties Est et Ouest du village sont occupées après un violent combat, l'élément Ouest est arrêté, celui de l'Est atteint la cote 182 d'où il ne peut déboucher, en raison des feux croisés d'auto-moteurs provenant du bois de la Hardt et du canal. [...] Le groupement Vieville s'installe face aux lisières Est."

    JMO de la 11e compagnie (capitaine Lalo) du RMLE : "Départ sur Jebsheim qu'il faut occuper. Violent bombardement sur la route avant d'arriver au moulin. Le sergent Levigne et le légionnaire Romain blessés par éclat d'obus sont évacués. Les légionnaires Narro-Calvo, [Rolando] Hario et [Daniel] Bratenik sont tués à leur poste de combat et leur véhicule mis hors service par 88. Un canon de 57 doit être abandonné. [...] La compagnie s'installe en défensive aux lisières Est du village."

    Historique du RMLE : "Les parachutistes arrivent à la nuit dans la localité et relèvent les légionnaires de la 9e compagnie dans leurs opérations de nettoyage. Les Américains dès la tombée de la nuit se sont repliés de quelques maisons que réoccupe l'ennemi. Plus de 100 prisonniers sont capturés. [...]"

2e corps - Grussenheim

    La 1ère DMI et le GT V de la 2e DB ont reçu pour mission de conquérir Grussenheim après avoir franchi la Blind. Sont notamment engagés le 1er bataillon de la Légion étrangère (BLE) du jeune commandant Gabriel Brunet de Sairigné, 32 ans, et le 3e bataillon du Régiment de marche du Tchad du lieutenant-colonel Joseph Putz, 50 ans. Le soir, le Génie commence à installer des ponts Bailey sur la rivière. A 22 h 30, des tirs s'abattent sur la tête de pont. "Dès les premières rafales, la section du génie a des pertes considérables : 10 tués, 30 blessés, indique le JMO du 3e RMT. Le lieutenant qui la commande, les sous-officiers sont du nombre." Il y a également des pertes au RMT, et un TD est mis hors d'usage.

Sources complémentaires : archives du RMT, GR 12 P 259, SHD ; archives du RMLE, GR 12 P 83, SHD.


    

mardi 17 décembre 2024

La bataille de Colmar : 26 janvier 1945


Transport d'un blessé par des prisonniers allemands. (Coll. M. Heckenroth).

 Secteur de la 9e DIC

6e RIC

    Compte-rendu des opérations du lieutenant-colonel Dessert : "Le 1er bataillon poursuit le nettoyage des puits Ouest et Est des mines de potasse sous de violents tirs de nebelwerfer. L'attaque de Cité Kullmann devant se déclencher le 27, il importe d'achever dès que possible la conquête de cet objectif.

    Dans la matinée, la 1ère compagnie gagne sa base de départ du lendemain en poussant jusqu'aux lisières Est de l'usine. Dans l'après-midi, la 3e compagnie s'installe dans la partie SE de la Cité Anna. La neige tombe en abondance et couvre le sol d'une couche épaisse de 50 cm.

    A 16 h, le lieutenant-colonel Dessert donne ses ordres pour l'attaque de la Cité Kullmann et de la filature qui semblent occupées par une centaine d'Allemands et au moins cinq engins blindés."

23e RIC

    JMO : "Chute de neige (30 cm environ). Le temps se lève vers midi. [...] Activité de l'aviation amie et de la DCA ennemie. Nettoyage de l'extrémité [Nord-Ouest] de la Cité Anna. Ce nettoyage n'est pas achevé à la nuit. Bilan de l'opération : 48 prisonniers. Pertes amies : II/23 : 2 tués, 10 blessés, 1 disparu. [...]"

3e BZP

    "RAS. Charles Reuillon tué, cinq blessés, tous de la 3e compagnie".

Secteur de la 2e DIM

    L'attaque de Wittelsheim par la 2e DIM aura-t-elle lieu le 26 janvier 1945 ? Non, car cette journée est marquée par des tempêtes de neige. Pour autant, les troupes d'origine FFI rattachées à la division ne restent pas inactives. Tandis que le I/35e RI est à Reiningue, le II/35e parvient à faire 50 prisonniers, mais perd Ernest Collin à la Cité Else et l'adjudant Albert Schweitzer, mortellement blessé à la Cité Grassegert que défend le bataillon. Un officier de la 7e compagnie, l'aspirant Laurent, a été fait prisonnier dans la nuit avec trois de ses hommes par une patrouille ennemie.

    Pour sa part, sous la neige et par un froid intense, la 2e compagnie du 20e BCA perd quatre tués, dont Roger Blot, André Le Dantec et Louis Medan.

Secteur des Vosges

    Pendant les opérations dans la Poche de Colmar, d'autres unités sont en position dans les Vosges, attendant une issue favorable des combats pour descendre dans la plaine d'Alsace. C'est notamment le cas d'éléments de la 10e division d'infanterie dite de Paris (général Pierre Billotte) appuyée par des unités FFI. Pour l'heure, l'essentiel de leurs activités consiste à effectuer des patrouilles pour vérifier que les Allemands n'ont pas encore décroché.

  Au I/5e RI (10e DI), Marcel Leclerc et Raymond Milan, de la 3e compagnie, sont tués lors d'une patrouille près du Valtin, et quatre hommes sont blessés. "Belle conduite du sergent Le Bret et du sergent Breteche", note le JMO du régiment.

La bataille de Colmar : 25 janvier 1945


Des hommes de la 9e DIC à Rixheim. (Coll. L. Fontaine)


 Secteur de la 9e DIC

6e et 23e RIC

    Compte-rendu du lieutenant-colonel Louis Dessert : "Les objectifs fixés aux groupements Landouzy et Dessert sont Cité Anna et Cité Fernand pour le 23e RIC, les puits Ouest et Est et Wittenheim pour le 6e RIC. L'intention du lieutenant-colonel Dessert est la suivante. Dès l'enlèvement de son objectif par le 23e RIC, reconnaître une base de départ aux lisières Est de ces cités. Y porter le I/6 puis attaquer successivement : les puits des mines de potasse, la filature et la Cité Kullmann avec l'appui d'une base de feux installée aux lisières Sud-Est de la Cité Anna (CA 1) et à Kingersheim (armes lourdes du III/6), de l'artillerie et du groupement blindé Doré, ce dernier devenant disponible après l'achèvement de l'attaque du 23e RIC."

    Historique du 23e RIC : "Dépassant les éléments du 1er bataillon et du 3e bataillon, le 2e bataillon doit attaquer Cité Anna après une préparation d'artillerie de 40 minutes et avec l'appui d'un peloton de chars. Coiffant littéralement dans un premier temps la Cité Anna proprement dite, le bataillon se rabattra ensuite sur sa gauche pour s'emparer de Puits Anna. [...]

    La [5e] compagnie a pour mission de s'emparer de la moitié Est de la Cité Anna. Elle s'installera aux lisières Nord. [...] Il faudra attaquer à l'aube. Au jour, ce serait un suicide. Ce n'est même pas une plaine pour y aller, c'est un billard. Le réveil a lieu à 3 h 30. Il a neigé dans la nuit. [...]

    6 h 40, la compagnie quitte la grand'route pour s'engager dans le chemin parallèle aux lisières du village et à 1 k m au sud. La préparation commence. [...]

    7 h. Le dispositif s'ébranle. [...] A 7 h 15, les éléments de tête sont à moins de 150 m des lisières. Une minute après, un matraquage sévère de mortiers allemands nous arrive dessus. [...]

    7 h 41. Une salve de fumigène placé comme à la main, juste devant, à nous toucher. "En avant ! Allez [la] 5e debout !" Les Allemands continuent à tirer. Ca ne fait rien. Les gars se lèvent, bondissent sans souci de rien. [...] Le sergent J... se penche un instant sur A..., blessé; "Laisse-moi, en avant." Les maisons sont là tout près ! [...] Nous sommes dans le village. Les éléments désignés serrent sur O1. La préparation d'artillerie qui se continue sur O2 tombe un peu court. Le nettoyage de la partie Sud se fait comme prévu. [...]

    7 h 53. De nouveau la charge à travers les jardinets, sautant les barrières, enfonçant les portes charmantes et dérisoires qui les ferment. [...]

    8 h, les lisières Nord ; l'objectif final est atteint. [...] Les patrouilles de liaison n'ont en effet rien donné. Nous sommes tout seul dans la Cité Anna. [...] Le sergent-chef P. et le soldat D. aperçoivent un groupe d'une vingtaine d'Allemands qui s'avance au nord du Crassier. Ils ouvrent le feu avec leurs mitraillettes. Le groupe B. "Toto" en tête, se porte à leur renfort. Sept Boches en moins. [...]

    Vers 9 h 30, venant de l'ouest, une auto-mitrailleuse allemande s'avance précautionneuse, le long de notre rue. [...] De C. épaule sa mitraillette et lâche deux rafales. Les deux occupants accoudés sur le blindage, en observation, s'écroulent ensemble. A la pièce, Ch. ouvre le feu et lâche presque toute une bande. L'AM fait demi-tour et s'enfuit sans résister; [...] Deux chars, deux jagdpanther apparaissent sur la route de Pulversheim à 500 m de nous. Ils s'arrêtent quelques instants. [...] Ils continuent vers le nord et derrière eux, bientôt huit blindés lus petits, autos-mitrailleuses et auto-canons, suivent sagement à la queue-leu-leu. [...]

    10 h moins 5. Un bruit de chars venant du sud. Cinq minutes après débouchent la première section et les éléments qui s'étaient amalgamés. [...] Venant de Wittenheim, cinq blindés légers avec environ une section d'infanterie s'avancent sur le billard. [...] Ce sont [...] bien des Boches. Ils ouvrent le feu sur notre bâtiment à moins de 800 m. [...] Le capitaine N. règle soigneusement [la concentration d'artillerie]. [...] Dès l'arrivée du tir demandé, l'infanterie se disperse et les blindés cessent de progresser. Les Sherman et les TD se mettent en action. Deux Boches semblent touchés, les autres se replient. [...] La nuit arrive. Petit à petit, le silence [...]"

    Nous sommes dans le village. Les éléments désignés serrent sur O1. La préparation d'artillerie qui se continue sur O2 tombe un peu court. Le nettoyage de la partie Sud se fait comme prévu. [...]"

    JMO du 23e RIC : "L'objectif a été atteint vers 14 h. Trois contre-attaques sur Cité Anna sont repoussées dans l'après-midi. [...] Prisonniers décomptés : 79 ; prisonniers blessés : 20 ; morts et blessés graves : 45. Total : 144. Pertes amies : deux chars (un tué, neuf blessés). I/23 : néant. II/23 : 20 tués ou disparus, 60 blessés évacués dont le lieutenant Pascal."

    Compte-rendu du lieutenant-colonel Dessert, 6e RIC : "A 10 h, le I/6 renforcé d'une section anti-chars de la CAC et d'une section du génie de la 71/1 est regroupé à la sortie Nord de Bourtzwiller, prêt à être dirigé sur Cité Anna. Les reconnaissances sont parties à 8 h, protégées par une section de [fusiliers-voltigeurs]. [...]

    A 11 h, le bataillon serre sur le chemin de la cote 234,7. A 12 h, il se porte sur sa base de départ ; la mise en place est terminée à 15 h en dépit des pertes sévères provoquées par un bombardement extrêmement violent d'artillerie et de minens.

    L'attaque est déclenchée à 13 h 45, après une préparation d'artillerie de 30 minutes. la 1ère compagnie qui attaque au sud du crassier réussit après un combat extrêmement dur à prendre pied dans l'usine.

    La 2e compagnie progressant au nord avance plus lentement. Elle parvient aux maisons à 200 m Sud-Ouest de la cote 230,9. Une de ses sections qui attaquait le crassier est décimée par des tirs précis d'armes automatiques ; le chef de section, l'aspirant Solano, est grièvement blessé. Les restes de cet élément se regroupent à l'usine avec la 1ère compagnie.

    La nuit est tombée ; l'attaque de la Cité Kullmann est remise, les unités s'installent sur la défensive ; la compagnie de réserve s'installe face au nord.

    Les pertes de la journée sont sévères. Le capitaine Sarthoulet, adjudant-major du 1er bataillon, a été tué ; le capitaine Mercey, commandant la CA 1, blessé. L'artillerie continue à être très active."

    JMO du III/6e RIC : "Le chef de bataillon décide de réoccuper 230,1. A 20 h, la section Le Toquin de la 11e compagnie occupe sans difficulté les dernières maisons Nord de 230,1. Diminution notable de l'activité de l'artillerie. Huit déserteurs autrichiens appartenant à un régiment de chasseurs se rendent à la maison.",

Secteur de la 2e DIM

3e BZP

    "Le groupement Vallin [...] a pour mission de parer à une attaque de chars, pendant que le 4e RTM attaque Puits Amélie I.

    L'attaque est déclenchée à 9 h. L'objectif est atteint vers 10 h. A 13 h environ, les Allemands contre-attaquent à Puits Amélie I. L'attaque est menée par des éléments légers d'infanterie et deux chars (Tigres). Les Marocains ont des pertes et refluent sur la Cité Amélie II. Deux des TD du groupement Vallin stationnés au Puits Max sont alertés et viennent s'embosser à la lisière Nord-Est de la Cité Amélie II. Le bataillon du 4e RTM demande au groupement Vallin de l'aider pour reprendre Puits Amélie I.

    A 16 h, un peloton de chars, une section de la 3e compagnie reprennent Cité Amélie I sans coup férir. Les Marocains, qui n'étaient pas prêts pour l'attaque, rejoignent nos éléments après la prise de l'objectif.

    Depuis 13 h, le groupement devait rejoindre le colonel Durosoy (à Pfastatt). Les éléments du 4e RTM interviennent pour que le groupement Vallin reste sur place. Après plusieurs contre-ordres, le groupement quitte Cité Amélie à partir de 22 h 30 pour Pfastatt, où il stationne.

    Durant la nuit du 24 au 25 et le 25, les Allemands bombardent violemment Cité Amélie II.

    Pertes : Tués : Charles Lantrua (3e compagnie), Salah ben Sassi (CA). Blessés : sept.

    La 2e et la 1ère compagnie sont à Bourtzwiller et ne sont pas engagées."

20e BCA

    Historique du bataillon : "Le bataillon quitte [Schweighouse] avant le jour et se dirige vers la forêt de [Nonnenbruch], où la 1ère compagnie, poussée par ces quelques journées sous les ordres du lieutenant Reveillou, et la 2e compagnie, provisoirement aux ordres du sous-lieutenant Bonnet, prennent position côte à côte sur la base de départ. La 1ère compagnie atteint O2 vers midi, au prix de pertes sévères : 14 morts ou blessés sérieux. La 2e compagnie avance à son tour. Ses pertes sont heureusement plus légères. L'aumônier Krebs est grièvement blessé par balles pendant l'évacuation des blessés."

    En s'emparant de la Cité Grassegert (II/8e RTM, 1ère DB et II/35e RI) et du Puits Amélie-I (4e RTM), la 2e DIM peut enfin se rapprocher de Wittelsheim, ayant atteint la lisière Nord-Est de la forêt de Nonnenbruch, 

    En couverture de la 4e DMM, le 5e BCP a reçu l'ordre de relever le II/1er RTA (régiment de tirailleurs algériens) dans les faubourgs de Vieux-Thann. "La neige qui s'était mise à tomber dans le courant de la journée augmente d'intensité le soir venu et c'est dans une épaisseur de 60 cm de neige que les déplacements vont avoir lieu", note l'historique du bataillon qui - tout comme le 1er BCP - est relevé dans la nuit à Willer-sur-Thur par le 24e RI et le 1er Bataillon de Toulouse. Le PC du chef de bataillon Stabler est établi dans la sous-préfecture de Thann.

2e corps

    Ce jour est celui du début des combats meurtriers de Jebsheim. Y prendront part le 254e RI américain, le combat command 6 (colonel Boutaud de Lavilléon) de la 5e DB, au sein duquel opère le 3e bataillon du Régiment de marche de la Légion étrangère (RMLE), ainsi que le 1er régiment de chasseurs parachutistes du commandant Faure. 

    Historique du RMLE : "Le groupement du [Cheylas] passe l'Ill au pont 178, oblique vers le sud-est, reconnaît vers la cote 178 un point de passage sur le Riedbrunnen qu'il franchit, attaque et prend le moulin de Jebsheim. Il y est à peine installé qu'il est soumis à une violente contre-attaque d'un bataillon (7e Erz-Bataillon) appuyé par des minen de gros calibres et de l'artillerie (en batterie dans les bois de la Hardt), trois Horniss (en batterie dans les bois de la Hardt), un jagdpanther et un Tigre. Le groupement est dans une situation critique - le groupement Boulanger lui envoie en renfort ses quatre TD.

    Le moulin flambe, le groupement est obligé de l'abandonner, il s'accroche au sol, les légionnaires s'enterrent, assurant la défense du carrefour 200 mètres Ouest du moulin.

    A 16 h 45, l'ennemi est repoussé, son infanterie a subi de lourdes pertes, le jagdpanther brûle. La 10e compagnie a l'un de ses chefs de section tué, un autre blessé ainsi que 25 légionnaires, deux TD sont hors de combat. En fin de journée, deux compagnies de parachutistes sont poussées vers les bois Nord et Nord-Est du moulin afin de couvrir le groupement et d'interdire à l'ennemi tout débouché de Grussenheim. Le groupement de Viéville est en position articulée à 1 km nord-est de la Maison-Rouge."

    Récit du commandant Jacques Faure (1er RCP) : "Le 25 janvier, le 2e bataillon, le II/1er RCP, reçoit pour mission de s'emparer du bois du moulin de Jebsheim. [...] La neige tombe à gros flocons, les chasseurs du 1er RCP ont revêtu les grands anoraks blancs de leurs tenues d'hiver qui leur descendent jusqu'aux mollets. Le bataillon s'infiltre entre les bois de Jebsheim. [...] L'artillerie allemande se déchaîne sur le bois et le moulin de Jebsheim, nous avons plus de 80 tués et blessés. Dans la matinée du 26, la 10e compagnie perd à seule plus de 20 hommes en quelques minutes."

Sources complémentaires : "5e bataillon de chasseurs à pied. Campagne d'Alsace 1945", archives Maurice Vincent ; archives du RMLE, SHD. 

jeudi 12 décembre 2024

La bataille de Colmar : 24 janvier 1945



 Secteur de la 9e DIC

23e RIC, 2e bataillon de choc, 3e BZP

    Historique du 23e RIC : "Vers 2 h du matin, on amène au capitaine C. [Camors], commandant le PA de [Meyershoff], un prisonnier qui, entre autres renseignements, déclare qu'une attaque allemande d'envergure va être déclenchée sur le flanc de la division, que [Meyershoff] est le premier objectif à enlever. L'affaire doit être menée par quatre compagnies d'infanterie dont deux de pionniers, appuyées par des blindés divers, Jagdpanther et chars légers. [...] On capte d'autre part un message radio allemand qui ordonne à toute l'artillerie ennemie disponible d'être axée sur [Meyershoff]. "

    Selon un sous-officier du 2e bataillon de choc, unité qui a pour objectifs la station de chemin de fer et le Puits Anna, l'action allemande est exécutée par des éléments de la Panzerbrigade Feldherrnhalle, d'un bataillon de chars lourds et de l'infanterie de la 716. Infanterie-Division.

    Historique du 23e RIC : "A 8 h, les blindés sont signalés dans les lisières du bois de Nonnenbruck [sic]. A 8 h 10, notre artillerie déclenche un tir de barrage aussi efficace que réconfortant. Blindés et autos-mitrailleuses défilent sur les faces Ouest et Nord du PA. Les Jagdpanther sont suivis des blindés légers transportant les fantassins d'assaut [...].

    8 h 15, premier bulletin de victoire : un Jagdpanther vient d'être mis en feu par un 57 de la CAO appuyé par un TD.

    Mais le combat se rapproche ; à 8 h 20, c'est une grenade anti-chars qui met hors d'usage une auto-mitrailleuse ; on amène trois prisonniers trop téméraires, surpris d'être venus impunément chez nous sans avoir fait dévoiler notre dispositif.  

    L'infanterie d'assaut protégée par ses chars attaque maintenant la face Est. Le lieutenant Pr. déclenche son tir d'armes automatiques. Les assaillants se précipitent, s'abritent dans les premières maisons de la cité et essaient de s'infiltrer. Tous les passages sont battus, ils sont stoppés sur place et ce n'est plus qu'un échange incessant de rafales plus ou moins meurtrières.

    Deux autos-mitrailleuses sur la face Est sont mises en feu l'une par une grenade anti-chars, l'autre par un Sherman. Une autre auto-mitrailleuse sur la façade Ouest est également touchée.

    A 9 h, la contre-attaque allemande est enrayée, la percée n'a pas eu lieu, la 3e a tenu. Cependant l'infanterie d'assaut ennemie est là, elle a pris pied dans les parties Nord et Est du PA. [...] Le sergent-chef D., ayant remarqué un petit groupe ennemi, dissimulé à contre-pente sur un glacis difficile à voir, se fait hisse sur un transformateur et successivement aligne ses onze "boches" dans la neige sans qu'une balle ait jamais manqué son but. [[...]

    Il fallait [...] reprendre le terrain perdu et nettoyer la portion occupée par l'ennemi Cette opération menée avec soin fut entreprise à 16 h 30. Ce fut rapide et audacieux... 99 prisonniers dont deux officiers, deux autos-mitrailleuses intactes. [...]"

   Selon le JMO du 23e RIC, les pertes du I/23 sont de 4 tués dont un officier, et 12 blessés.

    Pour les Allemands, qui auraient été également pris à partie par l'aviation alliée selon les souvenirs du sergent-chef Hautefeuille du 2e bataillon de choc, c'est un échec cuisant. Qu'ils aient été pris ou détruits, le JMO du 23e RIC évoque "deux Jagdpanther, neuf voitures de reconnaissance blindés et 30 autres engins blindés et chenillés". Selon le capitaine Jouandet du 2e choc, quatre des cinq chars allemands sont détruits, contre deux Sherman français touchés. D'après le JMO du 3e BZP, "deux chars moyens et un M9 de la section de 75 sont détruits par les chars allemands."

 "La situation une fois rétablie, le bataillon, renforcé des chars du 2e cuirs et du 9e RCA, attaque en direction de la voie ferrée qui sera atteinte dans l'après-midi" (sergent-chef Hautefeuille). Soutenue par deux sections de la 3e compagnie du 3e BZP et deux pelotons de l'escadron Boisredon engagés vers 14 h, la 4e compagnie du 2e bataillon de choc coiffe ses objectifs de la station et du Puits Max, au prix de quelques blessés. En deux jours de combat, le bataillon déplore onze morts, 70 blessés et gelés dont cinq officiers, avant d'être relevé par le 152e RI.